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Prologue

Cette fois, c'était certain, il allait mourir.

Mourir pour de bon... sans avoir rien pu faire pour elle.

Déjà, le froid engourdissait tous ses membres comme les griffes du trépas se refermaient lentement, mais implacablement sur lui. Même les serpents dans son dos semblaient s'être endormis pour ne plus jamais se réveiller. Une nouvelle qui l'aurait rempli de joie en d'autres temps, mais qui n'augurait rien de bon, finalement.

La plaie, béante, fatale, ne se résorbait pas. Et l'hémorragie n'en finissait plus.

Quelle quantité de sang avait-il pu perdre ? Il n'en avait aucune idée. Au demeurant, il ne pensait pas que le corps humain puisse en contenir autant...

Il savait ce qui l'attendait. Et il comprenait ce qu'il avait fait. Quel danger, de par son inconscience, il faisait désormais courir à la jeune femme.

Si elle mourait, elle aussi, ce serait sa faute.

Tout était sa faute...

Il était tellement arrogant. Tellement égoïste.

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Léopoldine réajusta ses grosses lunettes de soudure revisitées sur son nez et baissa légèrement le bord de son vieux chapeau haut de forme, usé jusqu'à la trame, afin de masquer totalement son regard. Elle bouillait intérieurement, la rage et la colère l'avaient transformée en une pelote de nerfs, prête à écharper le premier imbécile venu - et les dieux savaient que la salle en regorgeait. Mais elle devait à tout prix se contenir et ne rien montrer de l'indignation qui l'étranglait.

C'était une question de vie ou de mort ...

Elle se racla la gorge pour chasser la boule qui s'y était formée, intima mentalement à ses vipères mécaniques de desserrer leur étreinte autour de son cou, quitte à ce que l'assemblée aperçoive légèrement l'inquiétante rune qui s'y trouvait gravée. Elle prit une profonde inspiration, puis s'exclama puissamment, s'imposant d'autorité, comme elle avait coutume de le faire :

- Silence, bande de rats !

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- Ne faites pas de mal au bébé, supplia Andraste.

Augustin se raidit, horrifié.

Par les dieux, il ne pouvait tout bonnement pas laisser faire cela !

Pour une raison connue d'eux seuls, sa mère et ses acolytes s'apprêtaient à infliger à la pauvre jeune femme le même genre de sévices que lui-même avait enduré. Leurs terrifiants instruments étaient là pour en attester. Et le feu sombre qu'il apercevait, embrasant les prunelles des hommes présents, montrait que l'enfant ne serait qu'un plus pour étancher leur soif de curiosité.

Il devait agir ... à tout prix ! Et tant pis pour les conséquences.

- Si elle dit vrai, ce n'est pas un problème, lui assura brusquement sa mère, décelant peut-être un certain malaise chez son fils. Nous la débarrasseront du bâtard. Ce sera réglé avant ce soir, ne t'inquiètes pas. Personne ne le saura.

Venant d'elle, ces paroles n'auraient pas dû le choquer ... pourtant, il en resta, l'espace d'un bref instant, totalement atterré. Et les nausées se firent alors subitement plus virulentes.

Les serpents sifflèrent tous en même temps, prêts à passer à l'attaque, et le son atrocement strident vrilla douloureusement les tympans d'Augustin.

- Non ! rugit-il soudain en relâchant le bras d'Andraste pour se placer devant elle, essayant de la protéger à la fois de Victoria et ses sbires.

Il était absolument inconcevable que quiconque ait à subir ce type de traitement par sa faute, dût-il pour l'empêcher défier ce monstre qui lui servait de mère.

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