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Bibliothèque de queenregina : Liste de diamant

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Le Vide : Intégrale Le Vide : Intégrale
Patrick Senécal   
Un excellent roman qui nous plonge dans les méandres de la télé réalité et ses dérives. Comme toujours l'auteur dénonce la nature profonde de l'homme, ses côtés sombres. Dans ce livre il est également question de manipulations...

Ce titre peut se lire de 2 façons : comme présenté par l'auteur ou dans l'ordre des numéros des chapitres (l'histoire change donc un peu, le lecteur dans ce sens aura moins de suspens et de flash back captivants). Une deuxième lecture en suivant l’ordre des chapitres serait intéressante à mon avis. En tout cas le roman est juste excellent et cette forme en fait une expérience littéraire hors du commun.

Comme toujours les personnages sont fouillés, avec des fêlures, psychologiquement bien décrits et bien sûre certains cachent de sombre secrets. Pierre Sauvé, Maxime Lavoie, Diane Nadeau, Frédéric Ferland semblent si éloignés et vont pourtant nous mener à une sombre histoire commune, menant à un final explosif comme toujours chez l'auteur.

Nous avons un animateur de jeu tv assez excentrique en apparence avec un passé peu ordinaire, un policier torturé moralement, un psy en mal de sensations fortes, et une meurtrière (l'histoire s'ouvre avec son meurtre sanglant effectué de sang froid et sans remord). Habillement le puzzle se forme progressivement, le lecteur se retrouve happé par l'intrigue, le scenario est bien ficelé. Patrick Sénécal dénonce la tv poubelle, le concept de l'émission est simple réaliser son rêve devant les caméras suite à des auditions. Nous constatons l'abrutissement des foules avec un public suivant un programme sans intérêt et de mauvais goût.

Beaucoup de candidats réalisent des souhaits avilissants, immoraux, faisant dans la banalité et le scandaleux (partouze avec une actrice porno, rêves sexuels en tout genre, sauter dans une piscine en passant dans des vitres en verres comme dans une cascade de film, insulter un patron et régler ses comptes, bref presque rien de caritatif que du sensationnel...). Le public est tout aussi admiratif est passif puisqu'il en redemande et soutient le concept. De plus, de nos jours de nombreux jeux existants dépassent la fiction et font dans le trash (il était même question d'organiser en direct une sorte de battle royale avec des armes et des morts - les candidats devaient signer une décharge. Comme autres exemples de realty show dans le monde nous avons vivre dans une décharge, des sortes d'ile de la tentation, aller sur un front dans un pays en guerre et vivre dans la peau d'un soldat, etc). Au fil des pages nous constatons qu'il est aussi question de manipulation, de la nature humaine dans sa déchéance, sa perversion... Un titre qui soulève de nombreuses questions.

Dans ce livre par contre j'avais deviné les grandes lignes du final, assez prévisible mais au combien tellement réaliste, terrifiant et horrible. Le roman est assez visionnaire, pessimiste et fait échos à notre actualité. Il ne s'agit pas d'un happy end, [spoiler]Max et son opération déluge : il manipule, les suicidaires les plus extrêmes (candidats recalés par le profil psychologique) pour leur faire commettre la plus grosse tuerie de masse organisée sous les couvert d'un jeu tv. Pour Maxime l'homme est perdu et ne mérite pas de vivre il est pervers et l'audience montre qu'il ne mérite pas d'être sauvé. Le jeu n’était qu'un couverture, j'avais deviné la tuerie pour le final de l’émission, avec une police qui arrive tard. Maxime utilise la détresse humaine et les plus faibles pour leur faire croire n'importe quoi comme une secte (faire croire que le suicide est la solution, avec la notion de flambeaux - il fallait oser écrire un livre sur ce thème) [/spoiler]

Le roman fait 900 pages environ, mais le lecteur ne voit pas vraiment les pages défiler, c'est addictif et captivant. Certains passages sont difficiles à lire, je préviens il y a des la violence surtout la rencontre de Maxime avec le mystérieux Gabriel en Gaspésie. Après le vide est plus soft que Hell.com par exemple qui explore plus d'expériences extrêmes, mais ici le titre n'est pas anodin... il nous renvoi à une réflexion[spoiler]Le vide dans la vie des hommes, le vide à combler (d’où certains trips de l'émission pour combler ce vide qui revient après la réalisation du fantasme. Un vide constant [/spoiler] Il y a quelques clins d'oeil aux autres romans de Patrick Senécal avec les 7 jours du Talion et Michèle qui est citée aussi (5150 rue des Ormes, Aliss, Faims).

Un titre comme je les aime avec cet auteur. Il y a peut être moins d'expressions québecoises dans ce roman, après c'est peut être juste moi qui depuis le temps ne les vois plus et m'y suis habituée. En tout cas je conseille fortement ce titre. Patrick Senécal est un auteur de génie.
Aliss Aliss
Patrick Senécal   
Un excellent roman avec des personnages captivants et une héroïne perdue se retrouvant dans un univers qui la dépasse complètement avec de nouveaux codes et dans lequel il n'y a pas de tabou, de limite.

J'adoré suivre la descente aux enfers d'Aliss, une jeune fille de bonne famille qui souhaite s'affranchir des conventions et vivre une nouvelle vie remplie d'expériences, drogues dures, sexe, et violences multiples.

Il y a bien sûr un parallèle avec le conte de Lewis Caroll, nous avons un lapin blanc, une chenille, un chat du cheshire, un lièvre de mars, un chapelier fou, une reine de coeur qui mène la danse. Cette réécriture est intéressante, plus violente et va plus loin dans les delires des personnages certains sont adeptes de la tortures, du sadomasochisme. Nous retrouvons des pédophiles, des fous, psychopathes et autres. Des protagonistes très bien dépeints, sombres, intriguants, et que le lecteur aime suivre et découvrir.

Les plus marquants restent Bone et Chair, en plus ils ont des jeux de mots pourris mais se surpassent dans l'horreur. [spoiler]Ils découpent les gens, les ouvrent avant de les tuer dans leur quête de l'inexistence de l'âme[/spoiler] La reine rouge est charismatique et ne manque pas d'autorité [spoiler]Michelle de 5150 rue des Ormes qui continue le travail de son père en empaillant les gens dans son musée. Elle tire les ficelles et laisse Alice s'enfoncer, faire des expériences intenses jusqu'au procès qui permet à l'héroïne de se découvrir, cerner sa personnalité et de conclure qu'elle n'est pas une surfemme ou autres mais un fille normale qui n'a rien à faire dans cette communauté [/spoiler]

Alice va se perdre elle même, âmes sensibles s'abstenir... Ce titre vaut le détour, j'ai adoré le final, et la morale que l'héroïne va en tirer.

En conclusion les expressions québécoises peuvent un peu déstabiliser le lecteur, personnellement j'ai lu d'autres titres de l'auteur donc cet aspect ne me dérange pas. Ce titre est excellent et fait partie de mes préférés de Senécal. Un univers intense qui ne laisse pas indemne notre Aliss. Une claque littéraire.
Le Passager Le Passager
Patrick Senécal   
Encore un excellent lire de Patrick Sénécal avec un final incroyable, impossible à deviner...

Ce titre est plus court que les autres romans de l'auteur, mais il n'en demeure pas moins captivant. Le passager est aussi beaucoup plus soft (il peut être lu par un public plus large, pas de scène de sexe hard, pas de gore, pas beaucoup de sang, etc). Il s'agit plus d'un thriller psychologique principalement.

Le personnage principal se nomme Étienne, il enseigne à Drumondville au Cégep et lors de son trajet pour se rendre au travail il rencontre un auto-stoppeur habillé d'un manteau rouge du nom d'Alex. Cette rencontre va bouleverser son quotidien et faire resurgir des éléments de son passé (Étienne est amnésique et ne se rappel plus de sa jeunesse avant ses 9 ans). Je n'en dis pas plus et vous laisse découvrir ce titre.

Patrick Senécal joue avec le lecteur, l'embarque dans un scénario fouillé et original. Petit à petit il nous livre des informations sur Alex et sur l'enfance de notre héro. La tension monte au fil des pages, le suspens est présent tout au long du récit.

Je ne me suis pas réellement attachée à Étienne (je pense que le format court y est pour quelque chose), à aucun moment je n'ai réellement ressenti de la compassion, empathie, peur ou autre émotion. Par contre nous avons un aspect psychologique assez travaillé au niveau des personnages, comme toujours l'auteur soigne ce point. Je me suis laissée embarquer dans cette histoire, impossible de lâcher le roman avant la dernière ligne.

Le final est surprenant et il reflète parfaitement l'esprit des romans de Senécal. Un univers paradoxal: déstabilisant et captivant à la fois. L'intrigue se met rapidement en place et happe littéralement le lecteur.

Un livre qui porte à réfléchir et ne nous laisse pas de marbre. [spoiler]Alex n'existe pas car en réalité Étienne est schizophrène, violent, et meurtrier.
Ses pulsions morbides enfuies sont remontées à la surface suite à sa rupture (solitude), son nouvel emploi et surtout à un retour vers l'enfance qui s'effectue à travers les livres d'horreur et ses rêves. Alex lui permet de se décharger de son horreur et de sa culpabilité. Comme toujours Senécal nous titille en pointant du doigt la cruauté des enfants bien loin de l'image de l' innocence. La véritable personnalité et le goût du sang revient mais les couleuvres ont été remplacées par des humains et même Louis son meilleur ami devient la cible de sa noirceur. [/spoiler]

Je le conseille vivement même si j'ai préféré des titres comme Hell.com ou Aliss plus violents et plus dérangeants. J'ai passé un excellent moment, je l'ai lu en moins d'une journée. Je suis accro à Patrick Senécal. Le passager est un bon titre pour découvrir ce québecois surtout si le gore, le sexe et autre vous perturbe, ici nous restons dans le soft.
Les Sept Jours du Talion Les Sept Jours du Talion
Patrick Senécal   
Un très bon roman de Patrick Senécal qui nous laisse ici réfléchir sur la notion de justice : faut il croire en la justice des hommes (tribunaux) ou se faire justice soi même (la vengeance) ? Une question épineuse...

Notre protagoniste est chirurgien, sa vie familiale va se retrouver bouleversée suite au viol et meurtre de sa fille de 8 ans Jasmine. La peine encours pour cet horrible crime est de 15 ans à 20 ans de rétention maximum, une injustice qui fait bondir le protagoniste et le lecteur.

Bruno est pourtant d'un naturel pacifiste, ne cautionne pas la violence et pourtant il va froidement organiser le rapt du meurtrier puis le torturer avec une logique implacable. Son plan est simple faire vivre l'Enfer "au monstre" et le tuer au bout de 7 jours, il veut rendre sa propre justice et se trouve confronté à une situation douloureuse qui change du tout au tout sa personnalité. De nombreux parents victimes de criminels se retrouvent dans ce dilemme et beaucoup aimeraient avoir le coupable sous la main car la justice est laxiste, longue et pas toujours efficace (vis de procédure qui innocente un assassin, plus de perpétuité réelle, avocat véreux, etc).

Le lecteur connait en fin de compte très peu de chose sur le prisonnier surnommé ici le monstre pour le rendre d'une certaine façon moins humain. Pour Bruno il se détache délibérément de l'humanité de l'individu ce qui lui permet de commettre ses atrocités sans sourciller, et sans remords. Les tortures évoluent au fil des pages, deviennent plus atroces (c'est assez détaillé) attention au âmes sensibles. Il l'humilie, le fait souffrir afin de le faire payer...mais sa femme tout comme l'inspecteur Mercure veulent à tout prix éviter le drame et la sentence du 7 ème jour.

Le récit reste palpitant nous avons d'un côté un enquêteur qui souhaite le coincer (faux indices, fausses pistes, duel psychologique, etc), une population partagée sur son acte et un Bruno qui va aussi changer jusqu'au dénouement final...[spoiler]au delà des tortures, il se fait du mal à lui-même, il devient une victime de sa loi du talion, à la fin il comprend ce qu'il doit faire et revoit sa fille qui lui réapparait comme pure alors que lui est sali au propre comme au figuré. Il libère son prisonnier totalement en charpie et n'éprouve plus rien à le faire souffrir. Le parallèle avec le chien Lucky est intéressant - la mort du chien rappelle Cujo de Stephen King : la batte, la rage[/spoiler]

Le lecteur se retrouve dans la tête de Bruno avec ses doutes, ses envie de sang et de vengeance, sa haine. Ce dernier ne parle pas à son prisonnier et lui dira une seulement une unique phrase à la toute fin. Le "monstre" comprend rapidement qui se cache derrière sa détention.

Un livre psychologiquement dense et bien décrit (avec cette idée de dilemme autour de la notion de justice). L'histoire est bien menée porte à réfléchir au delà du simple cadre de la lecture.
Sur le Seuil Sur le Seuil
Patrick Senécal   
Encore un très bon roman de Patrick Senécal. Il ne s'agit pas de mon titre préféré mais le tout est très bien construit, bien pensé, la tension est à son comble dans les derniers chapitres. Sur le seuil est un livre efficace.

Selon moi, les deux psychiatres manquent par moment de maturité, surtout Marcoux qui au début joue un peu trop la fan surexcitée face à cet écrivain en détresse. C'est original d'avoir des spécialistes de la santé mentale comme protagonistes. J'ai apprécié voir Paul vacillé dans ses certitudes, et finalement douter.

Au début il n'y a pas de place pour le paranormal, les psychiatres sont très cartésiens et ne démordent pas de leurs idées prédéfinis. Paul lui ne croit plus en la guérison de ses patients et voit son métier comme un échec.

Thomas Roy lui est un personnage énigmatique, un écrivain qui derrière le succès cache de sombres secrets [spoiler]il est le Mal incarné suite à un rituel satanique organisé par un prête chauve sur un bébé arraché au ventre de sa mère. Lorsque Thomas Roy écrit des drames dans ses livres, ils ddeviennent réalité. Il est à son insu manipulé par le prêtre mort. [/spoiler]

Progressivement nous rentrons dans l'intimité des personnages et découvrons leurs problèmes quotidien, ce qui les rend plus attachants. Au fil des pages nous apprenons aussi des éléments sur Thomas Roy et sur le pourquoi de son geste désespéré au tout début du récit : sa tentative de suicide et ses doigts mutilés.

Les derniers chapitres sont palpitants, le lecteur se demande comment va se clore le récit. [spoiler]Paul arrive trop tard, le massacre a eu lieu, Marcoux est morte éventrée, son bébé a subi le rituel et donc il porte le Mal en lui maintenant, c'est le flambeau du prêtre et de Roy. L' horreur s'est répétée 40 ans plus tard. La scène finale rappelle un peu le drame de Sharon Tate avec la secte satanique de Charles Manson.[/spoiler]

Ce roman nous plonge dans les univers psychiatrique et de la folie. Nous avons une vision sombre de la nature humaine comme toujours chez cet auteur. Il y a peut-être moins de passages gores ici [spoiler]sauf l'église et la fin[/spoiler]

Le titre est bien pensé avec cette idée de vouloir passer ou non le seuil de la porte menant à la vérité...
5150 Rue des Ormes 5150 Rue des Ormes
Patrick Senécal   
Un livre très palpitant et captivant.

Au début j'ai eu un peu de mal avec le style de l'auteur... La plume n'est pas exceptionnelle à mon sens. De plus ayant en ma possession la version québecoise je suis restée perplexe sur certaines expressions, c'est juste un peu déroutant c'est tout - à part quelques phrases le reste ne pose aucun problème.

L'intrigue en elle même est excellente, j'ai adoré. En effet les personnages sont soignés, bien développés et bien dépeint psychologiquement. Le lecteur s'attache malgré lui à cette famille perturbée car ils ne sont pas tout noir ou tout blanc. La tension monte progressivement et donc je n'avais qu'une envie connaitre la suite. Les pages défilent rapidement, le livre nous happe littéralement.

Le père est un véritable psychopathe fan d'échecs et agissant selon ses propres préceptes de justice - oui il est atteint. Maude la mère elle se réfugie dans la religion et reste une femme faible sur certains points - ce personnage m'a de nombreuses fois irritée avec sa vision désuète du rôle de la femme soumise dans un foyer. Elle se remet à Dieu pour se donner bonne conscience et n'a pas de volonté propre, bref sa faiblesse est agaçante. Anne quant à elle est fascinante même si elle ne parle jamais et n'est pas aussi innocente que ça [spoiler]elle tue des animaux[/spoiler] Michelle est la plus dangereuse et la plus effrayante de tous. Cette ado parait la plus réfléchit et la plus saine de tous les membres mais les apparences sont trompeuses dans cette famille.

Yannick notre jeune narrateur lui a le malheur d'avoir eu un banal accident de vélo et se retrouve séquestré car il a vu quelque chose qu'il ne devait pas voir... Il évolue tout au long de sa captivité, j'ai apprécié le voir essayer de trouver des plans d’évasion. Yannick nous livre ses sentiments, ses doutes au fils des lignes qu'il écrit pour se libérer psychologiquement. Son comportement m'a un peu déçu à un moment donné[spoiler]lorsqu'il revient de lui même après avoir était libéré, on le voit basculer et avoir des hallucinations avec les pièces d'échecs. De plus il n'aide pas Maude[/spoiler]

Petit à petit l'horreur s'installe, notamment dans les derniers chapitres. J'ai apprécié changer de point de vu et découvrir le passé de la famille à travers le journal de Maude (on y découvre ses espérances, ses désillusions et les malheurs frappant la famille et la faisant sombrer dans cette folie).

La fin est intéressante est inattendue sur certains points. Le lecteur à hâte de retrouver Michelle alias la reine rouge dans le livre Aliss.

En conclusion : une belle découverte, un excellent huit clos qui rappelle un peu Misery de Stephen King (mais ce titre est plus soft). La plume n'est pas extraordinaire mais le scénario et les personnages font vite oublier se désagrément.
L'Orphéon, Tome 5 : Quinze Minutes L'Orphéon, Tome 5 : Quinze Minutes
Patrick Senécal   
Une excellente nouvelle allégorique qui égratigne notre société et notamment les réseaux sociaux.

Comme toujours la plume de l'auteur est fluide, nous retrouvons les expressions typiquement québecoises (certains sont freinés par ce style moi non). Patrick Senécal dénonce ici l'absurdité de certains Youtubeurs souhaitant obtenir la notoriété à n'importe quel prix en s'avilissant, se ridiculisant en suivant les conseil de Johnny Net dont la société se situe au première étage de l'Orphéon. Les fans de l'auteur retrouvent des clin d'oeil au roman "le vide" avec l'émission de TV désobligeante de Max Lavoie (après le vide est un roman noir et très profond psychologiquement).

Nous avons ici une réflexion sur notre société ses abus (par exemple les accros qui postent toute les 2 secondes pour rien comme je vais dormir, je prends un verre bref des no life. Il critique aussi les suiveurs de mode, etc). Notre personnage va ouvrir les yeux au fil du roman suite à l'intervention du concept personnifié de l'Intelligence qui vient frapper à sa porte en lui faisant une demande particulière (une vidéo mettant en scène quelque chose d'intelligent - oui une mission compliqué dans notre monde actuel sans tombé dans des travers...).

A noté : j'ai été très touchée par le client de très petite taille qui cherche de l'aide auprès de Johnny, il veut devenir un acteur reconnu et pas un phénomène de foire.

Le lecteur va également comprendre pourquoi Johnny s'est lancé dans ce juteux business. Il n'hésite pas à conseiller une belle femme à se mettre en petite tenue pour donner ses avis sur les films (le côté coquin faisant fureur, les vus et likes flambent mais au final ses critiques bien passent à la trappe). Pour faire vendre il a compris qu'un buzz était utile et peu importe le talent : une chanteuse doit faire des clips avec des handicapés pour toucher le public alors que niveau interprétation elle ne transmet rien et n'aurait pas dû percer dans le milieu. Notre société est médiocre, les gens font absolument n'importe quoi pour une célébrité éphémère quitte a s'humilier et se ridiculiser. Les gens regardent aussi n'importe quoi et ne réfléchissent pas par eux même.

Ce petit livre est une sorte de fable moderne. Il n'y a pas véritable d'action à proprement parler, la fin est prévisible sur certains aspects, le lecteur est loin des autres romans de Patrick Senécal. En effet, il n' y a pas d'horreur, de scène glauque, bref c'est tout public. Je trouve que l'auteur a réussi l’exercice avec ce titre, en effet 5 écrivains devaient publier un titre se déroulant dans cet immeuble nommé l'Orphéon et en faire une nouvelle allégorique. Je suis donc agréablement surprise par son travail en aussi peu de pages (100 pages, or habituellement ses titres sont beaucoup plus épais). C'est profond après bien évidement je ne mettrait pas " 15 minutes" dans mon top des romans de Senécal à lire absolument, le scenario reste bon, il y a un côté philosophique dans un certain sens. Par contre ne recherchez pas une atmosphère pesante, bien noire.

J'ai aimé les concepts comme l'Intelligence, l'Elitisme et autres qui apparaissent sous la forme d'allégories humaines hermaphrodites. Une petite lecteur agréable dans son ensemble, peut être que certains lecteurs ouvriront les yeux sur notre société...
Contre Dieu Contre Dieu
Patrick Senécal   
Il ne s'agit pas du meilleur titre de l'auteur mais celui-ci reste effrayant de par son réalisme et sa noirceur.

Tout d'abord ce roman se présente comme une seule et unique phrase interrompue de temps à autres par quelques lignes de dialogue. Le format est un peu déroutant. C'est une nouvelle expérience littéraire.

De plus le tout est écrit à la seconde personne "tu" afin que le lecteur puisse s'identifier au protagoniste, et comprenne mieux cette descente aux enfers, sa souffrance. Cette situation de perte d'êtres chers touche tout le monde mais chaque individu face au malheur ne réagit pas de la même manière. Avec cette forme narrative la dernière ligne du récit prend tout son sens, je vous laisse découvrir.

Nous suivons ici un homme ordinaire qui voit du jour au lendemain basculer sa vie suite à un tragique accident de la route. Sa femme et ses 2 enfants lui sont enlevés, les questions se bousculent dans sa tête, il cherche un responsable à son malheur, le destin, Dieu,... mais la tristesse laisse place à la détresse puis à la haine. Progressivement, il va perdre la raison et sombrer dans la folie et même commettre des actes irréparables [spoiler]meurtres, incidents divers comme avec le landeau du nourrisson,etc[/spoiler] Le profil psychologique est comme toujours bien dépeint, je ne suis pas déçue par ce point.

La dépression s'empare de lui, il refuse l'aide de ses proches et coupe rapidement tous liens sociaux. Il devient alcoolique et malgré la présence d'une jeune femme nommée Mélanie, il s'enfonce dans une spirale infernale. Mais le protagoniste veut-il réellement s'en sortir et aller de l'avant ?

La fin reste surprenante, j'avais deviné un élément [spoiler]La révélation de Mélanie est prévisible, on sent qu' elle a quelque chose à se reprocher, et elle s'entête de trop à vouloir aider le protagoniste. Elle fini crucifier au mur car elle a provoqué l'accident fatal sous l'emprise de l'alcool. Lui repart avec sa haine et son revolver après avoir compris les raisons du décès de sa famille... et malgré sa vengeance il va encore s'enfoncer dans l'horreur et continuer de s'en prendre aux autres[/spoiler] Senécal ne clôt pas son récit sur une touche positive bien au contraire.

Ce roman reste très sombre, décrit un comportement extrême, mais amène le lecteur à se poser de nombreuses questions. Un roman à part dans la bibliographie de l'auteur. Ce titre ne comporte pas de scène de sexe, de description morbides, sanglantes mais décrit le côté obscure de l'homme face à une situation tragique qui pourrait toucher n'importe qui.
L'Autre Reflet L'Autre Reflet
Patrick Senécal   
Encore un excellent Senécal qui nous plonge ici dans le difficile métier d'écrivain. Un roman intense qui nous invite une fois de plus à réfléchir sur la nature humaine, et sur l'art en général.

Notre protagoniste est aveuglé par le succès, la réussite et progressivement il va rentrer dans un horrible engrenage dans lequel aucun retour en arrière ne sera possible. Comme toujours, l'auteur explore le côté sombre des individus. Au fil des pages nous assistons à la déchéance de Michaël[spoiler]perte de moralité, atrocité des crimes commis pour rendre ses livres plus intenses et réels, l'influence de Wanda[/spoiler]

Les personnages sont bien dépeints dans leurs genres, très crédibles, psychologiquement torturés et tordus. L'intrigue joue avec nos nerfs avec pas mal de tension. Le milieu littéraire est un excellent choix qui soulève de nombreuses questions sur les auteurs, le côté artistique, le succès, le travail à fournir. Bref pas mal de points y sont évoqués et en filigrane les peurs des écrivains et de Senécal lui même (peur de mal écrire, d'être boudé par le public, le côté éphémère aussi pour certains auteurs qui disparaissent, l’aspect commercial qui influence l'écriture de certains auteurs, etc). Je dirais que ce livre est peut être le plus personnel de l'auteur (il s'est forcément inspiré de son quotidien d'écrivain et de l'univers littéraire qui l'entoure).

Le lecteur se demande jusqu'où peut-on aller pour l'art et jusqu'où va s'arrêter Mike dans sa descente aux Enfers. Le personnage de Wanda est un personnage noir, sans émotions, sans pitié et surtout [spoiler]manipulatrice - Elle tire dans l'ombre toutes les ficelles. [/spoiler]C'est une Muse démoniaque et bien sûre le reflet négatif, pervers de Michaël (j'ai bien aimé la théorie générale du reflet expliquée par Lee).

Plus les chapitres défilent plus le lecteur déteste Mike trop narcissique, imbu de lui même et qui recherche la gloire au détriment de tout le reste. Il devient inhumain et change. Plus son roman avance plus ce qu'il fera sera difficile [spoiler]Il voit sa maîtresse brûler dans un salon du livre devenir une torche humaine, il tue Hugo son ami et collègue, il tue sa femme Alexandra avec un club de golf suite à une erreur (il voulait tuer Wanda qui avait tout prévu pour que le projet aille jusqu'au bout et qu'il soit dans l'obligation de publier le livre) [/spoiler]

Le final est bien trouvé, je m'y attendais forcément connaissant l'auteur (j'ai lu 13 titres). Je pense que le livre devait se clore ainsi [spoiler]il va continuer son "partenariat" criminel avec Wanda, a reçu les lauriers, il ne lui en veut plus et devient insensible, il se détache de la mort d'Alexandra[/spoiler] Senécal a vraiment un don pour terminer ses livres de la "meilleure" façon et collé à son univers.

La couverture aussi reflète bien l'esprit du livre. L'histoire met un peu de temps à démarrer, une fois lancée impossible de s'arrêter. Ce titre est moins connu qu'Aliss, Hell.com, le vide mais vaut le détour. C'est un thriller intéressant, intense, troublant avec des personnage bien sombres (j'ai ressenti pas mal d’émotions) L'autre reflet ne m'a pas laissé indifférente.
Il y aura des morts Il y aura des morts
Patrick Senécal   
Un excellent livre, avec beaucoup de rebondissements et une chasse à l'homme haletante et palpitante.

Notre protagoniste se retrouve malgré lui plongé dans l'enfer d'un jeu de traque dans lequel il faut sans cesse repousser ses limites et faire preuve d’ingéniosité pour échapper à la mort qui vous attends à tous les coins de rue. Nous avons 8 chasseurs face à lui... Progressivement, le lecteur découvre les règles de cette course poursuite macabre, nous vivons en même temps que Carl cette aventure hors norme et peu croyable. Il se transforme en proie et ne peut avertir personne de sa situation de bête traquée sinon il risque de voir disparaitre ses proches.

Notre héros est un propriétaire de bar rangé, qui mène une existence tranquille d'homme divorcé. Il s'agit également d'un père de famille aimant souhaitant le meilleur à son unique fils. En apparence, nous ne lui connaissons aucun ennemi. Facilement nous pouvons trouver qui est le commenditaire, mais le plus captivant reste cette partie et surtout le dénouement. Les 500 pages défilent rapidement pour notre plus grand plaisir. Il faut juste attendre le début de la traque pour comprendre tous les enjeux et rentrer dans le vif du sujet. La longue présentation de Carl permet de mieux le cerner pour la suite du récit et de réfléchir à l’identité du psychopathe se trouvant aux manettes de cette chasse géante.

Le piège se referme progressivement autour de lui, très rapidement il va se mettre à douter et à suspecter son entourage. Il se remet en cause et lutte chaque instant pour sa survie. D'un point de vu psychologique le roman est extrêmement bien fait et reste réaliste. Au fil des pages, la tension monte et comme le titre l'indique il y a aura des morts pour ne pas dire beaucoup de cadavres. Ce livre nous happe vraiment et comme toujours Patrick Senécal nous bouscule et nous fait réfléchir sur l'homme et sa nature profonde. C'est un livre noir très sombre qui interloque le lecteur. Il y a bien entendu des références à ces anciennes publications.

J'ai adoré la fin ouverte, je n'ai pas été déçue [spoiler]Carl à une chance sur 2 de s'en sortir : soit il meurt de ses blessures, ce qui annule la nouvelle traque. Soit son employé se fait tuer avant et clôt la partie (en même temps il est blessé aux jambes, se dirige en forêt - il reste facile à éliminé et dans un lieu sans témoin, de plus maintenant il possède la balise GPS le localisant). Pour moi j'aimerais la deuxième solution surtout que Hell.com lui a promis des soins en cas de victoire. Tout n'est qu'une question de minutes. Le temps va jouer en faveur ou en défaveur de Carl /spoiler]

La vie de Carl bascule à jamais le 12 août 2016 à 17 h 05, il nous emmène dans les rues de Drummondville (je ne connais pas le plan de cette ville mais je ne me suis pas ennuyée) et va par lui même remettre certaines de ses certitudes en cause [spoiler]la vie de son fils adepte de Hell. com qui aime les horreurs s'y trouvant son existence avec des morts indirects sur la conscience notamment son fils qui a tenté de le sauver, ses sentiments envers son ex femme, son employé, etc[/spoiler]

Ce titre est agréable à lire comme toujours, l'auteur a su me captiver, je me suis prise au jeu, j'ai eu de la peine et de la souffrance pour Carl, ce personnage touchant et tellement combatif. J'ai vécu l'aventure à ses côtés. Bref le lecteur s'identifie en partie à lui et ne respire pas avant la dernière ligne. Encore un chef d'oeuvre !