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Bibliothèque de Sabri2 : Ma PAL(pile à lire)

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Sobibor Sobibor
Jean Molla   
Il m'a fallu 2 jours pour pouvoir en parler. Coeur serré, larmes aux yeux, mal, mal, mal..
Sobibor nous envoie la Shoah à la figure à travers l'histoire d'une jeune fille instable anorexique et d'un collaborateur français de la guerre.
Livre que je rattache au Journal d'Anne Frank de part son thème mais aussi côté émotions avec affaiblissement moral pendant et après la lecture. D'ailleurs, malgré le caractère historique et brut du Journal d'Anne Frank, Sobibor nous livre plus d'émotions, froides et dures, cruelles et sans demi-mesures. On est loin de la douceur d'Anne Frank en tant que narratrice. Là, on est au coeur de la guerre tout en étant au jour d'aujourd'hui, soit au moins 55-60 ans plus tard (date première parution 2003). On découvre la guerre avec les yeux d'Emma, 17 ans, qui lit le journal tenu par un partisan français de l'Allemagne ; on sent la froideur et l'indifférence de ce dernier devant les Juifs, leur mort. Difficile de lire ces mots si plats devant une telle horreur. C'est justement ce qui rend ce roman si tragique et bouleversant je crois. Jacques Desroches est un personnage désintéressé de la souffrance des Juifs dont il approuve l'exécution. On suit l'évolution de son amour pour une servante polonaise, la grand-mère d'Emma, relation qui, pour la jeune fille, est tout simplement monstrueuse ; elle ne comprend pas comment sa grand-mère a pu aimer cet homme aux idéaux nazis et bourreau indirect de 250 000 Juifs.
Emma est mal dans sa peau, elle enchaîne boulimies et anorexies jusqu'à ce que son corps soit lisse et plat, sans formes ni courbes, sans graisse ni chair, juste sa peau et muscles abîmés. On suit sa chute vers l'abandon de soi, alors qu'elle délaisse tout et se réfugie dans l'exutoire qu'elle ressent quand elle se fait vomir.
Un dénouement inattendu et sans pitié, qui vous laisse déchirée.
Lu pour le lycée, pour l'option Littérature et Société qui exploite le thème de la Shoah au 3e trimestre. Nombreux cours, témoignages vidéos et images d'archives vus en classe qui approfondissent l'étude de ce livre. Le génocide des Juifs laisse pantelant, devant tant de cruauté. Ca devient une idée noire qui nous hante. La Shoah est dangereuse, elle empoisonne ceux qui essaient de la comprendre. C'est un poison. Ca ronge de l'intérieur.
Et pour ce rendu attristant et poignant, un grand bravo à l'auteur qui a su transcrire l'horreur de cette période à travers un petit roman.

par _Ambre_