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— Monsieur, dit-il sèchement en lui abattant une main large comme une pelle sur l’épaule, je vais vous demander de quitter ce restaurant immédiatement.

— Quoi ? Mais je…

— N’insistez pas ou je vous embarque pour trouble à l’ordre public.

— Hein ? Vous… Vous êtes flic ?

— Capitaine Levif, de la gendarmerie nationale.

Toujours incapable de réagir, je vis notre voisin sortir une carte de sa poche et la mettre sous le nez de Loïc, qui se décomposa.

— Mais je n’ai rien fait de mal !

— Si vous ennuyez encore cette femme, vous passez deux jours en garde à vue pour harcèlement. Vu ? Maintenant, dehors. Immédiatement.

— Mais… Mais…

L’inconnu attrapa Loïc par le col de son tee-shirt et le reconduisit manu militari à la porte du restaurant. Je me rendis soudain compte que sa compagne, la jeune femme blonde, s’était glissée à mes côtés.

— Ça va ? souffla-t-elle.

Un déclic se produisit en moi et je pus enfin bouger.

— Hein ? articulai-je, à mi-chemin entre l’incrédulité et l’effroi.

— Désolée pour l’intervention un peu musclée de mon mari. Il a une grande sympathie pour les gens sous couverture. C’est son côté gendarme, vous voyez ?

— Hein ? répétai-je, cette fois horrifiée.

Tout le monde avait donc compris que je bossais sous couverture ? Même mes voisins de table ?

JC fixait le gendarme qui propulsait Loïc dehors avec une froideur palpable. Il se tourna d’un coup vers moi. Ses yeux verts flamboyaient.

— C’est vrai ? grogna-t-il entre ses dents.

— De… De quoi ? bredouillai-je.

— Merde, j’aurais dû le comprendre dès le premier jour. J’avais bien vu que tu étais spéciale, pour une agente, avec tes questions et tes… Putain… Dis-moi juste que ce n’est pas mon père qui t’envoie.

Les mots me manquèrent. Son père ?

— Je pense que c’est plus compliqué que ça, intervint gentiment ma voisine.

JC lui jeta un coup d’oeil si meurtrier que mon estomac se contracta dangereusement.

— Ouh là ! s’épouvanta-t-elle. C’est une façon de regarder une femme enceinte, ça ? Vous voulez me faire accoucher en avance ou quoi ?

Je remarquai seulement l’énorme ventre sur lequel elle avait posé ses mains.

— En plus, ce sont des triplés, ajouta-t-elle d’un air ravi, comme si cela changeait tout.

— Lou ? l’interrompit le gendarme qui revenait. Tout va bien ?

— Oui, oui. Je fais diversion pour que la tension dégonfle entre ces deux là.

L’homme nous dévisagea, moi avec une certaine bienveillance, JC avec un peu plus d’inquiétude. En même temps, vu la façon dont les yeux de mon collègue étincelaient de rage, j’aurais été inquiète aussi, à sa place. Se demandait-il s’il ne ferait pas mieux de l’embarquer pour ne pas retrouver mon cadavre flottant dans la Seine ?

[...]

Un flash troua enfin le brouillard de mes pensées. Je me redressai d’un bond. Il fallait que je le rattrape ! Que je lui explique ! Que oui, j’avais peut-être dit des choses affreuses, mais… Oh mon Dieu ! Comment allais-je corriger un dérapage pareil ?

— Si vous partez, dit Lou en levant ses yeux bleus pleins de candeur vers moi, je peux manger votre repas ?

— Hein ? marmonnai-je sans vraiment l’entendre.

— Lou ! protesta son mari.

— Ben quoi ? On est quatre à nourrir, dans mon corps !

Je ne répondis pas, saisis mon sac à main et courus au-dehors. Je me retrouvai sur le trottoir et tournai la tête dans tous les sens. JC avait disparu.

Un trou béant s’ouvrit dans ma poitrine et mes paupières me brûlèrent. Toute ma stupidité me tombait dessus d’un coup. Il était parti. À cause de moi. J’avais tout raté. Tout gâché.

La porte se rouvrit derrière moi et un bras léger se posa sur mon épaule.

— Eh, me dit Lou avec gentillesse. Ça va aller ?

— Il est parti, gémis-je.

— Avec ce qu’il a entendu, c’est normal. Il suffit que vous rétablissiez la vérité.

La vérité ? Le désespoir creusa un peu plus le gouffre dans mon ventre. Il l’avait entendue, la vérité ! J’avais réellement prononcé ces mots !

— Que vous l’aimez, je veux dire, précisa Lou devant mon silence pitoyable.

— Quoi ? coassai-je.

— Vous l’aimez, pas vrai ?

— Je… Je…

La tempête reprit dans ma tête. Il me faisait de l’effet, c’était sûr, mais de là à dire que je l’aimais ! Il m’avait aussi montré des aspects de sa personnalité qui me rebutaient totalement ! Mais… Il n’avait pas vraiment eu le choix, si ?

Lou me tapota l’épaule.

— Quand vous saurez, ça sera plus facile. Bonne chance !

Elle me laissa seule sur le trottoir, à moitié assommée. De la chance ? Ça ne suffirait jamais ! Ce qu’il me fallait, cette fois, c’était réellement un miracle de Noëlle !

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— Noëlle !

Loïc se dirigeait vers nous à grands pas, un immense sourire aux lèvres.

— Tu avais raison, on se rencontre à nouveau par hasard !

— Par hasard ? répétai-je, incrédule. Tu es entré Chez Max, le meilleur restaurant de viande du coin, par hasard ?

Il parut déstabilisé. J’en profitai pour reporter mon attention sur JC.

— JC, je te présente Loïc. Il est coach, mais il ne sait pas en quoi, et végétarien.

— Je vois, répondit JC avec un sourire de plus en plus goguenard.

— Et je t’assure que je n’ai pas huit chiens. Juste un coussin-escargot, mais il ne pleure pas quand il est tout seul à la maison et il ne mord pas les étrangers.

JC rit de nouveau. Loïc nous contemplait avec une incompréhension manifeste.

— Tu m’avais dit qu’on se recroiserait peut-être par hasard, reprit-il avec moins d’assurance.

— Je n’en doute pas, répondit JC à ma place. Quelle coïncidence extraordinaire que vous soyez entré précisément dans ce restaurant, où rien ne vous plaît à la carte !

— Euh… J’ai vu Noëlle par la fenêtre, mais c’est un hasard… Et au fait, vous êtes qui, vous ? Un mec du site de rencontres, aussi ? Je vous préviens, elle va se barrer au bout d’une demi-heure en vous disant que vos univers sont trop différents et elle ne vous recontactera jamais ! Même si c’est elle qui paie la conso !

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— Tu aimes les pizzas ? demandai-je pour gagner du temps.

— Pas trop, mais c’est pratique pour un végétarien, il y a toujours un plat qui convient.

— Tu es végétarien ?

— Oui.

L’esprit vide, je ramais désespérément pour trouver une échappatoire.

— Mais je mange de la viande, rassure-toi, ajouta-t-il en se méprenant sur la cause de mon silence.

— Hein ?

— Oui. À midi, par exemple, j’ai mangé un steak. Je suis végétarien, mais pas stupide.

Végétarien mais pas… Mais qu’est-ce que c’était que ce type ?

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— Au fait, lança innocemment ma petite soeur en poussant le saucisson vers moi, tu ne m’avais pas dit que JC t’avait invitée à boire un verre…

Du coup, Hortense reporta toute son attention sur moi. Je restai pensive.

— Noëlle ! s’exclama-t-elle, enchantée.

— Ben… Je ne sais pas…

— Tu ne sais pas quoi ? insista ma soeur.

— Si j’arriverai encore à le regarder dans les yeux, si je découvre que c’est un acteur porno…

La mâchoire de Victoire manqua de tomber tandis que les yeux de ma voisine s’écarquillaient.

— Un acteur porno ?

— Ou un assassin, tempérai-je.

Victoire fronça les sourcils.

— Tu es encore en train de trouver des excuses pour ne pas y aller, c’est ça ?

— Pas du tout ! protestai-je. Ce sont juste des choses que les collègues ont dites…

Hortense Michel pointa une tranche de saucisson vers mon chemisier avec autorité.

— Noëlle, ma fille, ne soyez pas idiote !

— Hein ?

— Si c’est un acteur porno, foncez. Ça vous fera beaucoup de bien.

Mes pommettes chauffèrent d’un coup et la bouche de Victoire s’arrondit. Hortense !

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Le retour à l’agence s’effectua dans un silence quasi total. JC ne paraissait pas vouloir dire quoi que ce soit, et moi, j’étais trop abasourdie pour aligner deux mots. Un millier de pensées se bousculaient dans ma tête. Fallait-il que je résilie mon abonnement au site de rencontres ? Tout de suite ? Comment JC réagirait-il s’il apprenait mon véritable métier ? Aimait-il les escargots ?

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JC Jekyll était-il en train de redevenir Mister Hyde ?

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— Ah ! Notre nouvelle recrue. À l’heure, parfait. La ponctualité est la politesse des rois.

Oui, je ne le lui faisais pas dire…

— Enchantée, monsieur, dis-je d’une voix sereine. Merci de me recev…

— Pas de monsieur entre nous, m’interrompit-il. Je suis Patrick-Daniel Guerret. Mais faites comme tout le monde, appelez-moi PDG.

Hein ?

— Je vois que vous avez déjà rencontré mon équipe de gagnants. Vous avez vu Debby…

Déborah sourit.

— Nathy…

Nathalie esquissa une mini révérence.

— GI…

Dji-aïe ?

— Gaétan Ingalls, précisa ce dernier avec un clin d’oeil.

— Et JC, conclut le patron.

JC esquissa un coucou maladroit du bout des doigts. Des surnoms pour tout le monde. Génial. Le premier qui m’appelait Nono, je lui vidais ma tasse de café sans café sur la tête, mission ou pas.

— Et vous êtes donc ? demanda encore PDG.

— Noëlle Andelnans, répondis-je en me tenant bien droite.

— Hum… Pas très américain, ça. Il va falloir trouver mieux.

— Américain ? répétai-je, perplexe.

— Notre clientèle se compose presque exclusivement d’étrangers. Vous n’ignorez pas ça, n’est-ce pas ?

Euh… En fait, si…

— Les surnoms américains mettent en confiance, ajouta-t-il. Comment faisiez-vous, chez Domaines et Châteaux ?

Ah, Domaines et Châteaux, mon prétendu précédent employeur. Je me ressaisis instantanément.

— On m’appelait Miss Noëlle, déclarai-je avec le plus grand naturel. La petite touche frenchy, les clients adorent.

PDG ferma le poing avec vivacité comme s’il venait d’attraper une mouche.

— Miss Noëlle, j’adhère, je prends. Bienvenue dans l’équipe, Miss Noëlle.

Ouf !

— Merci, dis-je prudemment. Et… Pour l’entretien ?

L’homme balaya ma remarque du revers de la main.

— Je me moque de l’entretien. Ce qui m’intéresse, c’est votre compétence sur le terrain. JC ! Café !

Le jeune homme s’empressa de lui servir une tasse, tandis que je tentais d’atterrir.

— Je suis donc… retenue ?

— À l’essai, aboya l’homme en renvoyant JC d’un claquement de doigts. Qu’est-ce que vous croyez ? Vous allez faire vos preuves. Vous avez dix jours pour vendre la maison hantée.

— La maison… hantée ? dis-je, avec l’impression de plus en plus prégnante de me trouver au beau milieu d’un canular.

— JC, explications !

— Tout de suite, PDG, bredouilla le jeune homme en avançant d’un pas. Il s’agit d’une maison de maître, au bord de la forêt de Saint-Germain-en-Laye, dont les propriétaires ont été assassinés il y a sept ans. La maison est passée d’agence en agence, mais personne n’arrive à la vendre, à cause de sa réputation et de son passé.

— Si vous la vendez, Miss Noëlle, le poste est à vous. Définitivement.

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Extrait ajouté par SherCam 2019-06-07T17:54:21+02:00

Personne ne m’était destiné, personne ne m’attendait nulle part. Je finirais ma vie seule, à ennuyer mes jeunes voisines en faisant ma crise de la soixante-quinzaine.

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Extrait ajouté par SherCam 2019-06-07T17:53:16+02:00

Je remarquai ses oreilles cramoisies. Vite ! Trouver une bonne excuse pour dire non !

— Euh… D’accord, bredouillai-je.

Hein ? Mais… Mais pourquoi j’avais répondu ça, moi ?

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Extrait ajouté par SherCam 2019-06-07T17:52:14+02:00

Ha ! C’était pénible quand tout le monde essayait de vous caser avec le premier venu, hein ?

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