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Extrait ajouté par LaChroniquedesPassions 2014-08-28T11:29:19+02:00

— Non ! s'exclama-t-il, exaspéré. Vous ne m'avez jamais admiré. Mais vous saviez pouvoir vous appuyer sur moi, et c'est ce que vous faites en ce moment même. Cette voiture, la maison, la serrure sur la porte de votre chambre, les vêtements que vous portez... Tout cela m'appartient. Je pourrais vous les reprendre, ou bien m'en servir contre vous. Je pourrais verrouiller les portes et ordonner aux domestiques d'oublier votre existence. Je peux agir à ma guise. Et, pourtant, je ne vous vois pas trembler de peur.

— C'est peut-être une erreur de ma part, chuchota-t-elle.

— Alors décidez-vous ! Suis-je un salaud capable du pire ? Ou bien est-ce vous qui, par lâcheté, refusez d'admettre vos sentiments ?

La voiture s'arrêta dans un cahot. Le silence retomba dans l'habitacle.

— Alors ? insista-t-il.

Nell restait muette, une expression rebelle sur les traits. Il retomba sur son siège.

— Très bien. Laissez-moi vous débarrasser du fardeau de la lâcheté. J'embrasse volontiers le rôle de l'ordure. Vous ne me quitterez pas, Cornelia Saint-Maur. Je vais vous garder, que vous le vouliez ou non.

La portière s'ouvrit. Elle le regardait toujours, sans bouger. Puis, tout à coup, elle sauta sur ses pieds et descendit de voiture, ignorant la main que lui tendait le valet pour l'aider.

La rage de Simon s'évapora. Une vague de dégoût l'assaillit. Jamais il ne s'était senti plus proche de ses ancêtres. « Que vous le vouliez ou non » : ces mots auraient pu sortir de la bouche du vieux comte.

http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/

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Extrait ajouté par chica07 2012-10-30T12:29:05+01:00

Les rideaux n'étaient pas tirés. Par la croisée ouverte lui parvenait le bruissement du feuillage des arbres, l'infime piétinement d'une créature nocturne qui devait se faufiler dans le jardin. La lune cernée de nuages éclairait faiblement les rosaces du tapis oriental.

Un triste sourire lui échappa. Elle avait suffisamment le sens de la dramatisation pour apprécier cette incursion bienvenue de la nature au moment de la grande scène finale.

Encore un pas, puis se dresser dans le halo de lumière argentée et pointer son arme en direction du lit.

— C'est Nell qui vient vous rendre visite, milord, déclara-t-elle à voix haute. Réveillez-vous et affrontez la mort de face, comme un homme.

Une voix indolente s'éleva sur sa droite :

— Comme un homme ?

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Extrait ajouté par LaChroniquedesPassions 2014-08-28T11:30:39+02:00

Spoiler(cliquez pour révéler) — Je me dois de vous rappeler la discussion que nous avons déjà eue au cas où les choses tourneraient mal, se borna-t-il à dire.

— Il n'en est pas question, gronda Simon entre ses dents.

En vérité, ils en étaient bien réduits à cette extrémité, admit Nell.

Elle s'éclipsa. Simon la rattrapa dans l'escalier. Elle lui fit face.

— Daughtry a raison, dit-elle avec calme. Notre cause est perdue.

— Vous n'allez quand même pas vous résigner !

— Il ne s'agit pas de résignation, plutôt de stratégie.

D'une voix sourde, il répliqua :

— Bonté divine, Nell, vous ne comprenez donc pas que je vous aime ?

Elle le dévisagea comme si elle n'avait pas entendu ces mots qui compliquaient la situation.

— Eh bien, c'est regrettable, articula-t-elle, avant de gravir rapidement les marches restantes. http://lachroniquedespassions.blogspot.fr/

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Extrait ajouté par claire-obscure 2014-07-28T16:29:02+02:00

Pour elle ces fenêtres avaient peut-être quelque chose de simplement miraculeux. Elle arrivait probablement d’un de ces bouges obscurs et surpeuplés, alignés dans des venelles étroites d’où l’on ne percevait jamais un coin de ciel bleu. Ce qui expliquait qu’elle découvre avec éblouissement cet univers propre et lumineux.

Une sensation curieuse, qu’il n’aimait pas du tout, gonfla dans sa poitrine. Cela ressemblait à de l’envie. C’était stupide. Un peu de verre coloré et une architecture imposante, c’est tout ce qu’il avait fallu pour plonger les âmes simples dans la transe religieuse et convaincre des générations d’indigents que leurs souffrances étaient justifiées. Pitoyable crédulité plébéienne.

Il toussota :

- Ce n’est qu’une fenêtre, vous savez.

P. 81.

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- Voilà, vous pouvez vous déshabiller mademoiselle.

- Euh… devant toi ?

- Ben oui, qui d’autre ? C’est moi votre femme de chambre, non ?

- Je suis bien capable de me laver toute seule !

Mains sur les hanches, la fille objecta :

- Ce n’est pas comme ça qu’on fait ! Il y a des savons, des lotions, et tout le tintouin dont je dois vous enduire la peau.

Nell lui jeta un regard ahuri :

- Miséricorde ma pauvre, tu n’as donc aucune fierté ? Je sais bien que les boniches sont corvéables à merci, mais tu ne vas tout de même pas me dire qu’on t’oblige à frotter le derrière de ta maîtresse ?

La mâchoire de la fille retomba dans une mimique de stupeur horrifiée :

- Je vous demande pardon ?

- Tu peux demander pardon autant que tu voudras et je suis sûre que tu le fais à longueur de journée d’ailleurs ! Mais en ce qui me concerne, je me lave toute seule !

- Vu l’odeur, ça n’a pas l’air évident, riposta Polly.

- Oh, quel culot ! Je préfère encore sentir l’oignon frit que d’être le larbin d’un riche ! Quelle idée aussi de se faire domestique ! Trimer à longueur de journée en échange du gîte et du couvert, ce n’est quand même pas un métier ! Moi au moins, je suis libre !

- Mais je vous ferai remarquer que ce n’est pas moi qui pue l’oignon et la saucisse, mademoiselle.

Nell laissa passer quelques secondes avant de répliquer, un peu radoucie :

- Tu n’as pas la langue dans ta poche, toi. Mais je doute qu’ici on t’autorise à donner ton avis. Tu ferais bien de surveiller tes paroles.

- Parce que vous estimez vivre dans la dignité, peut-être ? Les miséreux du Green vivent à huit ou dix dans une chambre, et ils se soûlent au gin bon marché pour ne pas sentir le froid ! A ouiche, vous avez bien raison de vous gargariser de votre précieuse liberté quand vous vivez comme des rats dans un trou nauséabond !

P. 113-114.

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Apparemment, les demoiselles bien n’étaient pas censées manger du fromage au dîner. Elles n’avaient pas non plus droit aux condiments. Elles devaient mettre au moins une minute à retirer leurs gants, sous peine de paraître inélégantes. Elles ne faisaient pas de commentaires sur leur propre corps. Peut-être ne savaient-elles pas qu’elles en possédaient un ? Ce qui expliquerait qu’elles ne parlent jamais de leurs jambes. Quelles jambes, d’ailleurs ? Les demoiselles « bien » se déplaçaient sûrement en flottant dans les airs. Peut-être se croyaient-elles équipées d’une paire d’ailes ?

P. 162.

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- Grâce et dignité, lui rappela Mme Hemple qui l’attendait au bas des marches, à côté de St-Maur, et dont le corsage décolleté révélait deux surprises extraordinairement généreuses.

Ce monde était décidément étrange, où l’on jugeait inconvenant d’apercevoir les chevilles d’une jeune-fille , mais où une sexagénaire pouvait parfaitement dévoiler ses appâts en société.

P. 204.

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- C[le théâtre]’est un divertissement que je prise beaucoup, répondit-elle en battant des cils comme une jeune fille. Et il se trouve que j’ai récemment eu le plaisir d’assister à la nouvelle piève de M. Pinero. Peut-être l’avez-vous vue ? Elle s’intitule Lavande bleue.

- En effet. Une œuvre très spirituelle. Qui pourrait oublier une répartie telle que : « Là où il y a du thé, il y a de l’espoir ». ?

- [ …] Parlez du temps qu’il fait. C’est toujours un choix avisé. Ou bien… voyons…

- De la littérature, proposa St-Maur. Lady Cornelia est intarissable sur Shakespeare.

- Hum. C’est un sujet que je ne saurais recommander, milord. A notre époque, on publie de telles sottises.

P. 208

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- On ne demande pas à être resservi, surtout quand il s’agit de potage. Ce serait très vulgaire d’en manger une pleine assiette.

Après la première cuillerée, Nell décida que c’était là la règle la plus stupide qu’elle ait jamais entendue. Le consommé, subtil et épicé, était un délice.

[…]

Cela fait, elle but une longue gorgée de Xéres.

- Il ne faut pas boire votre Xéres avant qu’on ait débarrassé le consommé ! s’exclama Mme Hemple.

Nell reposa pesamment son verre sur la table.

- Et pourquoi nous a-t-on apporté du vin si ce n’est pas pour le boire ?

- Ces règles de bienséance n’ont pas logique en soi, s’interposa St-Maur. Si c’était le cas, n’importe qui pourrait les appliquer. Et alors comment pourrions-nous différentier ceux que nous devons inviter à nos réceptions de ceux que nous devons snober ?

Le ton ironique amadoua Nell.

P. 208-210

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- Vous n’auriez jamais pensé épouser une femme qui aurait pu manger un ragoût de rat, pas vrai ? Et bien, des histoires comme ça, j’en ai plein ma musette, Votre Seigneurie ! Comme la fois où mon beau-frère s’est pissé dessus pour se tenir chaud, en plein hiver. J’étais jalouse, je n ‘avais pas d’instrument directionnel, moi. Alors qu’est-ce que cela vous inspire ?

P. 311.

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Sans l’instruction scrupuleuse que lui avait dispensée Mme Hemple, Nell n’aurait pas prêté attention au fait que Katherine avait gardé ses gants. Il ne s’agissait pas d’une visite de courtoisie, et Katherine ne comptait pas s’éterniser.

P. 332.

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