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Extrait ajouté par Larosedesmots 2020-11-14T21:27:03+01:00

Mon coeur déjà émietté continue de s’effondrer dans ma poitrine, de se recroqueviller sur lui-même.

Je crois au phénix, mais comment faire quand il ne reste plus assez de cendres pour renaître ?

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Extrait ajouté par CrystalM 2020-10-09T23:21:11+02:00

Chapitre 1

Hazel

Mai

La vie ne tient qu’à un fil.

On ne s’en rend pas compte avant que l’impensable se produise. On croit bêtement que tout est éternel, et que rien ne pourra jamais nous arriver.

On m’avait dit : la vie ne tient qu’à un fil, Hazel, alors fais gaffe de ne pas le couper.

Ma vie, pour ma part, tenait à moins que ça, car un coup de poing a tout envoyé valser.

C’est la tempe, le problème. Il a visé la tempe, et ma mère est tombée sur la table basse. Morte sur le coup. Elle a arrêté de souffrir, me suis-je dit au moment où le craquement résonnait dans la maison. Ce bruit, c’est l’ouverture des portes du paradis.

Aujourd’hui je sais pas trop pourquoi j’ai pensé ça. Soit parce que j’étais high1 comme pas possible, soit parce que réaliser que ma mère venait de me quitter était trop dur à supporter.

Peut-être que les portes du paradis se sont ouvertes pour elle, mais pas pour moi. Il y a eu le ballet des avocats, de la famille, des amis qu’on voyait souvent, des amis qu’on ne voyait jamais. Des inconnus qui viennent manger les miettes du testament et des veillées funéraires où croulait plus de nourriture que d’honnêteté. Pourquoi est-ce que vous amenez à manger ? Ma mère n’en a plus besoin et sa mort m’a coupé l’appétit. Il y a eu ceux qui ont léché ses cendres, parce qu’elle voulait s’éteindre dans les flammes.

Pour éviter de faire face au précipice que sa mort a laissé dans ma poitrine, je m’échappe de cette ambiance glauque autant que je peux. Je marche le long de la plage, plonge mes orteils dans l’eau limpide. Une douleur indicible, à peine gérable, qui, comme un tsunami, engloutit tout sur son passage. Son prénom est devenu un trou noir, avalant toute étincelle de lumière autour de lui. Chacune de mes pensées se tourne vers elle. Pourquoi ? Pourquoi elle, pourquoi maintenant ? Pourquoi cette putain de douleur ne veut-elle pas partir pour de bon ?

Luna est la seule à retrouver ma trace. Elle vient se poster près de moi et nous contemplons l’horizon alors que le ressac nous calme. Enfin, me calme, surtout. J’essaye de retenir les larmes depuis ce matin mais c’est hors de ma portée. Elles roulent le long de mes joues, mues d’une vie propre.

De lourds nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la mer déchaînée. Les vagues sont belles, aujourd’hui. J’aurais pu surfer.

— Hey. Tout le monde te cherche.

Je jette un coup d’œil vers la falaise qui nous surplombe. Là-haut se trouvent toutes les maisons de la Vérité Intérieure, cette communauté qui m’a vue naître, grandir... et qui a vu ma mère mourir. Ma maison a été la première d’une longue série et elle est aussi la plus grande. Elle est surnommée la Ferme. Aujourd’hui, elle est devenue scène de crime. Mon beau-père y a tué ma mère.

— Je crois que je vais vomir, lâché-je.

Je ne pensais pas le dire à voix haute.

Je pose instinctivement ma main sur mon plexus solaire, là où trône mon tatouage en dentelles.

— Ça va aller, Hazel, tu verras...

« Ça va aller. » Non, ça n’ira pas. Comment est-ce que ça pourrait aller ? Elle m’a été arrachée. Elle est partie. Et aujourd’hui, il y a des assistantes sociales, des policiers, des inconnus qui fouillent dans ma vie et qui cherchent à comprendre ce qui s’est produit ce soir-là.

Moi aussi, j’aimerais comprendre. Mais toutes les pièces du puzzle sont désordonnées dans ma tête.

— Je te promets que j’essaye, murmuré-je. De m’accrocher à quelque chose, de…

— Je sais que ce n’est pas facile. Mais je serai là, moi. Je te protégerai. Je t’aiderai.

Du haut de son mètre soixante et ses cinquante kilos tout mouillés, je ne vois pas comment Luna pourrait me protéger de lui. Pourtant, l’entendre, le lire dans son regard m’apporte une sérénité que je n’ai plus depuis que ça s’est produit. Il y a dix jours. J’ai l’impression que ça fait dix ans.

Sa mère a été adorable ; elle m’a gardée chez elle malgré les hurlements dans la nuit, malgré les crises de nerfs, malgré la colère qui a renversé toutes mes défenses.

— C’est gentil, Luna, mais je ne reste pas.

— Comment ça, tu ne restes pas ?

Personne ne part jamais de la Vérité Intérieure. Personne ne quitte jamais Half Moon Bay. C’est ce que je lis dans l’incrédulité de son regard. La terreur qui m’habite est plus grande encore que l’idée d’abandonner tout ce que j’aie jamais connu. Car s’il est relâché... Qui sait ce qu’il pourrait me faire ? Au milieu de la paperasse, des robes noires à enfiler, des larmes à sécher, du cœur qui menace d’imploser dans la poitrine, il y a eu un nom, qui a émergé du chaos comme une oasis protectrice. Un rocher s’élevant au cœur de la mer déchaînée. Un récif, un roc, un phare, appelez-le comme vous voulez.

Darrow MacKenna.

— Ma mère a laissé un testament et une avocate trop zélée derrière elle. S’il devait lui arriver quelque chose, elle voulait que je sois confiée à la garde de quelqu’un qui ne soit pas d’ici.

Sous-entendu qui n’appartient pas à notre communauté.

— Et tu pars quand ?

L’inquiétude se lit dans ses prunelles. J’arrime à nouveau mon regard à ces nuages qui surplombent le paysage.

— D’un instant à l’autre. C’est pour ça que je suis venue ici. C’est peut-être la dernière fois avant un long, très long moment que je vois notre petite crique.

— Tu ne peux pas partir, Hazel, enfin ! Tu as toujours vécu ici, avec nous, à la Vérité Intérieure...

Je baisse la tête, laisse mes longs cheveux châtains recouvrir mon visage. Quand maman a rendu son dernier souffle, je crois qu’une partie de moi a voulu mourir avec elle.

Hazel Burns s’est peut-être éteinte en même temps que sa mère, en fin de compte. J’ai envie de lui dire, à Luna, de ne pas me regretter. Que la fille qu’elle voit devant ses yeux n’est plus qu’un fantôme, qu’un animal blessé qui ne sait pas s’il passera la nuit. Qui Hazel

Une image contenant assis, sombre, portable, table Description générée automatiquement

Mai

La vie ne tient qu’à un fil.

On ne s’en rend pas compte avant que l’impensable se produise. On croit bêtement que tout est éternel, et que rien ne pourra jamais nous arriver.

On m’avait dit : la vie ne tient qu’à un fil, Hazel, alors fais gaffe de ne pas le couper.

Ma vie, pour ma part, tenait à moins que ça, car un coup de poing a tout envoyé valser.

C’est la tempe, le problème. Il a visé la tempe, et ma mère est tombée sur la table basse. Morte sur le coup. Elle a arrêté de souffrir, me suis-je dit au moment où le craquement résonnait dans la maison. Ce bruit, c’est l’ouverture des portes du paradis.

Aujourd’hui je sais pas trop pourquoi j’ai pensé ça. Soit parce que j’étais high1 comme pas possible, soit parce que réaliser que ma mère venait de me quitter était trop dur à supporter.

Peut-être que les portes du paradis se sont ouvertes pour elle, mais pas pour moi. Il y a eu le ballet des avocats, de la famille, des amis qu’on voyait souvent, des amis qu’on ne voyait jamais. Des inconnus qui viennent manger les miettes du testament et des veillées funéraires où croulait plus de nourriture que d’honnêteté. Pourquoi est-ce que vous amenez à manger ? Ma mère n’en a plus besoin et sa mort m’a coupé l’appétit. Il y a eu ceux qui ont léché ses cendres, parce qu’elle voulait s’éteindre dans les flammes.

Pour éviter de faire face au précipice que sa mort a laissé dans ma poitrine, je m’échappe de cette ambiance glauque autant que je peux. Je marche le long de la plage, plonge mes orteils dans l’eau limpide. Une douleur indicible, à peine gérable, qui, comme un tsunami, engloutit tout sur son passage. Son prénom est devenu un trou noir, avalant toute étincelle de lumière autour de lui. Chacune de mes pensées se tourne vers elle. Pourquoi ? Pourquoi elle, pourquoi maintenant ? Pourquoi cette putain de douleur ne veut-elle pas partir pour de bon ?

Luna est la seule à retrouver ma trace. Elle vient se poster près de moi et nous contemplons l’horizon alors que le ressac nous calme. Enfin, me calme, surtout. J’essaye de retenir les larmes depuis ce matin mais c’est hors de ma portée. Elles roulent le long de mes joues, mues d’une vie propre.

De lourds nuages noirs s’amoncellent au-dessus de la mer déchaînée. Les vagues sont belles, aujourd’hui. J’aurais pu surfer.

— Hey. Tout le monde te cherche.

Je jette un coup d’œil vers la falaise qui nous surplombe. Là-haut se trouvent toutes les maisons de la Vérité Intérieure, cette communauté qui m’a vue naître, grandir... et qui a vu ma mère mourir. Ma maison a été la première d’une longue série et elle est aussi la plus grande. Elle est surnommée la Ferme. Aujourd’hui, elle est devenue scène de crime. Mon beau-père y a tué ma mère.

— Je crois que je vais vomir, lâché-je.

Je ne pensais pas le dire à voix haute.

Je pose instinctivement ma main sur mon plexus solaire, là où trône mon tatouage en dentelles.

— Ça va aller, Hazel, tu verras...

« Ça va aller. » Non, ça n’ira pas. Comment est-ce que ça pourrait aller ? Elle m’a été arrachée. Elle est partie. Et aujourd’hui, il y a des assistantes sociales, des policiers, des inconnus qui fouillent dans ma vie et qui cherchent à comprendre ce qui s’est produit ce soir-là.

Moi aussi, j’aimerais comprendre. Mais toutes les pièces du puzzle sont désordonnées dans ma tête.

— Je te promets que j’essaye, murmuré-je. De m’accrocher à quelque chose, de…

— Je sais que ce n’est pas facile. Mais je serai là, moi. Je te protégerai. Je t’aiderai.

Du haut de son mètre soixante et ses cinquante kilos tout mouillés, je ne vois pas comment Luna pourrait me protéger de lui. Pourtant, l’entendre, le lire dans son regard m’apporte une sérénité que je n’ai plus depuis que ça s’est produit. Il y a dix jours. J’ai l’impression que ça fait dix ans.

Sa mère a été adorable ; elle m’a gardée chez elle malgré les hurlements dans la nuit, malgré les crises de nerfs, malgré la colère qui a renversé toutes mes défenses.

— C’est gentil, Luna, mais je ne reste pas.

— Comment ça, tu ne restes pas ?

Personne ne part jamais de la Vérité Intérieure. Personne ne quitte jamais Half Moon Bay. C’est ce que je lis dans l’incrédulité de son regard. La terreur qui m’habite est plus grande encore que l’idée d’abandonner tout ce que j’aie jamais connu. Car s’il est relâché... Qui sait ce qu’il pourrait me faire ? Au milieu de la paperasse, des robes noires à enfiler, des larmes à sécher, du cœur qui menace d’imploser dans la poitrine, il y a eu un nom, qui a émergé du chaos comme une oasis protectrice. Un rocher s’élevant au cœur de la mer déchaînée. Un récif, un roc, un phare, appelez-le comme vous voulez.

Darrow MacKenna.

— Ma mère a laissé un testament et une avocate trop zélée derrière elle. S’il devait lui arriver quelque chose, elle voulait que je sois confiée à la garde de quelqu’un qui ne soit pas d’ici.

Sous-entendu qui n’appartient pas à notre communauté.

— Et tu pars quand ?

L’inquiétude se lit dans ses prunelles. J’arrime à nouveau mon regard à ces nuages qui surplombent le paysage.

— D’un instant à l’autre. C’est pour ça que je suis venue ici. C’est peut-être la dernière fois avant un long, très long moment que je vois notre petite crique.

— Tu ne peux pas partir, Hazel, enfin ! Tu as toujours vécu ici, avec nous, à la Vérité Intérieure...

Je baisse la tête, laisse mes longs cheveux châtains recouvrir mon visage. Quand maman a rendu son dernier souffle, je crois qu’une partie de moi a voulu mourir avec elle.

Hazel Burns s’est peut-être éteinte en même temps que sa mère, en fin de compte. J’ai envie de lui dire, à Luna, de ne pas me regretter. Que la fille qu’elle voit devant ses yeux n’est plus qu’un fantôme, qu’un animal blessé qui ne sait pas s’il passera la nuit. Qui ne peut que s’en vouloir de ce qui s’est produit. J’ai eu envie de lui dire que je préférais qu’elle garde le souvenir de celle que j’ai été.

Au moment de prononcer ces mots, j’ai remarqué la douleur que je laissais chez elle aussi. Elle n’avait pas besoin de l’entendre, elle l’avait déjà compris.

L’ancienne Hazel n’était plus.

Source : kobo.com

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Extrait ajouté par Steph-Anie 2020-11-22T18:38:49+01:00

Tout chez Darrow m'appelle. Et ça me fait flipper. Parce qu'il est chasse gardée, zonz interdite, coeur impossible à prendre.

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Extrait ajouté par Steph-Anie 2020-11-22T18:35:58+01:00

Nous ne nous regardons pas. Nous nous écoutons simplement respirer.

Nos souffles tel le ressac des vagues.

En harmonie.

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