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Extrait de Seconde chance ajouté par bazinga 2016-01-24T14:51:23+01:00

"Je venais de plonger dans le gris des yeux d’Adrian et je n’avais plus aucune envie de remonter à la surface. Mon cœur battait à cent à l’heure, prêt à sortir de ma poitrine. Tout un tas d’émotions était en train de se disputer la première place en moi, mais aucune ne semblait parvenir à prendre le dessus. La joie, la tristesse, l’amertume, l’espoir, la douleur. Finalement, ce fut la colère qui l’emporta, et tout le reste reflua pour ne laisser que ce sentiment.

Je relevai la tête pour constater que personne ne bougeait, personne ne parlait. Tous les regards étaient braqués sur nous, sur Adrian en particulier. Bientôt, des murmures s’échapperaient, des questions et autres rumeurs commenceraient à parcourir l’assemblée, essayant de répondre aux interrogations collectives. Mais pas tout de suite. Non, pour l’instant, tout le monde semblait retenir son souffle, dans l’expectative de ce qui pourrait se produire. Et je crois bien qu’ils s’étaient attendus à tout, sauf à ce que je saute à pieds joints de l’estrade, que je bouscule violemment Adrian avant de m’enfuir en courant de la pièce, non sans donner quelques coups d’épaules à ceux qui me barraient le chemin.

Il fallait que je sorte. Immédiatement. Je ne pouvais pas rester ici. J’étais en train d’étouffer.

J’ouvris brutalement la porte d’entrée du restaurant et me ruai à l’extérieur.

Je levai le visage vers le ciel et pris une profonde inspiration, tentant de me calmer et de refouler les larmes qui me montaient aux yeux.

Le vent froid s’insinua sous ma chemise et je me surpris à frissonner. Je frictionnai mes bras et secouai la tête avant de me diriger vers l’avenue. J’aurais voulu rentrer chez moi, me carapater dans ma maison, foncer sous la couette et la laisser m’engloutir totalement. Problème, mes clés, ainsi que mon téléphone étaient restés dans la poche de mon manteau, à l’intérieur du restaurant. Fort heureusement, j’avais mon portefeuille sur moi. Je pouvais toujours me rendre dans le café au coin de la rue, autant pour ne pas mourir d’une pneumonie que pour échapper à tout ce beau monde le temps que la soirée se termine. Oui, ça me semblait être un bon plan. Tout valait mieux plutôt que de rebrousser chemin et de me confronter aux expressions, soucieuses, perplexes, ahuries, compatissantes. Et pire, de me confronter à lui.

Ma décision prise, je commençai à avancer, plus doucement cette fois, lorsque je perçus la porte du restaurant s’ouvrir derrière moi. Je n’eus pas le temps de me retourner ni de m’enfuir qu’Adrian m’interpela.

— Mac !

Je m’arrêtai net en entendant ce surnom, et une vague de frissons parcourut mon échine tandis que mon corps se mit à trembler. Il était le seul à m’avoir jamais appelé ainsi. Mac et Ian. Ian et Mac. Pendant plus de dix ans. Si j’avais pu douter avant de la réalité de sa présence, je n’en étais plus capable à présent.

— Mac, attends !

Je fermai les yeux, désirant fuir cette voix et à tout ce qu’elle m’obligeait à ressentir. Je me faisais violence pour ne pas me retourner, par peur de m’effondrer pour de bon. Et ce n’était pas envisageable. Je refusais qu’il comprenne à quel point le retrouver devant moi ce soir m’avait foutu en l’air. Même si, à ma manière de m’échapper, il devait déjà en avoir une certaine idée."

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