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Trois femmes puissantes



Description ajoutée par ninanina 2009-08-17T17:08:22+02:00

Résumé

Trois récits, trois femmes qui disent non. Elles s'appellent Norah, Fanta, Khady Demba. Norah, la quarantaine, arrive chez son père en Afrique. Le tyran égocentrique de jadis est devenu mutique, boulimique, et passe ses nuits perché dans le flamboyant de la cour. Fanta enseigne la français à Dakar, mais elle a été obligée de suivre en France son compagnon Rudy. Rudy s'avère incapable d'offrir à Fanta la vie riche et joyeuse qu'elle mérite. Khady Demba est une jeune veuve africaine. Sans argent, elle tente de rejoindre une lointaine cousine, Fanta, qui vit en France. Chacune se bat pour préserver sa dignité contre les humiliations que la vie lui inflige avec une obstination méthodique et incompréhensible.

________________________

Trois histoires aux motifs et aux personnages distincts, aux issues différentes, mais qui toutes disent la douleur de l'exil et la déchéance qui s'ensuit. La déchéance du père de Norah (la première des trois femmes) d'abord, Sénégalais qui, seul dans sa maison vide et froide, a troqué sa grandeur de tyran contre un pathétique laissez-aller incluant boulimie, insomnie, saleté : « (...) les pieds de son père étaient chaussés de tongs en plastique, lui qui avait toujours mis un point d'honneur, lui semblait-il, à ne jamais se montrer qu'avec des souliers cirés, beiges ou blancs cassés ». Convoquée en urgence par cet homme qui autrefois enleva son petit frère, anéantit sa mère, Norah retrouve à Dakar des démons invisibles - indicibles - qu'il lui faut vaincre en silence. En silence, là où les images poétiques (celle du « flamboyant » est mémorable), en imprimant au texte une tension quasi-cinématographique, disent mieux que les adjectifs tous les non-dits qui hantent les personnages.

La déchéance de Rudy Descas ensuite, « ancien professeur de lettres au lycée Mermoz et spécialiste du Moyen Âge » qui suite à un accident se voit contraint de quitter Dakar pour revenir s'installer en France avec sa femme et son fils, « sachant que la flétrissure le poursuivrait car elle était en lui et il s'était persuadé qu'il n'était plus que tout cela tout en la haïssant et la combattant. » Malheureux en vendeur de cuisine, Rudy non seulement souffre honteusement d'hémorroïdes, mais se débat aussi : avec une mère raciste qui aime de trop près les petits garçons « aux yeux clairs, aux cheveux blonds bouclés » ; les souvenirs d'un père présumé lâche et meurtrier.

Le dernier récit enfin, poussant à son apogée l'exploration de la quête impossible et de la souffrance, rend plus palpable encore la destruction de son personnage central : Khady Demba, jeune femme qui n'aspire à rien d'autre qu'à enfanter, se retrouve, une fois veuve, forcée à quitter sa terre natale pour les horizons prometteurs de l'Europe. Prometteurs ? Dans un douloureux périple que Marie NDiaye a voulu à l'image de celui de nombreux exilés, Khady Demba encaisse les coups sur son corps déjà meurtri : « Elle tâta son mollet blessé, sentit sous ses doigts du sang, des chairs déchiquetées ». Plus tard, il faut vendre son corps pour survivre, et le seul moyen alors de ne pas se laisser déposséder de ses dernières traces d'humanité, est de se souvenir de sa singularité : « juste avant que le sommeil l'emporte, un sursaut de joie sauvage faisait trembler son corps rompu comme elle se rappelait soudain, feignant de l'avoir oublié, qu'elle était Khady Demba : Khady Demba ».

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Classement en biblio - 185 lecteurs

extrait

Extrait ajouté par luciole241998 2012-07-10T20:00:27+02:00

Au vrai, elle ne regretterait rien, immergée toute entière dans la réalité d'un présent atroce mais qu'elle pouvait se représenter avec clarté, auquel elle appliquait une réflexion pleine à la fois de pragmatisme et d'orgueil (...) et que, surtout, elle imaginait transitoire, persuadée que ce temps de souffrance aurait une fin et qu'elle n'en serait certainement pas récompensée (...) mais qu'elle passerait simplement à autre chose qu'elle ignorait encore mais qu'elle avait la curiosité de connaître.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Loumiel 2020-06-21T18:54:54+02:00
Bronze

Un livre qui me laisse perplexe... Ce qui est assez courant de la littérature adulte "blanche", au final.

J'ai beaucoup aimé l'écriture, surtout la dernière partie. L'histoire, et les personnages étaient assez intéressants à suivre et à lire, mais sans plus.

J'ai trouvé le titre et le résumé assez mensongé, parce que la deuxième histoire est narrée entièrement par un homme, et la femme promise n'est qu'entraperçue et et vue du prisme du narrateur.

En moyenne je pense avoir plutôt bien aimé, mais sans que le livre me laisse un souvenir impérissable.

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Commentaire ajouté par dacotine 2020-04-20T19:59:11+02:00
Bronze

Décevant ! J'espérais beaucoup de ce titre et de ce prix Goncourt.

Certes j'adore l'écriture, raffinée, aux phrases longues et cultivées, mais le récit, je devrais dire les récits qui ont du mal à être reliés m'ont déçu. J'ai aimé le premier et j'aurais aimé une suite, par contre le deuxième, d'ailleurs qui parle d'un homme surtout m'a lassé voire ennuyé ! Le troisième même si j'ai aimé ce personnage de femme a fini par n'en pas finir justement… Bref déçue.

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Commentaire ajouté par LesRosesDeTrianon 2019-05-20T09:45:33+02:00
Lu aussi

Grosse grosse déception. La seule chose qui m'a empêché de mettre ce livre dans ma pile Je n'ai pas apprécié sont les deux premières histoires, touchante pour l'une, horrible pour l'autre, surtout quand l'auteur insiste sur la douleur physique. Autrement mais qu'est ce que je me suis ennuyée ! La deuxième partie est sans queue ni tête, et parle d'un homme plutôt que d'une femme. L'écriture est lourde, juxtaposant parfois des phrases sans lien entre elles. C'est vite énervant.

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Commentaire ajouté par FleurDeMiel 2019-05-19T14:54:23+02:00
Lu aussi

J’ai lu ce livre dans le cadre de mes études. Prix Goncourt ? Comme quoi on a pas tous la même définition d’un bon livre. Certes il est loin d’être mauvais et j’ai trouvé certains passages intéressants et bien écrit. Mais en ce qui concerne le chapitre 2 j’ai réellement du m’accrocher pour le terminé et je l’ai fait uniquement car c’est un livre que j’aurais à mes examens. Après l’avoir analysé en classe j’ai pu y trouver pas mal d’aspects intéressants mais ce n’est pas un livre que j’ai réellement adoré. Il montre néanmoins, par exemple, la difficulté de quitter son pays et cela avec une grande justesse.

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Commentaire ajouté par LilyRause 2019-03-16T16:38:00+01:00
Pas apprécié

Bon je n'ai clairement pas aimé cette lecture

Je n'ai compris où l'auteur voulait en venir. L'écriture était faible mais cela n'a pas suffit à me faire apprécier ces parcours de femmes.

La dernière est plus facile à lire, plus compréhensible.

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Commentaire ajouté par MaevaCerise 2018-04-29T13:46:57+02:00
Lu aussi

Offert par ma prof d'histoire géo du lycée, je l'ai lu en 2009 mais cela ne m'a pas marqué.

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Commentaire ajouté par FLaureVerneuil 2017-08-26T17:50:36+02:00
Bronze

Il y a un fil conducteur dans ces trois récits: les oiseaux vrais ou irréels. La vie de khady Demba est la plus bouleversante. J'ai eu plus de mal à entrer dans celle des deux autres femmes. Mais le troisième récit nous éclaire sur ce que l'auteure veut nous faire comprendre: chacune se bat pour préserver sa dignité, sa fierté. Elles se rebellent pour échapper à leurs destinées choisies par le père, le mari ou la misère. Les hommes ne sont pas mis en valeur, ils ont perdu toutes prestances. C'est la beauté intérieure de la femme qui est sous la lumière.

Broché

Ma chronique complète : http://vie-quotidienne-de-flaure.blogspot.fr/2012/08/trois-femmes-puissantes-marie-ndiaye.html

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Commentaire ajouté par Upsilonn 2017-05-14T20:45:35+02:00
Argent

Pour l'avoir découvert après Rosie Carpe, je n'ai pas été trop prise de court par l'énonciation très particulière du recueil, et qui est peut-être d'ailleurs la « marque de fabrique » de l'écriture de Marie NDiaye. La difficulté à suivre le cheminement de pensée des personnages principaux peut effectivement étonner, voire rebuter et décourager certain·e·s lecteur·ice·s. Les questionnements, doutes, hésitations, souvenirs, etc... ne sont pas présentés de manière linéaire et ordonnée (parce qu'elle l'est peut-être, notre pensée, linéaire et ordonnée ?), ce qui nous amène à progresser dans le texte et la psyché de ses personnages comme par à-coups. Une fois familiarisé·e avec ce mode de voyage, il est difficile de ne pas reconnaître le talent de déconstruction-reconstruction de l'autrice, et cette façon diablement efficace qu'ont ses récits de nous entraîner et nous enfermer dans l'univers bancal, déphasé, parfois malsain, de ses personnages. Je me souviens de Rosie Carpe, et Trois femmes puissantes confirme mon impression : Marie NDiaye semble avoir un don pour créer des personnages qui suscitent un certain malaise. Qu'ils·elles aient eu une enfance malheureuse, qu'ils·elles aient été confronté·e·s à la violence ou qu'ils·elles manquent simplement de ce brin de lucidité et de volonté propre qui caractérise généralement les héro·ïne·s capables d'introspection et d'agir sur leur propre destinée, les personnages que NDiaye développe dans Trois femmes puissantes ont cette particularité de sembler vivre en marge de la vie. Même s'ils·elles ne manquent en rien d'épaisseur et de réalisme, et peut-être à cause de cette même raison, Norah, Rudy et Khady Demba, les personnages centraux de chacun des trois textes, ne sont pas exactement « attachants », et pourtant, on suit leur progression le ventre noué, craignant souvent le pire pour elles·eux. La tension qui anime ces trois récits, distincts mais reliés entre eux par une relation lointaine qui unit chaque personnage aux autres histoires, en rend la lecture prenante, mais aussi parfois étouffante.

Par cette lecture, je me suis sentie comme conviée à partager un moment le fardeau des personnages, et l'intensité de la violence de ce qu'ils·elles vivent et endurent allant s'aggravant jusqu'au dernier texte, j'en suis ressortie pour le moins remuée, voire bouleversée, et convaincue du talent de Marie NDiaye et de l'intelligence de son style. J'ai la chance de n'avoir pour l'instant lu que deux de ces romans, et d'en avoir encore un certain nombre à découvrir !

Avis à celles et ceux qui envisageraient la lecture de Trois femmes puissantes, cela dit : le troisième texte contient des passages plus ou moins explicites qui peuvent être particulièrement durs à lire pour certain·e·s personnes (violences à caractère sexuel).

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Commentaire ajouté par milaloup 2016-09-27T18:50:06+02:00
Lu aussi

Vraiment déçu, j'ai du le lire pour les cours et il y a que a première histoire où j'ai vraiment accrochée et encore mais j 'ai pas vraiment tout compri.

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Commentaire ajouté par fabie67 2015-09-05T15:29:23+02:00
Pas apprécié

C’est un prix Goncourt. Et je ne comprends pas pourquoi et je ne comprendrais jamais pourquoi. Je ne me suis pas du tout intéressée aux histoires. Dommage, écrit autrement peut-être qu'une accroche aurait été possible.

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Date de sortie

Trois femmes puissantes

  • France : 2009-08-20 - Poche (Français)

Activité récente

Évaluations

Editeurs

Les chiffres

lecteurs 185
Commentaires 30
extraits 15
Evaluations 52
Note globale 5.88 / 10

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