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Extrait de UES Boys, Tome 1 : Au Tapis ajouté par choune972 2017-03-16T12:28:38+01:00

Chapitre 1

JEREMY

Je suis en chute libre.

Et ouais, je flippais un petit peu. Malgré tout, ce n’était pas grave pour un homme d’avoir un peu peur de temps en temps, en particulier lors de son premier jour à l’université. Ce n’était pas juste de la crainte et de la nervosité. J’étais presque défoncé à l’excitation, pétrifié par ce que je considérais être le premier jour officiel de ma nouvelle vie.

C’était intimidant, car il y avait tellement de liberté – ce qui était exactement ce que je voulais. Il fallait juste du temps pour s’y habituer, rien de plus. Quand on sortait tout droit du lycée d’une petite ville, où la moindre décision était prise à votre place, l’université paraissait comme un choc culturel. Je pouvais errer dans le campus toute la journée, manquer des cours, faire tout ce dont j’avais envie. Personne n’allait surgir et me mettre en retenue ou me faire supporter une énième réunion parents-professeurs embarrassante.

Pour l’instant, j’avais une très bonne impression de cet endroit.

— Hé mec, sympa ton t-shirt ! m’interpella un type à quelques mètres.

Je me sentis obligé de rire en me tournant vers lui. Nous portions exactement le même t-shirt de la tournée des Pixies.

— Toi aussi ! dis-je, faisant un signe ringard avec mes doigts d’un pistolet qui tire.

Il me sourit. J’étais soulagé de voir que de nombreux étudiants portaient des jeans déchirés et des t-shirts miteux comme moi. Je m’étais inquiété qu’ils aient tous des armoires remplies de vêtements hors de prix et que je ressemble au looser que j’avais toujours été. En vérité, je n’avais que deux paires de jeans et six t-shirts, l’un étant à deux fils de finir à la poubelle. En d’autres mots, j’étais pauvre. Au lycée, il était bien connu de tous, que je n’avais pas d’argent ou du moins, mon père toutefois, ici, dans l’anonymat relatif de l’université, je pourrais peut-être me fondre dans la masse de ceux qui en avaient plus que moi.

Ce qui emmerderait bien mon paternel.

— T’as pas intérêt à jouer les prétentieux parce que tu vas à la fac, avait-il marmonné en me disant au revoir deux jours plus tôt. Rappelle-toi, t’es pas mieux que qui que ce soit ici.

Ce qui avait voulu dire : « t’es pas mieux que moi ».

— OK, papa, avais-je répondu dans un soupir.

Et ce que j’avais vraiment voulu dire, c’était « va te faire foutre, enfoiré d’alcoolo. Je me tire d’ici, et tu peux pourrir en enfer, en ce qui me concerne. »

Je m’étais senti tellement bien, quand mes fesses s’étaient enfoncées dans le siège raccommodé au chatterton de ma Corolla, sachant que je me dirigeais vers ma liberté ! Ce n’était pas important que la liberté se trouve à moins de deux heures de route, ou que je dusse maintenir ma moyenne à un B si je ne voulais pas perdre ma bourse et retourner dans le lotissement de mobil-homes de Center Hill ou Center Hell, comme j’aimais l’appeler. Ce n’était même pas important que je ne connaisse personne à l’Université d’État du Southeastern, ou que je me retrouve avec un crédit étudiant titanesque à rembourser après mon cursus. Ou que je doive repartir de zéro pour faire de la figuration dans l’équipe de lutte.

Aussi maigre que parût mon avenir, la peur de l’inconnu ne pourrait jamais diminuer la beauté du double mobil-home de mes parents disparaissant à l’horizon dans mon rétroviseur. Rien ne m’avait semblé si bon. Quand je n’avais plus vu mon père tanguer sur le perron, j’avais laissé échapper un soupir que j’avais retenu. Mes muscles s’étaient détendus, et un sourire s’était étiré sur mon visage.

Liberté. Quel mot superbe !

Aujourd’hui, ce mot était à moi, et j’avais l’intention d’en profiter au maximum.

L’Université d’État du Southeastern ou UES était plus belle en vrai que sur toutes les photos que j’avais vues en ligne. Ces bâtiments caractéristiques semblaient avoir été construits au moins cent ans plus tôt, leurs briques légèrement effritées d’un rouge délavé. Tout était bien conservé et soigneusement ornementé.

J’entrai sur une cour carrée au centre du campus, où gargouillait une fontaine, flanquée d’érables japonais d’une nuance violette et de petits arbustes jaunes. Environ une cinquantaine d’étudiants se promenaient ce matin, la majorité étant occupée à papoter avec leurs amis ou à rester debout, leurs nuques penchées sur leurs téléphones, dans cet angle à quarante-cinq degrés familier et insupportable. Mon propre portable prépayé m’était inutile tant que mon père ne faisait pas de virement. Ma mère m’avait affirmé que j’aurais plus de crédit aujourd’hui, mais parfois, il fallait des semaines. Je ne pouvais pas la prendre au mot, de toute façon. Il était de plus en plus difficile de dire quand elle était sur notre planète ou pas. Je gardais malgré tout mon téléphone dans ma poche, au cas où.

Je me rapprochai de la fontaine, la petite brume d’eau agréable provoquant une chair de poule sur mes bras alors que je sortais la brochure du campus pour chercher le plan de la cour. Je savais que mon premier cours était à dix heures dans le bâtiment Wilson, néanmoins, mon problème était que l’agencement du square était parfaitement symétrique. Les immeubles étaient comme un miroir de chaque côté, et puisque c’était de même sur la page, je n’arrivais pas à lier les images au réel. Il y avait des bâtiments identiques en briques rouges qui se tenaient aux quatre faces de la cour, et aucun ne semblait avoir un nom sur sa façade. Une omission tragique, si vous voulez mon avis. Si seulement, il y avait des repères pour distinguer un côté de l’autre.

Je me rendis compte que j’allais devoir demander de l’aide, et examinai les environs. La plupart des gens étaient trop occupés avec leurs propres affaires ; d’autres avaient l’air carrément hostiles.

Mes seules options étaient un type potelé avec des lunettes qui fouillait dans son sac à dos, ou une jolie fille penchée sur un flanc de la fontaine, les yeux levés au ciel. Elle avait un air printanier, avec ses cheveux blond clair et sa robe à fleurs, et un sourire léger sur le visage. Avant que je puisse y réfléchir plus que ça, je me retrouvai devant elle, une main dans la poche et l’autre serrant la carte.

— Excuse-moi.

Elle arrêta d’admirer le ciel assez longtemps pour me remarquer, et son sourire s’agrandit.

— Ça va ?

— Euh… tu connais bien le campus ?

— Bien sûr, répondit-elle. Je suis en deuxième année, donc je sais à peu près tout ce qu’il y a à savoir ici. De quoi as-tu besoin ?

Je lui tendis la carte.

— Je n’arrive pas à trouver le haut du bas sur le plan. Mon premier cours est dans le bâtiment Wilson et...

— Oh, oui, c’est juste là.

Elle montra du doigt l’un des quatre immeubles, puis sa copie sur la carte.

— Tu peux comprendre dans quel sens regarder en fonction des chemins qui passent sur les côtés des bâtiments, tu vois ?

Je me frappai le front avec la paume et laissai échapper un rire embarrassé.

— Merde, j’aurais dû faire attention. Mon cerveau ne doit pas encore être réveillé.

— Pas de problème.

Elle avait la voix d’une enfant, l’air bloqué dans sa gorge comme si elle venait de respirer de l’hélium.

— Tu es adorable, on dirait un petit chiot perdu ! Comment t’appelles-tu ?

Un petit chiot perdu ?

Je détestais quand les gens me parlaient comme ça. C’était si condescendant. Pendant un moment, je considérais lui mordre la jambe. Ça lui donnerait une bonne leçon, à m’appeler comme ça, surtout si elle finissait avec la rage. Au lieu de ça, je lui répondis poliment.

— Jeremy Miller. Première année.

— Salut, Jeremy.

Elle afficha un sourire de concours de beauté et fit virevolter ses cheveux.

— Je suis Stephie. Ravie de te connaître.

— Moi qui croyais que ce serait difficile de rencontrer des gens à la fac. On dirait bien que je viens de percer le secret. Je n’aurais qu’à errer sans but et demander mon chemin.

Stephie rigola et passa une main dans ses cheveux.

— C’est un classique pour aborder les gens, petit nouveau. Tu apprends vite. Tu ne devrais pas avoir de problème pour te trouver une copine, ici. Sauf si tu en as déjà une…

Elle me jeta un regard sous ses longs cils.

— C’est le cas ?

— Euh, non…

Je me balançai d’un pied sur l’autre, pas certain de savoir comment répondre. Fallait-il élaborer ? Lui dire que je n’avais pas de copine parce que je n’en cherchais pas ? Que je préférais les verges ? Ça pouvait être impoli, mais j’étais tenté de le faire juste pour voir sa réaction et pour me venger de son « petit chiot ».

— Il y a une fête ce soir, si t’es intéressé…

Elle regarda par-dessus mon épaule et son sourire s’effaça. Elle se redressa subitement, tripotant l’ourlet en dentelle de sa robe.

— Putain Steph, c’est qui ce type ? demanda une voix grave dans mon dos.

Merde. Pas besoin d’être un génie pour deviner ce qui va arriver.

Il continua, sa voix de plus en plus forte.

— Je ne peux pas te laisser seule dix minutes sans qu’un gars avec un désir de mort vienne te baratiner. Hier, c’était ce type de la fraternité en orientation, maintenant c’est une tapette avec un sac à main.

Quelqu’un de moins habitué à ce genre de petite brute se serait retourné sous le choc ou aurait bredouillé une explication. Pas moi. Je me contentai de prendre une respiration calme et de regarder droit devant moi, m’attendant à un autre commentaire désagréable et espérant que la situation n’empire pas, comme ça avait tendance à arriver avec moi.

J’essayai d’ignorer la brûlure bien trop familière qui parcourait mes omoplates et qui me signifiait que j’étais à deux doigts de péter un câble. Je m’efforçai à ralentir mon rythme cardiaque qui avait accéléré considérablement, tambourinant sur ma cage thoracique et m’empêchant de respirer convenablement.

Pitiéééé… Je ne veux pas exploser. Pas mon premier jour. C’est supposé être une bonne journée.

— Qu’est-ce qu’il te prend en ce moment, Caleb ?

Stephie avait retrouvé sa voix, cependant, elle avait perdu un peu de son naturel, comme si l’hélium s’était évaporé. Elle ne regardait pas directement Caleb, dont le souffle agressait ma nuque. Au lieu de ça, elle avait les yeux rivés sur sa jupe, passant et repassant ses doigts parfaitement manucurés sur la dentelle. Je reconnaissais cette attitude intimidée. Elle avait peur de parler, comme si ce qu’elle pouvait dire pouvait provoquer la rage de son petit ami.

— Premièrement, c’est une sacoche, pas un sac à main. Ensuite, Jeremy voulait simplement savoir comment se rendre à Wilson, rien de plus.

— Ah ouais ? demanda Caleb. Ben, ouvre tes yeux, mec. C’est juste là.

— C’est ce qu’on m’a dit, marmonnai-je. Merci de ton aide, Stephie.

Je me tournai pour partir, marchant vers la gauche où je pouvais sentir distinctement la présence de Caleb, mais ce dernier fit un pas de côté exprès. Lorsque je percutai son large buste, j’eus l’impression de heurter un mur de brique enveloppé de chair.

Bon sang, il est vraiment énorme.

— T’es en première année ?

Il avait dit ça d’un ton menaçant, même si ses mots ne l’étaient pas. Il n’avait clairement pas un faible pour les nouveaux.

Ignore la brûlure, Jeremy. Ne pense pas à énucléer cet enfoiré et le forcer à avaler ses globes oculaires avec des baguettes.

Je serrai les poings, canalisant la moindre once de contrôle que j’avais pour garder ma voix calme, et m’efforçai à sourire.

— Oui, je suis arrivé il y a deux jours. Je ne suis pas encore très familier avec le campus.

Je choisis de rester calme. Je choisis de rester calme. Ce simple mantra que mon conseiller scolaire m’avait appris tournait en boucle dans ma tête. J’y arrivais assez bien en général, ce qui était assez étonnant parce qu’en vérité… j’étais plutôt bagarreur.

— Écoute, ajoutai-je en affichant un visage apaisé qui me surprit moi-même. J’allais en cours, et je me suis perdu. Ta copine avait un air gentil et...

— Oh, j’en suis certain.

Caleb baissa le regard vers moi. Il devait me dépasser d’une bonne quinzaine de centimètres, avec ses cheveux bruns raides, ses yeux noirs, et un grand visage au nez retroussé. Il était bâti comme le bulldog au torse puissant des Looney Tunes, ou peut-être comme un lutteur poids lourd.

Merde. Si c’est vraiment le cas, des jours difficiles m’attendent.

— Non, je voulais dire que...

— Je me fiche de ce que tu voulais dire, m’interrompit-il.

Il s’avança vers moi jusqu’à ce que l’arrière de mon genou entre en contact avec le bord de la fontaine, me renversant presque.

— T’as pas intérêt à reluquer ma copine, et encore moins à lui parl…

Cette fois, Caleb fut celui qu’on interrompit, mais pas par moi.

— Arrête ces conneries de macho, Caleb, dit une voix masculine derrière lui. Les gens parlent à d’autres gens. Ça fait partie de l’humanité.

Caleb répondit à la voix et recula instantanément, me laissant plus d’espace pour m’éloigner de la fontaine. Il tourna ensuite brusquement la tête pour regarder le nouvel arrivant.

Il était légèrement plus petit que lui et moins corpulent, même si tout aussi bien charpenté. Ses cheveux châtains étaient coupés court, et cette absence de chevelure mettait en avant une paire d’yeux marron doré dans lesquels je me perdais déjà. Waouh ! Tout chez lui correspondait à mes goûts. C’était comme si j’étais allé dans une boutique de super canons et qu’il était exactement ce que j’avais commandé : de magnifiques muscles, des lèvres pleines, une barbe de moins de trois jours, et une adorable fossette au menton qui suppliait pour qu’on l’embrasse.

Ou qu’on la lèche.

Dès que j’avais posé mes yeux sur lui, la brûlure dans mon dos s’était estompée, sans que mon rythme cardiaque ralentisse. En fait, il était sur le point de me marteler la poitrine, mais cette fois dans le bon sens.

— Occupe-toi de tes affaires, Beck. Ce nouveau draguait ma copine. Tu sais que je supporte pas ces conneries.

— Je, je ne…

Je ne pouvais que bégayer, ce qui n’était pas du tout moi. J’étais soudainement désespéré de clarifier la situation, seulement pour Beck. Je me fichais complètement de ce que pensait Caleb, avec son nez retroussé et sa gonflette. Je pouvais m’occuper de lui, là, tout de suite, dans la cour, si c’était ce qui réglerait toute cette histoire. Néanmoins, je me préoccupais de ce que Beck pensait. Pour la première fois de mon existence, ça me semblait absolument désastreux que quelqu’un imagine que j’étais intéressé par une fille. J’avais passé chaque jour de ma vie depuis la puberté à laisser croire aux gens que j’étais hétéro, donc c’était tout nouveau pour moi.

— Euh, je n’étais pas…

Complètement incapable de former une phrase. Voilà une manière de faire bonne impression, Jeremy.

— Stephie, est-ce qu’il flirtait avec toi ? demanda Beck.

— Non.

Elle secoua la tête, ses boucles blondes se balançant sur ses épaules. Elle ouvrit ses grands yeux bleus et relâcha sa mâchoire, devenant l’image même de l’innocence.

Beck me regarda directement, et mon visage surchauffa.

— Quel est ton nom, petit ?

Petit ?!

— Jeremy, répondis-je presque dans un murmure.

— Très bien, Caleb, dit-il. Ils l’ont tous deux officiellement confirmé. Jeremy ne flirtait pas avec Stephie, donc il n’y a aucun problème, pas vrai ?

Il affichait un visage taquin, et tapota l’épaule de Caleb.

— Qu’est-ce qui se passe, mon grand ? Tu ne t’es pas assez battu cet été ? On dirait bien qu’il faut que tu retournes sur le tapis pour te défouler avant que tu ne blesses quelqu’un.

Super. Caleb fait donc de la lutte. Déjà un rival, alors que je ne suis même pas encore allé en cours.

— On verra, répondit Caleb.

Il jeta un dernier regard dans ma direction, avant de s’asseoir près de Stephie et d’enfoncer sa langue dans sa gorge, dans ce qui devait être une démonstration de possessivité. Comme si ça m’intéressait. Elle m’ignorait à présent, laissant son petit ami la malmener, ce qui était la chose la plus intelligente à faire.

La confrontation étant officiellement terminée, je savais que j’aurais pu m’éloigner, cependant, je restais enraciné dans le sol. Ou, plus précisément, je restais collé comme un aimant au type aux yeux dorés. L’un ou l’autre, j’étais là comme un idiot, dévisageant Beck qui me rendait mon regard. Je voulais me détourner, sans succès.

— Je lui demandais juste mon chemin pour aller à Wilson, me justifiai-je maladroitement, lui montrant ma carte comme si elle pouvait prouver mon innocence.

Beck leva un sourcil, et un coin de sa bouche se plissa en un rictus sexy qui déclencha un tiraillement bien trop familier dans mon entrejambe. Maintenant, je le voyais sur les genoux, levant des yeux pleins de désir vers moi, attendant que je glisse mon sexe entre ses douces lèvres. Mmh. Si je ne m’arrêtais pas de l’imaginer, j’allais devoir dissimuler une belle érection.

— Wilson ? demanda-t-il. Tu as de la chance, c’est là que je vais. Suis-moi, je serai ton guide officiel.

Je restai paralysé un instant, les yeux toujours rivés sur lui, bataillant avec mon imagination et la métamorphose qui menaçait de prendre place dans mon jean. Puis le mot métamorphose me fit rire, me rappelant Hulk et son pantalon violet en lambeaux.

Ne me mettez pas en colère. Vous n’aimeriez pas que je me mette en colère.1

Avant que je me rende compte de ce que je faisais, j’éclatai de rire. Un rire court, à peine audible, mais suffisamment fort pour attirer l’attention de Beck. Il se tourna vers moi et me dévisagea avec un petit sourire perplexe.

— Qu’est-ce qui est si drôle ?

— Je repensais juste à Hulk, le comics… ça ressemblait à ce qu’il s’est passé ce matin.

Hé, ce n’est pas un mensonge. Il n’a pas à savoir que je m’imagine m’échapper de mon pantalon à sa simple vision.

Il gloussa.

— Ouais, Caleb est assez énorme, et il peut être intimidant. Je ne sais pas trop ce qu’il a en ce moment. Il n’est pas si agressif d’habitude. Malgré tout, je ne le laisserai pas t’embêter, d’accord ?

— Tu es qui ? Son gardien ?

— Quelque chose comme ça.

Beck rigola, ses yeux se plissant aux coins.

— Je suis son colocataire. Nous partageons un grand appartement avec deux autres personnes.

— Oh, génial. Vont-ils essayer de me passer à tabac eux aussi ?

— Ne t’inquiète pas pour ça.

Il enroula un de ses bras autour de mes épaules et me serra comme les sportifs avaient l’habitude de le faire entre eux.

— Je ne laisserai personne te tabasser. En plus, l’un d’eux est une fille, et elle ne sait pas se battre.

Nous continuâmes vers le bâtiment Wilson, Beck marchant d’une démarche détendue alors que je traînais quelques pas derrière lui, appréciant la vue. Il était vêtu d’une manière décontractée, avec un polo bleu et un jean léger qui suivait ses courbes. Il arrivait bas sur ses hanches, s’affaissant d’une façon bien trop suggestive sur ses cuisses musclées et ses fesses. Tout ce à quoi je pensais était de l’arracher, ou au fait qu’il pourrait tomber par accident.

OK, maintenant, je me fais du mal.

— Dans quelle salle es-tu ? demanda Beck, se tournant pour me regarder.

Je relevai la tête et espérai de toute mon âme qu’il ne m’ait pas vu le mater, et que je ne paraissais pas aussi coupable que ce que je ressentais.

— Hein ? Euh…

Bordel, où sont passés mes mots ?

— En microéconomie, salle 12.

— Ah, commerce en matière principale ? À moins que tu n’aies pas encore décidé ?

— Si, si, commerce. Je le sais depuis le lycée.

— Un homme qui sait ce qu’il veut. Je suis impressionné.

Il sourit et ouvrit la porte du bâtiment Wilson, la tenant pour moi. Il restait encore quinze minutes avant le début des cours. Des étudiants traînaient partout dans le hall, appuyés contre les murs, assis par terre, les pouces tapotant sur les écrans de leurs téléphones portables. Tout le monde était si calme. Je me demandais s’il y avait un moyen d’avoir l’air aussi posé, vu mon cœur qui martelait ma poitrine comme un malade.

— Dans quelle classe es-tu ? interrogeai-je à mon tour, me sentant stupide dès que les mots sortirent de ma bouche. Enfin, je veux dire, y a-t-il encore des classes à la fac ?

— Techniquement, je suis en troisième année, mais je suis un programme accéléré de six ans en médecine du sport, donc c’est un peu inhabituel. Je vais prendre le risque et supposer que tu es en première année.

Il cherchait à me taquiner et me donna un petit coup d’épaule.

— Est-ce si évident ?

Je pouvais sentir mon visage rougir, sans pouvoir y faire quoi que ce soit. Apparemment, j’étais destiné à avoir l’air d’un pauvre débile dès que j’étais en face de lui.

— Je viens d’une petite ville, ajoutai-je, comme si ça expliquait tout.

Il me guida à travers la foule, et je commençai à sentir une sorte de fil invisible m’attirant à lui, nous connectant, me tirant vers lui. J’avais presque l’impression que nous étions ensemble. C’était excitant d’imaginer à quoi nous ressemblerions si nous étions vraiment en couple, ce grand mâle alpha sexy et moi. Ce n’était qu’un petit fantasme inoffensif, pas vrai ?

La majorité des gens dans le couloir s’écartaient en nous voyant, même s’ils ne nous gênaient pas. Je me demandais si c’était parce qu’il avait l’air intimidant ou parce qu’il était vraiment si populaire. J’espérais que non. D’après mon expérience, les types populaires ne causaient que des problèmes. En particulier, les joueurs de football.

— Nous voilà. Salle 12.

Beck s’arrêta devant ma classe et s’appuya sur le mur, à l’écart de tous les autres, croisant ses bras musculeux sur sa poitrine et plissant les yeux vers moi.

— Maintenant, dis-moi la vérité. Qui a parlé en premier ? Stephie ou toi ?

— Moi. Hé, je t’en dois une. Une minute de plus et Caleb et moi en serions venus aux mains. La dernière chose dont j’ai besoin, c’est d’une bagarre dès mon premier jour de fac. Merci de l’avoir convaincu que nous ne flirtions pas.

Beck rit et leva un sourcil.

— Oh, pour ça, elle flirtait vraiment avec toi. Je peux te l’assurer. Ce que j’essaie de comprendre, c’est pourquoi tu y as répondu.

Mon visage s’empourpra alors que je secouai furieusement la tête.

— Non, non, je voulais juste demander mon chemin. Ça ne m’a jamais traversé l’esprit de flirter avec elle. Je le jure.

Il se déplaça lentement vers moi, son épaule glissant contre le mur. Il était si près que je dus relever la tête pour le regarder dans les yeux, ces yeux magnifiques tachetés d’or.

— Du calme, Jeremy.

Sa voix était basse, hypnotique.

— Je ne vais rien dire à Caleb, tu sais. J’étais juste curieux de savoir si tu l’appréciais, c’est tout.

— Pourquoi ?

— Sans raison particulière.

Il haussa les épaules et tourna la tête pour jeter un regard absent vers le couloir derrière lui, brisant instantanément ma transe.

— Toi, tu ne l’aimes pas, pas vrai ? dis-je.

— Bon sang, non.

Il grimaça comme si je venais de suggérer qu’il avait le béguin pour un cafard.

— Écoute, elle est gentille, mais c’est aussi une fouteuse de merde, si tu vois ce que je veux dire. Elle aperçoit un type canon et flirte avec lui, comme tu as pu le constater ce matin. J’entends Caleb s’en plaindre tous les jours. Avec sa carrure et son tempérament, quelqu’un va finir blessé un de ces quatre. Il pourrait écraser n’importe qui.

— Canon ?

De tous les mots qu’il avait prononcés, c’était le seul que mon cerveau avait enregistré.

— Ben, ouais. Je te préviens, pour ton bien. Si elle commence à te parler, fuis dans la direction opposée. Cette fille est un nid à problème, et à présent, tu es sur son radar.

— Nan, elle m’a probablement déjà oublié.

Je chassai cette idée d’un revers de la main, dans ce qui devait certainement être la démonstration la moins convaincante d’humilité. À dire vrai, mon cerveau avait le tournis à la simple pensée qu’il m’ait pratiquement dit que j’étais canon.

— Un beau mec comme toi ? C’est des conneries, tu as probablement déjà attiré l’attention de la moitié des filles de cette école.

— Ah bon ? dis-je, n’arrivant pas à balayer ce sourire idiot de mon visage. Juste les filles ? Pas les garçons ?

Merde. Pourquoi avais-je sorti ça ?

— Euh…

Beck gloussa et détourna le regard, passant une main sur sa nuque.

— Ouais, quelques-uns aussi.

Il recula d’un pas sans s’en rendre compte, laissant un espace vide entre nous pendant un moment. Nos yeux s’évitaient comme deux pôles magnétiques, incapables de se croiser. Je maudis ma grande bouche et ce petit démon imprudent en elle qui lui faisait dire des choses ridicules sans réfléchir.

Me balançant sur les talons, j’enfournai mes mains dans les poches.

— Bref, merci pour le conseil à propos de Stephie et de son énorme copain enragé. Et merci de te soucier de moi, cependant, je peux te garantir qu’il n’y a pas de quoi s’inquiéter. Elle n’est pas mon genre. On ne joue même pas dans la même cour.

Si tu vois ce que je veux dire… Bon sang, pourquoi je n’arrête pas de faire des insinuations ?

— Bon garçon.

Il sourit et me frotta la tête malicieusement, ruinant la coiffure parfaitement négligée que j’avais mis une éternité à fixer ce matin.

— Je ne veux pas avoir à te ramasser à la petite cuillère sur le trottoir si Caleb t’attrape. Je peux seulement tenir éloigné le monstre tant que tu ne tends pas le bâton pour te faire battre.

— Hé, je ne suis peut-être pas aussi costaud que vous autres, mais je peux prendre soin de moi bien mieux que vous ne pensez.

— Si tu le dis, beau gosse.

*

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Extrait de UES Boys, Tome 1 : Au Tapis ajouté par seriallectrice 2017-03-19T18:44:50+01:00

Je gloussai légèrement. Je ne tenais que grâce à mes réserves d'énergie, mes yeux se fermant tout seuls.

- Je te rappellerai demain...

- Monsieur Toumou, laissa-t-il échapper avant que je puisse ajouter quoique ce soit.

- Pardon?

J'ouvris grand les yeux, priant qu'il n'essayait pas de me donner le pire surnom du monde.

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Extrait de UES Boys, Tome 1 : Au Tapis ajouté par LittlexHeart 2017-03-21T04:58:39+01:00

« Avant qu’il puisse m’en empêcher, je le renversai rapidement sous moi et plaquai ses bras de la même manière que lui, nos corps enchevêtrés dans les couvertures. Nos positions étant inversées, il était à ma merci, et je ne jouais plus. Il se débattit. Il n’avait aucune chance de se libérer si je ne le permettais pas. Il était peut-être rapide, cependant sa force ne pouvait pas lutter contre la mienne.

— Tu veux savoir ce que je ressens ? dis-je entre mes dents, bataillant contre ses tentatives futiles pour reprendre le contrôle. Tu veux que j’avoue mon amour pour toi ? Je crois que tu n’as aucune idée de ce que tu demandes. Ce n’est pas un jeu. Tu débarques en ville comme une petite teigne, défiant des lutteurs de deux fois ta taille, comme si tu étais David contre Goliath. Agissant comme si tu allais me dominer… me soumettre… Eh bien, félicitations. Tu as réussi, Jeremy. J’abandonne, putain. Je suis amoureux de toi. Et maintenant ?

— Je t’aime aussi, marmonna-t-il. Tellement. »

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