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Extrait de Toi & Moi, désastre assuré, Tome 1 ajouté par Oce1510 2015-05-04T17:17:00+02:00

La voix de la blonde peroxydée me fait presque sursauter.

- Non, mais tu es descendu si bas que ça ??? Tu passes de moi à... ça !

[...]

- Oh, c'est toi l'EX ? Enchantée, je suis l'actuelle. Tu sais, celle qui passe ses nuits avec lui, ses bras autour de moi pendant que toi tu n'as rien d'autre à faire que de te pavaner dans tes fringues de créateur, entourée de tes courtisanes lobotomisée. Je suis ravie de constater que cette fois, il a choisit celle qui a le cerveau au bon endroit.

- De mes quoi ??? demande-t-elle, un peu larguée par ma tirade.

OK. En plus, elle n'a pas inventé le fil à couper le beurre. Je commence à trouver la situation assez drôle et décide de pousser le bouchon un peu plus loin. Me tournant vers Ben, j'affiche un air à la fois peiné et interrogateur.

- Non, mais sérieux, t'as couché avec... ça ? m'enquis-je en essayant de ne pas succomber au fou rire irrépressible qui monte en moi.

La lueur taquine qui passe dans le regard de mon vis-à-vis me fait craindre le pire.

- Le seul moment sympa, c'était quand elle dormait en fait... elle ne l'ouvrait pas ! me dit-il sur le ton de la confidence, mais assez fort pour que l'autre puisse l'entendre.

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Extrait de Toi & Moi, désastre assuré, Tome 1 ajouté par Oce1510 2015-05-04T16:45:56+02:00

- Qu'est ce que vous faites ?

- Je regarde si mon véhicule n'a pas trop souffert de son choc avec votre... veau, siffle-t-elle en désignant d'un air dédaigneux mon coupé Mercedes Classe E.

- Votre... pot de yaourt l'a carrément cabossée ! rétorqué-je du tac au tac.

- Et vous allez pleurer ? Vous rouler par terre ? raille-t-elle, insolente.

- Non. Vous demandez de bien vouloir prendre cinq minutes pour établir un constat.

C'est alors que la fille à la langue jusque-là bien pendue se met à dandiner d'un pied sur l'autre, visiblement gênée. Je ne peux m'empêcher - question de déformation professionnelle, certainement - de m'interroger sur son attitude pour le moins singulière. A tous les coups, ce n'est pas sa voiture. Vu le look de la fille, ça ne m'étonnerait même pas. Mieux : elle n'a pas son permis. Je plisse les yeux et la regarde intensément.

- Un problème, mademoiselle ?

- Je...non... C'est juste que...

- Que quoi ? C'est une voiture volée ?

- N'importe quoi ! C'est bien la mienne, pour qui me prenez-vous ?

- Vous vous dandinez. Sans parler de votre façon pour le moins singulière de conduire, vous avez votre permis ? Il y a de quoi se poser des questions, non ?

- Et vous vous avez le vôtre ? Ecoutez, je suis en retard pour aller travailler... je m'y rendais quand vous m'avez percutée. Et je ne me dandine pas. Bon, on le fait ce constat, parce que je n'ai pas toute la vie ! réplique-t-elle en remontant le menton dans un sursaut de fierté qui, étrangement, me fit sourire.

Je file chercher le formulaire dans ma voiture afin que nous le remplissions. Au bout de cinq minutes, nous ne sommes toujours pas arrivés à nous entendre sur les circonstances de l'accident et elle n'avoue pas être en faute. De guerre lasse, je décide de changer de stratégie. Faire mine de renoncer pour mieux contre-attaquer.

- Bon, c'est simple : vous êtes en retard et moi j'ai envie de rentrer chez moi. Donnez-moi vos coordonnées pour que nous puissions trouver un moment, disons... plus propice, lui rétorqué-je en lui offrant malgré tout mon plus beau sourire.

Elle paraît peser le pour et le contre puis, m'ayant lancé un regard dubitatif, se détend imperceptiblement.

- Hum ! Vous êtes sûr ? me demanda-t-elle.

- Ai-je l'ai de plaisanter ? Bon, elle vient votre réponse ? dis-je d'une voix qui laissait percer mon impatience.

Elle plisse les yeux et pinça les lèvres, à n'en pas douter son arrogance revient au galop.

- Pas la peine de vous montrer désagréable, Monsieur, dit-elle en appuyant le dernier mot.

Je réprimais un tic nerveux. Cette fille est une vraie emmerdeuse !

- Votre nom ! aboyé-je tout de même.

Pas le moins du monde apeurée, elle croise les bras et me regarde avec un demi-sourire, une lueur de défi dans les yeux.

- Boop. Betty Boop.

Si j'avais été un personnage de dessin animé, ma mâchoire se serait décrochée et serait tombée au sol devant l'affront qu'elle me faisait. Cette fille, ce danger public se paye ma tête et à en croire son sourire, elle y prend un plaisir immense.

- Vous vous foutez de moi ? Vos papiers s'il vous plaît !

- Pourquoi ? Vous êtes flic ?

- Non. Mais j'ai un problème avec les gens qui se moquent de moi.

- Tant mieux ! Et moi avec ceux qui m'agressent !

Je sens la fatigue me tomber dessus comme une chape de plomb. "Betty Boop" m'a vidé de toute mon énergie et alors que je ne suis jamais à court de répliques cinglantes, je ne trouve rien à dire. Elle en profite pour s'engouffrer dans sa voiture.

- Mais... mais qu'est-ce que vous faites ? bredouillé-je en sentant une espèce de panique m'envahir. Pas possible ! Cette furie va me filer entre les doigts !

- Bah... je vais au boulot ! J'ai assez perdu de temps avec vous, il me semble !

- Et pour le constat ? demandé-je en enfonçant nerveusement mes mains dans mes poches.

- ...débrouillez-vous avec ! me lance-t-elle goguenarde.

- Vous devez bien avoir un numéro de téléphone ? gémis-je, complètement effaré par son attitude.

- Oui. Mais pas pour vous.

Sur ces belles paroles, elle me fait un clin d’œil insolent, et démarre en trombe en me laissant sur le trottoir comme le dernier des abrutis.

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1. élisha

Juchée sur mes talons – des Jimmy Choo en daim gris « crépuscule », ramenés de New York par Mamie Lindy – je prends le temps de souffler un grand coup. Voilà. Au moins, j’ai passé l’épreuve de l’entretien d’embauche, mais je n’ai pas plus de certitudes quant à mon avenir professionnel qu’en début de matinée. Avec un peu de chance, d’ici quelques mois, j’intégrerai l’équipe des enseignants d’une école privée du cinquième arrondissement de Paris. Une sacrée veine pour moi.

Depuis quelques années je fais des vacations de quelques jours, quelques semaines au maximum, un collège par ci, un suivant par là et cet établissement représente pour moi une aubaine, celle de me poser (enfin). Cerise sur le gâteau si j’ai le poste : plus de longs trajets à effectuer d’un bout à l’autre de l’hexagone, fini les embouteillages pour me rendre d’un point à l’autre de l’île de France, mon potentiel futur job se trouvant à six-cents mètres de chez moi.

Je pousse un grognement dépité : cette journée aurait pu être parfaite si le soleil n’avait pas brusquement eu la bonne idée de faire grève et de se tirer aux Bahamas, se faisant remplacer au pied levé par…une averse monumentale. Heureusement pour moi, j’avais eu l'instinct de mettre un jean et une veste légère avant de me rendre à mon entretien d’embauche, mais mes pauvres chaussures en seront pour leurs frais et j’ai bien peur que malgré le traitement imperméabilisant auquel je les avais soumises, elles finissent tout de même complètement ruinées.

Je décide donc de courir – enfin trottiner serait plus juste avec des talons de dix centimètres – jusqu’à mon immeuble. Ce qui n’est pas non plus très aisé, quand on sait à quel point la rue Mouffetard où je vis est en pente – ce qui m’avait d’ailleurs valu de me tordre au moins trois fois les deux chevilles rien qu’en la descendant.

Une fois arrivée dans mon nid douillet que je partage avec ma grand-mère (enfin partager est un bien grand mot ; disons que Gran’ me laisse la jouissance de son pied-à-terre parisien), je décide de m’affaler sur le canapé Chesterfield et de confier le soin à la télé de faire la conversation avant d’aller prendre mon service du soir

Américaine de souche, elle vit les trois quarts de l'année aux États Unis et vient en France en moyenne deux fois par an pour nous rendre visite la plupart du temps à Noël et pendant les mois d’été. Par le passé elle restait plus longtemps, c’est d’ailleurs pour cela qu’elle avait acquis un appartement dans la capitale pour, comme elle disait, passer plus de temps avec sa famille.

La véritable raison tenait en deux syllabes : Roger, son amoureux. À sa mort, il y a sept ans elle est repartie pour New York en me laissant les clés de son logement, avec pour seule consigne d’en prendre soin pendant son absence. Une véritable aubaine pour moi qui avais craint à l’époque devoir chercher un nouveau chez moi ou pire, retourner dans le giron paternel.

Et justement, elle est de retour dans la capitale pour deux mois, je suis ravie de la retrouver, ses conseils et nos moments ensemble m’ont énormément manqué. Nous comptons bien rattraper le temps perdu durant les quelques semaines qu’elle passera à Paris, mais aujourd’hui, c’est à Daddo – surnom donné à mon père par mes soins quand j’étais petite – de profiter du retour de sa mère.

C’est pourquoi je lui ai proposé un peu plus tôt dans la matinée de le remplacer au pub dont il est le propriétaire. J’y bosse régulièrement, tout comme mon frère Jonas. Là encore « Travailler », c’est vite dit, nous donnons simplement un coup de main à notre père. Ce n’est pas tant dans l’optique de gagner de l’argent que de nous retrouver régulièrement. Nous vivons confortablement grâce à l’héritage laissé par notre mère, une assurance vie dont notre père et nous sommes les bénéficiaires. Pas de quoi faire de nous des milliardaires, simplement avec cela, Daddo a terminé de payer le pub et a placé le reste, nous assurant à Jo et moi une rente confortable.

Bref. Malgré nos sept ans d’écart, Jo et moi sommes très proches et il ne se passe pas une semaine sans que nous nous voyions et si ce n’est pas le cas, nous nous téléphonons. Peut-être la mort de notre mère, survenue vingt ans plus tôt, n’est-elle pas étrangère au fait que nous soyons si soudés ? Qu’importe la raison, j’adore mon frère et il me le rend bien. Le plus souvent un peu trop. Parfois, j’ai l’impression qu’il oublie que j’ai 27 ans, mais comment lui en vouloir ? Pour lui je reste la petite Éli, l’ombre qui le suivait où qu’il aille, celle qu’il a protégée des garnements, celle qu’il a réconfortée pendant ses peines de cœur, celle qu’il a serrée affectueusement en la faisant virevolter lorsque j’ai décroché mon bac. Et Jonas est mon grand frère adoré, il représente à mes yeux un roc, mon point d’ancrage.

Comment en suis-je venue à vivre avec Mamie Lindy ? C’est arrivé comme ça, petit à petit, et au fil du temps cela m’est apparu comme quelque chose de naturel. Enfin, ça, c’est la version officielle.

À mon retour d’Angleterre, j’avais dix-sept ans. Mon père et mon frère se sont mis à veiller sur moi, presque jalousement (pas de petit copain, sorties accompagnées, couvre-feu à 22 h) alors que jusque-là éloignée dans un pensionnat à l’étranger, et ne revenant que pour les fêtes et les vacances scolaires, j’avais pris l’habitude de ne compter que sur moi-même, du coup je me sentais un peu étouffée par l’affection et la prévenance de Daddo et Jo.

J’avais vite eu besoin de mon indépendance, de respirer librement, ce qui était plutôt difficile puisque nous habitions l’appartement trois-pièces un peu exigu de cinquante mètres carrés situé juste au-dessus du pub. Pas simple de me faire une place, entourée de deux bonshommes qui tenaient le plus souvent de l’ours, notamment au point de vue du caractère, d’autant que j’étais du genre fantasque, extravertie, expansive, explosive… une ado de sexe féminin en somme !

Et puis ma grand-mère avait fait une mauvaise chute. Rien de bien méchant, mais son bras dans le plâtre l’empêchait de « faire ses affaires » comme elle disait. C’était inespéré. Ô ! Ce doux espoir d’une échappatoire à l’ambiance pesante de la maison !

J’avais donc proposé à mamie de venir l’aider et lui avais bien fait comprendre que ce n’était pas que désintéressé, puisqu’en logeant chez elle, je me rapprochais de manière indiscutable de la fac. Et comme j’habitais avec sa mère, je n’avais pas à trouver un job payé à coup de lance-pierre qui empièterait sur mes études, mon père n’y avait vu aucun problème particulier. Ma grand-mère était toujours entre deux avions, je disposais donc d’une très grande indépendance, et lorsqu’elle était à Paris, Mamie Lindy, loin de se monter une personne âgée terne et aigrie se donnait à cœur joie de faire la tournée des boutiques et des restaurants avec moi et me racontait ses péripéties new-yorkaises. Que rêver de mieux ? C’était une solution gagnant-gagnant !

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