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Il se raidit visiblement.

Lila aussi.

Il dit un mot à la princesse avant de libérer son bras. Cette dernière parut contrariée, mais il ne la regardait plus – ne quittait pas Lila des yeux – alors qu’il descendait l’escalier et se dirigeait vers elle, le regard sombre, les poings serrés.

Quand il ouvrit la bouche, Lila se prépara à une attaque. Mais au lieu de crier, il tendit la main avec un soupir et dit :

— Danse avec moi.

Ce n’était pas une question. À peine une invitation.

— Je ne sais pas danser, répondit-elle.

— Moi si, répliqua-t-il, comme s’il ne fallait pas être deux pour danser.

Il restait là, à attendre. Les regards commençaient à se tourner vers eux, alors elle prit sa main et se laissa guider sur le bord de la piste de danse, dans l’ombre.

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Au grand désarroi de Calla, Lila insista pour garder ses bottes et son pantalon moulant sous les jupons. D’après elle, personne ne s’en apercevrait.

— Rassurez-moi, cette robe est plus facile à enlever qu’à enfiler ?

— Tu crois que maître Kell ne saura pas s’y prendre ? répliqua Calla, un sourcil haussé.

La jeune fille se sentit rougir. Elle aurait dû détromper la marchande des mois plus tôt, mais cette supposition – que Kell et Lila étaient en quelque sorte… fiancés, ou du moins liés – était la raison pour laquelle elle avait d’abord accepté de l’aider. Et sa fierté mise à part, Calla était terriblement adroite.

— Voilà la clé, expliqua cette dernière en tapotant deux épingles à la base du corsage.

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Alucard tapota son masque, puis répliqua d’un ton teinté de mépris :

— Ma famille est déjà remplie de volatiles. Mon père était un vautour, et ma mère une pie. Mon frère aîné est un corbeau, et ma sœur un moineau. Mais moi, je n’ai jamais vraiment été un oiseau.

Lila résista à la tentation de répondre qu’il aurait pu être un paon. Ce n’était pas le bon moment.

— L’emblème de notre maison symbolise le vol, or les oiseaux ne sont pas les seules créatures volantes, poursuivit-il en levant son masque de dragon. En outre, je ne concours pas pour les Emery, mais pour moi-même. Et si tu voyais le reste de ma tenue, tu ne…

— Tu as des ailes ? Ou une queue ?

— Non, elles me bloqueraient. Mais j’ai d’autres écailles.

— Comme un poisson.

— Va-t’en ! s’écria-t-il.

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La Flèche noire était revenue jeter l’ancre dans le port de Londres.

Alucard Emery se trouvait donc en ville, quelque part.

Kell avait été presque tenté de couler le bateau, mais il ne récolterait que des ennuis. Et si Rhy l’apprenait, il piquerait sans doute une colère ou se poignarderait par méchanceté.

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Il hissait une caisse sur le pont et frôla Lila, qui sursauta à la vue d’Esa assise dessus, ses yeux lavande écarquillés, la queue agitée.

— Ne devrait-elle pas rester à bord ?

La chatte remua les oreilles, et Lila devina qu’elle venait de perdre toute sa sympathie.

— Ne sois pas ridicule, répondit Alucard. Un chat n’a pas sa place sur un navire.

La jeune fille s’apprêtait à lui faire remarquer que la chatte était à bord depuis aussi longtemps qu’elle-même quand il ajouta :

— Et je garde toujours mes objets de valeur avec moi.

L’intérêt de Lila s’aiguisa. Les chats étaient-ils précieux dans ce monde ? Ou bien rares ? Elle n’en avait pas vu d’autres, mais durant le peu de temps passé à terre, elle n’y avait pas vraiment prêté attention.

— Ah oui ?

— Je n’aime pas cette expression, dit Alucard, qui éloigna d’elle la caisse et donc la chatte.

— Quelle expression ? demanda Lila d’un ton innocent.

— Celle qui sous-entend qu’Esa pourrait disparaître comme par hasard si je te disais combien elle vaut. (Lila grogna.) Mais si tu veux tout savoir, poursuivit Alucard, elle est inestimable uniquement parce qu’elle garde mon coeur, pour que personne ne le vole.

Il sourit, mais Esa ne cligna même pas des yeux.

— Vraiment ?

— En vérité, c’était un cadeau, avoua Alucard, qui posa la caisse sur un chariot.

— De qui ? demanda Lila avant de pouvoir se retenir.

— Oh, tu es prête à partager tes secrets ? répliqua-t-il avec un sourire narquois. Devrions-nous commencer à nous interroger à tour de rôle ?

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— Nous avons tous des démons, Bard. Mais si les tiens t’attendent là-bas…

— Tous mes démons sont morts.

— Alors je t’envie. (Le silence s’abattit entre eux.) Tu m’en veux toujours.

Elle se redressa.

— Tu as essayé de me séduire, pour me soutirer mes secrets.

— Tu ne vas pas me le reprocher éternellement.

— C’était hier soir !

— J’étais à court d’options, et j’ai pensé que ça valait le coup d’essayer.

Lila leva les yeux au ciel.

— Tu sais vraiment t’y prendre pour charmer une fille.

— Je croyais que c’était justement pour ça que j’avais des ennuis.

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Le capitaine ferma les yeux en soupirant et se laissa aller en arrière sur le dossier moelleux de son fauteuil. Il avait un beau visage, à la fois doux et anguleux. Lila fut soudain tentée de tendre la main pour en caresser les contours.

Elle aurait vraiment dû le tuer le jour de leur première rencontre.

Avant d’apprendre le connaître, avant d’en venir à l’apprécier autant. Il rouvrit les yeux.

— Je donnerais cher pour savoir à quoi tu penses, dit-il d’une voix douce avant de porter son verre à ses lèvres.

Esa vint se frotter contre le fauteuil de Lila, qui enroula la queue de la chatte autour de ses doigts.

— Je regrettais seulement de ne pas t’avoir tué il y a des mois, répondit-elle avec bonne humeur.

Alucard faillit s’étrangler sur son vin, pour le plus grand plaisir de Lila.

— Oh, Bard, est-ce à dire que tu t’es prise d’affection pour moi depuis ? la taquina-t-il.

— L’affection est une preuve de faiblesse, répliqua-t-elle machinalement.

À ces mots, le sourire du capitaine disparut. Il posa son verre, puis se pencha en avant pour l’observer un long moment.

— Je suis désolé, finit-il par dire.

Il paraissait si… sincère que Lila fut prise de soupçons sur-le champ. Alucard avait beaucoup de qualités, mais la sincérité n’en faisait pas partie.

— D’avoir grimpé dans mon estime ? demanda-t-elle.

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— Bon, reprit Alucard, une question plus facile, alors. Avez-vous un prénom, mademoiselle Bard ? (Elle haussa un sourcil inquisiteur.) Oui, oui, je sais que tu es une femme. Tu passais peut-être pour un très joli garçon à la cour, mais les marins ont tendance à avoir un peu plus de…

— Muscles ? hasarda-t-elle.

— J’allais dire poil au menton.

Lila esquissa un petit sourire malgré elle.

— Depuis quand l’as-tu deviné ? demanda-t-elle.

— Depuis que tu es montée à bord.

— Mais tu m’as laissée rester.

— Tu m’intriguais, expliqua-t-il avant de remplir son verre. Dis-moi, qu’est-ce qui t’a amenée sur mon navire ?

— Tes hommes.

— Je t’avais remarquée, plus tôt ce jour-là. Tu voulais déjà monter à bord.

Elle marqua un silence avant d’avouer :

— J’aimais bien ton navire. Il n’a pas l’air donné.

— Il a coûté très cher, oui.

— J’attendais que ton équipage descende à terre pour monter à bord, te tuer et m’en emparer.

— Hmm… Sacrée franchise ! fit-il observer d’une voix traînante en sirotant son vin.

Elle haussa les épaules.

— J’ai toujours voulu avoir mon propre bateau de pirates.

À ces mots, il éclata de rire.

— Et qu’est-ce qui vous fait croire que je suis un vulgaire flibustier, mademoiselle Bard ?

Déçue, Lila fronça les sourcils. Elle ne comprenait pas : elle les avait pourtant vus aborder une frégate la veille encore ! Confinée à bord, elle était montée jusqu’à la vigie pour les regarder se battre, piller le navire et repartir avec leur butin.

— Et qui es-tu, alors ? demanda-t-elle.

— Un corsaire au service de la couronne arnésienne, expliqua-t-il, le menton fièrement levé. Je sillonne les mers avec la permission de la maison Maresh. Je patrouille les eaux du royaume et, si je constate un problème, j’interviens. Pourquoi crois-tu que je parle si bien la langue royale ?

Lila poussa un chapelet de jurons à mi-voix.

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Devant la tente, Rhy fixait l'endroit où son frère se trouvait quelques secondes plus tôt. Il avait la poitrine serrée, mais ce n'était pas une douleur physique. Il venait de prendre conscience, de façon soudaine et horrible, que Kell était volontairement parti là où il ne pourrait pas le suivre.

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-Prince Kell, dit-elle avec un sourire enfantin. (Il ne prit pas la peine de lui préciser qu’elle devrait l’appeler « maître » et non « prince ».) Vous danserez avec moi, aux bal ce soir.

Il ne savait pas si sa connaissance de l’arnésien était simplement limitée, ou si elle avait l’intention d’etre aussi directe. Mais Rhy lui lança un regard lourd de sens : il avait passé des mois à préparer ce tournoi. C’était un événement politique et diplomatique, qui exigeait donc des sacrifices, et il préférait se poignarder que de laisser Kell compromettre la paix de l’empire en refusant une danse à l’an princesse.

L’Antari s’inclina avec une esquisse de sourire.

-Bien sûr, Votre Altesse, répondit-il avant d’ajouter en veskien : Gradaich an’ach.

Tout le plaisir sera pour moi.

Le sourire de la princesse s’agrandit tandis qu’elle se dirigeait vers l’un de ses serviteurs.

Rhy se pencha vers Kell.

-On dirait que ce n’est pas moi qui ai besoin de protection finalement. Tu sais, dit-il en sirotant son vin, ce serait un parti intéressant...

-Je vais te poignarder avec cette broche, répliqua Kell sans cesser de sourire.

-Tu souffrirais.

-Mais ça en vaudrait...

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