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Bibliothèque de Totopinette : Liste de diamant

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The Skye's Causality, Tome 1 - La cathédrale de la mort The Skye's Causality, Tome 1 - La cathédrale de la mort
E. C. Aymé   
La claque ! En commençant ce roman, je ne m'attendais pas à une intrigue si aboutie et surtout si intéressante. J'aime la science-fiction mais n'en suis pas non plus une grande fan. Pourtant, me voilà fan invétérée de ce petit chef d'œuvre.
Au niveau de l'histoire, tout se tient. Alors soit c'est tellement bien narré qu'on ne fait pas attention aux incohérences ; soit il n'y en a pas. Dans les deux cas, c'est réussi ! Le style d'écriture est, je pense, délibérément choisie très simple pour ne pas apporter davantage de complexité à tous ces termes scientifiques. Et là encore, c'est un très bon choix !
Passons aux personnages. Gabriel est un jeune homme un peu à part. On le devine vite surdoué … et même, bien au-delà de ça ! Ce qui le rend le plus attachant, c'est le fait de savoir le nombre de drames qu'il a eu à surmonter. Parce qu'il les a surmontés … Tous ! Parfois de façon quelque peu étrange. Ce personnage attise le mystère et donc l'intérêt du lecteur. C'est le personnage phare. Vrain, son grand-père irlandais, est un vieil homme très attachant. C'est le lien indéfectible qui le lie à son petit-fils qui nous fait l'aimer. C'est le grand-père dont tout le monde rêve. Les autres personnages sont encore peu utilisés dans ce premier tome, mais je ne doute pas de leurs compétences. Tous sont particulièrement bien dessinés. Tous ont eu une vie bien avant cette période. Tous ont des buts … cachés ou non ! Ça sent la trahison, la naïveté forcément aussi, mais surtout l'amour et l'amitié.
Le seul petit bémol, à mon sens, vient des citations de début de chapitres. J'aurais aimé trouver dans ce roman des phrases aussi puissantes et emblématiques que celles citées par l'auteur. J'aurais voulu des phrases qui me feraient me questionner, qui joueraient sur mon subconscient … Je n'en ai pas eu. Dommage, mais vu la qualité de l'intrigue, je ne peux en tenir rigueur à l'auteur.
J'attends, avec impatience, le prochain tome pour m'y plonger à nouveau. C'était un pure plaisir ! Et, je ne peux que vous le recommander.
L'Américaine L'Américaine
Catherine Bardon   
Je remercie vivement les équipes des éditions Les Escales pour l’envoi de ce très beau roman.
Je dois avouer que j’avais peur de me lancer dans la lecture de cette œuvre. Les œuvres des auteurs encensés par la presse me font toujours douter. J’avais tort pour celui-ci ! C’est un véritable coup de cœur pour moi.
Il faut savoir que « L ’Américaine » est la suite de « Les Déracinés ». N’ayant pas encore lu la première œuvre, c’est avec plaisir que je me suis rendue compte que la seconde pouvait se lire indépendamment de l’autre. On n’est pas perdu dans des histoires passées auxquelles on ne comprend rien. Tout est clair et agréable. J’aime beaucoup lire les sagas familiales parce que contrairement aux apparences, aucune famille n’est parfaite … Aucune famille n’est dépourvu de petits secrets … Ce sont le genre d’œuvres qui nous rappellent que la vie de famille n’est pas une douce romance. J’aime ce côté réel. D’ailleurs, à de nombreuses reprises, je me suis tellement laissé emporter par cette histoire que (l’espace de quelques secondes) j’étais convaincue que c’était une histoire vraie. Ce côté « histoire vraie » découle également de la présence de nombreux faits historiques. C’est l’alliance parfaite entre fiction et réalité. Et ce mélange est absolument divin !
J’ai beaucoup apprécié ce roman de par certaines similitudes avec mon ressenti lorsqu’adolescente j’ai du quitter mon île natale pour la France. Tout ce que Ruth expliquait de son île, j’aurais pu l’écrire et le décrire de la même façon. Peut-être est-ce parce que nos deux îles se ressemblent énormément. Sa reconstruction a également été mienne. Difficile parfois … Ruth m’a beaucoup touchée parce que je me suis complètement reconnue en elle.
Je ne suis pas (très) objective, puisque je ne connais pas encore « Les Déracinés », mais il me semble que Ruth est le personnage principal idéal pour cette saga familiale, qui me semble-t-il va continuer.
Le personnage d’Arturo m’a beaucoup plu lui aussi. Il est naïf et d’une grande sensibilité. Parfois, on a l’impression d’avoir affaire à un enfant. Lui aussi essaie de se construire malgré les difficultés. J’aurais toutefois apprécié que son secret soit plus difficile à deviner. Ça aurait apporté une petite touche de suspens à un roman qui n’en a pour ainsi dire aucun. Ce roman, à mes yeux, est basé sur l’amour du soi et de l’évolution. Parce que Ruth et Arturo, pour avancer, doivent apprendre à s’accepter. Accepter ce qu’ils sont, ce qu’ils étaient, ainsi que leur histoire familiale. C’est un bond vers le monde adulte. Un pas qui les éloigne de l’insouciance de l’enfance.
Le style d’écriture de l’auteur, qui est un style très moderne, très frais et très digeste, me parle énormément. Sans trop en faire, elle parvient à nous faire passer des émotions. Il n’y a pas de sur-jeu. C’est juste.
C’est un roman imposant … mais quand on aime on le trouve trop court. Les chapitres sont relativement courts ce qui nous permet de ne pas être frustré lorsqu’on doit arrêter notre lecture (à contre-cœur). C’est une très belle découverte et une très belle rencontre avec une auteure qui restera parmi mes préférés. J’ai hâte, à présent, de lire « Les Déracinés ».
La Maison des brouillards La Maison des brouillards
Eric Berg   
Ce roman est absolument génial. De base, j’adore les thrillers. Mais, il y en a qui se démarquent largement des autres. Et celui-ci en fait parti.
L’écriture est fluide, ce qui permet une lecture très rapide. Et puis, l’histoire est si absorbante qu’on a du mal à refermer le roman sans l’avoir achevé. J’ai eu du mal à trouver des points négatifs à cette œuvre. Pour être honnête, je n’en ai pas trouvé.
Les personnages sont absolument formidables. Tous sont torturés à souhait, et j’adore ça. Doro, la journaliste, a vécu un drame horrible. Son frère a été assassiné alors qu’ils n’étaient encore que des enfants. M. Nan, quant à lui, était l’un des bourreaux des Khmers rouge au Cambodge. Mme. Nan, malgré son désaccord, a regardé son époux effectuer des tueries de masse. Yim, lui, était le protecteur de sa mère qui se faisait battre par son père. Yasmin, héritière d’une famille à pouvoir, fuyait la facilité de sa vie aisée en se liant à des groupes révolutionnaires. Vev a épousé Phillip pour la seule et unique raison qu’elle désirait plus que tout avoir un enfant. Mais elle ne l’a jamais aimé. Phillip est envahit par un sentiment de supériorité qu’il aime bien montrer à tout le monde et surtout à ceux qui n’ont pas son statut social. Timo écrit, mais jamais aucun de ses livres n’a connu le succès. Il vit donc frustré. Et Léonie, après avoir été maltraité par son père, se retrouve à se débattre avec son trouble du comportement. Tous ces personnages, malgré leur vie compliquée, restent très cohérents. Il n’y a aucune fausse note dans l’écriture de leurs caractères respectifs. 
Le style d’écriture à deux temps est très agréable. Lorsque Doro se confronte à une énigme lors de son enquête, le chapitre suivant nous révèle la solution en nous racontant le passé de la Maison des brouillards. Si nous n’avons jamais eu de doute sur l’innocence de Léonie, nous avons cependant longuement soupçonné M.Nan. Tout l’accuse ! D’abord, il est dépeint comme un fou lorsqu’il répond à Doro, au téléphone. Il respirait fort dans le combiné, tout comme un agresseur le ferait. L’auteur plaçait déjà ses pions afin de nous faire adhérer à une solution totalement fausse. Et, nous on plonge tête baissée dans le piège. Je pense que découvrir que Timo est l’assassin nous a tous surpris. Une seule chose pouvait l’annoncer. Yasmin raconte que lorsqu’ils étaient entré dans un élevage de poules, Timo a du assommer un gardien. Puis : « Qu’a fait notre Timo aussitôt après ? Il s’est mis à filmer tranquillement, la caméra n’a pour ainsi dire pas tremblé. Avec ses mains-là, tu aurais pu opérer à cœur ouvert. » - C’est le seul endroit où il devient suspect. Mais, il y a tellement de rebondissements qu’on finit par l’oublier cette petite phrase. Ce pistolet passe entre tellement de mains que tout le monde devient suspect. Même Yim y passe. Et surtout Yim. Comme on dit, les meurtriers sont souvent proche des enquêtes. Alors, on le suspecte vite de manipuler Doro afin de fausser les conclusions.
L’auteur, en utilisant un personnage comme Léonie, dénonce les à priori qu’on peut avoir sur les personnes victimes de troubles du comportement. On les pense souvent dangereuses, malsaines … Pourtant, tout autour de nous, il y a des gens qui semblent tout-à-fait normaux et qui pourtant cachent en eux un mal bien plus abject que ce que l’on pourrait imaginer. Comme dit l’adage : L’habit ne fait pas le moine. C’est le drame de la vie de Léonie qu’on vit : La vie ne voulait ne voulait pas sincèrement d’elle, et la mort ne veut sincèrement pas d’elle.
En bref, ce livre m’a complètement retourné le cerveau et j’ai adoré ça. Il me semble impossible de deviner qui est l’assassin avant de l’avoir lu. C’est ce que j’aime : être surprise ! Un grand bravo à l’auteur qui manie avec beaucoup de brio les ficelles des thrillers. Voilà un roman qui devrait, selon moi, devenir un best-seller contrairement à d’autres qui le sont et qui ne valent pas la moitié de celui-ci.

Cinq étoiles à ce roman *****
Chambre 128 Chambre 128
Cathy Bonidan   
En lisant le résumé, je me suis laissé emporter et c’est tout naturellement que j’ai souhaité le découvrir. Il faut bien l’avouer, je n’ai pas beaucoup eu l’occasion de lire des romans épistolaires. Mais, à chaque fois que cela m’arrive, je suis totalement séduite. Pour moi, les romans épistolaires permettent à notre imagination de travailler à sa guise … Sans être confronté aux barreaux de l’imaginaire des auteurs. Personnellement, j’ai l’impression de m’ancrer bien plus facilement à ce type de roman. Je m’identifie immédiatement à chacun des personnages de part ce sentiment de proximité dû à l’effet « lettre » de l’œuvre.
Ce roman ne déroge pas à la règle : je l’ai adoré. Il faut dire qu’il a tout pour m’attirer : une écriture sous forme de lettre, une quête autour d’un roman et des personnages amoureux de la lecture. Comment y résister ? J’ai beau chercher, je ne lui trouve aucun défaut : aucun message politisé, pas d’histoires mièvres, pas de romances lourdes … Il est tout ce que j’aime ! Un roman frais, facile à lire bien qu’il emprunte des mots parfois peu utilisés dans les romans contemporains. Je trouve qu’à sa lecture, on ressent bien l’amour de l’auteure pour la langue française (élément qui me manque souvent dans mes autres lectures). Se lancer dans ce roman c’est s’offrir une dose de bonne humeur … un moment où l’on oublie tout … un moment de véritable détente. Plus rien n’existe à part cette histoire. Elle vous habite, si bien que j’aurais aimé que ce soit une histoire vraie. J’aurais voulu que Sylvestre, Anne-Lise, Maggy, William et David existent réellement. Pourquoi ? Parce que cet intimité donné par ces lettres m’ont poussé à les envisager comme des amis. Suis-je folle ? Certainement ! Mais, il n’est pas rare que des romans me fassent cet effet … pas rare qu’à la dernière page, je ressente une sorte de tristesse. C’est ce que j’éprouve avec ce roman : je suis triste de l’avoir déjà achevé. En à peine deux jours … Voilà qui est bien trop peu. J’aurais dû le savourer, lettres après lettres. Mais j’en garderai un souvenir indéfectible.
Je n’ai pas grand chose à redire des personnages. Certains diront qu’ils ne sont pas très « fouillés » … Pour ma part, leur « profondeur » ne m’a dérangé tant leur « surface » me plaisait. Anne-Lise, femme active et amoureuse de livres, s’amourache d’un manuscrit trouvé dans une chambre d’hôtel et décide de retrouver son auteur. En découvrant son identité, on comprend les raisons qui l’ont guidé à mener cette enquête. Sylvestre, auteur du manuscrit, se laisse enfermer par une maladie qui le tient à l’écart de tout jusqu’à l’entrée fracassante d’Anne-Lise dans sa vie. William, qui cache un passé difficile, sera guidé par Anne-Lise et Sylvestre sur les traces de son passé afin de le ramener au présent. Maggy, déçue et trahie par le destin, se fera gentiment manipuler par Anne-Lise afin de reprendre confiance en la vie et ses douces surprises. Chacun de ces personnages nous témoignent qu’un livre peut accompagner, consoler, guider et guérir. Il suffit d’ouvrir le bon roman, au bon moment … de laisser parler les mots à ses maux.
Ce roman me rend nostalgique de cette époque où l’on s’écrivait, armé de nos plus beaux papiers à lettres et de nos stylos parfumés. Cette époque où recevoir une lettre était un moment de plaisir … Aujourd’hui, tout est dématérialisé. Si bien que même les émotions le sont lorsqu’on reçoit un mail ou un SMS. Il faut le reconnaître : aucun sentiment n’y passe ! Je remercie Cathy Bonidan pour ces lettres qui m’ont rappelé une époque révolue. Contrairement aux protagonistes de cette histoire, j’ai peu d’espoir de trouver un jour des amis qui veuillent bien correspondre avec moi uniquement par échange de lettres.
En attendant Bojangles En attendant Bojangles
Olivier Bourdeaut   
Qui a été capable de refermer cette œuvre sans en être ébranlé ? Personnellement, ça n’a pas été mon cas. Conter telle une poésie, l’histoire dramatique de ce roman vous inflige la plus puissante gifle littéraire que vous ayez jamais connu. C’est un vibrant hommage. Un hommage à la joie … Un hommage au bonheur … Un hommage à l’insouciance … Un hommage à la famille … Un hommage à l’amour inconditionnel. Car, oui, c’est de cela qu’il s’agit : d’amour véritable. Un amour si puissant et sincère que rien ne peut séparer ces deux êtres amoureux fous à lier. Ils se l’étaient promis et ils ont tenu leur promesse : il irait là où elle irait. Rien ni personne ne pourrait changer cette promesse. Pas même un enfant. Pas même leur enfant.
Dans cette courte intrigue, peu de personnages comblent l’espace, mais tous sont horriblement attachants. Le père a souvent été décrit comme un homme courageux et fort face à la maladie de son épouse. Pourtant, il s’avère que l’homme en question avait surtout des difficultés à affronter la triste réalité de la vie (les obligations, les responsabilités, la maladie, la mort et enfin la parentalité). Sa vie se consumait en sa femme. Elle était son tout. Bien plus que n’importe qui n’aurait pu l’être. L’épouse, quant à elle, fuyait catégoriquement la réalité jusqu’à en être aliénée. Malgré ses délires, on aime cette femme. On aime sa personnalité hors du commun … Peut-être parce que, quelque part, on aimerait tous être comme elle. Faire ce que bon nous semble en laissant de côté responsabilités et obligations. Rire, chanter, danser sans se poser de questions. Cette femme évoque simplement la liberté d’être soi. Le courage d’être soi. J’ai apprécié parcourir l’histoire des parents à travers les yeux de leur enfant et de son imagination.
La force d’écriture de cet auteur est de nous avoir fait adopter cette famille comme la nôtre. On aime inventer des histoires avec elle, on aime danser avec elle, on aime flirter avec la folie avec elle. Bien que cette famille semble complètement perchée, on a véritablement l’impression qu’elle existe. On a presque cette impression qu’il s’agit d’un témoignage. On est ancré à l’histoire avant même qu’elle ne commence véritablement. Et quand elle se termine, on a la désagréable impression qu’on nous a arraché quelque chose.
Détrompez-vous, ce roman n’est pas écrit de façon à vous soutirer expressément des larmes ou des émotions. Non, il est, me semble-t-il, écrit avec beaucoup de cœur et de passion. C’est ce qui provoque notre ressenti profondément positif pour cette œuvre. Une histoire dramatique canter au rythme de Mr. Bojangles.
Il m’est relativement difficile de parler de ce livre qui m’a retourné. Il est bon, très bon. Et au delà de l’œuvre, il s’agit, à mes yeux, d’un chef-d’œuvre. L’écriture est dramatiquement légère, douce et à la limite de la poésie. L’œuvre se dévore, en à peine quelques heures. Et en fermant ce livre, on se dit qu’il y en avait trop peu. On pourrait continuer à le lire, des jours et des jours. En bref, j’ai adoré. Pas l’horreur qui assaille les personnages, mais la subtile plume de l’auteur.
Sauvage Sauvage
Jamey Bradbury   
Je remercie vivement les éditions Gallmeister et les équipes de lecteurs.com pour m’avoir fait découvrir ce roman.
J’adore les histoires qui parlent de l’Alaska. J’ai toujours hâte de les lire pour m’imaginer de nouveaux paysages, des espèces animales que je n’ai encore jusque-là jamais croisé … L’Alaska représente ma soif de découverte. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis lancé dans cette lecture magique.
J’ai donc suivi l’histoire de Tracy, jeune fille de 17 ans, qui essaie de surmonter sa solitude après la mort de sa mère. Une solitude qui donne vie à beaucoup de colère et parfois même de violence. C’est une jeune fille torturée. Et malheureusement, incomprise par son père qui lui interdit de faire les seules choses qui lui donnent un peu de baume au cœur. J’ai adoré son personnage. Elle m’a apprit la signification de « Sauvage » et, je dois bien l’avouer, j’ai rêvé être elle. Ce don qui est le sien, j’aurais aimé qu’il soit mien. Parfois, tant l’intrigue me captivait, je m’imaginais dans sa peau. Je devenais elle, j’avais son don. Et j’adirais ça.
Ce roman mêle le fantastique au thriller. C’est un genre peu commun mais terriblement addictif. C’est un hommage à la nature et aux espèces qui la composent. Je n’ai pas envie de trop en dévoiler, ça gâcherait le plaisir … Lisez-le, il en vaut largement la peine. C’est un roman coup de cœur pour moi. Un roman que je prendrais plaisir à relire, encore et encore.
Alice au pays des casseroles Alice au pays des casseroles
Maud Brunaud   
Enfin ! J’ai aimé une romance. Et pire encore, je l’ai adoré. Que se passe-t-il ? J’ai dévoré ce roman en à peine deux heures. Je tiens donc à remercier l’auteur pour cette pépite, mais également les éditions Marivole et l’équipe de Babelio qui me l’ont très gentiment envoyé. Ce roman est le roman « bonne humeur » qu’il faut se procurer. Je vous l’assure !
Pour commencer, en fan de cuisine invétérée que je suis, j’ai adoré le contexte de l’histoire. Un restaurant et un food-truck qui se font une guerre de recettes pour finir par tomber amoureux et s’allier l’un à l’autre. Ensuite, j’ai adoré découvrir la région berrichonne par sa gastronomie (bien que les « œufs aux couilles d’âne » m’ont terriblement fait peur), par sa culture et par ses paysages (et surtout, la découverte de la ville souterraine et de la cave aux champignons). J’ai parcouru ce roman comme on parcourt un livre de recette et un guide touristique. Le ton est frais, léger et dynamique. Ça fonctionne tellement bien que même lorsqu’il ne se passe pas grand chose on se laisse transporter. Ce roman a été, selon moi, un « roman-passion » pour l’auteur. Elle aime sa région pour ce qu’elle est, et on le ressent parfaitement. Voilà le type d’écriture qui me parle ! Une écriture sincère qui exprime un véritable sentiment et qui ne cherche pas simplement le côté commercial.
Qu’avait-elle de différent cette romance ? Elle n’était pas lourde. Tout comme en cuisine, l’auteur a préféré saupoudrer son œuvre de quelques grammes de romance plutôt que d’en déverser des louches et des louches. C’est mesuré (et c’est ce qui fait, trop souvent, défaut aux romances) ! Et cette mesure nous rend les personnages attachants puisque leurs actes paraissent réalistes.
Alice est une femme ordinaire (pas un mannequin d’un mètre quatre-vingt-seize de quarante cinq kilos … J’abuse ? À peine !), qui vit seule avec sa saucisse sur pattes (qui n’a jamais surnommé un teckel de cette façon ?). Elle pourrait être n’importe qui d’entre nous. Et la réussite est là ! On s’identifie sans mal à elle pour finir par devenir elle (un bon roman, pour moi, est un roman qui a la capacité de me donner la vie de son héros, rien que pour quelques heures). Sa vie devient la nôtre. D’autant plus si on aime la cuisine. Georges, ce gros ours, est devenu mon doudou. Comment ne pas s’attacher à lui ? J’adore les personnalités un peu bourrues et mystérieuses comme la sienne. Gabriel, quant à lui, m’a rappelé mon propre homme avec son sens de l’humour un peu particulier. Du coup, je ne suis pas objective puisque j’ai forcément été attendri par lui. Mon seul petit bémol viendrait de Max. Cet enfant me semblait peut-être un peu trop avisé pour son âge. C’est le seul personnage qui m’a paru peu crédible. Mais, rien de très grave ! Une beau tableau dans l’ensemble.
Là où l’auteur s’est différencié dans sa romance, c’est sur son parti-pris : mener une enquête pour trouver le corbeau. Et quel bon choix ! Il y avait peu de suspens sur l’identité de ce dernier, mais une belle surprise sur le mobile du crime (je me suis laissée berner par une histoire de mort-aux-rats et de grenier, sans voir le flagrant indice qui dansait sous mes yeux … Cruchette !). En somme : une intrigue finement menée, des personnages attachants, une romance dosée. Un cocktail détonnant ! C’est digne d’un mojito : frais, léger et gouteux. Et comme à la fin d’un mojito, on se dit : j’en veux encore !
Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué Quand j'avais cinq ans, je m'ai tué
Howard Buten   
Ce court roman relate l'histoire d’un petit garçon autiste. L’auteur dessine parfaitement les symptômes de cette maladie : troubles d'interaction sociale (il parle à Jessica, alors qu'elle est absente), trouble de la communication verbale et non-verbale (il répète les phrases et mots qu’il entend sans toujours les comprendre) et comportement répétitifs (il ferme 50 fois la porte du placard et ne supporte pas les bruits de mastications, et, fait une fixation sur les odeurs). Au début de la lecture, on remarque que Gil est victime d’une très grande souffrance : « J’avais quelque chose de casser à l’intérieur ». Rapidement, il va comprendre cet état d’enfermement dans lequel le jette la Résidence. Il compare la résidence à « une prison pour ceux qui n’ont rien fait ». L’apparence a une haute importance dans son regard : il a honte de ses bleus au visage ; il trouve Mme. Cochrane « à dégobiller » ; il trouve les poils de nez du Dr. Nevele absolument ignoble. Sa psyché est particulièrement développée malgré tout puisqu’il est capable d’affirmer que les photos de Jésus ne sont pas des vrais puisqu’à cette époque, il n’y avait pas d’appareil photo. Ce qui contraste fortement avec sa naïveté lorsqu’il ne comprend pas pourquoi on devrait rire en lisant « ONRI ». Dès qu’il est contrarié, et ce surtout dès qu’il s’agit du sujet Jessica, Gil a de violents excès de colère le menant à être violent, envers lui (ceinture de contention) ou envers autrui (morsure, détérioration de mobilier … ). Très vite, on s’aperçoit que tout passe par le regard de Jessica : Jessica dirait « Oh, quel brave jeune homme ! ». Tristement, au fil de la lecture on vient à se dire qu’il est fou et ce sentiment est augmenté lorsqu’il dit que les autres enfants lui paraissent dérangés. Ne dit-on pas qu’un fou ne sait pas qu’il est fou ? De plus, l’auteur nous emmène dans une dérangeante et même désagréable perversion de cet enfant. On n’aime pas imaginer un enfant si jeune capable d’acte sexuel, même s’il le fait complètement inconsciemment. Aidé par les notes du Dr. Nevele, on en vient rapidement à penser que Gil frôle la sociopathie, voir la schizophrénie. On s’attend au pire quant à ce qui est arrivé à Jessica : la mort (« Il l’avait trainé dans la rivière et l’avait tué »). Rudyard inspire un apaisant sentiment de sérénité à Gil et obtiens facilement ses confidences (« Je suis différent des autres »). 
Ce roman reste touchant, prenant et même émouvant, surtout dans la relation que Gil entretient avec Rudyard (Cf : épisode de la piscine) qui devient son seul repère alors qu’il reste privé de ses parents. De plus, son sentiment amoureux pour Jessica semble être sincère (« Je ne laisserais personne te faire du mal »). 
On peut toutefois reproché à l’auteur un manque de clarté dans les flash-backs. Pendant un long moment, on a du mal à comprendre si les phases écoles se passent avant l’accident ou après. De plus, on ne sait pas réellement si cette école est une école normale ou une école spécialisée. En effet, les enfants ayant toujours une imagination débordante, on ne sait plus s’ils sont comme Gilbert ou s’ils ne font qu’être acteur dans une histoire inventée, le temps d’un instant.
La chute est particulièrement choquante, déstabilisante. En l’espace d’un instant, le lecteur se retrouve perdu dans une palette de sentiment différent : affection, colère, dégoût … Doit-on continuer à l’apprécier ? Doit-on le haïr pour ce qu’il a fait ? Doit-on oublier son état d’enfant pour le juger tel un adulte conscient de ses actes ? 
Une œuvre qu’on aime lire et qu’on aimerait oublier, tant il est déroutant.
Le Jour d'avant Le Jour d'avant
Sorj Chalandon   
La claque littéraire, c’est ce roman ! La couverture n’est pas engageante, les avis dithyrambiques effraient ... Et pourtant, c’est LE roman à lire. Véritablement !
Quels personnages incroyables, quelle triste histoire, quelle palette de sentiments ... J’en reste bouleversée. L’histoire est dramatique et pourtant si belle. Belle grâce aux sentiments qui lient Michel à Joseph. Une complicité à faire pâlir plus d’une fratrie. Que je les ai aimé ... Que j’ai rêvé d’être leurs petite sœur aimée ... Je les ai entièrement adopté. Ils étaient devenus, en l’espace de quelques pages, des membres de ma famille. J’ai pleuré Joseph et encouragé Michel dans son dessein de vengeance. Il devait venger cet aîné ... Il le fallait ! C’est rare qu’une histoire me transporte autant ... L’écriture douce et juste de l’auteur n’y est pas pour rien. Son récit n’ajoute pas d’horreur à l’inqualifiable. Ses mots sont parfaitement choisis ... Comme si la langue française avait été inventée dans le seul but de raconter cette tragédie sur fond de fait historique. Car oui, la catastrophe de Liévin a bien eu lieu. Oui, quarante-deux mineurs y ont trouvé la mort, passant d’un trou à un autre. Oui, le capitalisme a gagné la guerre ! Le capitalisme a oublié qu’il n’employait pas des robots mais des vies humaines ... Navrant !
L’hommage ici rendu le semble, à moi, efficacement rendu. Grâce à l’auteur, la catastrophe a été rendue public au pays. Si j’étais une descendante de mineurs, j’aurais apprécié une telle œuvre. Une œuvre qui rend à ces victimes leur humanité. Humanité qui leur avait été volée par l’Etat.
L’auteur, en plus de nous émouvoir, se paie le luxe de nous surprendre. Il nous surprend alors qu’on ne le demandait même pas. C’est une véritable réussite. Jamais je ne me suis douté de ce retournement de situation. Je me suis laissée manipuler ... Parce que personne ne doute du malheur. L’évocation de tels drames manipule la naïveté des êtres dotés d’empathie.
J’ai pris mon temps pour lire ce roman. Je m’en suis délecté ... pages après pages. Sans jamais m’ennuyer, sans jamais m’en lasser. J’ai été émue, parfois jusqu’aux larmes. J’ai été en colère, de nombreuses fois. J’ai été conciliante. J’ai été compréhensive. J’ai été, je le pense, humaine, en achevant ce roman. Comment ne pas l’être ? Et maintenant, je sais que j’en resterais bouleversée. Je sais aussi que jamais je n’oublierais cette œuvre, ni les victimes des mines ... Ceux dont on parle si peu ... Ceux qui semblent oubliés ... Grâce à Sorj Chalandon, ils continueront à vivre à travers nos mémoires. Et si je venais à oublier certains passages, je les relierai jusqu’à les graver en mon esprit. Ouvrez ce roman, et faites connaissance avec ce monde ouvrier et ces braves mineurs. Ouvrez ce livre pour vous souvenir d’eux.
Le manège de Monsieur Grimm Le manège de Monsieur Grimm
Stéphane Choquette   
Cette dark fantasy jeunesse est absolument trépidante. À la lecture du résumé, on ne s’attend pas du tout à une telle histoire. Ce qui est très habile, car si ce livre parlait ouvertement de vampires il ne serait pas autant lu. De vampire, oui ! Et cette fois, l’histoire a été rafraîchit. Un grand bravo à l’auteur ! 
Tout d’abord, on s’attache à Lucas. Pauvre petit garçon martyrisé par les autres, car il a osé prendre la défense de quelqu’un. Il est plein de bonne volonté cet enfant. Et plein d’imagination, comme le révèle son carnet à dessins. Par contre, il est étrange. Pourquoi vouloir sauver Colin et Mme Moreau, qui sont des vampires, et ne pas sauver Monsieur Grimm ? Si on suit sa logique, ils étaient tous humains donc méritent tous d’être sauvés … Puis, vint Monsieur Grimm, qui pour moi est un personnage absolument merveilleux. Il est sombre, puissant et pourtant, il reste celui qui est le plus humain de tous les personnages. Il est particulièrement attaché à Lucas, et il semble véritablement sincère. Sa mort a été pour moi un horrible crève-cœur et j’en ai beaucoup voulu à Lucas de l’avoir tué. Au diable les bons sentiments ! Les Moreau, quant à eux, sont détestables du début à la fin. J’aurais en réalité préféré les voir mourir à la place de Monsieur Grimm. 
Toutefois, l’œuvre étant rédigée en français québécois ça reste parfois troublant pour un français. Les « le » sont confondus avec les « lui ». Et certains verbes sont conjugués comme à l’époque de Louis XIV : « s’assoyait ». C’est dommage, parce qu’on s’arrête sur ce genre de détails en lisant et ça coupe le dynamisme du livre. 
On regrette également le manque de clarté sur l’histoire de Lucas. Est-ce un ami imaginaire qui a prit vie dans un autre monde ? Est-ce toujours l’imagination d’un enfant qui le fait vivre ? Et puis, qui est Monsieur Grimm ? On aimerait faire plus ample connaissance avec lui tant il est hypnotisant. 
Et puis, la fin n’en est pas réellement une. Lucas a récupéré le coffre en bois. Oui, et donc ? Y aura-t-il une suite ? Ou bien est-ce de ce type de livre qui nous propose de trouver nous-même la fin qui nous convient ? 
Beaucoup de questions sans réponse, mais malgré tout, j’ai passé un moment merveilleux en compagnie de ce livre endiablé. Il littéralement m’a emporté. Si bien qu’à la fin, j’en étais presque essoufflée. Avec ce livre, les « Chaire de poule » peuvent se rhabiller. Le manège de Monsieur Grimm est véritablement LE livre d’épouvante à offrir à un jeune public. Un grand succès !