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Extrait ajouté par presquephine 2020-02-23T11:15:05+01:00

"Dans son sommeil, il se tourna plusieurs fois avant de se caler sur le côté. Les muscles de son visage se décontractèrent totalement et sa bouche s'ouvrit petit à petit.

Il se mit à baver un peu sur l'oreiller.

Une scolopendre gluante avançait sur les draps,droit vers lui.

Elle remontait en direction de la tête, ses dizaines de pattes ressemblant à des griffes dansaient pour la tracter."

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:53+01:00

Une ville entière évaporée de tous ses habitants. Chaque année.

C’était un chiffre officiel. Dans ce pays dit « civilisé », l’équivalent de toute la population d’une grande cité disparaissait sans qu’on sache où ni pour combien de temps, ni si ces gens étaient encore en vie.

Environ 650000 personnes étaient déclarées disparues tous les douze mois. Rien que ça. Principalement des mineurs. La plupart finissaient par ressurgir quelque part, un jour, en plus ou moins bon état, parfois aussi froides qu’un pain de glace. Mais au bout du compte, environ 15 % s’envolaient pour de bon.

Près de 90000 personnes.

Sans jamais remonter à la surface de la société.

Et cela recommençait l’année suivante. Toujours et encore. Près d’un million d’individus en dix ans. Et le compte ne s’arrêtait jamais.

– Un million, répéta lentement Kat Kordell, effarée, comme pour mieux se figurer ce que cela représentait.

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Extrait ajouté par Donatella54 2020-02-21T10:06:12+01:00

- D'où te viens toute cette rage? demanda t-il, très sérieux.

- Comment ça?

- Eh bien, pour avoir besoin d'écouter une musique aussi violente, il faut que tu sois sacrément en pétard au fond de toi, sinon elle n'aurait aucun écho, tu n'entendrais que ce que c'est réellement : du bruit.

[...]

C'était une question qu'il se posait souvent. Son amour adolescent immodéré pour cette musique puissante, sombre, parfois agressive ou mélancolique, n'avait jamais cessé d'interroger l'adulte qu'il était devenu, car cette passion ne s'était pas ventilée à mesure que sa personnalité s'affirmait. Au contraire, il en savourait désormais les subtilités, la technique, la profondeur.

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Extrait ajouté par Donatella54 2020-02-15T23:49:48+01:00

Elle éclusait les livres comme certains les godets à la taverne, buvant l'encre jusqu'à s'en faire des caleidoscopes d'histoires dans la cervelle, et lorsque ses pupilles se relevaient brusquement, attirées par un craquement suspect près de la rive, deux paysages se superposaient durant un bref instant, celui de se ses romans et son propre jardin, sans qu'elle sache très bien ce qui était réel.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:13:01+01:00

La lumière du palier avait encore des problèmes, constata la privée en ouvrant sa porte. Le transfo des spots dans le faux plafond, avait expliqué l’électricien. Manifestement, il n’avait rien changé du tout. Les deux ampoules sur son seuil crépitaient et arrosaient épisodiquement de leur jet de lumière la vieille moquette élimée devant l’ascenseur.

Et dans un de ces flashs, Kat vit la silhouette découpée de la mort qui l’attendait.

Haute et maigre, les mains jointes devant elle sur sa robe de ténèbres, elle la fixait sans aucune émotion, des cernes comme des faux sous ses yeux noirs semblables à des puits sans fond, les cheveux tirés en arrière à en souffrir, le menton pointu presque à l’instar d’une menace physique.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:44+01:00

Dans les éclairs des flashs, il vit, soulignée par sa propre lampe, la mâchoire osseuse, béante sur les longues dents, l’absence de nez, juste une double cavité oblongue, les pommettes projetant leur ombre en direction des orbites vides. Une tempête de cheveux roux coiffait bizarrement le haut du front blafard puis Atticus comprit qu’ils avaient dû être blonds avant. Le sang les avait poissés en tous sens, les figeant après la bataille dans un mouvement presque grotesque, comme une perruque mal ajustée. L’horreur, la tragédie et le ridicule de la mort entremêlés. Cette curieuse image d’un crâne agonisant sur sa propre futilité lui fit aussitôt penser à Hamlet. Pauvre Yorick !

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:36+01:00

Le grand moustachu et la petite rouquine échangèrent un regard entendu et Marcia leva l’index vers les trois ouvertures au milieu des blocs de roche.

– Va jeter un œil, Gore, insista Marcia. Il y a des trucs qui sont difficiles à raconter.

Cette fois, la curiosité fut la plus forte. Atticus secoua la tête, dépité et agacé par les mystères que ces deux-là lui faisaient, et il prit la direction de l’enclos. Ottington le siffla.

– Prends ça, tu vas en avoir besoin, dit-il en lui lançant une petite lampe torche. Et surtout, regarde où tu marches.

L’œil brillant, il dévoila ses petites dents grises dans un sourire qui n’avait rien d’amical.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:27+01:00

Los Angeles déroulait son tapis urbain interminable jusqu’à l’océan, seulement barré au nord par les épaules voûtées des montagnes et vallées tortueuses dont Griffith Park formait l’extrémité est. Un vaste territoire sauvage en terres humaines, pentes abruptes, végétation sèche mais abondante, lacis de chemins poussiéreux pour randonneurs motivés. Quelques sommets offraient une vue parfaite sur la cité et son horizon flouté de pollution.

Le cabriolet d’Atticus Gore quitta l’autoroute 5 pour s’élancer sur un tremplin de longues artères désertes, jalonnées de chênes, palmiers et sycomores, et en quelques centaines de mètres, il fut perdu pour la civilisation, ne conservant que le cordon ombilical de la rumeur du trafic sur la Golden State Freeway qu’il effaça en poussant la musique plus fort. Un massif de fleurs roses l’accueillit près du bâtiment des rangers du parc, la montagne sur sa gauche, des aires de promenade tout autour de lui, et il ralentit pour chercher sa route. L’endroit était calme, très peu fréquenté, et Atticus supposa que ça n’avait rien d’étonnant, un vendredi à 8 h 15. Il avisa un panneau « Merry-Go-Round », le célèbre carrousel, et se souvint qu’il devait poursuivre jusqu’à la prochaine intersection. Il roulait lentement, scrutant le paysage autant pour se repérer que pour s’imprégner de cet endroit où il ne venait pas souvent, et se promit de l’ajouter à la déjà longue liste de choses à faire, au sommet de laquelle trônait l’éternel « Être un homme meilleur ». À cette vitesse, il en profita pour respirer à pleins poumons le parfum des fleurs de ce début de printemps. Sucré, légèrement piquant, une note boisée, une autre cuivrée. Les odeurs qui vont suivre seront bien différentes…

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:16+01:00

Ottington ne l’aimait pas beaucoup et Marcia n’était pas du genre à se battre contre son partenaire. Atticus n’était pas dupe, ils ne lui faisaient pas une fleur, il y avait un loup quelque part. Ce coup puait à cent lieues les emmerdes, politiques ou show-biz.

– Parce que c’est dans tes cordes, génie. Viens voir, tu me remercieras.

– T’essayes pas de me refourguer un macchabée bien dégueu ?

– C’est tout juste s’il reste quelque chose. Mais la déco, c’est tout ce que tu aimes. Rapplique. Au vieux zoo abandonné de Griffith Park. Suis les guirlandes.

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Extrait ajouté par wizbiz06 2020-02-05T18:12:09+01:00

Ses longs doigts épais finissaient de coiffer sa tignasse cendrée avec un style faussement décontracté. Quelques épis bien disposés. Il caressa distraitement le début de barbe argentée qui sourdait de ses joues creuses et recula pour examiner l’ensemble dans le miroir.

Il hésita. Sourcils larges, d’un noir abyssal. Lèvres généreuses, presque provocatrices – il en avait toujours eu honte. Nez un peu trop osseux à son goût, mais au moins lui se faisait discret, tout en finesse.

Atticus Gore ne s’était jamais trouvé particulièrement beau. Du charme, certainement, mais il ne s’aimait pas. Peut-être parce qu’il n’avait jamais fait la paix avec lui-même. À quarante ans passés, il ignorait si c’était pathétique ou proche de la caricature, comme le laissaient entendre les unes de magazines psychologiques qu’il ne lisait pas mais dont il entrapercevait les couvertures glacées, sur les tables basses des salles d’attente en tout genre qu’il fréquentait. Club de sport. Spa, pour les massages. Institut de beauté pour les soins du visage. Chiropracteur. Et même salon de manucure à Chinatown. Atticus ne s’interdisait rien pour s’entretenir. Il ne s’aimait pas beaucoup, toutefois il ne pouvait se reprocher de ne pas tout essayer pour s’améliorer, quitte à en faire trop.

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