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" - Mais qu'est-ce que vous voulez que je vous raconte, ma petite ? Vous êtes jeune, vous avez la vie devant vous, vous voulez vraiment savoir que tout ça ne rime à rien, que la vie est un combat perdu d'avance ? Vous voulez vraiment entendre que même les souvenirs heureux deviennent douloureux, quand on perd ceux qu'on aime ? Vous voulez vraiment que je vous dise que j'étais chanceux, entouré de personnes qui m'étaient chères, de ma femme dont je ne pouvais me séparer une seule journée, de ma fille qui m'écrivait des poèmes à chaque occasion, de mon fils qui riait si fort à mes blagues, de mes frères et sœurs, de mes amis, et qu'aujourd'hui je suis seul ? Vous voulez que je vous raconte comment la maladie a déformé le corps de ma femme, puis de son visage, avant de l'emporter ? Vous voulez que je vous répète les mots du policier qui m'a annoncé que mon fils n'avait pas entendu la voiture arriver ? Vous voulez que je vous dise que ma fille ne pense a moi que pour son anniversaire, que mes frères et sœurs ont tous disparu, que mes amis aussi, que je n'ai plus personne ? Vous voulez que je vous confie que je ne comprenais pas comment on pouvait finir sa vie tout seul, que j'étais persuadé que ça ne m'arriverait pas à moi, que c'était impossible ? J'étais tellement entouré… Vous voulez vraiment savoir tout cela Julia ? Eh bien moi, je n'ai pas envie de vous l'apprendre. Je préfère rire, je préfère vous faire rire. Parce que, voyez-vous, la vie est une histoire drôle. Sinon, qu'est-ce qui pourrait bien expliquer cette chute si absurde ? Ce n'est pas pour rien si l'acronyme de "maison de retraite" est MDR…"

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"C'est ce que les gens pensent. Mais la vérité c'est qu'on reste des bébés tout au long de notre vie. On enfile différents costumes pour le cacher et faire comme les autres, celui de l'adolescent, celui de l'adulte, celui du parent, et puis un jour, quand on est trop vieux pour faire semblant, on retire le déguisement et on affiche ce que l'on a toujours été : un bébé."

Virginie Grimaldi, Tu comprendras quand tu seras plus grande, chapitre 14.

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Etre heureux ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez décidé de regarder au-delà des imperfections. (Aristote)

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"Elle est gentille, mais il n'est pas exclu qu'elle ait l'intelligence d'une brosse à chiottes".

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"J'ai songé à la possibilité qu'il fasse partie de ces personnes présentes uniquement lorsque tout va bien et suffisamment lâches pour déguerpir quand on a besoin d'elles, [...]"

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"Il avait bien quelques défauts [...] mais aucun ne rivalisait avec ses qualités".

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Léa s’envole vers la salle de vie commune. Littéralement. Je cours presque à ses côtés pour ne pas me laisser distancer.

Elle est pressée, je la comprends. Si je le pouvais, moi aussi je courrais vers la sortie. Son pronostic sombre a fini d’effacer toute trace d’enthousiasme en moi. J’avais envisagé l’infime éventualité que, dans cette maison de retraite, les résidents puissent être adorables et me faire changer d’avis sur la vieillesse. Je dois être lucide : cela n’arrivera pas.

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Il arrivait que, durant quelques secondes, je pense à autre chose et j’oublie ce qui était en train de se passer. Et puis, brutalement, la réalité m’électrocutait. Mon père était mort. J’étais allongée sur le sable, paisiblement, et une vague s’abattait sur moi de toute sa violence. Les mois qui ont suivi ont été une succession de déferlantes. Mon père, mon mec, ma grand-mère. J’étais en train de me noyer. Alors, la semaine dernière, en lisant cette offre d’emploi, c’est une bouée que j’ai vue. Une maison de retraite de Biarritz recherchait en urgence une psychologue qualifiée pour un remplacement maternité. Le logement sur place était possible. La perspective de travailler avec des personnes âgées m’emballait à peu près autant que d’embrasser une araignée, mais c’était une question de survie.

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C’est en me démaquillant avant d’aller au lit, face au miroir qui réfléchissait mon regard terrifié, que je l’ai reçue en pleine face. Mon père était mort. Il n’existait plus. Il n’existerait plus jamais. Il ne me pincerait plus la joue en m’appelant Juju, il ne râlerait plus à chacun de mes retards, il ne lirait plus L’Équipe dans son fauteuil vert, il ne m’accompagnerait pas à l’autel, il ne mangerait plus le coin du pain avant de passer à table, il ne laisserait plus ses chaussures devant la porte. Je ne verrais plus ses cheveux blanchir, je n’entendrais plus sa voix, je ne me moquerais plus de la cuisine de Maman avec lui, je ne grimacerais plus en sentant sa barbe piquer mes joues. Je ne dirais plus jamais Papa. L’une de mes plus grandes peurs venait de se réaliser. On y était, à cet instant où tout bascule. Rien ne serait plus jamais pareil.

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Isabelle ouvre une porte blanche et s’engouffre à l’intérieur pour procéder à la visite guidée. Elle est rapide, il y a seulement deux pièces : une salle d’eau sombre équipée pour les personnes à mobilité réduite et un salon-chambre lumineux, mais qui a certainement été décoré par quelqu’un qui avait dépassé la date de péremption. Un canapé deux places en velours moutarde, une table ronde recouverte d’un napperon, un buffet d’époque-mais-on-ne-sait-pas-laquelle, une télé du Moyen Âge, un petit lit collé contre le mur et des rideaux occultant en velours bordeaux constituent mon nouvel environnement. J’ai envie de pleurer, et pas de joie.

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