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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-09T14:35:04+01:00

"La péniche se faufila sous les ponts jusqu'à l'horizon. Voir disparaître Paris dans son dos fournit le premier grand frisson. Sentir le fleuve se changer en mer donnait l'impression de quitter le port pour de bon. Rapetisser devant l'immensité du monde, s'exposer au sublime. Vérifier la houle comme on vérifie son courrier, partir pour se retrouver. S'inventer de nouveaux souvenirs. Se donner les moyens d'être surpris. Imaginer et travailler dur pour réduire l'écart entre rêve et réalité. Souder. Se souder. Résister. Tenir. Soutenir. Résister. Ne plus se contenter de regarder, apprendre à voir. Trouver. Se retrouver. Se perdre. Perdre. Donner. Recommencer. Vivre en accéléré pour tenir en équilibre entre le futur et le passé. Lula avait réparé la machine à rêves. Tout pouvait arriver désormais, tout pouvait continuer." p.238

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-09T13:04:41+01:00

"Quand il était petit, Gaspard rechignait à sortir de son lit, de peur d'oublier ses rêves. Sylvia lui racontait alors qu'un camion invisible passait chaque matin récupérer les rêves oubliés. Il les recyclait pour entretenir une base de données accessible à n'importe quel être humain, à n'importe quel moment de la journée. Il suffisait d'utiliser son imagination." p.188

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-08T20:08:25+01:00

"Le son d'un instrument qui se brise vous arrache le cœur. C'est un des plus tristes bruits de l'histoire des bruits." p-143

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-08T20:04:50+01:00

" Certains vivent mieux que d'autres sans amour, j'ai cru que j'en étais capable, mais c'était une connerie. Et au fond de moi, je le sais très bien. Gaspard aussi, il le sait très bien! Donc vous arrivez à point nommé...

- Je n'en suis pas sûre, vous savez, j'ai peur que...

- C'est normal. S'installer dans un grand cœur comme le sien, sans chauffage ni électricité, ça peut faire peur. Mais vous allez tout rallumer et ce sera fantastique. Il n'attend que ça, qu'on le rallume!" p.129

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-08T20:00:49+01:00

"- Les Surprisiers préparaient des opérations commandos de poésie qu'ils appelaient "Cambriolage inversé": ils escaladaient les cheminées à la tombée de la nuit et jetaient des flocons de neige en coton par le conduit avant d'y laisser tomber des livres, disques et jouets faits maison... Pluie de licornes, de dragons...

- Sirènes?

- Peut-être, oui... Je ne me souviens pas de tout.

Rossy mimait chaque geste, comme si elle se téléportait dans l'histoire qu'elle racontait.

- Ils glissaient des livres interdits au hasard des paillassons, déposaient des jouets sur le rebords de fenêtres et revenaient se cacher dans la cale du bateau, juste avant le couvre-feu...

Rossy esquissa un pas de danse, secouant sa tête recouverte de gros bigoudis. Lula la prenait pour un hippocampe.

- Ça dansait le rock'n'roll jusqu'au plafond dans la cale du Flowerburger! On y enregistrait des poèmes dans une genre de cabine téléphonique, on fabriquait des disques en chocolat, on pouvait les écouter une fois et après il fallait les manger. C'était incroyable, le chocolat changeait de goût selon la chanson. Le Flowerburger était le seul endroit au monde où on pouvait déguster la musique!" p.127-128

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-07T20:47:18+01:00

"Il la regardait. Cette fille si belle qui le prévenait gentiment qu'elle allait lui briser le cœur. Il la trouvait drôle. Rien n'est plus sexy que le cerveau d'une fille avec de l'humour dedans. Les seins, les fesses, la bouche sont des amuse-gueules délicieux, mais le partenaire des longues aventures, c'est l'humour." p.107

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-07T19:14:53+01:00

"Certains vivent mieux en compagnie des animaux qu'avec des humains, d'autres se sentent mieux isolés au milieu d'une forêt. Le truc de Gaspard, c'étaient les fantômes. Ou les "souvenirs", comme préférait les appeler son père. Au Mexique, on raconte que lorsqu'on oublie un mort, il meurt une deuxième fois. "Je lave et je repasse les draps des fantômes du Flowerburger pour que, s'ils décidaient d'apparaître, ils soient impeccable. Je prends soin de mes souvenirs, voilà", avait-il expliqué entre deux chansons ce soir." p.35

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-07T19:06:38+01:00

"Les fantômes de mes souvenirs sont accoudés au comptoir" hululait-il, hanté par l'esprit des Surprisiers. Il convoquait ses fantômes, s'en électrocutait, les invitait à lui passer sur le cœur. Il les incarnait avec une telle intensité qu'il éprouvait de grandes difficultés à retourner dans le monde réel ensuite. Ces concerts étaient à la croisée d'une séance d'hypnose, d'un enterrement au Mexique, du stand-up et d'un goûter de Noël. Quelque chose qui était de l'ordre de la crise de nerfs et de l'explosion de joie. Le tout chauffé à blanc dans une marmite de rock'n'roll remplie de chansons de cow-boys." p.24

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Extrait ajouté par Lusylila 2019-02-07T19:01:39+01:00

"Chaque soir, Gaspard portait à bout de bras ce rêve: sauver le Flowerburger. Il avait signé un pacte avec lui-même et n'y dérogeait pas. "Tu es le dernier des Surprisiers et cette péniche en est le dernier bastion", lui avait dit sa grand-mère avant de mourir.

Dans la famille, on ne plaisantait pas avec l'imagination. "The poetry of war", disait Sylvia. "Échapper, s'échapper, travailler à son rêve jusqu'à le transformer en réalité." Un art de vivre et de résister même en temps de guerre, surtout en temps de guerre. Une malice, un pas de côté. Une invitation à voir plus encore qu'à regarder. Destruction de l'esprit de sérieux, ardeur poétique.

Gaspard avait promis à sa grand-mère qu'il transmettrait cet art de vivre. Depuis sa mort, Gaspard se définissait exclusivement par sa capacité d'émerveillement. Être un rêveur de combat, vivre en accéléré pour ne pas gâcher la moindre particule de seconde. Démangeaison d'étoile filante. Il ressentait tout plus fort que les autres. Il pouvait être l'homme le plus heureux et le plus triste au monde dans la même seconde. Trop était sa juste mesure. Burn-in pour éviter le burn-out." p.23-24

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