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Ni une ni deux, je sors à mon tour de la pièce pour m’engager dans le couloir – à l’opposé de mon lieutenant préféré, dont le dos massif me bloque le passage. Un tournant à gauche, une bifurcation sur la droite et je… Super. Je suis perdue. On est arrivés par l’autre côté, là, j’ai l’impression que je m’enfonce dans des catacombes. Des catacombes très blanches et puant l’antiseptique, mais néanmoins des catacombes, autrement dit, un souterrain plein de cadavres.

Je tente autre chose et pousse une porte. Raté, c’est un placard. La suivante est verrouillée, comme les deux d’après, puis je manque m’effondrer quand un battant s’ouvre devant moi alors que je tendais le bras dans sa direction.

— Je peux vous aider ?

C’est pas souvent que je ne sais pas quoi dire.

— Je… je cherche la sortie, je me suis perdue.

L’intello à lunettes qui me fait face m’adresse un grand sourire.

— C’est sûr que vous aurez du mal à demander votre route à nos locataires, hein. Mais bon, en général, ils se plaignent pas de l’hospitalité, hé hé.

Help. Sauvez-moi. Ou achevez-moi. Je suis tombée sur un humoriste nécrophile. J’hésite entre lui coller un pain et ricaner. Parce que bon, je sais, plaisanter sur les cadavres, c’est mal. Surtout en société. Mais c’est aussi très rigolo. Du coup, je finis par faire une grimace appréciative.

— Et à part faire de l’humour, vous connaissez le chemin de la sortie, ou les cadavres ont mangé les miettes de pain que vous aviez semées pour revenir sur vos pas ?

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L’amour, c’est comme le maquillage : on peut s’en passer pour survivre. Contrairement aux sushis.

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Des gens appellent à l’aide. Le tumulte se calme en quelques secondes. Le crépuscule arrive et, avec lui, les Dévorantes ont fait leur première victime.

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En tout cas, se passer de sous-vêtements, ça limite les frais, les lessives et ça fait gagner pas mal de temps quand on a une furieuse envie de faire les lapins dans le fourgon. Sans parler du fait qu’on évite de se cogner partout pour essayer de les enlever en quatrième vitesse ; mine de rien, c’est petit, un van aménagé en deuxième maison.

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Sa voix résonne dans le couloir comme l’ire divine. L’image de l’empereur Palpatine me revient à l’esprit, très vite chassée par celle de Dark Vador, la stature correspondant mieux.

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— OK. Alors disons que je n’apprécie pas toujours ses méthodes et que j’aimerais bien lui envoyer un chien de ma chienne, à l’occasion. Il a un peu trop tendance à traiter les femmes comme des officiers de seconde zone, et ça ne me plaît pas des masses. D’où mon conseil : faites-vous respecter, ne le laissez pas vous marcher sur les pieds.

À mon tour de ricaner.

— C’est clair que vu le poids, ça ferait bobo. Mais bon, ça doit quand même être bien pratique d’avoir un grand balèze comme lui pour gérer ce genre de crise !

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À nouveau, j’opine sans ouvrir la bouche. « Pisse-mémère », c’est notre nom de code pour le cocktail post-cauchemar : du thé noir bien fort, du sucre roux, une bonne rasade de rhum ambré et un peu de citron. Rien de tel pour chasser les idées noires et faire de beaux rêves. Du coin de l’œil, je le vois se mettre à genoux et se retourner pour fouiller dans mon placard. L’avantage de vivre dans un fourgon, c’est que tout est à portée de main. L’inconvénient, c’est qu’on se marche vite sur les pieds.

Pendant qu’il prépare notre cérémonie du thé perso, je soulève mon duvet et examine ma jambe.

Vingt et un ans plus tard, je ne m’y habitue pas. C’est pas faute de l’avoir observée. Je crois qu’à part les aveugles, personne n’a pu les manquer tant les journalistes ont diffusé les photos de mes blessures, après l’accident. Généralement avec comme sous-titre « la nuit dévore les enfants » ou « une fillette survit à l’attaque des ombres », voire même un humoristique « l’invasion des ombres tueuses ». On aurait pu se dire qu’avec le temps, ce serait moins moche, mais non. J’ai toujours l’impression de regarder un steak tartare décoloré ; le mix entre la gueule de Freddy Krueger et un sharpei. Plissé, lacéré, boursouflé. Mes doigts effleurent la peau, guettant le relief familier, les zones grumeleuses, les surfaces cireuses, comme fondues, les boursouflures et monticules durcis de chair cicatricielle. Ils s’enfoncent dans les crevasses dues aux morsures ténébreuses trop profondes, là où les greffes n’ont pu combler les trous. je ferme les yeux, parcours mon mollet de mémoire, réprimant ma grimace de dégoût.

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Un mug noir apparaît dans mon champ de vision. Ça aussi, ça fait partie de mes petites rébellions : je ne suis pas gothique, mais porter du noir u avoir des ustensiles de cette couleur ne me gêne pas. Et puis, avouons-le, c'est autrement plus classe et moins salissant, vu les quantités de thé et de café que je consomme.

- Merci.

Ma voix a quasiment récupéré son timbre normal, mais je ne lève toujours pas les yeux. Mes pupilles sont lentes à reprendre leur taille habituelle, quand les ombres m'envahissent. Parfois, je me demande si leur poison, au lieu de me faire pourrir à petit feu, n'a pas juste imprégné mon âme, mon esprit, et s'en empare lorsque la nuit tombe.

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