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Un linceul n'a pas de poches



Description ajoutée par anonyme 2010-04-11T18:57:16+02:00

Résumé

Ce livre de McCoy est le réquisitoire le plus violent - le plus dépourvu d'espoir aussi - qui puisse être dressé contre ce qu'on appelle «l'ordre établi». Un réquisitoire, d'ailleurs, qui dépasse de beaucoup l'époque de la civilisation qu'il vise - notre époque, notre civilisation - pour atteindre ce qu'il y a de plus ancien, et peut-être d'éternel, dans la condition de l'homme : la perpétuelle soumission de la vérité au mensonge, par la lâcheté et l'hypocrisie des individus.

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Classement en biblio - 4 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par feedesneige 2016-04-11T02:13:36+02:00

Ils étaient étendus ensemble sur la berge d’un petit ruisseau, sur un vieux tartan que Dolan emportait toujours dans sa voiture. Ils étaient nus, et gisaient là, tranquillement allongés, écoutant le léger bruit de succion de l’eau, le ronflement sourd qui émanait de la ville, distante de sept ou huit milles, silencieux, regardant les étoiles, tout là-haut.

— Mike…

— Quoi ?

— À quoi penses-tu ?

— À rien…

— Tu devais certainement penser à quelque chose…

— Tu me promets de ne pas rire ?

— Non.

— Je pensais à Ezra Pound.

— Qui est-ce ?

— Un poète. C’est un poète qui écoute le bruissement de l’eau, puis qui essaye de transformer les sons en mots.

— Ah…

Ils redevinrent silencieux. Avril avança la tête et lui embrassa la poitrine, avec un petit bruit heureux au fond de la gorge.

— Mike…

— Oui ?

— Tu m’aimes ?

— Je ne sais pas. Tu me plais, ça, je le sais.

— Mais, quand nous faisons l’amour, tu m’aimes ?

— Oui…

— Nous n’aurons plus beaucoup d’occasions comme celle-ci.

— Je le sais…

— Qu’est-ce qu’il va nous arriver…

— Il ne nous arrivera rien…

— Je veux dire dans l’avenir. Je veux dire dans les années à venir.

— Eh bien, tu vas épouser ce gentil garçon qui sort d’Harvard, vous vous installerez bourgeoisement et vous aurez beaucoup d’enfants. Puis, à peu près vers l’époque où vous aurez élevé deux superbes garçons ce sera la guerre, et vos deux superbes garçons seront anéantis par les bombes ou les gaz asphyxiants, ou Dieu sait quoi. Quant à moi, je serai allongé comme maintenant sur un champ de bataille à l’autre bout du monde, avec cette différence que j’aurai un éclat d’obus dans le ventre et que les vautours se régaleront de ma viande.

— Tu ne penses pas vraiment cela ?

— Absolument. Nous faisons tout pour que ça arrive. Un tas d’enfants de salauds de crétins sont en train de nous précipiter la tête la première dans ce genre d’entreprise. Mussolini a commencé, puis Hitler a continué.

— Je ne crois pas que notre pays fasse la guerre. Les gens sont contre…

— Oui, jusqu’à ce que nous l’ayons déclarée. À ce moment-là, ils partiraient tous. Quand on commence à jouer l’hymne national et à agiter les drapeaux, tout le monde entre en transes.

Elle se rapprocha de lui et lui saisit la main. Elle porta sa tête tout contre lui, de façon qu’il pût sentir le parfum émanant de ses cheveux. Il se souleva sur son coude, et la regarda. Elle formait une belle courbe blanche sur la vieille couverture rouge et bleue. Elle gémit doucement ; elle le désirait à nouveau. Il se pencha et la prit dans ses bras.

— Mike, dit-elle entre ses dents, s’il faut absolument que tu ailles à la guerre, il y a une chose qui, en tout cas, ne doit pas t’arriver. Oh, grand Dieu, tout, mais pas cela…

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Date de sortie

Un linceul n'a pas de poches

  • France : 1998-10-23 - Poche (Français)

Activité récente

Les chiffres

Lecteurs 4
Commentaires 0
Extraits 2
Evaluations 1
Note globale 4 / 10

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