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Commentaires de livres faits par RevesetImagines

Extraits de livres par RevesetImagines

Commentaires de livres appréciés par RevesetImagines

Extraits de livres appréciés par RevesetImagines

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 11-09
- Tue-la, Laudaric, il ne sera pas dit qu’une femme hausse le ton devant les us ou devant les cataphractaires.
Makéna fit pivoter sa lance et plongea sur le côté pour porter un coup au niveau des côtes de Laudaric. Celui-ci l’évita et frappa du bouclier, projetant la jeune femme contre une colonne. Elle eut le souffle coupé sous l’attaque mais trouva assez d’énergie pour reprendre place et asséner quelques bons coups encouragés par l’assistance. Laudaric fit trembler le bouclier de son adversaire, il cognait sans relâche et Makéna fut déséquilibrée une deuxième fois, elle manqua de trébucher et de percuter Attila.
Un quart de seconde, elle envisagea de frapper le roi des Huns et de débarrasser le monde de ce Fléau de Dieu mais son assaillant revint à la charge. Prête à tout, Makéna rendait coup pour coup et réussit à toucher le géant à la main et à l’avant-bras. Fière de ce coup, elle baissa sa garde et le barbare en profita pour lui faucher les jambes. Makéna tomba de tout son long sur le dos dans un bruit métallique et sentit l’épée de son adversaire sur sa gorge.
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date : 02-08
Kenza et Lorenzo échangèrent un regard de connivence. Le vieil homme souhaitait gagner quelques pièces grâce à une petite séance de chiromancie. Karan, pas dupe non plus, tendit la main droite et la jeune femme la repoussa avec douceur.
- Non, c’est l’autre qu’il veut voir.
Pourquoi demandait-il à voir justement celle-ci ? Il céda et la tendit.
Le shaman la prit entre les siennes et marmonna des paroles sur un ton qui faisait penser à une litanie, voire à une prière. Étonné, le médecin regarda l’employée, attendant ses explications.
- Il prie pour vous soigner.
Il marqua sa surprise sans toutefois l’exprimer. Comment aurait-il pu savoir que sa main était blessée ? Elle restait toujours posée sur ses genoux quand il était assis afin d’en dissimuler son état et le vieil homme ne l’avait pas vue avant qu’il ne la tende. Etait-ce un heureux hasard ou autre chose d’inexplicable ?
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Les jambes flageolantes et le visage cramoisi, je traversai l’aéroport aux côtés de ce type, serrant la bandoulière de mon sac de toutes mes forces. Il me semblait que tous les regards étaient braqués sur nous : sûrement ma paranoïa qui reprenait le dessus. Alimentée par les mensonges, nourrie par mon incapacité à gérer le situation, elle était un monstre qui gagnait en taille à mesure que cette histoire prenait forme.
Une fois dehors, je respirai une grande bouffée d’air pour reprendre un peu de courage. Le temps était maussade, d’épais nuages gris accablaient le ciel et chargeaient l’air d’humidité. Mes cheveux allaient encore ressembler à du poil de caniche ; c’était d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles j’avais quitté l’Angleterre : pour incompatibilité capillaire.
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date : 17-01
Assis dans un coin de la cellule, la tête posée contre le mur, je t’attends. J’ignore depuis combien de temps, cependant je ne bougerai pas d’ici jusqu’à ton arrivée. Un léger sourire s’étire sur mes lèvres quand je repense à ta manière d’évoquer Berthe. Une façon originale de me faire savoir que c’est là que tu apparais après avoir pris une gélule. Séra n’a rien dû comprendre ! En même temps, il ne faudrait pas qu’il cherche à en apprendre davantage. Lui as-tu parlé de moi ? De nos retrouvailles ? J’espère que non. C’est assez dur de t’infliger pareille torture, pas la peine de l’entraîner dans notre folie, lui aussi. Malgré tout ce qui s’est passé, il reste mon meilleur ami, mon frangin. Et je peux compter sur lui pour te protéger du fêlé qui rôde au camping. Cette histoire me rend malade, ça tourne en boucle depuis tout à l’heure. Qui te veut du mal ? Pourquoi ?
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date : 27-11-2017
Nous enfilons un masque et des gants. Je reste en retrait. Soudain, une sensation de vestige m’envahit. Ce n’est pas le moment, il faut que je garde le contrôle. Je m’agrippe à la rampe qui court le long du couloir. Mon estomac vide gargouille, l’odeur d’éther n’arrange rien. Je regarde le sol quelques secondes, le temps de reprendre mes esprits. Les bouts de ses Weston sur mesure se retrouvent en face de mes rangers qui ont plus de dix ans d’âge.
Il me demande assez sèchement :
« Rassurez-moi, vous avez déjà assisté à des autopsies ? »
J’ai l’impression d’avoir 8 ans et d’être obligée de sauter du grand plongeoir. J’opine de la tête.
« Quelques-unes. C’était juste une chute de tension, ça va aller. »
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Balin et ses élèves le regardèrent s’éloigner sans intervenir. Il s’arrêta devant les arbres et se mit à faire les cent pas.
- Qu’est-ce que la Loi Immuable ? demanda David.
- Oh, c’est vrai que je ne t’ai pas encore expliqué. Notre monde est régi par quatre lois fondamentales qu’il est impossible de transgresser même en utilisant les magies les plus avancées.
Il sortit sa baguette et traça une suite de lettres dorées sur le tronc d’un chêne :
Personne ne peut ressusciter les morts
Personne ne peut rajeunir
Personne ne peut avoir d’enfant
Le contrat magique qui lie une personne à un clan est éternel et indéfectible
- Voilà pour les grandes lignes. Sache qu’aucune dérogation n’est possible.
David lut et relut avec attention les phrases inscrites en surbrillance.
- Si je comprends bien, il faut choisir avec attention le clan auquel on souhaite appartenir, car on ne peut plus en changer par la suite.
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date : 11-10-2017
Il se rassit, l’air désespéré. Elle soupira en touchant le mur, à l’endroit que Serrure venait de traverser. Rien n’avait bougé, pas même la reproduction d’une planche de Bleu sang d’Enki Bilal accrochée en décoration.
- Si je résume, je suis en train de parler avec un personnage d’Ultimaland 15 qui se tient devant moi en chair et en os, ou plutôt en spectre, et je suis la seule à pouvoir le voir. Il ne sait pas d’où il vient, ni comment y retourner… Les gens vont me prendre pour une dingue, si je raconte ça…
- Ne me demandez pas comment ça marche. Je peux m’asseoir et m’adosser aux choses, mais ma main passe à travers les objets. Et je passe aussi à travers vous, si vous avez oublié… Je vais réessayer, si vous le voulez bien, juste pour tester, pour voir ce que ça fait…
Il ne lui fut pas possible de se mettre en retrait. Il avait comme bondi et avait traversé la jeune femme qui fut comme foudroyée par une légère décharge électrique. Ça n’était pas douloureux, mais très inconfortable.
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date : 07-06-2017
Une vitre sans tain permet aux médecins de jouir d’une vision complète de la salle de guérison depuis une plate-forme surélevée, invisible pour les occupants de la pièce. Cette dernière ne contient qu’une table en acier inoxydable sur laquelle reposent une boîte fermée et un seau en plastique, ainsi qu’une chaise fixée au sol à quelque distance. La porte s’ouvre. Mme Guébin fait son entrée, suivie par deux infirmiers encadrant Nathaniel… ou plutôt soutenant ce dernier. Le jeune se déplace d’une démarche chancelante, sans force, et vient s’effondrer sur la chaise. Son teint très pâle lui confère un air maladif. Il semble avoir du mal à se tenir droit et laisse ses yeux errer dans le vague. Depuis leur promontoire caché, les psychiatres contemplent la scène.
- Le sujet ne paraît pas en grande forme…, commente la représentante de Bravoure.
- Ce sont les effets secondaires du traitement, explique Perrin. Fatigue intense, tremblements, difficultés d’élocution et vacuité du regard sont les symptômes habituels. On observe aussi chez cet individu particulier une tendance aux crises d’angoisse. Le traitement n’en est encore qu’à sa phase expérimentale, mais nous travaillons à réduire les effets indésirables dans l’optique d’une commercialisation.
- Nathaniel retrouvera l’ensemble de ses facultés sitôt que nous l’aurons sevré, ajoute Lorient.
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Après un petit-déjeuner sommaire, nous reprîmes notre chemin. Au final, Andreas se rangea, avec mauvaise foi, à l’avis de Gabriel. Avalant les kilomètres, on avançait d’un bon pas, s’arrêtant juste pour grignoter un morceau. J’avais l’impression de ne pas bouger. Les arbres nous cernaient de toute part, et tous se ressemblaient. De temps à autre, les singes nous tenaient compagnie mais ils pouvaient attirer des prédateurs redoutables. En milieu de journée, alors que les singes hurleurs nous brisaient les tympans, on fut surpris par un silence soudain. Ce fut Gabriel qui saisit aussitôt le danger. Un jaguar rôdait à la recherche d’un encas. Aussitôt, l’Ancien fusionna avec son puma. Les deux félins s’observèrent un court instant avant que le jaguar ne fasse tranquillement demi-tour, loin d’être impressionné par la masse imposante de la bête noire. Alors que nous venions de reprendre notre marche, on entendit clairement des cris de singes, suivis d’un grognement terrifiant. Au final, l’animal avait dû réussir à attraper une proie.
Cette forêt était à la fois d’une beauté sauvage magnifique et d’une dangerosité lugubre. Nous suivions le cours d’eau mais Andreas nous en tenait éloignés afin d’éviter toute rencontre. L’affluent était souvent sujet de circuits touristiques. Pour notre sécurité et celle des gens qui pourraient nous voir, il valait mieux rester discret.
La seconde nuit se profilait à l’horizon. Andreas paraissait content de notre avancée. Moi, je n’avais plus de jambes. Youri et Ben ne purent s’empêcher de laisser échapper un grognement de soulagement en ôtant leurs sacs. Anya s’écroula sans grâce et décréta qu’elle dormirait là, sans bouger. Quant à Charlotte, ma belle blonde, elle se mit à genou pour prier :
 Seigneur Dieu ou qui que tu sois, je t’en prie. Fais-moi un signe ! Un flacon de gel douche me suffirait mais si tu ajoutes une brosse à dents et un tube de dentifrice, je te jure de prier tous les jours !
Je ne pus m’empêcher de rire. Anya se cacha la tête dans son sac pour cacher son hilarité. Même Ben s’autorisa un sourire. Gabriel et Andreas se regardèrent amusés avant de nous faire rapidement redescendre sur terre en nous rappelant qu’il fallait monter les deux tentes et ramasser du bois pour le feu.
Je pris à nouveau le premier tour de garde. Et comme la nuit précédente, je ne restai pas seule bien longtemps. Or, cette fois-ci ce fut Andreas qui vint. Il resta impassible un bon moment. Je ne fis rien pour encourager la conversation. J’appréciais le silence. C’était apaisant.
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Je m’étais imaginé Gabriel, le torse toujours nu, en sueur, en train de montrer ses talents de guerrier. Mais au lieu de cela, j’avais la vision d’un homme enchaîné à un énorme poteau, le torse certes nu mais zébré de balafres dont certaines étaient très récentes. La trace d’une trainée sanglante couvrait une partie du tatouage qu’il arborait sur son bras gauche. Les lignes noires du dessin partaient dans son dos et commençaient à cacher son pectoral. Une bouffée de colère me submergea. Isobel avait ordonné qu’on le soigne afin qu’il puisse se remettre de son passage à tabac et, au lieu de ça, il avait été torturé !
Avec beaucoup de mal, je réussis à détourner mes yeux des fers qui encerclaient les poignets de l’Ancien et à me redresser tout en restant sur mes gardes. Lui m’observait sans bouger. Son magnifique regard bleu intense ne me lâchait pas. Il avait très certainement dû capter ma présence dès que j’avais posé un orteil à l’intérieur de la tente.
Je le rejoignis sur la pointe des pieds tout en jetant des coups d’œil inquiets vers la tenture qui bouchait l’entrée.
 Je vais te libérer, chuchotai-je tout en tirant de mes bottes un poinçon, un poignard et un crochet fin que j’avais pris dans une des cabanes à outils, proche des serres.
Je me saisis alors de son poignet droit et commençai à sonder la fermeture avec le crochet. Je n’avais jamais forcé de serrure et j’espérai vivement que celle-ci ne me pose pas trop de problèmes. Je n’avais guère de temps devant moi. Le voir ainsi m’avait obligé à revoir mon plan. Il devait partir et tout de suite. Mais je dus faire face à une difficulté à laquelle je ne m’attendais absolument pas. L’Ancien se saisit de mes mains et m’obligea à lever la tête vers lui.
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Soudain, une douleur fulgurante m’assaillit au niveau du cou. Tournant brutalement la tête, j’aperçus un autre Immortel qui devait faire deux têtes de plus que Marco, une seringue à la main. La tête me tournait comme si j’étais descendue d’un manège circulaire qui avait été trop vite. Malgré tout, je conservai tant bien que mal mon équilibre, mais le serpent de feu en moi s’était tu, comme disparu. Je compris qu’on m’avait droguée. Ces Immortels apprenaient vite. Marco me soutenait tout en me dirigeant vers une voiture noire, tous feux allumés et moteur en route. Je tentai désespérément de me dégager mais mes forces étaient comme paralysées.
« Le phénix est devenu un pauvre petit poussin vulnérable », pensai-je amèrement en essayant de faire surgir le feu dans mes veines, en vain.
– Excusez-moi, Messieurs ! Mais j’ai comme l’impression que cette jeune fille ne se sent pas très bien.
Marco se retourna, m’entraînant dans son sillage. La grand-mère de Gabriel se tenait à quelques mètres de nous et venait de l’interpeller. Derrière elle, je vis un homme d’un certain âge, grand et au visage sévère. Lorsque son regard se posa sur moi, je ne pus retenir un frisson. Il était identique à celui de Gabriel hormis la couleur de ses iris. J’avais en face de moi ses grands-parents unis, et tous deux nimbés de puissance. L’air s’était soudainement adouci, le vent s’était apaisé. C’était comme si j’étais à l’intérieur d’une bulle m’isolant des intempéries et du bruit de la fête que je ne percevais plus.
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Raphaël, n’écoutant pas plus les conseils de sa sœur que les miens, nous accompagna jusqu’à l’entrée. Passant devant un grand miroir, je jetai un coup d’œil à mon reflet. Je mis quelques secondes à me reconnaître. Mes cheveux bruns virevoltaient comme électrisés autour de ma tête. Mais ce furent mes yeux qui me déconcertèrent le plus. Mes pupilles étaient de la couleur des flammes. Le rouge, l’orange et le jaune dansaient dans mes prunelles. Je saisissais tout à coup l’effroi qu’avait eu l’armoire à glace. J’étais terrifiante.
Un effroyable tableau s’offrait à moi. Au-dehors, des corps privés de leurs têtes parsemaient le jardin. La lumière du soleil levant faisait briller la neige devenue rouge. Le paysage était écarlate de sang. Je m’efforçai de ne pas attarder mon regard sur les cadavres croupissant dans la neige devenue boueuse. Une terrible nausée me fit tourner la tête et une forte odeur métallique me prit à la gorge. Je ne devais en aucun cas être faible et tentai de refouler le malaise qui menaçait de me submerger.
Je cherchai rapidement les autres du regard. Je les savais vivants ou Raphaël aurait réagi. Le frère et la sœur se lancèrent dans le combat tandis que j’essayais de repérer qui avait le plus besoin de mon aide. Les auras dorées et noires s’entremêlaient et perturbaient ma vision. En me concentrant assez, je réussis à les faire disparaître de mon champ de vision pour n’observer que la réalité des corps. Nulle part je ne voyais l’énorme félin noir qui était apparu dans mes rêves. Le grizzly-Lautaro déchiquetait ses ennemis à coup de crocs et de griffes. Chris et Sissi, côte à côte, faisaient virevolter leurs épées comme dans un ballet meurtrier. Hypnotisée par leur danse sanglante, je mis quelques secondes à repérer Tintaya. Elle semblait vouloir se frayer un chemin parmi les trois Immortels qui l’encerclaient, le sang giclait mais ses adversaires étaient coriaces et faisaient face. C’est alors que je perçus son regard désespéré qui fixait les abords de la grange où se trouvait l’immense loup gris et blanc.
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Il y a des jours où, franchement, il vaut mieux rester couché. Je déteste ces fameuses journées où la loi de Murphy règne en maître, prenant un malin plaisir à nous pousser dans nos retranchements, à rendre notre vie encore plus chaotique qu’elle ne l’est.
Vous ne connaissez pas cette loi ? Heureux que vous êtes !
La loi de Murphy est celle de l’emmerdement maximum, où toutes les emmerdes et autres pépins, possibles et inimaginables, s’enchaînent les uns à la suite des autres, sans répit, inexorablement, jusqu’à ce que vous tombiez dans les bras de Morphée, ou en dépression.
Et aujourd’hui en fait partie.
Pourtant, je n’ai pas croisé de chat noir, ne suis pas passé sous une échelle et encore moins renversé du sel de cuisine sur une table.
Je me demande ce qui pourrait m’arriver de pire. Parce qu’entre un concierge psychopathe, un démon décapité et ensorcelé par un sorcier, sans oublier ma mort définitive certaine, annoncée par la Dame du drame, n’en jetez plus, la coupe est pleine.
Et on est que mardi !
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date : 15-03-2017
Si mal soit-elle – « Comment une mère peut-elle déprimer lorsque la vie lui offre le bébé parfait ? » -, Anne aime sa fille plus que tout au monde.
Mais la fatigue l’a écrasée. Cora est un nourrisson agité, sujet aux coliques, plus exigeant que la moyenne. Quand Marco a repris le travail, les journées ont commencé à paraître intolérablement longues à Anne. Elle faisait de son mieux pour patienter, mais elle se sentait esseulée. Tous les jours ont commencé à se ressembler. Elle ne pouvait plus imaginer une existence différente. Dans son brouillard de manque du sommeil, elle ne se rappelait plus la femme qu’elle avait été lorsqu’elle travaillait à la galerie. Elle ne savait plus ce que c’était d’aider des clients à ajouter des pièces à leur collection, avait oublié la joie de découvrir un nouvel artiste prometteur. Pour tout dire, elle se rappelait à peine à quoi elle ressemblait avant d’avoir son bébé et de rester à la maison.[spoiler][/spoiler]
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date : 08-12-2016
Quand il découvrit les blessures de certains hommes, il eut même honte d’occuper un lit réservé aux officiers. Les hommes le regardaient comme une bête curieuse, car bien peu d’officiers venaient ici et pour cause. Les gardés n’étaient pas supposés monter à l’assaut avec leurs hommes, alors un capitaine portant les traces du combat surprit tous les patients de sa chambrée.
Il quitta l’hôpital quinze jours plus tard, ou plutôt le corps médical le laissa partir, car le capitaine de Saint ne supportait plus l’environnement étouffant dans lequel il se trouvait. Le jour où il menaça le médecin-chef de lui arracher ses organes génitaux avec une petite cuillère, ils cédèrent à sa demande.
Il réintégra son régiment quelques jours avant Noël et trouva cinq lettres de Camille à son arrivée. Il découvrit aussi les visages des nouveaux arrivants, envoyés pour remplacer les lourdes pertes de ces dernières semaines. Ses hommes étaient épuisés et rentraient d’une semaine de combat.
Julien s’enferma une journée entière pour lire son courrier et écrire une longue lettre à Camille. Le lendemain matin, il fut présent au rapport comme tous les autres.
Son visage portait maintenant une vilaine cicatrice sur la pommette droite et son regard s’était encore durci. En peu de temps, il avait vieilli de dix années d’un coup et ses traits s’étaient creusés, faisant apparaître de légères ridules. Tous les nouveaux légionnaires qu’il reçut en tête-à-tête furent impressionnés par leur commandant de compagnie et comprirent le sens de leurs noms de guerre.
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C’est trop injuste. Cette pensée le hante. Trop injuste. Vraiment trop injuste.
Il court toujours. Ses jambes, qui semblent avancer toutes seules, filent devant le ponton du château.
Là, il s’arrête. Au bord du chemin se dresse une grande serre. Enfin, une serre… un immense édific de verre. Comme un palais des glaces ou quelque chose du genre.
Il voit son reflet dans les carreaux.
Sans réfléchir, il ramasse une pierre et la lance. Elle traverse la vitre avec fracas. Il en ramasse une autre. Et la lance. Pan ! Encore une. En plein dans le mille. Crac ! Patatras ! Encore une. Le verre se brise et tombe en éclats sur le sol.
Le cœur d’Alrik bat fort.
« Je m’en fiche, se dit-il. Je m’en fiche complètement ! »
Brusquement, quelqu’un l’attrape par le bras. Alrik essaie de se libérer, mais n’y arrive pas.
- Lâche-moi, vieux schnock !
- « Vieux schnock » ? Ce n’est pas mon nom de baptême, lui répond calmement l’homme. Je m’appelle Magnar.
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date : 14-09-2016
Après des semaines de travail, sa création vit enfin le jour. Il s’agissait d’un petit personnage de métal cuivré, haut d’un mètre cinquante environ, qui se tenait en position assise. L’horloger le porta jusqu’au salon, l’installa dans le fauteuil de Marta et le contempla un instant.
Le visage figé avait des traits fins auxquels on ne pouvait attribuer de sexe. En le regardant trop longtemps, on s’attendait à le voir sourire ou pleurer, c’était selon. Son torse était équipé d’une trappe qui permettait d’accéder au mécanisme principal. Les jambes étaient relativement simples. Les genoux et les chevilles, décrivant de parfaits angles droits, n’étaient pas voués à se déplier. À l’inverse, les mains étaient particulièrement travaillées. Chaque doigt comptait trois articulations et était relié de l’intérieur au mécanisme central, dissimulé dans la poitrine.
Maître Sigismond n’avait jamais conçu un dispositif aussi élaboré. Il hésitait pourtant à le mettre en marche. Il craignait de ne pas avoir été à la hauteur. Tant qu’il le contemplait, tout était possible. Il ne risquait pas de se trouver confronté à un échec brutal qui le ferait probablement replonger dans les ténèbres du désespoir.
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- Tu ne sais pas mentir, Jasp. Essaie encore.
Qu’est-ce qu’il m’énerve ! Qu’est-ce qu’il… Putain, qu’est-ce qu’il fout ?!
- Arrête !
- Quoi ?
Il me joue les innocents alors qu’il a sa main sur ma cuisse. Il a vu la Vierge ou bien ? Merde, il l’a peut-être croisée ce matin en venant bosser ! Marie hante les rues de Nirvana, armée de ses pétitions qu’elle nous fait signer sans relâche, jour après jour. La dernière en date ? Elle voulait nous interdire de voler dans la Cité. De voler, nom de Papy ! Autant nous faire manchots !
- Dégage ta main de la là !
- Pourquoi ?
Pourquoi ? Il ose poser la question ? Non mais, j’hallucine !
- D’après toi ? grincé-je.
Je ne vais pas lui parler des picotements que le contact de sa paume provoque, oh non ! Je ne vais pas en parler. Et je ne vais pas non plus dire que j’apprécie la sensation, certainement pas ! Inutile aussi d’imaginer que j’en veux plus, parce que ce n’est pas le cas. N’est-ce pas ?
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date : 22-07-2016
Le week-end fut un véritable supplice, mais je parvins à tenir bon. Conformément à ses instructions, je ne rentrai au Manoir que le lundi matin, et je repris mon travail dans mon bureau toujours dans la tenue qu’il m’avait imposée, en jupe courte et les fesses à l’air, et dans un état d’excitation pratiquement insoutenable. En fait, cela avait été surtout angoissant les premières heures, puis j’avais fini par m’y habituer. À la fin, je jouais avec ma propre crainte d’être découverte, écartant sensiblement les cuisses sous la table d’un bar en terrasse, espérant presque qu’un passant à l’œil plus baladeur que les autres percerait à jour mon secret indécent. Ensuite dans mon imagination, cet inconnu au regard lubrique me prenait par la main et me conduisant dans une contre-allée ou une porte-cochère, fourrait ses doigts dans mon intimité, me retournait contre le mur râpeux, me pénétrait brutalement, en ahanant de plaisir et sans avoir prononcé un seul mot.
Mais rien de tout cela ne s’était produit, et le lundi soir, convoquée par mon maître à vingt-deux heures dans sa chambre, je me présentai avec un désir brûlant et intact.
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William
Il faisait presque nuit, mes yeux étaient noirs de colère. J’étais devenu fou, enragé. Ma seule préoccupation était de le retrouver. Je ne pouvais pas aller voir Anna pour le moment, elle ne pouvait pas me voir dans cet état. Je n’arrivais pas à me contrôler. J’avais fait ressortir le démon qui était en moi et je ne me maîtrisais plus.
Lui, je l’avais cherché toute la semaine, espérant trouver le bon moment pour lui tomber dessus. Je traquais ma future victime, Trevor Mac’Ollangan. J’étais arrivé à retrouver sa trace. Il avait rejoint, à ma grande surprise, un réseau de sorciers courtisans, de ceux qui cherchaient à se faire bien voir de leur roi, pour être reconnus. Ils n’aimaient pas notre état de guerre froide et se moquaient du traité. Ils étaient des traqueurs. Ils étaient de la région de Toulouse et Mac’Ollangan avait repéré Anna, je ne sais pas comment d’ailleurs, mais il la voulait.
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date : 23-06-2016
Sauf que même si Beyoncé a le droit d’être fière d’elle et de montrer son corps comme elle l’entend (je suis ravie pour elle), il n’empêche que lorsqu’on a des millions de fans comme c’est son cas, on devient prescriptrice de normes. Elle a certainement travaillé très dur pour en arriver là, je ne le nie pas. Mais la jeune mère ouvrière chez Lejaby ou Harry’s travaille dur aussi, mais n’a absolument pas les mêmes moyens ni le même rythme de vie qui lui permettraient d’évacuer 30 kilos comme l’a fait la star.
Le message que ces stars véhiculent est simple : « Une fois que l’on a accouché, qu’on est crevée, qu’on travaille comme une malade, notre but principal dans la vie c’est de redevenir mince. » Mais combien existe-t-il de femmes sur terre qui peuvent se payer le luxe de consacrer tout leur temps à la reconstruction de leur corps à l’aide d’une flopée de professionnels ?
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date : 18-06-2016
Pendant six mois, je me suis rendu à l’hôpital plusieurs fois par semaine. Pas longtemps, car mes parents n’aimaient pas trop que je m’absente des soirs en semaine, mais nous avons réussi à négocier. Je ne peux toujours pas m’empêcher d’espérer d’Agatha se réveille. Elle me manque. Non seulement je suis son premier copain, mais c’est ma première petite amie qui aurait pu être sérieuse. Pas parce que je suis un bourreau des cœurs, au contraire. Seulement, les filles sortaient avec moi parce que cela les excitait d’être avec un goth, un grand brun ténébreux. C’est pour cela qu’en arrivant dans mon nouveau lycée, je cherchais une fille comme moi. Je l’avais trouvée. Ma relation avec Agatha n’a pas duré longtemps à cause de son accident, d’un point de vue technique. Mais je me considère toujours comme son copain. Par ailleurs, elle n’avait l’air d’être une fille sérieuse.
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De toute façon, si on n’y va pas maintenant, je ne trouverai plus la force de le faire. Alors qu’on en finisse !
Marc vient me donner une tape dans le dos pour me donner du courage. J’apprécie le geste et tente de lui adresser un sourire amical, malgré mon état second. Jared regarde sa montre.
- 3… 2… 1…
Je regarde l’horizon, refrénant l’anxiété qui souhaiterait m’envahir. Tout d’un coup, je comprends.
Un bus jaune arrive à toute vitesse sur notre gauche. Au même instant, deux enfants traversent sur le passage clouté à quelques mètres de nous. Un garçonnet et une petite fille.
Tout va très vite.
L’envie de hurler me saisit mais je me retiens ; de toute façon, personne ne m’entendra.
Tu ne peux rien faire, tu ne peux rien faire !
Le sinistre choc prévu a bien lieu. Devant nous. Etrangement, je m’attendais à plus de bruit.
Le bus est allé s’encastrer dans un lampadaire. Seuls les hurlements des gens témoins de la scène se font entendre.
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date : 22-04-2016
Les humains commençaient déjà à discuter des nouvelles implications que tout ceci entraînait. Je fus donc la seule à apercevoir l’infime crispation des lèvres de mon mâle et je devinai sans mal pourquoi. Il était contrarié. Sans l’interdiction que son père venait de lui imposer, il serait descendu au fin fond des catacombes dès ce soir. Alors qu’il n’avait pas dormi la nuit précédente et que sa journée chargée ne lui avait pas laissé une seconde de répit.
Plus le temps passait, plus j’appréciais la finesse de mon futur beau-père !
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date : 31-03-2016
Martin se renfrogna immédiatement.
- Vous vous croyez dans un épisode des « Experts : Miami » ? Ça prend un peu plus de temps que ça.
Il la regarda de nouveau avec une froideur insupportable et ce qu’elle lut dans ses yeux accrut encore son malaise. Pourquoi ne la fermait-elle pas ? Non seulement, elle venait jouer sur son terrain sans y avoir été invitée, mais elle se permettait de lui tenir tête. Si elle voulait gagner sa confiance, elle allait devoir trouver des stratégies plus élaborées ou simplement l’impressionner en faisant son job. Mais Peterson ne devait pas être facilement impressionnable. Ce que lui avait dit Garrett au sujet de l’incident de Finsbury Park recoupait ce qu’elle avait lu dans son dossier.
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date : 18-03-2016
Olympe encourageait chaque femme à exercer sa citoyenneté au féminin. Marie adhérait à ce point de vue. Elle trouvait Olympe épatante. La réflexion, chez elle, se mettait au service de l’action Si l’on se référait à la morale, c’était simplement pour étayer les faits. Le bon sens faisait le lit de la raison. Vive la liberté !
Un soir, après avoir soupé avec Julien qui, l’œil au beurre noir, s’était battu avec des gardes nationaux fidèles de La Fayette, elle lui confia qu’elle entretenait des rapports intimes avec certaines sommités de l’Assemblée.
- Des sommités ? s’était moqué Julien. Habillée comme tu es ? Et ils te prennent pour qui ? Pour un homme ou pour une femme ?
L’imbécile. Il s’était engagé dans la Garde nationale de Santerre, ce brasseur de faubourg Saint-Antoine qu’on surnommait « le Père du faubourg » en raison de sa générosité, mais il ne voyait pas plus loin que le bout de son gros nez. Marie le félicita pourtant. Avec gentillesse. Sans cette verve véhémente et caustique qui lui était coutumière.
- Je ne te reconnais plus, avait alors péroré ce nigaud de Julien. Tu es amoureuse ou quoi ?
Marie l’avait fustigé du regard.
- Il faudra penser à déménager, avait-elle susurré dans l’espoir de se rapprocher d’Olympe.
Marie ne pouvait plus se passer de la présence d’Olympe.
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