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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:56:39+01:00

Tandis que je me blottis un instant contre lui, je suis une fois encore surprise par sa maigreur : comment un homme si fort peut-il sembler si fragile ? Mouche essaie constamment de l’engraisser, mais quelle que soit la quantité de beurre qu’elle met dans ses scones, Pa reste toujours aussi anguleux. « Tout en coudes et en genoux », comme dit Mouche.

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Extrait ajouté par Ploudillon 2021-03-04T23:11:49+01:00

Construite au sommet de l'île, l'imposante bâtisse de style géorgien dominait de vastes horizons. Sa façade en vieilles pierres couleur miel, orientée vers le village sur le continent, était longue et basse, recouverte de lierre enchevêtré et de hautes fenêtres. À travers le jardin en friche, des marches grossières menaient à une allée de gravier en pente douce qui se prolongeait jusqu'à la chaussée submersible. À l'arrière, une immense pelouse surplombait la mer changeante, tantôt d'un turquoise éblouissant, tantôt d'un gris-vert sombre et mystérieux. Le verger qui, le premier, m'avait attirée sur l'île s'enroulait autour d'une des ailes du bâtiment et croulait, selon la saison, sous les pommes, les cerises aux teintes rubis ou les lourdes prunes veloutées. De l'autre côté de la maison, une nouvelle volée de marches délabrées se frayait un chemin jusqu'à une crique de sable doré dont les eaux abritées étaient toujours limpides et chaudes. C'était un bijou, cette île, un trésor trop longtemps délaissé et privé d'amour.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T12:01:40+01:00

Trois petits garçons surexcités en pyjama m’accueillent, les pieds nus, la bouche pleine de pain et de beurre. Les triplés ont trois ans et, jusqu’à la récente naissance d’Anthea (plus communément appelée « le bébé »), ils étaient les plus jeunes membres de ma brinquebalante famille. Je suis la deuxième, après Alice, qui a dix-neuf ans. Viennent ensuite Freya, quinze ans, Tom, onze ans, puis les triplés Joe, Max et Davy, et enfin Anthea. Huit enfants en tout, et Pa qui dit toujours que, sans la guerre, il aurait pu y en avoir davantage et que nous devrions remercier Dieu pour sa miséricorde. Il plaisante, bien sûr, mais il a parfois l’air surpris de voir tous ces enfants entrer et sortir de notre petite ferme en gambadant, comme si nous étions le résultat d’un tour de magie et non la chair de sa chair.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T12:00:36+01:00

Mouche, c’est ma mère. Bien que son véritable prénom soit Mary, tout le monde l’appelle par son surnom, y compris son mari et ses enfants. Du haut de son mètre cinquante, c’est une force de la nature, petite mais rassurante. Quand je me tiens à ses côtés, je me sens gauche et surdimensionnée. Tout en me répondant, elle mélange des ingrédients dans un bol avec un couteau en argent poli.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:59:40+01:00

D’aussi loin que je me souvienne, cette maison m’a toujours tenue sous son charme. L’île sur laquelle elle se dresse est séparée du continent par une route pavée submersible. La chaussée disparaît et réapparaît au rythme du flux et du reflux de la marée, qui tantôt la recouvre comme si elle n’avait jamais existé, tantôt la met à nu comme si elle était immuable. Lorsqu’elle émerge des eaux, c’est une surprise toujours renouvelée. Par la grâce de cet étrange sortilège, la maison est isolée la moitié du temps, tel un monde à part, totalement indifférent à la vie tumultueuse de notre petit village de pêcheurs.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:59:03+01:00

À vrai dire, Alice est une beauté, tout simplement. Pour me faire plaisir, les gens disent parfois que nous nous ressemblons, mais les cheveux d’Alice brillent d’un blond vénitien soyeux, tandis que les miens sont frisés et d’un brun boueux teinté d’une vague nuance de rouge (malheureusement trop peu marquée pour qu’on puisse les dire auburn, sans même évoquer le tant espéré et si profondément romantique « rouge Titien »). Les yeux d’Alice sont aussi bleus que les fleurs qu’elle arbore sur sa tête ; les miens sont d’un gris sombre et trouble. La peau d’Alice conserve son teint de pêche blanche quel que soit le temps qu’elle passe au soleil ; la mienne a le mauvais goût de bronzer et de se couvrir de taches de rousseur qui s’obstinent à s’éparpiller autour de mon nez malgré mes abondantes et fréquentes applications de jus de citron. Nous faisons la même taille et partageons des traits communs, mais il ne fait aucun doute que je suis seulement l’ombre de ma sœur : un reflet déformé et infiniment moins brillant de sa perfection. Alice passée de l’autre côté du miroir.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:58:18+01:00

Chapitre II

La chambre que je partage avec Alice est nichée tout en haut de la maison, dans les combles. Comme le toit est en pente de chaque côté de la pièce, on ne peut se tenir debout qu’au milieu, dans l’espace qui sépare nos deux lits. De mon côté de la chambre, il y a une petite fenêtre. Si je m’agenouille sur mon matelas et que je passe la tête à travers l’ouverture, j’aperçois la colline qui descend jusqu’à la mer et le croissant de sable doré qui se découpe au pied de la falaise. Le paysage est parsemé de minuscules maisons blanches perchées en équilibre instable au-dessus du précipice : elles semblent sur le point de dégringoler dans la mer. D’ici, on ne peut pas voir l’île, mais je sais bien qu’elle est là. La conscience de sa présence m’habite en permanence.

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:56:20+01:00

(Lorsqu’on vit dans un petit village paisible, il est indispensable de s’inventer des tragédies personnelles. À treize ans environ, j’ai étudié en profondeur le scénario de l’amour à sens unique en développant une passion éphémère mais dévorante pour Jack. Quand Alice et lui ont annoncé leurs fiançailles, cette passion a été brièvement ravivée et j’ai passé quelques jours à errer à travers la maison drapée dans des voiles noirs en poussant de douloureux soupirs. J’ai aussi écrit des poèmes d’amour déchirants consacrés à des couples d’amants maudits et à de superbes jeunes filles solitaires. Je m’appliquais tant à jouer les grandes tragédiennes, allant jusqu’à utiliser le maquillage d’Alice pour me donner un fascinant teint pâle, que j’en suis venue à oublier complètement Jack. Avec beaucoup de tact, Alice a fait semblant de ne pas remarquer mon manège.)

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Extrait ajouté par Paraffine 2021-03-03T11:55:50+01:00

J’avais oublié que c’était à moi de donner le coup d’envoi des festivités en traversant la nef avec grâce. C’est le rôle des demoiselles d’honneur, après tout, mais je ne suis pas certaine qu’être perchée sur de si hauts talons favorise réellement le caractère gracieux de ma progression. Je me sens soudain très nerveuse. Alice me donne un petit coup de coude dans le dos.

— Allez, avance, chuchote-t-elle en étouffant un rire. Avance avant que Mrs Bastion se fasse un claquage !

De fait, la musique résonne de plus en plus fort, et l’organiste a déjà montré par le passé une certaine tendance à en faire trop.

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Extrait ajouté par Ploudillon 2021-03-02T17:11:08+01:00

Le paysage de l'autre côté du bras de mer est si beau lorsqu'il baigne ainsi dans la lumière éclatante qui précède le coucher du soleil... La maison paraît avoir pris feu, les pierres couleur miel ont l'air de briller de l'intérieur. J'entends le murmure de la brise à travers les arbres, et c'est comme s'ils me parlaient, me souhaitaient la bienvenue. Je frissonne. C'est l'une de ces soirées où tout semble pouvoir arriver.

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