Livres
472 542
Membres
445 265

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Ajouter un extrait


Liste des extraits

Extrait ajouté par clary-bouquineuse 2019-09-04T00:58:19+02:00

— Essayez-vous de m'enivrer ? s'enquit-il, amusé.

—  Non. Quel usage une femme ferait-elle d'un homme ivre ?

— Il peut encore servir à certaines choses.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T19:03:55+02:00

Contemplant la robe, elle toucha la soie, admira sa couleur vive et chatoyante qui ne reflétait hélas pas son humeur. Elle choisit plutôt la mauve à mancherons et profond décolleté carré, destiné à accrocher le regard. Malgré son absence de rubans et de dentelles, elle était sans conteste une robe de « pute ».

— Ce que tu es, se rappela-t-elle dans un murmure.

Elle détestait ce mot trivial et cru, mais elle ne pouvait dissimuler ce qu’elle était devenue derrière une appellation plus jolie. Elle était une putain, ni plus ni moins. S’adonnait délibérément à la prostitution depuis plusieurs années, en toute connaissance de cause. Il était un peu tard pour le regretter.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T19:01:27+02:00

— Mon souhait le plus cher est que tu te sentes bien ici. Comme chez toi. Si tu désires rentrer avant la fin de la semaine, il te suffira de le dire, d’accord ? Mon offre tient toujours.

— Merci, murmura-t-elle, ne doutant pas un instant de sa sincérité.

S’il y avait un homme en qui elle pouvait avoir confiance, c’était bien James.

— Je te dois des excuses pour ne pas t’avoir informée de la nécessité de nous arrêter dormir, la nuit dernière. À l’avenir, je ne manquerai pas de te prévenir de toutes mes dispositions, pour les voyages et pour le reste.

Rose en demeura sans voix.

— Te sens-tu plus à l’aise au sujet de ce séjour, à présent ?

— Oui, dit-elle en hochant la tête.

— Bien. Reste à régler la question de la chambre : celle-ci ou la mienne ?

Elle contempla de nouveau la pièce, songeant combien il serait agréable d’y être chez elle l’espace d’une semaine.

— Celle-ci, James. Merci.

— Tu n’as pas à me remercier. La mienne n’est pas loin, de toute façon, juste de l’autre côté du couloir. Je vais te laisser défaire tes bagages et te reposer un peu. Veux-tu que je t’envoie Mme Webb ?

— Non, je préfère m’installer toute seule.

— Entendu. Je serai dans le bureau si tu as besoin de moi. Decker a déjà envoyé son premier courrier. Je peux fuir Londres, mais jamais le bureau. Je m’y consacrerai deux heures le matin, après le passage du facteur, pas plus. Je suis ici pour être avec toi.

Il effleura ses lèvres des siennes en un court baiser. Et Rose sourit vraiment pour la première fois depuis son arrivée à Honey House.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T19:00:26+02:00

Elle se blottit plus étroitement sous les couvertures en songeant tristement aux mises en garde de Timothy. Il avait eu tort de s’inquiéter au sujet de sa sécurité auprès de James, mais pas tort de s’inquiéter pour elle. Car son erreur avait été d’oublier qui elle était. D’oublier que James était un client, rien d’autre. Pourtant, il avait été différent des autres depuis le début. Si différent que les défenses dont elle s’était soigneusement entourée peu à peu s’étaient révélées vaines. Et la perspective de renoncer à leur séjour ensemble la déchirait.

Anéantie par une souffrance inexplicable, elle finit par s’endormir, bercée par le martèlement de la pluie contre les vitres…

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:59:59+02:00

— Je serai ravie de t’accompagner, James, qu’il y ait des oies ou non. Il te suffit de demander.

La bonne humeur de James s’assombrit imperceptiblement.

— Et il te suffit de refuser si tu n’en as pas envie, jugea-t-il bon de préciser, s’efforçant de chasser de nouvelles pensées désagréables susceptibles de rappeler les termes de leur arrangement. Tu l’as bien compris, n’est-ce pas, Rose ? Tu es libre de faire ce que tu veux.

Il détestait l’idée qu’elle puisse se plier à sa volonté. Qu’elle puisse vouloir lui faire plaisir au mépris de ses désirs à elle. Son charmant sourire chancela fugitivement.

— Bien sûr que je comprends, James.

Il s’empressa de poser sa main sur la sienne.

— Je ne t’ai pas invitée ici pour que tu suives aveuglément tous mes caprices. Tu es libre de ne pas faire une chose dont tu n’as pas envie, libre de m’envoyer au diable si le cœur t’en dit !

C’était d’ailleurs ce qu’elle aurait dû faire, la veille.

— Je t’en prie, sois honnête avec moi. Je ne veux pas avoir à me demander si c’est pour toi ou pour moi que tu acceptes telle ou telle chose, insista-t-il.

— Pour l’instant, il ne s’agit que d’une promenade à cheval…

— Rose, l’interrompit-il. Tu sais très bien ce que je veux dire. Pourquoi est-ce si difficile pour toi d’être honnête avec moi ?

Elle ne souriait plus, et si elle n’avait pas retiré sa main, il savait qu’elle le ferait dès qu’il la lâcherait.

— La seule excuse que j’ai peut-être, c’est que je ne suis pas habituée à ce genre de liberté.

Le cœur de James se serra.

— Alors tu dois t’y habituer, parce que lorsque tu es avec moi, tu es libre de faire ce que tu veux.

Avec lui ou avec un autre, se reprit-il intérieurement. Car aucune femme ne devrait être obligée de se soumettre à qui que ce soit. Jamais.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:58:44+02:00

— Tu ne devrais pas avoir besoin de la protection d’une tenancière de bordel. Tu ne devrais même pas pénétrer chez cette femme, Rose ! gronda-t-il en serrant les poings.

Rose baissa la tête et enroula étroitement ses bras autour de ses jambes. Le spectacle de sa soumission et de sa peur le calma instantanément. Dieu du ciel ! Il s’était presque mis à crier après elle. Que diable lui arrivait-il ? Il se laissa tomber à genoux près d’elle, mais elle se raidit quand il tendit la main vers elle, et il sentit son cœur se serrer.

— Rose, tu mérites mieux que cela, dit-il doucement, d’une voix altérée. Tu ne peux pas imaginer combien cela me fait souffrir de savoir qu’il y a un homme, quelque part, qui t’a fait du mal et pourrait t’en faire encore.

Seigneur, faites que je n’aie pas tout gâché ! Faites qu’elle m’accorde encore sa confiance !

— Je te demande pardon, Rose. Je n’aurais jamais dû me mettre en colère après toi. Tu n’as rien fait de mal. Viens là, ajouta-t-il dans un souffle en l’attirant contre lui.

La tête toujours baissée, elle se tourna vers lui et noua les bras autour de sa taille. L’ampleur de son soulagement le laissa sans voix. Il ne l’avait pas perdue !

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:58:03+02:00

on cœur se serra douloureusement, et elle admit enfin la vérité. Elle ne pouvait pas se voiler la face plus longtemps. Elle avait fait ce qu’elle s’était juré de ne jamais faire, et le sentiment de l’irréparable la dévastait au point qu’elle éprouva le besoin de quitter le bureau sur-le-champ. Repliant le journal, elle le posa à côté d’elle, remit ses mules et se leva.

— Si tu veux bien m’excuser, je vais me reposer un peu avant le déjeuner.

Il la regarda avec un sourire.

— Bien sûr, ma douce. Je ne te retiendrai pas, bien que j’en aie envie.

La maison n’était pas bien grande, mais le trajet jusqu’à l’étage lui parut interminable. Ses genoux étaient si faibles, tout à coup, qu’elle se demanda si elle allait y arriver.

Une fois dans sa chambre, elle ferma la porte et laissa libre cours aux tremblements qu’elle était parvenue à réprimer tant bien que mal jusqu’ici. Se laissant aller contre la porte, elle appuya le front sur le panneau de bois.

— Je t’aime, murmura-t-elle, cédant au désir de prononcer les mots à haute voix.

Elle était tombée amoureuse de James. Amoureuse d’un client.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:57:15+02:00

— Tu veux bien me dire pourquoi tu voulais partir ? chuchota-t-il après une brève hésitation.

Elle avait accepté de rester, il ne devait pas la brusquer, au risque de perdre le peu de terrain qu’il avait gagné. Mais il fallait qu’il sache.

— Je suis bien avec toi, James, je t’aime, mais… cela fait mal, laissa-t-elle tomber. Je ne serai jamais une femme dont tu pourrais être fier. Tu es mal à l’aise ne serait-ce que quand ta sœur prononce mon nom, et je ne peux te le reprocher. Je sais ce que je suis, une créature indésirable au sein de la bonne société, ce qui ne signifie pas que je ne souhaiterais pas qu’il en soit autrement.

Le cœur de James manqua un battement.

— As-tu dit que tu m’aimais ?

— Je m’étais promis que cela n’arriverait pas, mais comment aurais-je pu l’éviter ?

Il ferma les yeux et appuya son front contre le sien.

— Redis-le-moi, murmura-t-il désespérément.

Il la sentit bouger légèrement, promener ses lèvres sur sa mâchoire.

— Je t’aime.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:56:40+02:00

— Tu n’as pas besoin de me donner ça. Ce n’est pas nécessaire.

James fronça les sourcils.

— Aucun cadeau n’est jamais nécessaire.

Mais ce n’en était pas un. Pas vraiment. Il ne s’agissait que d’une récompense qu’un amant donnait à une maîtresse l’ayant satisfait. Une sorte de rétribution pour un travail bien fait. Pourquoi avait-il fallu qu’il le lui offrît aujourd’hui ? Pourquoi gâchait-il ainsi les deux jours qu’il leur restait à passer ensemble en lui rappelant aussi crûment ce qu’elle était ? Il avait dû l’acheter juste avant de quitter Londres. Au moins, il avait eu la courtoisie de ne pas le lui offrir juste au sortir du lit.

Afficher en entier
Extrait ajouté par chapouille 2018-09-25T18:55:56+02:00

Incidemment, il constata que la tête blonde d’Amelia ornée de plumes blanches n’était nulle part en vue. Un nouveau coup d’œil lui révéla que, comme par hasard, lord Albert était absent lui aussi… Il se moquait éperdument qu’Amelia ait abandonné ses devoirs de chaperon au profit de son petit lord, bien au contraire.

Sortant sa montre de la poche de sa veste, il songea qu’il restait encore deux heures avant qu’Amelia et Rebecca n’aient envie de quitter cet endroit. Il reprit sa position contre la colonne, résigné. Mais la résignation n’était-elle pas son lot, désormais ? La résignation qui va avec l’absence totale d’espoir et de bonheur ? Telle était sa vie.

Afficher en entier

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode