Livres
493 054
Membres
489 624

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode

Un milliardaire pour ennemi



Description ajoutée par letty85 2014-10-07T15:58:53+02:00

Résumé

Le soir où Emiliano Cannavaro surgit sur le pas de sa porte, Lauren comprend que le moment qu’elle redoutait tant est arrivé : les Cannavaro ont décidé de récupérer leur héritier. Mais c’est mal la connaître. Jamais elle ne laissera Danny, l’enfant que sa sœur a eu avec le frère d’Emiliano et qu’elle élève comme le sien depuis sa naissance, grandir dans cette famille où l’argent tient lieu de principe d’éducation et d’amour parental. Hélas, elle sait aussi que le combat s’annonce inégal. Non seulement Emiliano est richissime, mais en plus il semble ne rien avoir perdu du pouvoir envoûtant qu’il exerce sur elle depuis l’unique – et inoubliable – nuit qu’ils ont passée ensemble deux ans plus tôt…

Afficher en entier

Classement en biblio - 22 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Underworld 2019-10-14T00:31:23+02:00

** Extrait offert par Elizabeth Power **

1.

Lauren reconnut son visiteur dès qu’il descendit de la luxueuse voiture gris métallisé. La présence de cette limousine parmi les bâtiments rustiques de sa ferme avait quelque chose d’incongru. Mais c’était l’homme qui traversait à présent la cour, tandis qu’elle fermait l’écurie pour la nuit, qui retenait toute son attention. Grand, mince, la trentaine, des cheveux noirs que le vent s’acharnait à décoiffer, il portait un costume élégant qui soulignait son corps svelte et sa large carrure. Jamais elle n’aurait imaginé — ni espéré — revoir ce bel Italien…

Mettant une main en visière pour se protéger de la lumière aveuglante du soleil couchant, elle observa sa progression d’un œil aigu.

— Bonsoir Lauren.

Elle était encore trop stupéfaite pour prononcer un seul mot. Que venait-il faire chez elle, dans cette ferme reculée du nord de l’Angleterre, si loin du monde flamboyant des milliardaires dans lequel il évoluait ?

— Emiliano ?… articula-t-elle enfin.

En entendant sa voix chevrotante, Lauren aurait voulu se gifler ! Et pourquoi diable avait-elle honte tout à coup de son débardeur et de sa salopette ? C’était la tenue qu’elle portait habituellement pour inspecter les box des chevaux qu’elle prenait en pension chez elle. L’argent des locations venait compléter le maigre revenu qu’elle tirait de son emploi de caissière à la jardinerie locale. Pour comble, elle avait aussi conscience de sa crinière rousse ébouriffée par le vent humide.

— Que viens-tu faire ici ?

Elle avait voulu insuffler une note de défi à sa voix, mais un léger tremblement avait faussé cet effet. C’était compréhensible puisqu’elle n’avait pas vu Emiliano Cannavaro depuis deux ans, quand il l’avait rejetée de façon abjecte. C’était le soir du mariage de sa sœur. Magnat d’une compagnie maritime italienne dont les navires sillonnaient toutes les mers du globe, Emiliano avait usé de son charme méditerranéen pour l’entraîner dans son lit…

— J’ai à te parler, répondit-il.

Il était plus grand que dans son souvenir. Sans les talons hauts qu’elle portait le jour des noces de Vikki, Lauren lui arrivait tout juste à l’épaule. Un frisson naquit au creux de son ventre en levant les yeux vers ses beaux traits hâlés empreints d’autorité — exactement comme cela lui était arrivé la première fois…

Elle détailla son visage : le front haut, des pommettes sculptées, des yeux incroyablement sombres bordés de longs cils noirs. Son nez était légèrement busqué et sa mâchoire énergique était ombrée d’une légère barbe.

— Me parler ? A quel sujet ? s’enquit-elle d’un ton peu amène.

— Daniele.

Elle plissa les yeux avec méfiance.

— Danny ?

Emiliano n’avait pas envie d’entamer une discussion dans la cour. Il s’attarda sur le visage ovale empourpré de Lauren Westwood, ses prunelles d’un vert pétillant frangées de cils d’un roux plus sombre que ses cheveux, son nez retroussé piqueté de taches de rousseur. Puis, il s’arrêta sur sa bouche. Elle avait des lèvres pleines, joliment dessinées, mais qui en cet instant offraient un pli rebelle.

Au moment où Lauren faiblissait sous la brûlure de son regard, son visiteur fit un geste pour désigner la ferme.

— Si nous allions à l’intérieur ?

Elle tressaillit. A l’intérieur ? Seule avec lui ?…

— Pas avant que tu m’aies dit exactement le motif de ta visite, répondit-elle avec fermeté.

— Très bien. Si tu préfères que j’aille droit au but. J’aimerais le voir.

— Pourquoi ? Tu n’as pas fait l’effort de prendre de ses nouvelles en plus d’un an.

Lauren crut l’entendre ravaler son souffle. Ainsi, il se sentait coupable. Parfait ! Car elle était bien décidée à ne pas lui faciliter la tâche.

— Si je ne me suis pas manifesté, répondit-il, les lèvres légèrement pincées, c’est parce que tu as refusé de nous dire où il se trouvait.

Lauren le fixa, sidérée.

— C’est ce que ton frère t’a raconté ? Ou quelque chose que tu as inventé ? Car Danny n’a jamais compté jusque-là, ni pour toi ni pour aucun des Cannavaro.

Elle avait lâché ces derniers mots avec amertume comme toute l’histoire avait recommencé à se dérouler dans son esprit ; on aurait dit que la présence de son amant d’une nuit avait enclenché la touche « lecture » de sa mémoire.

Angelo Cannavaro, le frère d’Emiliano, avait épousé la sœur de Lauren. A l’époque, celle-ci était enceinte. Hélas, Vikki avait trouvé la mort dans un accident de voiture presque un an plus tôt ; Angelo, qui conduisait, n’avait été que blessé. Peu après le drame, son beau-frère était venu la voir, appuyé sur des béquilles, pour l’informer qu’elle pouvait garder le bébé dont selon lui Vikki s’était servie pour le contraindre à l’épouser. Il reniait Daniele, son propre fils, et coupait les ponts. C’était la dernière fois qu’elle l’avait vu. Lui ou quelque autre membre de la famille Cannavaro d’ailleurs. Et voilà que l’aîné des deux frères débarquait chez elle à l’improviste pour l’accuser !

— Tu ne manques pas d’air, marmonna-t-elle, les dents serrées.

Il ramena ses cheveux noirs en arrière. Il avait de belles mains longues et fines. Comment oublier qu’un certain week-end elles avaient sillonné son corps pour en obtenir les plus délicieuses réponses ?

Il haussa un sourcil, comme s’il allait contester ce commentaire, puis se ravisa.

— Comme je le suggérais tout à l’heure, pouvons-nous discuter à l’intérieur ?

Son ton n’admettait aucune réplique. Consciente qu’il ne servait à rien d’insister, Lauren capitula. Elle traversa la cour et entra par la porte du fond dans la vieille maison aux murs massifs. Emiliano la suivait de près. Elle sentait son regard peser sur la chute de ses reins et elle devina qu’il se souvenait, lui aussi…

* * *

Dès qu’ils se trouvèrent dans la vaste cuisine, Lauren pivota pour faire face à son visiteur.

— Maintenant, dis ce que tu as à dire !

Sa voix était d’une dureté excessive, mais cet homme qui lui avait fait l’amour l’avait aussi traitée de façon exécrable ensuite, et ce souvenir l’emplissait encore de honte et d’humiliation. Maintenant qu’il venait de réapparaître, ces sentiments étaient exacerbés.

— Comme tu voudras, répondit-il sans paraître froissé par son hostilité. Je ne vais pas… Quelle est l’expression déjà ? Tourner autour du pot ?

Il hésita néanmoins avant d’ajouter :

— Tu es probablement au courant qu’Angelo est décédé il y a un peu plus d’un mois.

Lauren hocha la tête. Elle avait reçu un choc en apprenant la nouvelle dans la presse. On avait conclu à une mort accidentelle, causée par un mélange des puissants calmants qu’il prenait contre les douloureuses séquelles de sa blessure et d’une dose excessive d’alcool. Elle aurait voulu faire part à Emiliano de sa sympathie, lui présenter des condoléances, mais elle ne trouva pas les mots qui convenaient.

— Qu’est-ce que cela a à voir avec moi ? demanda-t-elle faute de mieux.

— Cela te concerne directement parce qu’à partir de maintenant, tu vas cesser d’exercer ton monopole sur Daniele.

— Je ne l’ai pas monopolisé ! rétorqua-t-elle. Pas volontairement du moins. Ton frère n’accordait pas la moindre attention à son fils, c’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Vikki voulait le quitter. Et toi non plus, tu ne t’es pas soucié de lui.

— Un manque que j’ai bien l’intention de réparer. Mais comme je te l’ai déjà dit, je n’avais pas la moindre idée de l’endroit où se trouvait mon neveu. Je vis à Rome… comme tu t’en souviens probablement.

Lauren se doutait que son hésitation avait été calculée ; pour lui rappeler une intimité passée à laquelle elle ne voulait pas songer.

— Chaque fois que je venais en Angleterre, reprit-il, Angelo m’assurait que Daniele était en bonnes mains. Rien de plus. Peu avant sa mort, j’ai fait pression sur lui pour savoir où il se trouvait. Il a fini par avouer qu’il te l’avait confié, mais qu’il ignorait où tu l’avais emmené. Pourquoi m’aurait-il menti ?

— Parce qu’il ne voulait pas que tu saches la vérité, répondit Lauren envahie par la colère.

— Quelle vérité ?

— Il a abandonné Daniele parce qu’il refusait d’affronter la responsabilité de sa paternité ! Il savait parfaitement où me trouver et il aurait pu venir à tout moment voir son fils, je ne l’en aurais pas empêché…

Sa voix se brisa et elle pensa douloureusement à son petit neveu. Prenant une profonde inspiration, elle poursuivit :

— Il n’est jamais venu. Parce qu’il ne voulait pas se priver un seul instant des plaisirs de la belle vie légère et insouciante que vous aimez tant tous les deux !

C’était un cri du cœur qui reflétait l’injustice que sa sœur et elle avaient subie en fréquentant les frères Cannavaro. Vikki n’avait pas été une sainte, loin de là. Mais elle n’avait pas non plus mérité les maltraitances psychologiques et les infidélités d’Angelo ; pas plus qu’elle n’avait mérité le mépris cinglant de son frère.

— Tu auras beau dire, Daniele est le fils d’Angelo, et par conséquent mon neveu, dit froidement Emiliano, comme s’il ne faisait aucun cas de son émotion.

— Et naturellement, tu veux le voir.

Elle devait faire cette concession. En tant qu’oncle et tante biologiques de l’enfant, ils pouvaient tous deux également prétendre à son affection. Cependant, elle ne put s’empêcher d’éprouver une certaine satisfaction au moment d’ajouter :

— Je crains que ce ne soit pas possible ce soir. Il dort déjà.

Elle perçut sa tension et, pour la première fois, elle remarqua les ombres grises qui cernaient ses yeux — la récente disparition de son frère l’avait affecté. Il ébaucha un léger signe de tête, ce qui eut pour effet de ramener quelques mèches sur son front. Cela lui donna un air plus ténébreux et plus diabolique que jamais.

— Je comprends, dit-il, étrangement conciliant tout à coup. En revanche, je ne crois pas que tu saisisses bien la situation, Lauren. Mieux vaut que tu connaisses dès maintenant mes intentions : j’exigerai beaucoup plus que de voir Daniele.

— Que veux-tu dire ? demanda-t-elle gagnée par une brusque nausée.

— L’enfant est un Cannavaro. Il est donc logique qu’il grandisse dans sa famille.

— Mais il est déjà dans sa famille ! protesta-t-elle, indignée.

Au lieu d’argumenter, Emiliano jeta un coup d’œil circulaire dans la cuisine. Lauren devinait aisément ce qu’il pensait : que la pièce avait connu des jours meilleurs, avec son évier ébréché, sa table en chêne usée et son vieux vaisselier adossé contre le mur du fond.

Le regard d’Emiliano se reporta sur elle. Une lueur sévère animait ses prunelles sombres.

— Tu penses qu’il est convenable pour un enfant de son rang de grandir dans ce genre d’endroit ?

Sa réflexion méprisante la piqua au vif. Elle avait été heureuse, elle, dans cette maison, entre ses parents aimants et sa sœur !

— Bien sûr, ce n’est pas le palais que tu imagines sans doute pour lui, répliqua-t-elle, déterminée à ne pas montrer combien elle était blessée. Mais il recevra davantage d’amour, il apprendra mieux les vraies valeurs dans cette maison modeste et que dans ces demeures immenses et stériles que vous autres, les riches, vous appelez un chez-soi !

Les traits d’Emiliano se contractèrent. Avait-elle touché une corde sensible sous la façade monolithique qu’il lui opposait, ou était-ce seulement son franc-parler qui provoquait chez lui cette tension ? Lauren n’en savait rien, mais un souvenir vivace lui revint à l’esprit. Elle lui avait déjà vu cette expression ; deux ans plus tôt, juste avant qu’il l’emporte avec lui vers une extase inouïe…

— Je me demande ce que toi ou ta sœur savez des « vraies valeurs », la défia-t-il d’une voix dangereusement calme.

— Selon toi, rien, bien sûr ! jeta-t-elle, tremblante de colère.

Lauren n’oubliait pas qu’Emiliano n’avait pas voulu entendre ses explications après la conversation qu’il avait surprise entre Vikki et elle. Il les avait aussitôt cataloguées comme des femmes vénales de la pire espèce. Elle n’allait certainement pas essayer de rétablir la vérité maintenant, surtout qu’il l’accusait en plus d’enlèvement d’enfant !

— Dans quel genre de maison est-ce que j’habite, d’après toi ? demanda-t-il soudain.

La question la dérouta. Elle ne pouvait l’imaginer ailleurs que dans une de ces villégiatures chic où les gens riches et célèbres passaient leurs vacances, ou dans un immense bureau high-tech au sommet d’une tour ultramoderne d’où il dirigeait son empire maritime.

— Je n’ai pas le temps de jouer aux devinettes, trancha-t-elle, farouche.

— Tu ne te demandes pas où notre neveu, à qui tu dis inculquer tes valeurs pourtant discutables, va vivre désormais ?

Lauren se mordit l’intérieur de la joue pour s’adjurer au calme. Les souvenirs de ce qui s’était passé entre eux la dérangeaient certes, mais ne la blessaient pas. Seulement, Emiliano Cannavaro n’était plus un simple souvenir : il se tenait devant elle, immense et imposant, et avait le pouvoir de lui prendre le seul être cher qu’elle avait au monde et qui comptait plus que tout.

En se raidissant, elle se jura qu’elle n’allait pas le laisser faire.

— Je n’ai pas besoin de me poser cette question, Emiliano. Parce que Danny grandira auprès de moi. C’était le souhait de ma sœur que je prenne soin de son fils s’il lui arrivait quelque chose avant que lui n’ait atteint sa majorité.

— Un souhait qu’elle n’avait aucun droit de formuler tant que mon frère était en vie.

— Elle en avait parfaitement le droit au contraire ! lança-t-elle, incapable de supporter plus longtemps l’attitude autoritaire de l’Italien. Mais elle n’aurait pas eu besoin de le faire si Angelo n’avait été aussi mauvais père qu’il était mauvais mari !

— Le mari qu’elle considérait seulement comme un moyen d’accéder à une vie luxueuse, tu veux dire. Un mode de vie auquel elle n’avait pas l’intention de renoncer.

Lauren accusa le coup. Brusquement, elle se remémora les paroles que Vikki avait lancées onze mois plus tôt, en ce jour tragique où elle était partie voir Angelo, lui laissant le petit Daniele, alors âgé de six mois : « Je vais lui soutirer tout ce que je peux. Jusqu’au dernier sou ! » Des mots qui avaient fait écho à d’autres paroles, prononcées le soir de son mariage, et que Lauren aurait souhaité ne jamais entendre…

La voix profonde d’Emiliano pénétra ses pensées et la sortit de ses souvenirs :

— Ne te méprends pas. Je ne défends pas l’attitude d’Angelo. Les défauts de mon frère étaient évidents. Il n’empêche qu’il s’est joliment fait avoir !

« Chose qui ne risque pas de t’arriver ! », pensa-t-elle en se rappelant sa réaction ce soir-là, alors qu’il croyait qu’elle cherchait à le prendre dans ses filets.

— Non, dit-il avec une dangereuse douceur. Chat échaudé craint l’eau froide.

Médusée, Lauren se demanda s’il avait le pouvoir de lire dans ses pensées. Elle leva les yeux avec réticence vers son physique époustouflant.

— Non quoi ?

— Je ne suis pas venu ici pour ressusciter quoi que ce soit entre nous. Mais s’il existait un prix pour récompenser les femmes qui envoûtent les hommes jusqu’à la folie, tu l’aurais remporté haut la main, cara mia. Tu n’as pas lésiné sur les moyens pour me satisfaire la nuit où je t’ai invitée dans mon lit.

Lauren s’empourpra violemment. De honte, car une sourde exaltation naissait en elle d’avoir entendu évoquer leur intimité passée et le rôle qu’elle avait joué.

— Ne joue pas à ça, Emiliano.

Il se mit à rire, savourant visiblement son embarras.

— Bien sûr, dit-il. Nous avons des questions autrement plus urgentes à régler.

Comme de lui prendre Daniele ? pensa Lauren, alarmée.

— Si tu crois que je vais te remettre l’enfant de ma sœur comme ça, tu n’es pas au bout de tes surprises, je te préviens !

* * *

Emiliano sourit. C’était le genre de sourire dévastateur qui l’avait hypnotisée lors de ce week-end fatal. Jamais elle ne s’était sentie attirée par un homme de cette manière. Ni avant ni depuis.

— Je ne m’attendais pas à ce que tu me remettes Daniele… comme ça. Il y aura une période d’ajustement, le temps qu’il s’habitue à moi et me considère comme son nouveau tuteur. Et naturellement, tu seras dûment rétribuée pour le temps que tu as passé à t’occuper de lui.

Lauren n’en croyait pas ses oreilles.

— « Dûment rétribuée » ? Et quel prix te paraît convenable pour acheter un enfant ? lança-t-elle avec dégoût.

Il haussa un sourcil dédaigneux.

— Je ne l’achète pas, Lauren. Je veux seulement te dédommager pour le mal que tu t’es donné et le manque à gagner que la garde de mon neveu a dû entraîner pour toi. Si tu y tiens, je te laisse faire l’estimation. Raisonnable, hein ? Je suis sûr que nous pouvons tomber d’accord.

Hébétée, elle fixait les traits rudes et beaux d’Emiliano, empreints de détermination.

— Tu penses que toi et tous les gens de ton espèce, vous pouvez acheter ce que vous voulez, n’est-ce pas ? Eh bien, désolée de te décevoir, mais je n’ai pas l’intention d’abandonner Danny. Ni maintenant ni jamais ! Alors, garde tes billets dans ton portefeuille, remonte dans ta belle voiture et retourne d’où tu viens.

Il ébaucha un sourire en coin.

— Et moi qui croyais que nous pourrions régler le problème posément… Si je comprends bien, tu préférerais que nous portions l’affaire devant un tribunal ?

La respiration de Lauren se bloqua. Un homme comme Emiliano Cannavaro sortirait forcément vainqueur d’une bataille juridique. Pourtant, elle refusait de se laisser intimider.

— S’il faut en arriver là, pourquoi pas ? répliqua-t-elle, bravache.

Il émit un claquement de langue impatient.

— Sotte et bornée ! Je t’ai sous-estimée en te proposant un accord à l’amiable, sans que tu aies à engager un avocat hors de prix. Peut-être que la perspective d’un procès te laisse espérer des gains plus conséquents ?

— Tu es odieux !

— Et ce sera bien pire quand je vous aurai traînée au tribunal, signorina Westwood.

Elle lui jeta un regard haineux.

— C’est une menace ?

— Non, juste un avertissement.

— Tu peux te les garder, tes avertissements !

Il se mit à rire doucement.

— Quel caractère ! dit-il en s’approchant.

Lauren recula et jeta un regard affolé par-dessus son épaule en rencontrant la masse solide du vaisselier. Osant à peine respirer, elle demeura immobile, les sens en alerte, quand les mains d’Emiliano se posèrent sur le meuble, de chaque côté de sa taille, la retenant prisonnière.

— Tu sais, c’est la première chose qui m’a attiré chez toi. En dehors de…

Lauren prit conscience qu’une bretelle de sa salopette avait glissé. Au regard plissé qu’Emiliano jetait sur son débardeur, elle sut ce qu’il voyait : le relief de son sein nu à travers le jersey ! Des seins qu’elle trouvait trop généreux par rapport à sa taille fine. Et maintenant, sous le regard brûlant qu’il portait sur elle, leurs pointes se dressaient. Oh non ! Pas ça…

— Je trouvais tes reparties terriblement excitantes, reprit Emiliano d’un ton sensuel. Mais je n’étais pas le seul à être excité, n’est-ce pas, cara ? Tu l’étais avant même de connaître mon identité.

La douceur de sa voix et la proximité du bel Italien étourdissaient Lauren. Elle dut faire appel à toute sa volonté pour ne pas tendre le buste et inviter ses mains à la caresser, à la rendre folle, comme autrefois…

Heureusement, elle n’en fit rien, et Emiliano n’essaya pas de la toucher. Le visage sombre, il déclara :

— Un autre avertissement : si tu m’attaques en justice et que tu perds la partie, tu n’auras rien de moi. Est-ce clair ? Pas un sou.

— Tant mieux, répliqua-t-elle en rajustant vivement sa bretelle. Parce que ce n’est pas l’argent qui m’intéresse, mais seulement la décence et le respect ! A l’inverse de vous, les Cannavaro. Vous ne pensez à rien d’autre qu’à accroître votre fortune !

— Voilà qui n’a rien de répréhensible, il me semble, fit-il remarquer, un sourire froid aux lèvres. En revanche, je me méfie des petites vamps cupides dans ton genre. Raison pour laquelle…

— Arrête ! Tu m’insultes avec tes promesses de dédommagement !

D’un regard furtif, il balaya le décor propre mais terriblement pauvre de sa cuisine.

— On dirait que tu en as besoin pourtant.

Bien qu’il se soit écarté d’elle, son parfum frais et viril continuait de lui titiller les narines.

— Le seul besoin que j’ai en ce moment, c’est de te voir déguerpir de chez moi !

— Aucun problème. Mais je reviendrai, tu peux en être sûre. Et cette fois, je verrai mon neveu. Est-ce clair ?

— Je n’oserai pas t’en empêcher, dit-elle avec cynisme.

— Dans ce cas, il ne me reste plus qu’à partir. Ne t’inquiète pas, je connais le chemin.

Lauren se ressaisit. Si Emiliano voulait la guerre, il allait l’avoir ! Depuis la mort de Vikki, Danny était tout ce qui lui restait au monde, et son oncle pouvait toujours courir s’il espérait qu’elle allait lui confier le garçonnet.

Elle entendit la puissante voiture de son ancien amant s’éloigner dans l’allée de la ferme. En poussant un soupir de soulagement, elle constata à quel point elle était troublée. Et pas seulement par la requête d’Emiliano. Il y avait aussi cette attirance dévastatrice qui l’avait submergée au moment où elle l’avait vu traverser la cour. Et pire : la réponse traîtresse de son corps quand il l’avait encerclée entre ses bras contre le buffet — sans même la toucher ! C’était la même attirance qu’elle avait ressentie quand elle avait posé les yeux sur lui à travers la salle de bal bondée.

Non sans réticence, Lauren laissa ses pensées dériver vers les événements qui s’étaient déroulés dans cet hôtel majestueux de Londres, deux ans plus tôt.

Afficher en entier

Ajoutez votre commentaire

Ajoutez votre commentaire

Commentaires récents

Commentaire ajouté par Suzanne55 2017-01-04T21:10:21+01:00
Diamant

Une belle romance agréable à lire.

Afficher en entier
Commentaire ajouté par Csirene 2014-12-11T19:05:32+01:00
Bronze

La romance est bien menée et arrivé au final happy end , on ne s'est pas ennuyé. J'ai juste un petit regret concernant le Happy end qui arrive trop rapidement, comme si on voulait finir l'histoire au plus vite, s'en débarrasser car le nombre de page est déjà là...

Afficher en entier

Date de sortie

Un milliardaire pour ennemi

  • France : 2014-12-01 - Poche (Français)

Activité récente

Titres alternatifs

  • A Clash with Cannavaro - Anglais
  • Bollente proposta - Italien
  • El precio de la rendición - Espagnol
  • Εκρηκτική Σύγκρουση - Grec

Les chiffres

Lecteurs 22
Commentaires 2
Extraits 3
Evaluations 3
Note globale 6.33 / 10

Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !


Inscription classique

En cliquant sur "Je m'inscris"
j'accepte les CGU de booknode