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L’odyssée du Liokûmkän, Azaël Djelil

Dans ce deuxième tome des chroniques des secondes heures de Tanglemhor, on retrouve, soudés par leurs trépidantes aventures, les membres de la conjuration. Leur objectif : détruire l’immonde Empereur du Levant, et pour cela il leur faut atteindre un lieu mythique en déjouant la vigilance des galères impériales. Où qu’ils s’aventurent plane sur eux l’ombre sinistre de Krül, prophète de Naarubsahoun aux mille bouches qui grâce à une funeste magie et des rites effroyables acquiert ici une aura horrifique encore plus immonde que dans le précédent opus. L’infect semi-lacertys et ses sbires exacerbent le charisme des conjurés. Embarqués dans la même galère, ils forment un groupe haut en couleur, attachant, aux éléments disparates et complémentaires. Ici les créatures magiques et humaines font cause commune, et leurs différences sont autant d’atouts. L’ogre, redoutable combattant et créature sensible, intègre, fait oublier son faciès et sa réputation effrayants. L’homme félin, fier, racé, démontre que l’animal possède des valeurs, un sens de la société, voire de l’honneur, qui n’ont rien à envier à l’humain. Le nain est un guerrier redoutable, courageux, loyal et plein d’entrain qui sait faire une force de sa taille. L’Ombre, voleur, est aussi un homme de cœur. Le prêtre borgne, homme de prières, prend des allures de berserkir dans ses accès de fanatisme, le moine sanchaï, aussi lumineux que le lac qui côtoie son sanctuaire disparu, apporte sa note de sagesse et de spiritualité, ce qui ne l’empêche pas de pourfendre les démons et les ennemis de sa cause par l’esprit et par la lame, quant à Oriana, sa nature intrépide et opiniâtre transcende son statut de princesse vitaliste. Tous les personnages sont ainsi soigneusement développés et très construits. La trame du récit, travaillée, complexe, alliée à une écriture vive, qui manie efficacement suspens et humour rendent cette saga décidément très addictive.