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Extrait ajouté par Aur31 2016-04-18T21:26:05+02:00

De l'autre côté de la rue, Alexandre lui sourit.

Un bus lui cache la vue. Il se met sur la pointe des pieds, penche la tête.

Soudain il revoit, à Leningrad, dans une rue déserte, l'instant où sa vie a commencé. Il n'était qu'un jeune officier de l'armée Rouge à la vie dissolue, sans but, n'obéissant qu'à ses instincts, en patrouille le jour où la Russie entrait en guerre, et qui marchait, son fusil en bandoulière, lorsque ses yeux s'étaient posés sur elle qui mangeait sa glace en chantonnant, si fraîche, si blonde, belle à couper le souffle.

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Alexandre, tu m'as brisé le cœur. Mais pour m'avoir portée sur ton dos, pour avoir tiré mes morts sur le traineau, pour m'avoir accordé ton dernier morceau de pain, pour m'avoir sacrifié ton corps, pour le fils que tu m'as donnée, pour les vingt-neuf jours de paradis que nous avons partagés, pour les sables de Naples et les vins de Napa, pour tous les jours où je n'ai vécu que pour toi, pour Orbeli, je te pardonne.

Alors seulement, il put enfin la caresser.

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Noyé dans le fond de ses yeux, il retrouvait sa jeunesse, son amour, sa beauté, et les nuits blanches du jardin d'été. Tout s'y mirait. Il sentait son cœur prêt a éclater"

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— Shura, c'est moi, Tania, ta femme..., murmura-t-elle quand elle sentit qu'il se détendait.

— Et qu'est-ce qu'elle veut, Tania, ma femme ? demanda-t-il tandis que ses mains remontaient sur ses cuisses, sa taille, ses cheveux et redescendaient sur ses hanches pour la plaquer sur lui. Qu'est-ce que tu veux ? Hein ? Dis-le !

Elle remonta pour frotter ses seins contre sa bouche. Il enfouit son visage dans sa poitrine en gémissant.

— Je veux que tu enfonces tes mains dans mes cheveux, gémit-elle... que tu les pétrisses comme autrefois. J'aimais tellement la façon dont tu me caressais. Quand tu me serrais si fort... oui, comme ça... tu te souviens ? Tu te souviens ?

Lentement, Tatiana remonta jusqu'à être à genoux au-dessus de la bouche haletante d'Alexandre. Elle s'agrippa à la tête du lit et descendit lentement.

— Je t'en prie, fais-moi l'amour comme avant... Quand elle sentit sa bouche chaude sur elle, pour la première fois depuis leur retour en Amérique, Tatiana crut s'évanouir. Elle se mit à pleurer. Si elle n'avait pas eu la tête du lit pour se retenir, elle se serait effondrée.

— Chut... Tatiasha... chut... tu sais... finalement, je crois que c'est le blond, ma couleur favorite.

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— Nous ne sommes pas des fugitifs. Nous n'avons rien à cacher.

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— Mais dis-moi, si tu ne m'avais pas retrouvé, qu'aurais-tu fait ? Tu serais rentrée à New York pour épouser Edward Ludlow ? Je ne sais pas pourquoi, mais Anthony, à tort ou à raison, pense que tu ne serais jamais revenue. Que tu aurais continué à me chercher dans la taïga.

— Non, ce n'est pas vrai ! Il ne peut pas penser ça ! s'écria-t-elle en lui tournant le dos. Ce n'est pas possible !

— Tu connais son rêve ? Quand sa mère le quitte, c'est sans doute pour toujours. Elle le sait et pourtant, elle s'en va. C'est ça qui le torture.

— Alexandre ! Arrête de remuer le couteau dans la plaie !

— Je veux juste que tu cesses de prendre son problème à la légère. Tu sais quel est le cauchemar qui me poursuit, moi ?

— Non.

— Je rêve souvent que je suis à Kolyma. Je partage une couchette, étroite et sale, avec Ouspensky. Nous sommes toujours enchaînés l'un à l'autre, serrés sous une couverture. Il fait un froid atroce. Pasha est mort depuis longtemps. J'ouvre les yeux et je m'aperçois que tout ça, l'île Deer, Coconut Grove, l'Amérique, ce n'était qu'un rêve, une affabulation de mon esprit en folie. Je saute de mon lit et m'enfuis en traînant derrière moi, dans la toundra gelée, le corps décomposé d'Ouspensky. Et Karolich me poursuit. Il me rattrape, comme toujours, et me frappe à la gorge avec la crosse de son fusil. « Retourne au baraquement, Belov ! hurle-t-il. Tu as encore vingt-cinq ans à tirer, enchaîné à ce cadavre. » Et quand je me lève la nuit, je ne peux pas respirer, comme si j'avais réellement été frappé à la gorge.

— Arrête, Alexandre, murmura-t-elle d'une voix éteinte, en le repoussant d'une main tremblante. Je t'en supplie. Je ne veux pas que tu me parles de ça !

— Anthony rêve que tu as disparu. Je rêve que tu as disparu. C'est viscéral. Je le sens dans chaque goutte de mon sang. Comment veux-tu que je l'aide alors que je ne suis même pas capable de m'en sortir moi-même ?

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Il avait seulement besoin de savoir qu'elle était différente de lui, qu'elle avait encore une âme.

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— Tu crois que je suis aveugle ? Tu crois que c'est la première fois que je m'en aperçois ? Tu me prends pour un idiot ? Je n'ai jamais été dupe, Tatiana ! Je serre les dents, je reste habillé pour t'épargner, je te prends à quatre pattes pour que tu n'aies pas à me toucher. Tu dors habillée pour ne pas risquer d'effleurer mes blessures. J'ai fait semblant de m'en moquer mais combien de temps encore crois-tu que je vais pouvoir le supporter ?

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Mais quand elle se retrouva nue contre lui dans le lit, qu'elle le serra fiévreusement dans ses bras et qu'elle sentit ses cicatrices sous ses doigts, ses forces l'abandonnèrent à nouveau.

Et comme Alexandre l'avait fait à Lazarevo, quand il ne supportait plus de la toucher, elle le repoussa et lui tourna le dos.

Elle fondit en larmes, la tête enfoncée dans l'oreiller, espérant qu'il ne l'entendrait pas, ou au moins qu'il s'en moquerait.

Elle se trompait.

— Alors c'est comme ça que tu m'aides ? En me rejetant ?

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— Mais tu es sourde ? Combien de fois devrai-je te le répéter ? Je n'ai pas couché avec elle ! Je n'ai pas couché avec elle !

— Tu peux le répéter à l'infini, c'est ta parole contre la sienne, Alexandre. Et nous savons ce qu'elle vaut, ta parole ! Carmen est enceinte, Alexandre ! Enceinte !

Tatiana se tut, anéantie.

— Eh bien, en voilà une au moins qui y arrive ! lâcha-t-il, les mâchoires crispées. Et ça ne lui a pas pris quinze ans !

— Je préférerais m'avorter moi-même que porter ton enfant !

Alexandre la gifla à toute volée. Elle s'effondra sur le gravier. Aveuglé par la rage, il la releva brutalement. Elle plaqua ses bras sur sa tête.

— Là, tu dépasses les bornes ! Tu n'as vraiment plus aucune décence !

Il la repoussa et elle s'étala de tout son long. Elle essaya de se redresser, de ramper loin de lui. Rugissant de fureur, il la rattrapa et écartait la main, prêt à la frapper, lorsque Anthony le percuta par-derrière et le déséquilibra.

— Ne touche pas à ma mère !

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