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Nous ne voulons pas d'un monde où la garantie de ne pas mourir de faim s'échange contre la certitude de mourir d'ennui.

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Ici, la nuit venue, un prêtre déclassé viendra dire en vitesse une messe réglementaire pour les amateurs de génuflexions, et sans y croire vraiment, promettra à chacun d'être, un jour, assis à la droite de son créateur, avant de filer au plus vite respirer l'odeur juvénile d'une chorale d'enfants de choeur. Quant à nous, kouffars, impies, brigands occasionnels et criminels musculeux, nous aurons droit à une double part de poulet brun sauce gravy accompagné d'une sorte de moelleux à la vieille crème d'érable. En commençant mon assiette, le plus sérieusement du monde, je souhaiterai un joyeux Noël à Patrick. Tout en mâchonnant sa volaille soumise, il me répondra: "Fais pas chier avec tes conneries."

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Je comprenais parfaitement qu'un homme de sa stature, élevé dans les bourrasques pacifistes et internationalistes, se sente à l'étroit dans la camisole hexagonale où l'on essayait de le faire entrer.

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Dans 4 jours, c’est le 25 décembre...

Ici la nuit venue, un prêtre déclassé viendra dire en vitesse une messe réglementaire pour les amateurs de génuflexions, et sans y croire vraiment, promettra à chacun d’être, un jour, assis à la droite de son créateur, avant de filer au plus vite respirer l’odeur juvénile d’une chorale d’enfants de chœur.

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Ça s'appelle comment en justice une moitié de plaider coupable ?

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La foi, c'est fragile, ça repose sur trois fois rien comme un tour de magie.

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J'aimais bien la fragile logique de ce monde bricolé d'espérance et d'amour.

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La détention allonge les jours, distend les nuits, étire les heures, donne au temps une consistance pâteuse, vaguement écœurante. Chacun éprouve le sentiment de se mouvoir dans une boue épaisse d’où il faut s’extraire à chaque pas, bataillant pied à pied pour ne pas s’enliser dans le dégoût de soi-même. La prison nous ensevelit vivants. Les courtes peines peuvent espérer quelque chose.

Les autres sont déjà dans la fosse commune. Et si d’aventure on leur accorde une remise de peine, ils iront, un moment, respirer l’air du dehors, mais reviendront ici, dans la maison des réprouvés, où on les appelle par leur nom, où on les traite comme des animaux de ferme.

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Il m’arrive parfois de fermer les yeux et d’essayer de reconstituer ces promenades du soir dans le jardin d’Éden, mais à chaque tentative des voix sauvages jaillissant des couloirs et des cellules font s’écrouler la patiente et fragile reconstruction qu’essayait d’opérer ma mémoire. C’est alors que l’on prend la mesure de ce qu’est une peine de prison. Une incapacité chronique à s’évader, ne serait-ce que le temps d’une marche en compagnie des morts

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Il neige depuis une semaine. Près de la fenêtre je regarde la nuit et j’écoute le froid. Ici il fait du bruit. Un bruit particulier, déplaisant, donnant à croire que le bâtiment, pris dans un étau de glace, émet une plainte angoissante comme s’il souffrait et craquait sous l’effet de la rétraction. À cette heure, la prison est endormie. Au bout d’un certain temps, quand on s’est accoutumé à son métabolisme, on peut l’entendre respirer dans le noir comme un gros animal, tousser parfois, et même déglutir. La prison nous avale, nous digère et, recroquevillés dans son ventre, tapis dans les plis numérotés de ses boyaux, entre deux spasmes gastriques, nous dormons et vivons comme nous le pouvons.

Le pénitentier de Montréal, dit de Bordeaux pour avoir été construit sur l’ancien territoire d’un quartier éponyme, est situé au numéro 800 du boulevard

Gouin Ouest, à la lisière de la rivière des Prairies. 1 357 détenus. 82 mis à mort par pendaison jusqu’en 1962. Autrefois, avant que l’on édifie cet univers de contention, l’endroit devait être magnifique, avec ce qu’il fallait de bouleaux, d’érables, de sumacs vinaigriers et d’herbes hautes couchées par les passages des animaux sauvages. Aujourd’hui, les rats et les souris sont les seuls survivants de cette faune. Et puisque telle est leur nature peu regardante, ils ont repeuplé ce monde clos fait de souffrance encagée.

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