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Vent d'Est, vent d'Ouest



Description ajoutée par Lilou 2009-07-28T21:18:39+02:00

Résumé

Années 1920. Kwei-Lan « vient d’être mariée », sans le connaître, à un jeune Chinois auquel elle a été promise avant même sa naissance. Ce Chinois revient d’Europe, il a oublié la loi de ses ancêtres, il ne respecte ni les coutumes ni les rites…

Le frère de Kwei-Lan, l’héritier mâle, dépositaire du nom et des vertus de la race, qui vient de passer trois ans en Amérique, annonce son mariage avec une étrangère ; il revient avec elle…

À travers les réactions des membres de cette famille de haute condition où l’attachement aux traditions, le culte des ancêtres, l’autorité du père et de la mère n’avaient encore subi aucune atteinte, la grande romancière Pearl Buck nous fait vivre intensément le conflit souvent dramatique entre la jeune et la vieille Chine.

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Classement en biblio - 320 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par Lecteuraddict 2018-05-15T17:46:13+02:00

Et ainsi, ce même jour, nous sortîmes et entrâmes dans un jardin où il y avait de l’herbe, des arbres, et des fleurs. Je fus surprise de le trouver si beau et de voir que les Occidentaux aiment la nature.

Naturellement, tout était négligé – ni cours, ni bassins à poissons rouges – des arbres plantés au hasard, et des fleurs poussant irrégulièrement, à leur gré. Je dois avouer que lorsque nous fûmes enfin arrivés devant la porte de la maison, je me serais enfuie, sans la présence de mon mari.

La porte s’ouvrit brusquement de l’intérieur, et un grand diable étranger se tint devant nous, avec un sourire à travers toute sa laide figure. Je reconnus que c’était un homme, à ce qu’il portait des vêtements semblables à ceux de mon mari. Mais, à ma grande horreur, au lieu d’avoir des cheveux humains noirs et plats, comme ceux de tout le monde, son crâne était recouvert d’une laine rouge et mousseuse. Ses yeux ressemblaient à des cailloux lavés par la mer, et son nez s’élevait en montagne au milieu de son visage. Oh ! c’était un être affreux à voir. Plus hideux que le dieu du Nord à l’entrée des Temples.

Mon mari est brave. Il ne parut pas le moins du monde troublé à la vue de cet homme, et lui tendit la main. L’étranger la serra, et la secoua de haut en bas. Mon mari, sans montrer de surprise, se tourna vers moi et me présenta. L’étranger me sourit de son énorme sourire, et fit mine de prendre aussi ma main. Mais je vis la sienne tendue, grande, osseuse, avec de longs poils rouges et des points noirs dessus, et ma chair se contracta. Je mis mes mains dans mes manches, et je m’inclinai. Il sourit encore plus largement et nous offrit d’entrer.

Nous allâmes dans un petit vestibule comme le nôtre, puis dans une autre pièce. Près de la fenêtre, une personne se tenait assise. Je devinai tout de suite que ce devait être la femme étrangère. Du moins à la place du pantalon, elle portait une longue robe de cotonnade serrée au milieu du corps par un galon plat. Ses cheveux paraissaient moins laids que ceux de son mari, car ils étaient unis et lisses, bien que d’une fâcheuse couleur jaune. Elle aussi avait un très grand nez, mais droit, et de grandes mains avec des ongles courts et carrés. Je regardai ses pieds, ils étaient de la longueur d’un fléau à battre le riz. Je me dis à part moi :

« Avec des parents comme ceux-ci, que seront les petits diables occidentaux ? »

Je dois avouer cependant que ces étrangers furent aussi polis qu’il leur était permis de l’être. Ils commettaient des erreurs, et, à tout bout de champ, trahissaient leur manque d’éducation, présentaient les bols de thé d’une seule main et me servaient en général avant mon mari. L’homme alla même jusqu’à m’adresser la parole, en plein visage ! Je sentis l’insulte. Il aurait dû ignorer ma présence, et laisser à sa femme le soin de causer avec moi. Je pense qu’on ne peut pas les en blâmer. Cependant ils sont ici depuis douze ans, m’a dit mon mari ; et il me semble qu’ils auraient eu le temps d’apprendre certaines choses. Bien entendu, vous, ma sœur, qui avez toujours vécu ici, vous êtes des nôtres, à présent.

Mais la partie la plus intéressante de la visite commença lorsque mon mari pria l’étrangère de me montrer ses enfants et leurs petits vêtements. Il expliqua que nous-mêmes attendions un bébé et qu’il désirait me faire voir les habitudes occidentales. Elle se leva aussitôt, et me demanda de monter avec elle. Je suppliai mon mari du regard, mais il me fit signe de la suivre.

J’oubliai ma peur cependant, dès que je fus en haut. Elle m’amena dans une chambre inondée de soleil et chauffée par un four noir. Chose curieuse : désirant chauffer la pièce, elle laissait une fenêtre entrouverte, par où l’air froid pénétrait continuellement. Je ne m’aperçus pas aussitôt de ces détails, fascinée dès l’abord par la vue des trois enfants étrangers jouant par terre. Jamais je n’avais contemplé de si drôles petites créatures.

Sains d’apparence, et gras, ils avaient les cheveux blancs. Cela confirme ce que j’ai entendu dire : les étrangers ont une nature à l’envers de la nôtre, ils naissent avec des cheveux de neige qui foncent en vieillissant. Leur peau aussi est blanche. Je la supposais passée à l’eau médicinale, mais leur mère me montra une pièce dans laquelle on les lave tous, en entier, chaque jour. C’est ce qui explique leur peau. Les teintes de la nature sont effacées par tant de lavages.

Elle me montra aussi leurs vêtements. Ceux de dessous sont blancs, et le bébé était même habillé de blanc de la tête aux pieds. Je demandai à sa mère s’il était en deuil de quelque parent, puisque le blanc est la couleur de la tristesse, mais elle répondit que ce n’était pas pour cela, mais simplement pour que l’enfant soit tenu proprement. Je trouvais qu’une teinte sombre eût été mieux, moins salissante. Mais j’observais tout sans rien dire.

Ensuite je vis leurs lits, recouverts eux aussi de blanc. C’était très déprimant. Je n’arrivais pas à comprendre pourquoi on employait tellement de blanc ! C’était la couleur du deuil et de la mort. Assurément un enfant ne devrait être vêtu et couvert qu’avec des teintes de joie : rouge écarlate, jaune, ou bleu de roi ! Nous habillons nos bébés tout en rouge pour la joie qu’ils nous donnent en venant au monde. Mais rien chez ces étrangers n’est conforme à la nature.

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Commentaire le plus apprécié

Bronze

il y a longtemps que j'ai lu ce livre, mais j'en ai un excellent souvenir, un souvenir fort... sur les traditions, et l'avancée, l'amour naissant entre deux personnes forcées d'être mariées... très beau livre

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par ElleyaneFantasy 2020-06-16T11:40:51+02:00
Diamant

J'ai lu ce livre il y a quelques années mais il a déposé une marque indélébile dans mon cerveau. C'est un livre fort qui traite de sujets complexes avec une plume douce et envoutante. Un livre que je recommande énormément.

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Commentaire ajouté par Na_nou 2020-06-16T11:11:49+02:00
Lu aussi

Un bon livre qui nous entraîne dans les traditions chinoises. J'ai aimé la façon de montrer les difficultés du passage d'une Chine traditionnelle à une Chine moderne.

Très bien écrit, je me suis tout de suite plongée dans cet univers que je ne connaissais pas.

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Commentaire ajouté par dez68 2019-12-11T15:36:00+01:00
Or

Ce roman est une très belle découverte. Assez court (200 pages), c’est une bonne entrée en matière pour découvrir les écrits de Pearl Buck, auteure qui a quand même recu un prix Pulitzer et le prix Nobel de littérature (la 3éme femme à en recevoir un). Ce roman commence par l’histoire d’un mariage arrangé dans une Chine partagée entre la conservation des traditions ancestrales et un début occidentalisation. Si la narratrice peut agacer au début du récit dans sa conviction à vouloir être soumise et inférieure à son mari, l’évolution du personnage au fil du roman est vraiment intéressante. Elle n’opère pas à un changement radical, mais se convainc progressivement que l’Etranger n’est pas idiot et mal éduqué, seulement qu’il a une approche différente de la vie (et notamment dans ses interactions avec les autres). Ce roman est un appel à la tolérance et à l’ouverture d’esprit sur les us et coutumes des autres. Hâte de lire un autre roman de Pearl Buck !

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Commentaire ajouté par Lillys-1 2019-05-03T07:10:07+02:00
Diamant

Franchement que dire, une plongée dans la chine d’entre deux époques étonnante ! J’ai adoré et dévoré l’histoire.

Kwei-Lan est très douce et on s’attache vraiment à elle, on a envie de la secouer parfois et en même temps on a peur de la briser si on faisait cela. Elle doit se conformer aux exigences peut formelle de son époux et de son style de vie copiant les occidentaux. Rejeter sa culture et ses traditions est très compliqué pour elle, mais par amour et surtout par cette docilité que lui inculte les traditions, elle fera tout pour plaire à son mari et ouvrira son sœur et son esprit.

J’ai apprécié la découverte de ses anciennes traditions que l’on peut se dire barbare, tout comme eux ont pensé les américains tout aussi barbares dans leurs coutumes. Malgré cette immersion dans un monde qui n’est pas le nôtre, je ne me suis pas confrontée à ce choc qui aurai pu me perturber, bien au contraire, la douceur et la candeur de Kwei-Lan nous offre une vision très claire et compéhensible de ce qu’était la vie en Chine à cette époque là.

Un coup de cœur absolu au final.

Pour plus d’infos sur mon avis, c’est par ici :

https://lillymohre.wixsite.com/lillyunlivre/post/chronique-de-vent-d-est-vent-d-ouest-de-pearl-buck

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Commentaire ajouté par Chocoly 2019-01-21T20:52:49+01:00
Diamant

Je pense que je vais répéter mais c'est simplement la vérité et je ne sais quoi dire car les adjectifs restent les mêmes ! Ce roman est vraiment intéressant et on en apprend un peu plus sur les pensées des chinois enfin de sa personne, de sa famille et les occidentaux. C'est également un beau livre, bien écrit qui nous fait rapidement plonger dans l'histoire avec ses personnages.

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Commentaire ajouté par Pandilicorne 2018-07-28T19:16:04+02:00
Lu aussi

Ce livre est très beau et très bien écrit. Je l'ai relue au moins 3 fois et je ne m'en lasse pas !

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Commentaire ajouté par LOANDRE 2017-11-23T12:13:36+01:00
Lu aussi

J'ai lu ce livre il y a fort longtemps, mais c'est un beau roman sur les traditions chinoises et les conditions de la femme dans ce contexte.

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Commentaire ajouté par Valerie-50 2017-11-13T15:25:43+01:00
Diamant

Dans l'Empire du Milieu, Kwein-Lan, jeune fille, doit épouser l'homme à qui elle a été promise dès sa naissance et qu'elle ne connaît pas. Elle a été éduquée par sa mère dans ce sens afin de devenir une femme parfaite selon les us et coutumes de son pays. Malheureusement, elle devra faire des concessions car son mari qui a été étudié en Occident veut mettre en place les coutumes de là-bas. Elle devra, par exemple, débander ses petits pieds (première partie du livre). Son frère aîné est aussi promis à une jeune chinoise mais il se marie à une étrangère (américaine) selon les coutumes de là-bas. Son frère ne respecte pas la tradition. La deuxième partie décrit la confrontation de génération entre le fils et ses parents, et entre la culture occidentale et chinoise.

J'ai énormément apprécié cette lecture qui est très agréable. le style de l'auteure est simple sans fioritures.

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Commentaire ajouté par ilovelire 2017-07-02T22:36:21+02:00
Lu aussi

Un livre assez intéressant. Pleins de détails sur la vie traditionnelle et l'évolution, le choc des générations et des cultures. Mais je ne sais pas il manque quelque chose pour que je le trouve bien ou du moins que je l'aime. Je ne sais pas trop, c'est un peu dur à définir.

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Commentaire ajouté par CharlieGordon 2017-05-15T17:53:46+02:00
Diamant

Un très beau livre sur une héroïne partagée entre la culture traditionnelle chinoise héritée de ses parents et la culture occidentale, représentée par son mari. Une histoire d'amour bouleversante entre deux personnes que tout oppose et qui ne se comprennent pas, mais qui apprennent à s'ouvrir l'une à l'autre. Spoiler(cliquez pour révéler)Le passage où l'héroïne demande à son mari de lui enlever les bandes qu'elle a aux pieds est celui qui m'a le plus touché. Un très beau roman que je conseille vivement, tout en finesse et magnifiquement écrit.

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Les chiffres

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Extraits 14
Evaluations 63
Note globale 8.3 / 10

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