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Liste des commentaires

Diamant

Ce roman va bien au-delà de la catégorie diamant. Il mérite une place spéciale, une place classée: "je te fais réfléchir, je te fais pleurer, je te donne envie de tout casser, je te donne envie de te battre".

The Hate U Give, ce n'est même pas de l'or en barre. C'est bien plus pur, bien plus poignant. C'est un concentré d'émotions.

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Diamant

J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire au début car on nous présente beaucoup de personnages d'un coup et le fait que l'argot soit retranscrit dans les dialogues m'a un peu déstabilisé. Puis une fois passé un certain cap, j'ai dévoré ce roman ! Celui-ci parle de thèmes durs et actuels tels que le racisme, l'injustice, la révolte... On suit également la vie de famille de l'héroïne, Starr, et je m'y suis fortement attaché. Certaines scènes sont si bien décrites qu'on se croit sur place et j'ai ressenti les émotions que Starr ressent.

C'est le genre de récits qui donnent envie de tout faire pour que les choses changent.

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Diamant

Lu en V.O.

Le Civil Rights Act de 1964 met un terme à la ségrégation aux États-Unis. En 1991, l'apartheid est, enfin, aboli en Afrique du Sud. Ces deux dates sont des tournants majeurs dans l'Histoire et souhaite effacer cette frontière "noir/blanc" pour que chacun ait sa chance. Pourtant en est-il réellement ainsi?

The Hate U Give dénonce justement cet aspect de notre société. Bien que ce ne soit pas toujours connu et que cela ne fasse pas réellement la une des journaux, la discrimination et le racisme persiste notamment dans certaines régions aux États-Unis ; où l'intégration des noirs n'est pas toujours évidente.

Starr est une jeune fille de 16 ans qui vit entre deux mondes : son quartier, le "ghetto", grouille de trafiquants de drogues et de guerres entre gangs, son lycée, quant à lui, est situé dans une banlieue chic radicalement opposé à son quartier. Elle passe alors sa vie à être "deux Starr" comme elle le dit : "Williamson Starr" et la "normale" Starr. Malheureusement, son monde -ses deux mondes- collapse le jour où son meilleur ami d'enfance, Khalil, se fait tuer par un officier de police trop nerveux. Elle est le seul témoin. Sa vie est boulversée, car, pour Starr, vient le moment de se lever et de se faire entendre. La vérité du meurtre doit éclater au grand jour, mais il y a beaucoup plus en jeu : l'équilibre si fragile de sa communauté risque de se briser en éclats, mais aussi, la pression des gangs et le dénie de la police pour le triomphe de la vérité.

Starr, tout au long du roman, va nous apprendre la définition des mots "courage", "honneur", "détermination". Sa progression est fulgurante telle un papillon, Starr va sortir de sa chrysalide, déployer ses ailes et s'envoler pour faire face à un monde qui à cherche enterrer la vérité. C'est quelqu'un que l'on peut admirer et qui, à travers son deuil et sa peur, a su se faire entendre. Sa voix a, bel et bien, été une arme qui a sublimé la vérité.

Le réalisme de ce roman est poignant et lui donne une authenticité flagrante. Le vocabulaire employé est fidèle à la réalité et est tel qu'un vocabulaire employé à l'oral. Les scènes sont d'une précision extrême qui permet une meilleure vision des actions. Les personnages sont vrais et attachant : l'identification se fait avec une facilité déconcertante et très vite on se retrouve se demander : "Et si ça avait été moi?".

Ce roman dénonce la discrimination encore trop présente de nos jours, nous fait prendre conscience que le racisme est toujours d'actualité et donne tout son sens au "#BlackLivesMatter". Nous ne parlons pas assez de ces aspects de la société ou décidons juste que cela n'a pas d'importance. Pourtant, à travers The Hate U Give, nous réalisons la place de tout un chacun dans l'histoire. Les thèmes abordés sont, certes, difficiles mais nous font ouvrir les yeux sur ce qui est mais ne devrait pas être.

La question est alors de savoir si ces deux dates de 1964 et 1991 sont belles et bien des tournants de l'Histoire et la fin d'une ère ou uniquement une étape d'un long processus, qui ne fait que commencer...

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Diamant

Ce livre a été un véritable coup de cœur, un coup de poing même.

L’histoire est bien menée avec des personnages attachants parce qu'ils sont vrais. L'histoire de Starr est toujours d’actualité, malheureusement. C'est pourquoi c'est très important d'en parler. On devrait tous prendre exemple sur Starr, pour le courage qu'elle prend en menant son combat.

The hate U give, est bouleversant. La plume de l'auteur est très belle on pleure et on rit aussi avec Starr, on comprend sa colère, on la vit avec elle.

Tout le monde devrait lire ce livre, pour découvrir cette histoire, et l'importance qu'on peut donner à notre voix.

Le livre va d'ailleurs bientôt être adapté au cinéma, et il me tarde de retrouver Starr sur grand écran, pour revivre son histoire une deuxième fois

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Or

J'ai découvert ce livre grâce au film (d'ailleurs excellent, foncez le voir), et je savais que je devais lire le bouquin. Quand j'ai eu l'occasion de l'avoir, je n'ai donc pas hésité. Et j'en suis très heureuse ! Nous suivons Starr, une adolescente noire qui vit dans un quartier difficile, mais qui va dans un lycée où la majorité des élèves sont blancs. Elle doit donc changer sa façon d'être selon les endroits. Puis arrive le drame. Alors qu'elle rentre d'une fête avec un ami d'enfance, celui-ci est tué. Par un policier.

Commence alors le combat de Starr pou s'en remettre, mais également pour obtenir justice pour Khalil.

Et là réside tout le génie de ce roman. Car l'auteure a réussi à évoquer tellement de choses que s'en est impressionnant.

Tout d'abord, évidemment, les policiers qui tuent les Noirs aux USA, et qui, le plus souvent, s'en sortent sans problème. Mais il y a également la violence policière, le racisme -caché ou pas, car il est parfois dans les détails-, le problème des gangs, la disparité sociale. Et Angie Thomas nous révèle ça naturellement, car en tant qu'auteure noire, c'est sûrement ce qu'elle a connu et connaît encore aujourd'hui.

L'une des choses que j'ai apprécié également, c'est le fait que les choses ne soient pas toute blanches ou toutes noires -aha-. Évidemment, et je ne dirais jamais le contraire, Cent Quinze est en faute. Mais quelque part -et le film nous le fait peut être plus comprendre, donc mon avis est peut être biaisé- il se savait dans un quartier chaud, et il a sûrement paniqué. C'est sûrement un gars sympa, et même pas raciste consciemment. Car je considère qu'on a tous quelque part un racisme inconscient, fait de préjugés et de blagues parfois cruelles, et je pense que c'est que voulait nous montrer l'auteure.

Quand aux personnages... J'ai adoré Starr. C'est une ado normale, pas une super héros qui va tout péter sur son passage, mais c'est ça qui est super. Elle a ses fêlures, ses fragilités, et ça la rend humaine. Et pourtant, elle est drôle, sarcastiques, très attachée à sa famille -parfis compliquée- et même si elle répète que non, courageuse. Et elle est super pour ça. J'ai adoré le reste de sa famille aussi, comme j'ai rarement aimé une famille dans un livre. Ils sont présents, ils sont vivants, ils ne sont pas à l'arrière plan.

Hayley et Maya, ses amies, sont très intéressantes, surtout Hayley, puisqu'elle est cet exemple du racisme caché et enfoui qu'on ne s'avoue même pas. Quand à Maya, elle est super.

Chris est franchement l'un des meilleurs copains de la Terre à mon sens -bon, j'abuse un peu, mais il est super-. Drôle, compréhensif, respectueux, il va soutenir Starr du mieux qu'il peut.

Un roman qui bouleverse et qui fait réfléchir, et que je conseille donc à tout le monde A lire

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Lu aussi

J'ai un avis très mitigé sur ce livre. Tout d'abord, j'ai détesté le style d'écriture de l'auteure, mais alors vraiment. A vrai dire je pense que ce livre a eu du succès uniquement à cause de son thème et pas vraiment à cause de la façon d'écrire de l'auteure. On était sur des longs paragraphes avec des phrases d'à peine 5-6 mots. Pour les belles phrases bien construites un peu complexe, ne cherchez pas ici. Ici on est sur le genre robot qui ne peut débiter qu'une idée par phrase. Au final les phrases un peu plus construites intervenaient dans les dialogues. Ces dialogues aurait presque pu améliorer le coup sans cette abondance à outrance du langage du ghetto. Un peu pour poser le décor et montrer l'environnement dans lequel évolue les personnages oui, mais là j'ai trouvé ça un peu too much. En fait ce qui m'a vraiment rebuté, -au delà des grosses fautes de langues tel le "fille à Big Mav" répété 250 fois qui me donnait des envies de meurtres- c'est le fait que les parents, notamment la mère de Starr emploie ce langage du ghetto. Ça ne cadrait pas tout simplement.

En revanche au niveau des personnages vraiment top. Ils étaient complexes, bien construits avec chacun une histoire et une personnalité propre, pour ça vraiment super.

Maintenant l'histoire, alors je dois avouer l'avoir trouvé très touchante. Vivre cette histoire dont on a tous déjà entendu parler, mais cette fois du côté de ceux qui sont touchés m'a bouleversé. La trame était clair, le verdict -hélas- sans surprise. Donc pour l'histoire de fond je ne peux qu'approuver.

J'ai aussi bien évidement trouvé que ce livre apportait des informations culturelles intéressantes et surtout un message fort et poignant. Sur ça je ne peux qu'être d'accord avec tout le monde. En revanche j'ai trouvé que ce livre avait un gros côté Black Power qui m'a vraiment dérangé. Pas au début, mais plus on avançait plus je le ressentais jusqu'à arriver à la scène de la voiture vers la fin qui m'a profondément gênée. A partir de ce moment je n'avais qu'une hâte, finir le livre au plus vite. Pour situer je parle Spoiler(cliquez pour révéler)de la scène dans la voiture lors des émeutes, quand Chris est présent et que Starr, Seven et DeVante devant lui descendent les blancs en flèches. Il s'agit tout simplement de reverse racism et j'ai trouvé ça presque choquant que ça se passe comme ça, je m'attendais à une discussion ou on explique au final les différences culturelles et on partage dans un respect mutuel. Mais à la place cette scène fini désamorcé par une blague sur les blancs. Attendez c'est pas exactement à cause de ce genre de comportement que les blancs dans le livre -je pense notamment à Hailey- sont traités de raciste ? Attention qu'on ne se méprenne pas, je ne critique pas ça, évidemment qu'Hailey est raciste mais je trouve ça vraiment dommage, voire anti-productif.

D'ailleurs pour ce qui est d'Hailey, le personnage n'est pas bien construit, on essaye de nous faire croire que c'est une raciste "caché" qui ne le fait pas exprès et lance juste des blagues "innocentes" sans faire attention mais là c'est vraiment nous prendre pour des c*&@. Je suis désolée mais à partir du moment où elle s’éloigne de son amie sur les réseaux sociaux pour ne pas voir "tous ces trucs de noirs" je crois qu'on ne peut pas faire plus explicite comme racisme.

Deux derniers points sur les personnages pour ce commentaire qui n'en fini plus. J'ai été déçue du personnage de Chris, je l'ai trouvé très absent, je pense qu'on aurait pu creuser un peu plus leur relation et les difficultés d'un couple noir/blanc. De même la réaction du père de Starr quand il apprend cette relation m'a paru peu crédible. Il commence par être hyper en colère, puis à peine quelques jours après, ils sont limite potes, bof bof.

Et dernier point, Maya. Quel déception, quel personnage inexploité. Il y avait moyen de faire un tel travail sur les minorités avec Maya l'étudiante asiatique aussi méprisée et moquée par ses camarades. Et au final on la voit 3 secondes et son histoire passe derrière le black power. J'ai vraiment eu l'impression dans ce roman que le but était de nous montrer que les noirs sont meilleurs que les personnes d'autre couleur. Mais non c'est faux, une couleur ne défini pas la personne, on est tous égaux. Et je trouve que ce livre ne faisait pas assez passer ce message. J'aurais aimé plus de commentaire du genre de la mère de Starr "il peut bien être à pois ou à rayures tant qu'il te rend heureuse". Ca c'est un superbe message !

Donc au final au vu du message important de ce livre, je le classe en catégorie "lu aussi" mais sans ce message, avec tous ces points qui m'ont dérangé je pense qu'il aurait fini en "pas apprécié". C'est un livre qui se lit clairement pour moi, grâce à l'idée et au message de fond. Pas pour l'action, pas pour le style d'écriture mais pour un message qu'il faut prendre le temps de décortiquer, de comprendre et de remettre en question. A mon sens ce n'est pas un livre miracle, une merveille, une pépite. C'est un livre qui apporte un bon message mais il faut savoir aller au delà du message et s'en faire sa propre opinion.

J'ai conscience que ce commentaire ne plaira pas à tout le monde mais je livre mon ressenti au sortir de la lecture. Chacun son avis !

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Lu aussi

Pour être tout à fait honnête, je suis déçue et je ne partage pas l'avis populaire. J'ai vu ce livre passer partout et se vendre comme une claque littéraire, un coup de poing. Et, en réalité, le seul bon point de ce livre selon moi c'est son thème. L'écriture n'est pas très bonne, les dialogues sont insupportables, les personnages sont beaucoup trop manichéens (comme énormément de YA américain...) et c'est incroyablement lent. Il y avait largement possibilité de faire plus court et du coup plus impactant. Je comprends la volonté de l'autrice de nous transmettre l'évolution de Starr, son envie crescendo de vouloir parler, jusqu'à mettre sa vie en danger. Mais dans ce cas-là, il aurait fallu rendre le récit plus dynamique. Parce que là, on comprend, mais on s'ennuie. Quelques scènes sont très touchantes, malgré tout, notamment avec le papa de Starr. Et le véritable coup de poing de ce livre c'est le thème abordé et je suis contente du dénouement du procès, même si ça fait mal, parce que c'est la réalité. Ce livre est profondément révoltant et il était fait pour ça, donc à partir de ce moment-là, je pense qu'il a fait son job, même si je suis certaine qu'il aurait pu le faire bien mieux que ça.

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Or

Roman totalement d'actualité qui éduque sur la question du racisme et des violences policières encore trop peu pénalisées.

J'ai trouvé ces problématiques ci extrêmement bien abordé.

De plus, Starr, le personnage principal du livre, est superbement bien travaillé. Elle se questionne, est humaine, fait des erreurs et apprend de celles-ci. L'auteur a su rajouter de l'humour à certains moments sans que la problématiques délicate de base ne soit négligé : un parfait équilibre.

A lire, tout simplement.

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Argent

✊🏾📣🏀| The Hate U Give : La haine qu'on donne - Angie Thomas

[Note : 3,25/5⭐]

J'ai tellement entendu parler de ce roman, à sa sortie puis à celle du film (que je n'ai toujours pas vu) et même encore présentement. L'occasion de le lire ne s'est jamais présentée avant aujourd'hui et si c'est une plutôt bonne lecture, je pense que ce livre m'aurait plus marquée si j'avais été plus jeune (même si je le suis quand même, je vous rassure). Le sujet abordée est fort, dur et également d'actualité donc difficile de rester de marbre face à cette histoire. La seule chose qui m'ait vraiment gênée, c'est la traduction. Si l'écriture est agréable (en tout cas pour moi), je ne suis pas fan du choix de mettre de l'argot typiquement français alors que le récit est censé se passer à Los Angeles. J'aurais préféré qu'on ait des expressions américaines, quitte à mettre des astérisques partout pour nous en expliquer le sens. Et en parlant d'explications et d'astérisques, j'aurais aimé que l'on ait un peu plus pour nous documenter sur la culture afro-américaine. Je pensais avoir suffisamment de connaissances sur le sujet, mais je suis clairement loin du compte et j'ai eu l'impression de passer à côté de pleins de choses.

J'ai admiré le courage de Starr, j'ai compatis avec elle et trouvé sont personnage assez attachant, mais j'aurais aimé qu'elle laisse moins Chris de côté et lui fasse un peu plus confiance. Pour Chris, on le voit trop peur pour que je puisse avoir un vrai avis sur lui. J'ai bien aimé la famille de nôtre héroïne, même si j'ai trouvé son père un peu illogique par moment.

Points + : Les sujets abordés, le style d'écriture

Points - : Le manque d'infos concernant la culture afro-américaine, l'argot trop français

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Diamant

Merci déjà aux éditions Nathan pour ce magnifique envoi, qui sera dans toutes les bonnes librairies le 5 avril alors notez impérativement cette date dans votre agenda ! C'est un ordre ! Ensuite, je tiens tout particulièrement à remercier les éditrices de ce roman qui ont défendu ce projet de traduction de ce superbe chef d'œuvre à mettre entre toutes les mains bec et ongle. Elles n'ont rien lâché afin que le lectorat français puisse se procurer The Hate U Give, malgré notamment la difficulté que cela représentait de rendre le langage argot des ghettos utilisé par Angie Thomas en français, mais je pense pouvoir dire que le résultat de tout ce travail acharné et porté à bout de bras par une équipe passionnée a payé. L'immersion dans l'univers sombre et violent des quartiers difficiles noirs-américains est totale, et ce même repassé à la moulinette française, on sent que le dynamisme, la verve et la puissance de l'écriture originelle n'en ont pas pâti. Et ça, chapeau. Merci de vous être battues pour cela, juste merci, car The Hate U Give devrait être mis entre toutes les mains, même les non-anglophones.

Juste avant de m'attaquer à la critique du contenu en soi, j'aimerais souligner la beauté de l'objet-livre. Il représente parfaitement ce qu'il y a entre ses pages, le contenu et le contenant sont tout à fait accordés. Mais en plus, il y a une petite surprise ! La couverture extérieure du livre fait poster une fois qu'on la retourne et qu'on la met à la verticale. J'adore cette minutie et ces petites attentions dans/pour les détails. Et je peux vous assurer que ce poster juste trop, trop beau a vite rencontré ma pâte-à-fix afin de rejoindre mon mur. Il y est désormais fièrement placardé et mon mur blanc avait bien besoin qu'une Starr forte et vibrante de rage et d'envie de tout haut les injustices qui se perdent dans le silence en émerge.

L'histoire de cette adolescente, c'est celle de Starr, qui a bien du mal à s'intégrer à son lycée friqué de blancs. Eh oui, l'intelligence et qui on est, cela ne fait pas tout. Avec son demi-frère, Seven, et un autre élève prénommé Ryan, love interest de sa meilleure amie asiatique Maia, Starr est la seule afro-américaine de son lycée. Chaque jour, il lui faut cacher qui elle est vraiment, éviter d'utiliser le langage qu'elle emploie plus naturellement à la maison afin qu'on ne la catalogue pas directement comme étant "la Black du ghetto de service". Cependant, elle ne doit pas trop surveiller son langage sinon elle deviendrait l'élève lèche-cul et pète-sec complètement rabat-joie. Il suffit de pas grand chose pour qu'on nous colle une étiquette sur le front et qu'on nous mette dans une boîte qui ne nous correspond pas, juste d'une couleur de peau et d'origines dérangeantes, d'une façon de parler, d'agir, de s'habiller. Tout est surveillé au crible fin par le radar accusateur et conformiste d'une société qui a la tendance un peu trop facile de juger les gens sans les connaître. Typique.

Jusqu'au jour où cette manie à juger uniquement les apparences va aller beaucoup trop loin pour que cela en soit encore supportable et acceptable. Un soir, en rentrant d'une soirée en compagnie d'un ami d'enfance qu'elle n'avait pas revu depuis des mois, Starr va pour la première fois comprendre pourquoi son père l'avait averti au sujet de la façon de se comporter quand on se fait interpeller par la police. Surtout si l'on est noir de peau. Se taire, garder la tête baissée malgré l'incompréhension et la honte auxquelles on est rabaissé, ne pas parler sauf si on nous pose directement une question. Ce soir-là, Starr va voir son meilleur ami être descendu sous ses yeux et sentir pour la première fois un fusil braqué sur elle, malgré ses mains levées en signe d'impuissance et de reddition et le fait qu'elle soit à genoux, tremblante de tous ses membres.

J'ai eu du mal à me dire que j'allais pouvoir faire une chronique de ce roman. C'est le genre de livres que vous rencontrez que très rarement dans votre vie de lecteur que vous en restez baba au point de vous dire « Et puis quoi maintenant ? Que faire ? ». Ce roman vous met de belles paires de baffes dans la figure, mais c'est pour votre bien. Il nous ramène à cette réalité odieuse et insoutenable de jeunes qui se font descendre chaque jour ou presque aux Etats-Unis à cause de leur couleur de peau, comme si cette dernière était un signal de danger imminent. C'en est à vomir. Un meurtre, c'est un meurtre point. Un policier, et même n'importe qui avec un flingue dans la main, doit pouvoir répondre de ses actes. Se sentir en droit d'avoir recours à la légitime défense juste parce-qu'on a une personne de couleur en face de soi, qui elle n'est pas en mesure de riposter je le précise, c'est franchement bas voir digne d'une paranoïa et d'une traque au bouc-émissaire sans précédent. On croyait avoir dépassé toutes ces pensées discriminantes et d'une inhumanité sans nom et pourtant, ce climat de tensions raciales et qui donnent la part belle aux préjugés qui détruisent notre société et le peu d'harmonie qu'on peut déjà y maintenir est toujours là. La plume d'Angie Thomas nous invite à nous servir de tout ce que l'on a, notre voix, nos pieds, nos mains, notre tête, notre corps tout entier, pour faire résonner nos mots, ce que l'on pense tout bas et qui devrait être hurlé au monde entier. Tout au long du roman, j'ai senti la rage, l'injustice, l'incompréhension, le désarroi, la douleur, le chagrin, gronder en moi tel un volcan qui s'apprête à entrer en éruption. Sauf que la lame qui coule, c'est Angie Thomas qui la fait jaillir, à travers le personnage de Starr, cette jeune fille meurtrie, qui, du haut de ses seize ans, en a déjà vu bien assez, que ce soit de la violence, des effusions de sang, de la peur qui vient vous hanter la nuit, et par-dessus tout de la haine.

Starr va décider de ne plus avoir honte de ce qu'elle est, un petit bout-de-femme entre deux mondes. Une jeune fille noire qui vit dans le monde rassurant et poli des blancs le jour, une personnalité extraordinaire et intelligente, brillante, inspirante, qui ne renie pas ses origines mais qui aimerait sortir de ce bourbier fait de drogue, d'argent sale et d'épée de Damoclès au-dessus de sa tête et de celle de sa petite famille qu'est le ghetto. Et surtout, Starr en a marre que les gens de couleur comme elle en soient réduits à être vus par les blancs que comme étant des camés, des junkies, des gros bras et des prostituées au service de gangs de la pire espèce, en somme de la racaille, de la vermine dont les proprets et respectables policiers blancs ont bien raison d'avoir peur. La formidable Angie Thomas nous rappelle qu'il faut voir au-delà de notre dégoût et de nos stéréotypes blessants et profondément cruels, en nous donnant à voir sa réalité, à travers les yeux de son héroïne. Le monde que l'auteur décrit dans The Hate U Give, c'est le sien. Celui de sa famille et des gens qu'elle aime. Celui de beaucoup d'afro-américains. Elle sait pertinemment de quoi elle parle, cela se ressent à chaque description, chaque mot employé, chaque parole d'argot ou un tant soit peu familière. A chaque page qui se tourne, on vit les événements de ce quartier et des alentours de l'intérieur et ça prend aux tripes de voir tout ça se passer sous nos yeux, avec le pendant et l'après de la mort tragique de Khalil. Ça nous hérisse les poils, d'émotion ou de colère, ça fait battre le sang dans nos tempes, et on a l'impression par moments que notre cœur s'arrête face à certaines situations critiques. C'est une écriture qui vaut le détour, tant elle est réaliste et captive le lecteur à chaque instant, suscitant ses émotions et surtout son bon sens.

Les proches de Starr, son voisinage, des personnes telles que le coiffeur à côté de l'épicerie de son père, ou encore les proches de Khalil, sa tante et son adorable grand-mère notamment, tous ces gens-là, ce sont des êtres humains avant tout. Oui, le ghetto, c'est moche, ça tombe en ruines et c'est pas joli-joli à regarder en face sans cligner les yeux ou baisser la tête de gêne et d'impuissance. Angie Thomas ne nous pointe pas seulement du doigt le système véreux et indignant de la police blanche. Elle sait aussi très bien que, dans sa réalité à elle, les choses ne tournent pas rond non plus. Dans le roman, cela est très visible à travers la figure de King, King Lord du gang du même nom. Ce mafioso, cette sorte de parrain obèse et fourbe qui sème la terreur dans le quartier de Starr et à cause de qui le père de cette dernière a dû aller en prison pour pouvoir échapper à ce cercle vicieux et sans fin d'horreurs et de méfaits, ce type-là est juste une menace ambiante pour le coup. Il n'hésitera même pas à menacer Starr pour la faire taire. En effet, il n'y a pas que les blancs qui chercher à étouffer l'affaire Khalil. Considéré par tous (à savoir, ceux qui suivent l'affaire frénétiquement à la télé) comme un dealeur de la pire espèce qu'on a bien fait de tuer, même par erreur (ça me dégoûte rien que de taper ça au clavier), Starr fera tout pour rétablir la réputation de son meilleur ami. Quitte à révéler des choses dérangeantes et notamment à nuire aux Kings Lords, qui continuent à faire tant de mal à sa famille, aux gens biens du quartier dont certains ont le courage exemplaire de se soulever, et à l'image qu'ils donnent des leurs, des personnes noires au reste de l'Amérique. Quant je vous le dis que ce roman est exceptionnel et à mettre entre les mains de tous, sans exception.

Je pense que je vais m'en arrêter là afin de ne pas vous gâcher votre surprise de début de mois d'avril. N'oubliez pas de noter la date du 5 avril dans votre agenda, je vous le rappelle pour que cela soit bien clair : LISEZ CE LIVRE. LISEZ-LE, C'EST TOUT !! Si j'avais continué sur ma lancée, j'aurais eu encore tout plein de choses à dire car ce livre est si dense, riche et absolument remarquable qu'il vaut vraiment la peine qu'on ne tarisse pas d'éloges à son sujet. Mais je vais me taire car le but est de vous donner envie de rencontrer Starr et sa magnifique famille par vous-même. Vous ne regretterez pas de faire partie de cette famille le temps que cela durera. La mère, Lisa, mène sa vie de mère dévouée et au cœur rempli d'amour qui déborde sur tout le monde et sa vie d'infirmière modèle et de choc d'une main de maître. Big' Mav', le super papa, vous fera mourir de rire et vous touchera grâce son côté papa poule affectueux, tout comme son aîné Seven, le demi-frère hyper-protecteur, qui a un sacré cran d'affronter ses peurs pour sa famille recomposée chaque jour, leur étant dévoué corps et âme. Enfin, vous aurez envie de protéger le petit et innocent Sekani de tout votre cœur. J'ajouterais juste que ce livre nous parle aussi du fait de changer, de grandir et d'accepter que notre monde ne sera plus jamais pareil, en fonction des événements et de la déception que certaines personnes nous font ressentir, quand on se rend compte que celles-ci ne sont plus sur la même longueur d'onde que nous. Aussi, on se redécouvre les uns les autres et on apprend à s'aimer, de toutes ses forces, à se faire confiance et à s'écouter.-Bref, ce livre est une pépite, un vrai chef d'oeuvre et c'est un COUP DE FOUDRE ϟ de A à Z ! Et il me tarde que le prochain roman de l'auteure, On the come up, sorte ! ♥ Ça va être si duuuur d'attendre, mais la prochaine héroïne étincelante d'Angie Thomas doit encore se préparer à faire son entrée dans ce grand et vaste monde. But you're gonna show them up in 2019, Bri, you're gonna show them up !

Un roman à lire absolument, une véritable pépite, inspirante, qui nous rappelle la triste réalité et qui brille de son propre éclat. Ce livre ne cesse de nous éblouir, le tout avec la force d'un coup de poing foudroyant !

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