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Regain



Description ajoutée par anonyme 2012-12-20T19:28:21+01:00

Résumé

Tous sont partis, Panturle se retrouve seul dans ce village de Haute-Provence battu par les vents au milieu d’une nature âpre et sauvage. Par la grâce d’une simple femme, la vie renaîtra.

Jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans Regain, avec un lyrisme sensuel , les liens profonds qui lient les paysans à la nature.

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Classement en biblio - 223 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par rogelinou 2019-07-29T21:37:49+02:00

Aubignane est collé contre le tranchant du plateau comme un petit nid de guêpes ; et c'est vrai, c'est là qu'ils ne sont plus que trois. Sous le village la pente coule, sans herbes. Presque en bas, il y a un peu de terre molle et le poil raide d'une pauvre oseraie. Dessous, c'est un vallon étroit et un peu d'eau. C'est donc des maisons qu'on a bâties là, juste au bord, comme en équilibre, puis, au moment où ça a commencé à glisser sur la pente, on a planté au milieu du village le pieu du clocher et c'est resté tout accroché. Pas tout : il y a une maison qui s'est comme décollée, qui a coulé du haut en bas, toute seule, qui est venue s'arrêter, les quatre fers d'aplomb, au bord du ruisseau, à la fourche du ruisseau et de ce qu'ils appelaient la route, là, contre un cyprès. C'est la maison de Panturle. Le Panturle est un homme énorme. On dirait un morceau de bois qui marche. Au gros de l'été, quand il se fait un couvre-nuque avec des feuilles de figuier, qu'il a les mains pleines d'herbe et qu'il se redresse, les bras écartés, pour regarder la terre, c'est un arbre. Sa chemise pend en lambeaux comme une écorce. Il a une grande lèvre épaisse et difforme, comme un poivron rouge. Il envoie la main lentement sur toutes les choses qu'il veut prendre, généralement ça ne bouge pas ou ça ne bouge plus. C'est du fruit, de l'herbe ou de la bête morte ; il a le temps. Et quand il tient, il tient bien. De la bête vivante, quand il en rencontre, il la regarde sans bouger : c'est un renard, c'est un lièvre, c'est un gros serpent des pierrailles. Il ne bouge pas ; il a le temps. Il sait qu'il y a, quelque part, dans un buisson, un lacet de fil de fer qui serre les cous au passage. Il a un défaut, si on peut dire : il parle seul. Ça lui est venu aussitôt après la mort de sa mère. Un homme si gros que ça, ça avait une mère comme une sauterelle. Elle est morte du mal. On appelle ça : "le mal", mais c'est une vapeur ; ça prend les gens d'âge. Ils ont les "trois sueurs", le "point de côté" puis, ça s'arrache tout, là-dedans, et ils meurent. C'est le sang qui se caille comme du lait. Quand elle a été morte, il l'a prise sur son dos et il l'a portée au ruisseau. Il y a là un pré d'herbe, le seul de tout le pays, un petit pré naturel et il a quitté sa mère sur l'herbe. Il lui a enlevé sa robe, et ses jupes, et ses fichus parce qu'elle était morte habillée. Il n'avait pas osé la toucher pendant qu'elle souffrait et qu'elle criait. Comme ça, il l'a mise nue. Elle était jaune comme de la vieille chandelle, jaune et sale. C'est pour ça.

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Tous sont partis.

Panturle se retrouve seul dans ce village de Haute-Provence battu par les vents au milieu d'une nature âpre et sauvage.

Par la grâce d'une simple femme, la vie renaîtra.

jean Giono, un de nos plus grands conteurs, exalte dans Regain avec un lyrisme sensuel les liens profonds qui lient les paysans à la nature.

Aubignane, « collé contre le tranchant du plateau comme un petit nid de guêpe », est un village de l’arrière pays provençal qui se vide peu à peu de ses habitants : ils ne sont plus que trois à se partager les maisons abandonnées.

Un matin, le père Gaubert, vieillissant, décide de partir. Puis au début du printemps, c’est au tour de la Mamèche, qui demeure au village depuis 40 ans, de disparaître...

Panturle, un homme encore jeune qui n’a pas de femme, est le dernier habitant.

Un jour, au retour d’une chasse au renard, il aperçoit une jeune femme qui éveille son désir.

Il la suit à travers bois : s’agit-il de la femme que la Mamèche, avant sa disparition, avait promis de lui ramener ?

L’écriture de Giono est sublime, toute en poésie, en raffinement et en simplicité.

Les métaphores notamment sont superbes, particulièrement bien choisies et travaillées.

Giono adopte des images concrètes, liées au monde de la nature, végétale ou animale.

« L’été, le soleil qui boit comme un âne sèche son bassin en trois coups de museau » : Giono n’hésite pas à comparer une saison à un animal ou des astres au monde végétal : « La nuit entasse ses étoiles comme du grain ». L’auteur livre à son lecteur une apologie de la nature mais aussi de l’homme, à travers ses productions, tels les outils.

Un des premiers outils sur lequel s’attarde Giono, c’est l’enclume du père Gaubert : « l’enclume est toute luisante, toute vivante, claire, prête à chanter ».

Gaubert est véritablement la mémoire artisanale d’Aubignane.

Avec son départ, c’est tout un trésor de gestes qui disparaît.

Giono célèbre le monde paysan, celui qui s’adapte aux conditions climatiques, qui fait sans cesse preuve de créativité, qui lutte pour survivre.

Dans ce monde laborieux, un éclair d’espérance peut toujours briller : ici, c’est la femme qui apporte le regain, la flamme de fécondité, celle de la terre, mais aussi celle de l’enfant.

J’ai apprécié dans cette édition la préface qui nous permet d’entrer dans ce livre avec un regard éclairé et le dossier conclusif qui apporte des repères biographiques sur Giono et des jalons pour mieux comprendre l’œuvre.

Au cours du roman, des notes de bas de page permettent d’éclaircir certains termes de patois.

« Regain » est un roman, dont on savoure avec délectation les superbes métaphores.

J’ai lu ce court roman avec beaucoup de plaisir, goûtant chaque mot, chaque phrase, tournant les pages avec bonheur.

Un grand classique à (re)découvrir.

Merci à:

Christelle Gaté pour son aide précieuse.

G. le 22/09/2010.

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Diamant

Je ne me souviens plus de l'histoire par contre l'émotion est restée vivace. Surnageant dans ma mémoire, le seul événement dont je me souviens c'est que, loin de la ville dans la campagne provençale abandonnée, un paysan fait bibliquement la connaissance de la femme. Il y a-t-il d'autres événements?

L'émotion est créée par la description des couleurs, celle des bruits, de la nature. C'est un scintillement constant d'images et de périphrases. Quelle leçon de français!

Je me fais fort de commenter tous les livres que je place dans ma liste diamant. Pour l'instant, celui-ci fut l'ultime mais non le moindre. Comment décrire une émotion qui vous submergea y a 40 ans?

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par lelette1610 2019-10-02T10:51:12+02:00
Argent

J'ai lu cet ouvrage de Jean Giono il y a bien des années et avais beaucoup apprécié.

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Commentaire ajouté par Stephanie-61 2017-10-21T18:07:30+02:00
Bronze

pas de coup de coeur, même si j'aime beaucoup les personnages, simples dans leur vie et dans leur coeur et qui valorise la vie campagnarde de nos ancêtres.

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Commentaire ajouté par barzoi 2017-08-27T08:48:49+02:00
Bronze

C'est une belle histoire d'amour. Une histoire d'amour à la terre, mais aussi aux hommes et entre un homme et une femme.

Ce livre se lit rapidement. Les paysages décrits sont magnifiques et donne vraiment l'impression d'y être.

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Commentaire ajouté par feufeu 2017-02-01T22:56:16+01:00
Diamant

Encore une oeuvre merveilleuse de Giono. Ecriture remarquable

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Commentaire ajouté par The_Dolphin 2016-12-08T17:44:32+01:00
Bronze

Étonnamment j'ai beaucoup aimé ce livre et son ambiance juste follement bien décrite ! La fin vaut vraiment le coup en plus !

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Commentaire ajouté par elana55 2016-07-18T18:37:14+02:00
Or

Une histoire simple relatant la vie paisible des personnages à travers la campagne provinciale, dans plusieurs lieu bien que l'histoire se concentre tout de même plus sur Aubignane.

Ce que j'aime chez Giono c'est ça capacité à faire voyager à travers ses récits, tout le long du roman je me suis promenée en Provence, dans les paysages si magnifiquement décrits, à la découverte de ce monde si différent du mien. On se laisse facilement porté par la beauté et la poésie de l'écriture de Giono, on se prend d'affection pour ses personnages si simples et pourtant plein de générosité et de tendresse, que ce soit Panturle, Arsule ou les autres...

Ce roman est certes le moins bon de la trilogie du pan pour moi, il n'en reste pas moins superbe, il nous fait partager un bout de vie, une vie simple, une vie campagnarde au milieu de ce que la nature a à offrir. J'aime la simplicité de l'histoire, mais par rapport au deux premier tomes, j'aurais quand même aimé qu'il y est une intrigue comme fil conducteur, parce qu'ici on a plus des tableaux qui s'enchaînent, avec des liens les uns entre les autres, mais cela aurait mérité une vraie histoire.

Pourtant malgré cela ce court roman se laisse lire, on se prend dans cette histoire, on se laisse porter par la poésie des mots, et on voyage loin, dans le temps et dans l'espace. On en apprend ainsi plus sur la vie des paysans autrefois en Provence, ainsi que sur les us et coutumes de l'époque et c'est intéressant. On s’immisce ici dans la vie des personnages et on partage leur rêve, leurs envies, leur joie et leur peine, et c'est ce qui est beau...

C'est donc une lecture à la fois belle et enrichissante qui nous remplie de joie et de tendresse et qui nos laisse des paysage plein la tête.

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Commentaire ajouté par Johanne24 2015-12-26T11:24:37+01:00
Bronze

Je suis un peu déçue par ce livre qui commence à m'intéresser vraiment que le dernier tiers, à peine.

J'ai trouvé le début lent, sans but apparent, pas d'intrigue...Malgré ça il y avait l'écriture merveilleuse de l'auteur que j'ai adoré ! Sa plume donne une ambiance particulière au livre, nostalgique, naturelle, pleine d'espoir.

La fin du livre est beaucoup plus prenante, l'écrivain nous montre comment vivre en autarcie complète et ça fait du bien ! Le renouveau, la nature, une bouffée d'air frais, j'ai vraiment aimé !

Même si je n'ai pas bien apprécié le début du roman je ne peut que le conseiller et ne peut en aucun cas dire que ce n'est pas un bon livre parce que l'écrivain a du talent.

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Commentaire ajouté par Milca 2015-09-11T19:34:52+02:00
Or

J'ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre ! C'est le premier de Jean Giono que je lis, et je n'ai pas regretté. Apparemment, c'est le dernier tome d'une trilogie, je pense donc lire les deux précédents. Cependant, cela ne m'a pas gêné, je ne l'ai même pas remarqué.

Ce que j'ai le plus adoré en premier lieu, c'est l'écriture. Des descriptions magnifiques (j'aime les descriptions x), un vocabulaire varié, une lecture fluide. Bien sûr, j'ai étonnée pendant les premières pages du langage, qui n'est pas du tout le mien puisqu'il est celui de l'époque. Même si je ne connaissais pas forcément les expressions employées, je les ai comprises, et la construction des phrases assez différente de maintenant ne m'a pas dérangée, au contraire. Bref, tous ces éléments donnent de l'authenticité au livre, chose plutôt recherchée.

Ensuite, l'histoire. Au début, je ne savais pas trop où l'auteur voulait en venir. Mais l'histoire d'amour entre Panturle et Arsule est magnifique je trouve. Bien sûr, elle reste un peu cliché, l'homme aux champs, la femme à la maison ; la construction du foyer... Mais c'est doux, c'est beau...

Les personnages sont attachants, simples et sincères, j'avoue que ça change. Mais surtout, ils sont libres.

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Commentaire ajouté par mr-moustache 2014-09-28T20:20:53+02:00
Bronze

Même pas pu finir la première tellement c'était long... Après je me suis forcée je l'ai lu jusqu'au bout et finalement ce n'atait pas si terrible.

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Commentaire ajouté par Rukia05 2014-07-31T13:37:32+02:00
Pas apprécié

J'ai préféré Colline plutôt que ce titre ci.

Colline possédait un plus qui faisait de la lecture un moment plutôt agréable - même si le terme est un peu fort.

Regain par contre, ne m'a pas plu, l'histoire m'a ennuyée et j'ai trouvé l’écriture de Jean Giono fastidieuse.

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Date de sortie

Regain

  • France : 2011-05-11 - Poche (Français)

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