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— Mila, tu te bouges le cul ou je viens te chercher.

C'est Florian, mon frère jumeau, qui hurle en bas de l'escalier.

J'en ai marre, ça fait cent fois que j'arrange mon chignon mais impossible de le faire tenir en place.

— J'arrive, bon sang !

— Ça fait trois fois que tu me dis ça et j'attends encore.

Je laisse tomber, tant pis, mes cheveux resteront comme ils sont.

Je descends les escaliers en courant et manque de me vautrer. J'arrive à agripper mon frère qui se trouve devant moi tandis qu'il entoure ma taille d'un bras pour me stabiliser. Les talons de dix centimètres, ce n'est définitivement pas pour moi.

Florian me détaille de la tête aux pieds, l'air furieux.

— Euuu, je crois que je vais encore attendre cinq minutes pour que tu ailles te changer.

— Quoi ? Mais pourquoi ? C'est moche ?

J'ai mis une jupe noire qui m'arrive à mi-cuisse, un collant noir résille et en haut, un chemisier blanc. Bon ok, on voit mon soutif mais il est aussi blanc donc tout va bien.

— Tu te fous de ma gueule, Mila ? Tu serais à poil, ce serait pareil !

— Dans ce cas, la prochaine fois, je ne perdrai pas de temps à chercher une tenue. Bon, on y va ?

Je lui fais un grand sourire mais lui me fusille du regard, avant de s'approcher de mon oreille.

— Ok, comme tu veux mais je ne te lâcherai pas de la soirée, même pour aller aux chiottes. Faut pas jouer avec moi, sœurette.

Pfff, il me gonfle à jouer au protecteur, moi aussi, je peux l'emmerder si je veux.

Je passe devant lui en remuant exagérément des fesses. Il grogne mais je continue mon petit manège avant de monter dans la voiture côté passager car il m'interdit formellement de conduire sa Porsche. Il m'a même fait signer un papier le stipulant, c'est dire comme il est fou.

— Je ne vais pas le casser ton joujou, je sais conduire quand même !

— Tu sais ce qu'on dit, femme au volant, mort au ...

Je lui frappe le bras et ça le fait exploser de rire.

Il m'avait proposé il y a quelques années de venir habiter avec lui à Clermont-Ferrand, ce que j'avais accepté avec plaisir et ce soir, nous nous rendons ensemble à une petite fête.

Quelques minutes plus tard, nous arrivons devant le restaurant où est prévu l'anniversaire d'un de ses coéquipiers. Mon frère a choisi de suivre les traces de notre père qui était pilote automobile de Formule 1. Ça fait deux ans qu'il court pour l'équipe McLaren et je suis très fière de lui.

D'ordinaire, Flo fait tout pour ne pas que je vienne à ce genre de soirée, car selon lui, ses collègues sont tous des obsédés sexuels et les filles qui y vont veulent juste se faire sauter. Mais en rentrant de son entraînement, il a eu pitié de moi, en me voyant vautrée sur le canapé toujours en pyjama à 17h.

Plusieurs de ses coéquipiers ont une maison proche de Clermont-Ferrand donc ce restaurant est un peu le fief de l'équipe et ce soir, il est réservé rien que pour nous. À l'intérieur, les murs sont peints en gris, plusieurs affiches de groupes de rock y sont accrochées ; ce soir, ils ont collé les tables rectangulaires dans le fond de la salle pour faire une seule grande table.

Avec mon frère, nous saluons tout le monde et surtout le roi de la soirée, Oliver. C'est également un pilote. Il est anglais mais est marié à une Française, Sophia depuis deux ans, ce qui fait qu'il parle super bien notre langue.

— Salut, ma belle, ça fait longtemps qu'on ne t'a pas vue, me dit cette dernière après nous avoir fait la bise.

— Salut, Sophia ! Oui, et je crois qu'il y a un alien dans ton ventre parce qu'il a bien grossi.

Elle pouffe en le caressant doucement.

— Oui, et j'en suis qu'à six mois, j'imagine même pas à neuf !

Son mari lui chuchote quelque chose ; elle s'excuse auprès de nous avant de rejoindre un groupe d'hommes un peu plus loin.

Florian laisse sa main autour de ma taille et nous dirige vers le buffet où il y a une tonne de nourriture très variée. Je prends une mini saucisse, enfin trois ou quatre mais chut.

— Tu veux boire quoi ?

— Umm, une vodka orange, s'il te plaît.

Il hausse un sourcil en me fixant.

— Et ben, t'attaques fort, tu crois pas ?

— Comme tu vas pas me lâcher, il faut bien que je boive pour m'amuser.

— Pfff.

Il me laisse là et en me retournant, je perds mon souffle.

Un mec magnifique, qui est accessoirement le meilleur ami de mon frère, vient de faire son entrée. Il est brun avec des yeux d'un bleu qui donne envie de plonger dedans et il est bien plus grand que mon 1m75 talons compris, bref, il est vraiment sexy ! 

Après s'être débarrassé de ses affaires, il s'approche de moi.

— Bonjour Mila.

— Bonjour Maël.

Florian revient avec nos deux verres en me tendant le mien ; j'en bois une gorgée pour me donner du courage.

— Aaa Maël, je croyais que tu ne viendrais plus ! Lucie n'est pas là ? demande mon frère.

Maël me regarde discrètement tendu.

— Non, elle ne se sentait pas très bien.

— Bon ben, au moins tu pourras garder un œil sur ma sœur.

Hein ? Quoi ? C'est de moi qu'il parle là ! Maël fronce les sourcils.

— Pourquoi, qu'est-ce qui se passe ?

— T'as vu comment elle est fringuée ?

Je leur fais des signes.

— Elle est à côté de vous !

Les deux me détaillent des pieds à la tête.

— Effectivement. Je reste avec elle, répond-il l'ai forcé.

Non mais je rêve !!! Je suis exaspérée par leurs comportements. J'ai vingt deux ans, je ne suis plus une gamine !

— Je ne suis pas d'accord ! Je ne suis pas venue pour rester collée à vous.

— Merci mec.

Mon frère tape dans la main de Maël avant de partir comme si j'étais transparente.

Ce-dernier braque ses yeux sur moi et passe ses mains dans les poches arrières de son jean.

— Alors ? me demande-t-il après quelques secondes à s'observer en silence.

—Alors quoi ?

S'il croit que je vais lui faire la conversation, il peut toujours courir...

— Tu vas bien ? demande-t-il gêné.

Comme c'est mignon ! Il prend un sandwich sur le buffet tandis que je bois une gorgée de mon petit remontant.

— Depuis que tu t'es lâchement barré ? Tout va parfaitement bien merci, répondis-je calmement.

Il s'étouffe avec ce qu'il a dans la bouche et devient tout rouge.

— Tu cherches quoi, Mila ? me chuchote-t-il.

— Moi ? Juste une explication.

Je prends à mon tour un toast et le mange lentement tandis qu'il regarde ma bouche avec, je crois, une pointe d'envie.

— Tu fais ça souvent ?

— Quoi ? Baiser ? me crache-t-il.

— Tromper ta copine ? répondis-je de la même manière que lui.

Je n'ai pas le temps de réagir qu'il m'attrape le bras. Je tente de résister mais il a beaucoup plus de force que moi. Arrivés dans les toilettes, il ouvre toutes les cabines pour vérifier que nous sommes seuls avant de fermer la porte d'entrée. Il me plaque contre et me lâche pour poser ses mains de chaque côté de ma tête. Son corps est très près du mien sans pour autant me toucher alors que sa délicieuse odeur se diffuse dans l'air pour venir s'insinuer dans mes narines. Je suis tentée de respirer à fond mais me retiens pour ma dignité. Cet homme est très déstabilisant...

— Pour te répondre, non, c'était la première fois et aussi la dernière. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Je devais être vraiment bourré pour baiser avec toi, me dit-il avec un air mauvais.

Outch, ça fait mal à mon orgueil. Je me tortille pour qu'il se pousse sauf qu'il ne bouge pas d'un pouce.

— Tu vas oublier cette fâcheuse histoire. Ton frère est mon ami, je ne veux pas qu'il soit au courant. A partir de maintenant, tu fermes ta gueule à propos de ça.

Il se recule et donne un violent coup de poing dans une porte. Il me fait flipper même si je suis sûre qu'il n'oserait pas me frapper... Il se retourne en plongeant son regard furieux dans le mien.

— T'as bien compris ?

Je secoue la tête affirmativement car aucun son ne sort de ma bouche.

— Bien.

Il me pousse sur le côté sans ménagement avant de sortir en claquant la porte derrière lui.Je vérifie mon reflet dans le miroir et prends quelques minutes, pour que mes tremblements cessent, avant d'aller retrouver mon frère.

La salle est pleine mais je le vois, penché à la table de trois filles. Je m'approche de lui et l'encercle de mes bras par derrière  tandis que les trois greluches me fixent comme si elles allaient se jeter sur moi mais je n'y prête aucune attention.

Flo se relève pour m'enlacer avant de déposer un baiser dans mes cheveux.

— Bon, les filles, je vous laisse. À plus tard.

Eh oui, il est à moi ! Je suis jalouse et possessive, je l'avoue.

— Je croyais que tu voulais pas que je te colle, me chuchote-t-il.

— J'ai rien dit, moi.

Il pouffe en nous emmenant vers le buffet. Il mange plusieurs petits fours tout en discutant avec des collègues.

Vers 1h du matin, je commence à être fatiguée et aussi à m'ennuyer...

— Je vais prendre un taxi pour rentrer, soufflé-je à Florian.

— Tu es sûre, ça ne te dérange pas ?

— Non, ne t'inquiète pas, amuse-toi bien.

— Merci, envoie un message quand tu arrives.

J'acquiesce avant de saluer tout le monde et d'appeler le taxi. Dix minutes plus tard, je sors mais il n'est pas encore là alors j'en profite pour regarder mes mails sur mon téléphone.

— Tu t'en vas déjà ?

Je sursaute en me retournant. Maël est adossé au mur, une cigarette à la main. Je me détourne sans répondre.

— Ben alors, on a perdu sa langue ? Tu l'avais pourtant bien pendue quand je suis arrivé !

J'enfonce mes ongles dans mes mains. Je ne sais pas ce qu'il cherche mais il faut que je me calme. Ça ne vaut pas la peine que je m'énerve à cause de lui mais il continue de plus belle.

— Tu n'as trouvé personne à ramener chez toi ce soir ?

Cette remarque, c'est la goutte d'eau et heureusement, je vois le taxi approcher.

Je m'avance vers Maël qui n'a pas bougé du mur, il souffle de la fumée en me dévisageant. Une fois assez près, je lui mets une grosse baffe et il n'a pas le temps de réagir que je cours m'enfermer dans le taxi. Le chauffeur est surpris quand je lui crie de démarrer en voyant Maël approcher de la voiture.

Une fois éloignée du danger, je ferme les yeux et reprends ma respiration. Non mais quel con ce mec !!! Et maintenant j'ai super mal à la main...

Arrivée devant chez moi, je vérifie avant de sortir du taxi qu'il ne m'a pas suivie. J'ouvre vite le portail et le referme aussitôt. Je crois que je deviens complètement parano. Il m'a vraiment fait peur tout à l'heure. Je sais que je n'aurais pas dû le frapper mais c'était plus fort que moi.

J'entre dans ma chambre, soulagée, et me change pour passer un pyjama. Je m'installe sur mon lit pour envoyer un message à mon frère avant qu'il ne s'inquiète.

Sa réponse arrive presque aussitôt.

"Ok, je suis rassuré. Dors bien ma sœur, j'essaie de pas rentrer trop tard."

Je me couche et tente de m'endormir mais je n'arrête pas de me tourner sans que le sommeil m'emporte ; en plus de ça, j'ai super chaud. Je me lève pour ouvrir la baie vitrée de ma chambre qui donne sur le portail. Les étoiles attirent mon regard, ça me fait oublier mes problèmes et me transporte ailleurs, comme s'il y avait un autre monde là-bas.

Ça me fait également penser à mon père.

Quand nous étions petits, avec mon frère, nous lui inventions une vie heureuse parmi les étoiles et quand nous voulions lui parler, nous levions la tête vers le ciel. C'était le seul endroit qui nous faisait penser à lui car notre mère nous interdisait d'aller sur sa tombe. Si nous la contrarions, elle nous donnait de grosses fessées car pour elle, les enfants n'avaient rien à faire dans un cimetière.

Un bruit devant le portail me tire de mes pensées. Je baisse les yeux et vois une moto rouge garée devant. Je sais à qui elle appartient ce qui me fait reculer dans ma chambre et fermer la baie vitrée.

Maël sait où j'habite, il est venu plusieurs fois voir mon frère. Je ne pensais pas qu'il oserait venir jusqu'ici quand même ! Je me cache derrière mon rideau, il descend de sa moto mais y remonte au bout de deux minutes avant de repartir. Il me dit d'oublier et il se pointe chez moi, il a vraiment un problème ! Je me recouche et m'endors au bout d'une ou deux heures avec l'aide d'un somnifère car mon cerveau tourne à bloc.

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