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On nous sépare pour nous interroger, Kyle m’a bien expliqué de ne répondre à aucune question concernant l’incident, que les avocats se chargeraient de nous faire sortir en un rien de temps. C’est donc avec une nonchalance à la limite du respect que je discute avec mon interrogateur en plein milieu des bureaux du poste de police.

— Que faisiez-vous là-bas ? Vos papiers indiquent que vous ne vivez pas là-bas.

— Elle est vraiment marrante votre moustache, vous l’entretenez vous-mêmes ?

L’officier Veran porte effectivement une moustache digne des Dupont et Dupond, il est en poste pour la nuit ce qui fait qu’il s’abreuve de café pour tenir le coup. À voir les cernes sous ses yeux, même avec du café, il va s’endormir sur son bureau avant la fin de la nuit avec, en prime, la moustache pleine de mousse. Je ne peux détacher mes yeux des gouttes de boisson qui traînent dans ses poils.

C’est fascinant.

— Pourquoi détenez-vous une arme ?

— Elle s’appelle Calamity.

— Qui donc ?

— Mon arme. Ma voiture s’appelle Carnage et mon arme s’appelle Calamity. J’essaie de trouver des noms en C, pour qu’ils comprennent qu’on forme une grande famille soudée. Vous la taillez régulièrement, votre moustache ?

Il prend une grande inspiration pour masquer son exaspération. J’ai un don divin pour exaspérer les gens. Bruce dit que c’est de naissance, mais comment pourrait-il savoir ? Il ne me connaît que depuis mes six ans. Moi je pense que c’est à force d’avoir côtoyé August. Enfin, si je peux remettre tous les malheurs de ma vie sur la tête de mon père, je n’hésite pas.

Il se frotte la moustache, peut-être parce qu’il doit se dire qu’elle est frisée ou je ne sais pas quoi, peut-être parce que c’est la deuxième fois que je l’évoque. Il ne fait qu’étaler un peu plus la mousse entre ses poils et je me demande tout à coup s’il a une femme. Pas de photo sur son bureau en tout cas. Non, parce que s’il a une femme, j’espère qu’elle lui réclame tous les jours de raser cette moustache trop longue, trop duveteuse et qui doit avaler tous les microbes et les acariens du coin. Il y a des gens qui portent bien la moustache et qui ont une très bonne hygiène, mais j’ai peur que l’officier Veran n’en fasse pas partie.

— Est-ce que vous connaissez les gens qui ont attaqué le pavillon ?

— Vous buvez beaucoup de café ?

— Est-ce que vous les avez déjà vus auparavant ? Est-ce que vous savez pourquoi ils vous ont attaqué ? Qu’est-ce qu’ils voulaient ?

— Vous savez, vous devriez calmer un peu votre consommation, j’ai lu que ce n’était pas bon pour la santé et surtout que plus on en prend, moins ça fait effet. Si vous voulez un bon coup de boost, mieux vaut ne pas être accoutumé.

[…]

— Madame Jones, vous ne voulez pas m’aider un tout petit peu ?

— C’est que vous avez l’air à bout, confirmé-je.

— Exactement, et si vous pouviez juste me donner un coup de pouce, n’importe quoi qui me permettrait d’aiguiller l’enquête et de comprendre ce qu’il s’est passé. Comment avez-vous eu cet œil au beurre noir ? Qui vous l’a fait ?

— Je pense que vous devriez essayer le yoga, c’est revigorant à ce qu’il paraît.

Il soupire, recule dans sa chaise, pose sa tête contre le dossier, abaisse ses paupières et l’espace de quatorze secondes, j’ai l’impression qu’il s’endort. Mais il secoue le crâne, ouvre les yeux et avale une nouvelle gorgée de café.

— Vous êtes sûrs qu’il y a de la caféine là-dedans ? J’ai l’impression qu’il y a de la mousse de lait et qu’ils ont oublié de vous mettre un excitant. Votre métier est tellement difficile, vous pourriez au moins avoir un barista compétent.

— C’est le café de la machine.

— C’est bien ce que je dis.

Au moment où je m’apprête à en rajouter une couche, prête à sortir mes connaissances acquises lors d’une névrose pour un roman au sujet de la théobromine que contient le café, un homme en costume s’approche de moi, pose la main sur mon épaule et m’annonce :

— On va y aller, Mademoiselle Jones.

— Merci, monsieur l’avocat, réponds-je, car j’ignore son nom.

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—  Passe-moi un bandage, réclame-t-elle.

—  Il y a besoin ? m’étonné-je.

Les loups sont du genre à guérir en un rien de temps une fois qu’on a extrait la balle.

—  Argent, rétorque-t-elle.

Ce qui suffit à me faire taire. Je fouille dans sa sacoche, trouve un sachet de compresses, l’ouvre et le lui tends. Elle réussit à faire sortir la balle et Trevor grimace un chouia, ce qui me fait me dire que ça devait faire bien mal et que j’aurais chouiné comme un bébé. J’adore me plaindre quand on me soigne, je ne vois pas l’intérêt de ne pas le faire. S’il y a bien UN moment où on peut se permettre de chouiner, c’est quand on est obligé de nous soigner, non ? Ça veut dire qu’on était vraiment mal. Je ne me prive pas de ce petit plaisir, je dois même dire que je ne comprends pas cette obsession des surnat à faire comme s’ils ne ressentaient pas une once de douleur.

Sûrement un délire de loup-garou macho que je ne comprendrai jamais.

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– Ce serait posible que tu prennes ton joli sourire factice et que tu le dégages disons, hors de la librairie ? proposé-je.

Il continue de me regarder avec ses yeux verts. Mister-je-ne-porte-pas-de-nom porte un jean sombre, une paire de baskets noirs et une chemise bleu foncé qui lui donne un air mystérieux et, s’il n’ouvre pas la bouche, absolument charmant. Oh, il est sexy, il n’y a pas photo.

Mais en même temps, je ne connais pas de loup-garou qui ne le soit pas.

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– Je crois que j'ai grave merdé, soupiré-je.

– Avant de t'être mise avec Edward ou après l'avoir buté ? me retorque-t-il.

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