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Extrait ajouté par ananaskiwi 2016-04-16T14:15:58+02:00

La force que procure la colère est extraordinaire. J’ai littéralement retourné la maison, en quête d’autres secrets. Je me suis attaqué à notre nid familial comme s’il était l’ennemi. Je suis passé de pièce en pièce, j’ai déchiré, renversé, retourné, fichu une sacrée pagaille, mais je n’ai rien trouvé d’autre. Toute l’affaire m’a donné le sentiment d’être tombé dans une canalisation bouchée et de tâtonner dans des eaux usées pour tenter d’y voir plus clair. Sauf qu’il n’y avait rien de concret à quoi se raccrocher. Tout ce que je sentais, c’était une crasse molle, qui me rentrait par les pores et s’insinuait sous mes ongles, et sa puanteur m’emplissait les narines, s’accrochait à mes cheveux, s’imprégnait dans les petits vaisseaux sanguins et polluait mon corps tout entier.

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Extrait ajouté par MarinaRose 2015-05-24T19:26:39+02:00

Printemps 2013

Catherine s'arc-boute mais elle n'a plus rien à sortir. Elle s'agrippe à l'émail froid et relève la tête pour regarder dans le miroir. Le visage qui lui fait face n'est pas celui avec lequel elle est allée se coucher. Ce visage, elle l'a déjà vu et elle comptait bien ne jamais le revoir. Elle s'examine sous cette nouvelle lumière crue puis elle mouille un gant, s'essuie la bouche et le presse contre ses yeux, comme pour éteindre la peur qui brûle en eux.

«Est-ce que ça va ?»

La voix de son mari la fait sursauter. Elle espérait qu'il ne se réveillerait pas. Qu'il la laisserait tranquille.

«Mieux, maintenant», ment-elle en éteignant la lumière. Puis elle débite un nouveau mensonge. «Ce doit être le plat à emporter d'hier soir qui n'est pas passé.» Elle se tourne vers lui, une ombre au coeur de la nuit.

«Retourne te coucher. Je vais bien», murmure-t-elle. Il dort quasiment debout, mais il tend tout de même le bras et pose la main sur son épaule.

«Tu en es sûre ?

- Oui», répond-elle. Sa seule certitude, c'est son besoin d'être seule.

«Robert. Promis. Je te rejoins dans une minute.»

Il laisse ses doigts s'attarder un moment sur son bras, puis il cède. Elle attend d'être certaine qu'il s'est rendormi avant de regagner leur chambre.

Elle l'observe, posé à l'envers, encore ouvert, tel qu'elle l'a laissé : ce livre auquel elle s'est fiée. Les premiers chapitres l'ont amadouée et mise en confiance, ils lui ont procuré un sentiment de confort tout en lui laissant deviner le léger frisson à venir, le petit quelque chose qui l'incitait à poursuivre sa lecture, mais sans fournir aucun indice sur ce que le livre réservait. Il l'a appâtée, attirée dans ses pages, toujours plus loin, jusqu'à ce qu'elle se rende compte qu'elle était prise au piège. Alors les mots ont ricoché dans sa tête et claqué dans sa poitrine, les uns après les autres. Comme si toute une file de gens avait sauté devant un train et qu'elle, conductrice impuissante, était incapable d'éviter la collision fatale. Trop tard pour freiner. Impossible de faire machine arrière. Malgré elle, Catherine s'est retrouvée coincée dans les pages du livre.

Toute ressemblance avec des personnes réelles... La mention est barrée d'une ligne rouge bien droite. Un avertissement auquel elle n'a pas prêté attention en ouvrant le livre. Impossible de ne pas remarquer la ressemblance avec elle. Elle est un personnage clé, un rôle principal. Les noms ont beau avoir été changés, les détails sont sans équivoque, jusqu'à sa tenue vestimentaire cet après-midi-là. Une partie de sa vie qu'elle a dissimulée. Un secret qu'elle n'a confié à personne, pas même à son mari ni à son fils - les deux personnes qui pensent la connaître mieux que quiconque. Pas un être sur cette terre ne pourrait avoir produit ce que Catherine vient juste de lire. Et pourtant, tout est écrit noir sur blanc, lisible par tous. Elle croyait que cette histoire appartenait au passé, qu'elle était enterrée. Mais voilà qu'elle refait surface. Dans sa chambre. Dans sa tête.

(...)

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Extrait ajouté par lailasamburu 2015-04-17T11:30:44+02:00

Pour être écrivain, pour être un bon écrivain, il faut du cran, il faut être prêt à se mettre à nu.

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Extrait ajouté par AnitaBlake 2015-04-12T09:03:56+02:00

Cela devait faire presque quarante ans que je n’avais pas lu ces mots. Elle avait écrit le roman l’été précédant la naissance de Jonathan. C’était comme si elle se trouvait dans le lit avec moi. Je pouvais entendre sa voix avec clarté : celle de Nancy, jeune femme, pas encore mère. De l’énergie se dégageait de ces pages, de l’intrépidité, et cela m’a renvoyé à une époque où nous étions excités par l’avenir, où les choses qui ne s’étaient pas encore produites nous réjouissaient plutôt qu’elles nous effrayaient. Ce soir-là, je suis allé me coucher heureux, conscient que même si elle m’avait quitté, j’avais eu de la chance d’avoir Nancy dans ma vie. Nous nous étions ouverts l’un à l’autre. Nous avions tout partagé. Je croyais que nous savions tout l’un de l’autre.

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