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Commentaires de livres faits par viedefun

Extraits de livres par viedefun

Commentaires de livres appréciés par viedefun

Extraits de livres appréciés par viedefun

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
J’avais déjà entendu des gros mots, mais je n’avais jamais vu un autre enfant oser les dire à un adulte. Comme il m’avait sauvée de mon foyer trop strict, je le voyais un peu comme un prince charmant sur son cheval blanc. J’allais me rendre compte plus tard – beaucoup plus tard – qu’il était plutôt du genre chevalier noir.
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Kes avait mauvais caractère, mais il était fascinant. Il m’effrayait, mais il me protégeait. Il pouvait manquer complètement de tact et être très délicat ensuite. Il n’était pas parfait. Il était parfait pour moi. Il me poussait à me dépasser, à explorer le monde et à ouvrir les yeux. Il était tout ce que je n’étais pas et, ensemble, nous formions un entier, même si ça semblait incompréhensible pour les autres.
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Il pouvait cracher du feu, mais parler d’amour lui brûlait les lèvres.
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Je lisais tranquillement sous un arbre quand le sol s’était mis à vibrer. J’avais alors levé les yeux avec émerveillement sur la route qui longeait notre maison. J’imaginais des cavaliers à la peau rouge fondre sur la ville, leurs cheveux noirs au vent, les sabots de leurs chevaux martelant le bitume. J’avais quand même été très déçue de ne voir qu’une longue file de poids lourds remonter la rue dans un nuage de poussière et de vapeurs d’essence.
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J’entendis quelqu’un crier après Kes, mais ce dernier jaillit de la tente en riant, une noix de coco poilue dans les bras. — Par là ! Il regarda par-dessus son épaule avant de fuir avec moi. La toile de la tente s’agitait comme si quelqu’un de très grand et large essayait de passer en dessous. On courait en riant aux éclats. M. Albert rebondissait sur mon épaule comme un sac à dos duveteux. Il tenait mes cheveux comme si c’étaient des rênes.
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Dans une dernière provocation, le cowboy se mit debout sur la selle du poney et fit un salto arrière. Dans l’action, il perdit son chapeau et son bandana. Je reconnus aussitôt le sourire et la fossette de Kes. Je ne résistai pas et me mis debout pour l’applaudir et lui crier mon admiration. Ce jour-là, il devint mon Kes.
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Le soleil se couchait dans notre dos et baignait tout d’une lumière rose, pourpre, grenat et or. Les ombres s’étiraient lentement.
— C’est magnifique, murmurai-je. On aurait dû venir plus tôt. Kes haussa les épaules.
— Je viens ici tous les soirs, après que tu t’en vas. La déception me vrilla l’estomac.
— Oh… Mon vocabulaire était réduit à une seule syllabe. Kes se tourna vers moi. Son sourire était étonnamment gentil.
— Je viens pour pouvoir voir ta maison. Je peux voir l’arbre et la fenêtre de ta chambre. Comme je suis tranquille, ici, je peux penser à toi.
— Oh. Je lui souris en retour.
— Je n’avais jamais eu d’ami avant toi. Je ne savais pas ce que je loupais. Son regard se perdit au loin. Je compris ce qu’il voulait dire, enfin, je le croyais.
— Tu vas me manquer aussi. Il tourna la tête vers mes mains crispées sur la barre. Il en prit une dans les siennes.
— Je reviendrai l’année prochaine.
— Je t’attendrai, dis-je tristement. Je pourrais peut-être t’écrire ? Le sourire de Kes s’effaça.
— Je ne lis pas assez bien…
— Alors je t’enverrai une carte postale. Je mettrai mon nom derrière, tu sauras que ça vient de moi.
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Chaque année, Kes était plus grand, plus musclé, plus beau. Quand on eut quatorze ans, Kes se mit à regarder les jolies filles et sa voix déraillait à cause de la mue. Mais on eut quinze ans, puis seize, et c’était toujours avec moi qu’il passait ses journées. Je ne savais pas ce qu’il faisait pendant les cinquante semaines où nous étions séparés, et je ne voulais pas le savoir.
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Je me fis siffler pour la première fois quand je me dirigeai vers l’arche de l’entrée. Un forain, la vingtaine et couvert de tatouages, me fit un grand sourire.
— On est pas encore ouverts, princesse. Mais tu peux revenir plus tard pour me faire un petit coucou. Je lui lançai un regard mauvais.
— Je viens voir Kes. Il éclata de rire.
— Comme toutes les autres ! Prends un numéro et va faire la queue. Je sentis mon estomac se soulever, mais je gardai mon calme. — Si vous le dites.
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— K. E. S. Tu vois ? Le K a un son dur et il s’écrit avec des traits très droits alors que le S, c’est comme un serpent qui siffle. Son visage s’éclaira.
— C’est plutôt logique.
— Et le E, c’est une petite boucle qui attache les lettres ensemble. Un E, un nœud. Je lui fis recopier les lettres que j’avais tracées. C’était maladroit et le S était à l’envers, mais on lisait très bien.
— J’ai écrit mon nom, dit-il d’une voix aussi tremblotante que son écriture.
— Tu vois que tu n’es pas si bête. Il baissa les yeux pour ne pas que je voie ses larmes. Il renifla avant de relever la tête.
— Merci, Aimee.
— De rien, Kes.
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Je repris les bases avec lui, déçue de voir qu’il avait oublié la plupart des leçons des deux derniers étés. Mais il arrivait toujours à écrire nos noms et nos adresses et il en était très fier. C’est là que je fis l’erreur de lui donner un livre que j’avais spécialement amené pour lui. Il regarda les images et le jeta dans la poussière.
— C’est pour les bébés ! Je tordis les lèvres en réalisant que je venais de l’insulter. Mais je n’allais pas m’excuser pour avoir voulu l’aider. Je sortis le roman usé de ma poche. On avait fini de lire le Hobbit l’année dernière et la première partie de Harry Potter donc je repris ma lecture. Je ne m’arrêtai que quand ma gorge devint douloureuse et que mon estomac se mit à gargouiller.
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— Montre-moi ta chambre, au moins. Il fit la grimace.
— Je ne peux pas. Je dors dans la pièce principale. Il n’y a qu’une chambre et c’est celle de mon grand-père. Mon lit, c’est un matelas sous la table.
— Oh. C’était la seule chose que j’avais trouvée à dire.
— S’il fait chaud, je passe la nuit dehors. — Je n’ai jamais dormi à la belle étoile. Kes semblait perplexe.
— Ah bon ? Pourquoi ? Je haussai les épaules. Je n’avais jamais campé dans le jardin. Mon père ne me laisserait jamais faire quelque chose d’aussi dégradant. Il y avait un vrai gouffre entre le monde de Kes et le mien. Et ça me rendait très triste.
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La vie est une question d’équilibre, j’aurais dû m’attendre à la tristesse qui allait me saisir après le départ de Kes. Je regardais les monstres de métal être démontés en petits morceaux. Les toiles de tente furent roulées. Jacob Jones et les autres poneys furent emmenés dans des remorques. M. Albert s’accrochait à moi comme un forcené.
— Tu vas lui manquer, dit Kes. Je hochai la tête. J’avais peur de me mettre à pleurer si j’essayais de parler. Je ne voulais pas paraître faible. Connie s’assit à l’avant du camping-car. Il avait posé les pieds sur le tableau de bord et lisait un livre. Il ne fit pas attention à Kes quand ce dernier monta avec lui, M. Albert dans les bras.
— Au revoir, dis-je. Ma voix se brisa. Kes me sourit bravement, visiblement partagé entre l’idée de faire le fier et de pouvoir me dire au revoir comme il faut. Je pouvais lire en lui. Il me fit un petit signe de la main et se détourna. Dono hocha la tête dans ma direction et démarra le moteur. Toute la colonne de véhicules l’imita et je pouvais au moins prétendre que c’était la fumée qui me faisait pleurer. Je les regardai disparaître au loin. Quand je me retournai, le champ de M. Peterson était dévasté. On voyait la forme des manèges dans l’herbe et la terre était creusée par les piquets de tente. Il y avait quelques ordures et une bouteille vide brillait au soleil. J’avais deux semaines de merveilleux souvenirs et cinquante autres à attendre de revivre. Je m’assis dans l’herbe et me mis à pleurer.
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Car si « quelqu’un » ou « quelque chose » découvrait qu’elle avait gardé la mémoire des évènements, elle disparaîtrait de la surface de la Terre. Un sombre avertissement vibrait en elle. Pourtant, lui et son équipe les avaient aidés, leur avaient donné des vivres, des médicaments, se dit-elle dans un ultime éclair rationnel. Siyin n’était pas un extra-terrestre, bon sang ! Déboussolée, elle perdait vraiment la tête. Pas de doute ! Il s’est déplacé à une vitesse inouïe. Il était près du véhicule et la seconde suivante, il la soulevait pour la ramener de force… je ne l’ai pas vu se déplacer. Cette phrase résonna en elle avec encore plus de violence, comme si une force la sommait de croire en l’improbable et contrait toutes ses protestations. Des images de ce fameux jour apparurent dans son esprit, ces tentacules sortant des entrailles de la Terre, emprisonnant tout sur leur passage dans un étau mortel. La poitrine oppressée, elle se massa les tempes, perdue et confuse. Ses pensées dévièrent vers la date d’aujourd’hui : le dix décembre. Un ou deux jours avant cet orage qui avait éclaté dans le pays, suite à ce coup de tonnerre phénoménal, suivi de ces pluies battantes avant le black-out : l’arrêt de toutes les communications. Un jour précis qui effaçait tout ce qui s’était passé.
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— Tu crois qu’elle a… tout compris ? Siyin hocha la tête.
— Je crois qu’elle a fait le lien entre les évènements sur terre et l’équipe qui est venue approvisionner Fairdale. Une chose est sûre : elle a compris qu’on n’était pas des militaires. Et vu sa réaction, je crois qu’elle a même compris qu’on n’était pas de… simples humains. Clash le fixa d’un air surpris.
— Elle aurait deviné que tout ce que les humains ont traversé serait carrément l’œuvre d’une race différente ?! Tu me diras, avec ce qu’elle a vécu, le pic glaciaire et tout le reste, plus ce bond dans le passé – la cerise sur le gâteau –, cela me paraîtrait difficile de trouver une explication rationnelle.
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Vu la frayeur dans ses yeux, Siyin était certain que Paige avait accepté cette idée qui dépassait toute logique pour elle. Le mystère de cette humaine s’épaississait vraiment de jour en jour. Qu’est-ce qui le liait à elle ?Pourquoi avait-il perdu la mémoire ? Et pourquoi à l’inverse ne l’avait-elle pas perdue ? De la salle de contrôle, lui et son équipe surveillaient assez les réseaux sociaux, le net, les gouvernements, les différentes agences, NSA, CIA et d’autres à travers la planète, pour pouvoir certifier qu’il n’y avait aucun secret dissimulé à la population par les puissants de ce monde.
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Mais ses yeux s’arrêtèrent brusquement sur une silhouette familière. Et là, un profond soulagement le submergea tout d’abord, à en faire trembler ses mains, avant qu’une colère aussi glaciale que dangereuse ne prenne de nouveau en lui le dessus. Les poings serrés, il franchit la distance en de longues enjambées. À hauteur de la jeune femme, il s’empara de sa main sans sommation, lui fit faire demi-tour et l’entraîna à sa suite, ignorant son sursaut de surprise mêlé à un cri mi-choqué, mi-étonné. Il accéléra l’allure.
— Siyin, qu’est-ce que tu fais ?! s’exclama Paige, le bras raidi pour tenter de se dégager de sa poigne de fer. En vain.
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— Siyin… Il stoppa net et se retourna brusquement, le regard étincelant de rage, ses pupilles réduites à deux billes noires. La jeune femme écarquilla les yeux devant cet accès de fureur.
— Tais-toi ! gronda-t-il. Le souffle du dzellis s’échappait difficilement de sa bouche.
— Tais-toi ! répéta-t-il en détachant chaque syllabe. À travers sa voix, toute sa hargne et sa frustration vibrèrent dans l’air. La chaleur se fit soudain étouffante, de véritables éclairs crépitant autour du périmètre où ils se tenaient, avant que Siyin ne fasse de nouveau volte-face et se remette à marcher à la même allure rapide. Paige dut percevoir le danger – une bombe, prête à exploser à la moindre étincelle malheureuse –, car elle resta muette durant tout le trajet du retour.
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Dans le hall de l’hôtel, Siyin entra dans l’ascenseur sans la regarder, chaque muscle de son corps tendu à l’extrême, avant de la relâcher. Quand la porte de la cabine s’ouvrit, le guerrier saisit de nouveau sa main et l’entraîna jusque dans la chambre de la jeune femme. Lorsque le battant claqua derrière eux, le dzellis se retourna brusquement, le regard noir, les poings serrés le long de ses cuisses ; et sa colère – difficilement réprimée – éclata avec la puissance d’une éruption volcanique.
— Qu’est-ce qu’il t’a pris ? hurla-t-il. Dans un tout petit coin de son cerveau, un brin de conscience lui souffla qu’il réagissait d’une façon complètement irrationnelle. Mais il ne maîtrisait plus ses réactions, emporté par une violence étrange qui jaillissait du plus profond de son être.
— Je… je suis juste allée faire des courses, bredouilla Paige.
— Ce matin, je t’ai dit que tu pouvais acheter ce qu’il te fallait ! rugit-il. Un autre rugissement irrationnel. La jeune femme ouvrit et referma la bouche sans qu’un son n’en sorte. Et… à cet instant, Siyin ne pourrait sans doute jamais expliquer ce qui se passa ensuite, ses yeux enragés plantés dans ceux de l’humaine. Mais quelque chose explosa dans ses tripes comme une bombe soufflant tout sur son passage, sa fureur balayée par un violent désir, latent depuis des jours, qui jaillit à la surface. Une seconde avant, il se trouvait à quelques mètres, la seconde suivante, ses lèvres s’écrasaient sur celles de Paige avec une avidité démentielle, son bras gauche encerclant sa taille pour la plaquer contre lui. Puis, sa main libre se referma en un poing sur une poignée de mèches noisette pour tirer son visage en arrière. L’espace d’une seconde, Siyin pensa qu’elle allait le repousser de toutes ses forces, le rejeter… lui, le dzellis, le barbare, le créateur de Rebirth… Aussi, rien ne l’avait préparé à sa réaction – et au profond bonheur qui le submergea –, lorsque ses lèvres s’ouvrirent avec un gémissement étouffé, lui permettant de plonger avec voracité dans sa bouche, avant que Paige n’enroule sa langue autour de la sienne avec la même urgence.
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— Tu as créé ce virus, n’est-ce pas ? Ses yeux se fermèrent durement, mais il répondit d’une voix étranglée, le cœur cognant dans sa cage thoracique :
— Oui… Une réponse sincère. Un profond silence s’abattit dans la chambre. Le corps tendu, le guerrier ne bougea plus, tel un condamné dans l’attente du couperet final.
— Pourquoi ? Dans un premier temps, sa gorge nouée l’empêcha de répondre, puis il hésita, pas vraiment certain qu’elle parlait uniquement de Rebirth.
— Pourquoi ce virus, Siyin ?Pourquoi cette guerre ? Leur guerre. Cette question, elle la lui avait déjà posée au Complexe. Il s’en souvenait. Toutefois, son interrogation vibrait aujourd’hui d’une connotation différente. La jeune femme semblait prête à entendre ses raisons, l’esprit plus ouvert. Du moins, cela lui parut différent. Ou le profond désir que ce soit le cas faussait son jugement.
— Par vengeance, déjà ! Pour ceux qui sont morts par la faute des humains il y a très longtemps, comme mes parents. Puis, pour ma sœur Sienna plus récemment. Parce que je pensais que c’était juste pour ma race. Parce que cette terre est également la nôtre et que nous avons autant le droit d’en profiter que les humains, en pleine lumière, sans nous cacher, débita-t-il d’une voix rauque. Un autre long silence tomba entre eux. Siyin guetta sa réaction, la poitrine oppressée.
— Ta sœur ? chuchota Paige. Il déglutit plusieurs fois, le souvenir se révélant toujours aussi douloureux.
— Pas de sang, mais je la considérais comme ma sœur. Et il lui parla de Sienna, recueillie par son grand-père à la mort de sa mère. Un Ancien proche de la famille Karg. Au décès de ce dernier, la jeune dzellis était venue vivre avec eux, sous la tutelle de Slaren. Il n’eut pas la force de lui raconter ce qui s’était passé. Cet épisode était trop dur à revivre, les images enfouies dans son cerveau trop difficiles à supporter lorsqu’elles remontaient à la surface.
— Elle est morte dans des circonstances… horribles, furent les seuls mots qu’il réussit à trouver.
— Je suis vraiment désolée, répondit-elle d’une voix étranglée, sans chercher à en savoir plus, comme si elle sentait sa profonde détresse à cet instant. Il resta silencieux avant de poursuivre :
— Cette guerre me paraissait juste pour mes parents, pour Sienna, pour nous tous, dzellis.
— Et maintenant ? demanda-t-elle simplement dans un autre chuchotement. Le guerrier déglutit.
— C’est différent… très différent. Il accompagna sa réponse d’un doux baiser qu’il posa sur sa nuque. Le cœur battant, il la sentit se blottir un peu plus dans ses bras, ses fesses magnifiques se pressant contre une partie de son anatomie qui commençait de nouveau à durcir. Mais il ignora le désir qui renaissait en lui.
— Aujourd’hui, je veux aider Ryala et protéger les humains du livre sacré, continua-t-il avec sincérité. Aujourd’hui… j’ai compris les erreurs de ma race… j’ai compris mes erreurs.
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date : 13-04
Mais quelle mouche l'avait donc piquée ? se demanda-t-elle. Ce n'était pas la première bistouquette qu'elle voyait Certes, Sam en avait une magnifique, mais la lycéenne ingénue d'antan avait visionné quelques films porno et feuilleté plus d'un Playgirl, si bien qu'elle avait déjà vu plus grand. D'autre part, malgré ce qu'elle avait pu dire au sujet de l'homme parfait et de ses attributs, le pénis importait moins que l'homme qui se trouvait au bout. L'homme parfait. Merde, comment avait-elle pu oublier? De la même façon qu'elle avait oublié Sam et son popaul en tombant sur ce satané reportage, voilà comment. Dans le genre absorbant, ces deux sujets arrivaient à égalité avec, disons, l'incendie de sa maison.
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date : 13-04
Jaine n'avait pas l'habitude de courber l'échine. Elle ne connaissait même pas son nom. Elle ne connaissait de lui que ses manières frustes et son probable statut de marginal. Au mieux, c'était un ivrogne, et les ivrognes peuvent être cruels et violents. Au pire, il baignait dans des combines louches, ce qui le rendait également dangereux. Il était grand et musclé, avec des cheveux de jais coupés ras, limite skinhead, et une éternelle barbe de trois jours. Ajoutez à cela des yeux rougis et un caractère de chien, et vous obteniez un poivrot invétéré. Dire que ce quartier lui avait paru sûr...
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date : 13-04
— Je vois, vous parlez mecs.
— Non, on parle science-fiction, rétorqua Jaine, ce qui souleva une nouvelle vague d'hilarité. Les clients alentour les dévisageaient à nouveau, l'oreille tendue. Le serveur parti, Marci se pencha en avant pour ajouter:
— Et pour finir, j'exige que l'homme parfait ait un organe de 25 centimètres !
— Seigneur ! s'exclama T. J. en s'éventant avec la main comme si elle allait tourner de l'œil. Qu'est-ce que je ne ferais pas avec 25 centimètres... ou plutôt: qu'est-ce que je ferais ! Jaine se tenait les côtes tellement elle riait. Elle parvint tout de même à aligner quelques mots, en luttant pour ne pas hurler:
— Attends ! Tout ce qui excède 20 centimètres ne sert qu'à tourner dans des films. C'est là, sous tes yeux, mais tu ne peux rien en faire. Ça en jette dans les vestiaires, mais soyons objectives: ces cinq centimètres de rab finissent toujours en restes dans l'assiette.
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date : 13-04
Elle but son café en contemplant le lever du jour. BooBoo ne lui fit pas grief d'avoir à nouveau écourté son sommeil. Il se toilettait, assis au pied de la chaise, ronronnant dès qu'elle passait distraitement la main derrière ses oreilles. Survint alors un incident indépendant de sa volonté. Elle rinçait sa tasse, debout devant son évier, quand la cuisine du voisin s'illumina, révélant la silhouette de Sam. Ses poumons se bloquèrent.
— Jésus Marie Joseph, geignit-elle quand elle retrouva un peu d'air. Jamais elle n'aurait pensé en découvrir autant sur le Sam. Tout, en l'occurrence. Il se tenait devant son réfrigérateur, nu comme un ver. Elle eut juste le temps d'admirer son derrière avant qu'il ne sorte une bouteille de jus d'orange, la dévisse et la porte à ses lèvres en se retournant. Elle oublia aussitôt le popotin. La proue du navire en jetait bien plus que la poupe, et ce n'était pas peu dire. Cet homme était sévèrement burné.
— Mon Dieu, BooBoo, s'écria-t-elle. Non. mais tu as vu ça? Rarement Dame Nature s'était montrée aussi généreuse. Grand, le ventre plat, musclé comme un étalon... Elle colla son front contre la vitre et distingua son torse massif et velu. Elle connaissait déjà sa belle gueule. Ses yeux de braise, ses dents blanches et son rire chaud. Et voilà qu'il en avait dans le caleçon. Elle porta la main à sa poitrine. Son cœur faisait davantage que palpiter; il essayait carrément de lui défoncer le thorax. D'autres organes se joignaient à lui pour exprimer leur émoi. L'espace d'une seconde, elle voulut auditionner pour le rôle du matelas. Indifférent au tumulte intérieur de sa maîtresse comme au spectacle saisissant qui se jouait en face, BooBoo continuait de se lécher les pattes. Ce chat ne savait pas reconnaître les bonnes choses. Jaine se retint à l'évier pour ne pas tomber dans les pommes. Heureusement qu'elle avait renoncé aux hommes, sans quoi elle serait déjà en train de tambouriner à sa porte. Mais renoncement ou pas, elle demeurait sensible à l'art, et Dieu sait si son voisin entrait dans cette catégorie, à mi-chemin entre une statue grecque et une star du X. Bien que cette idée la révulse, elle se devait de lui demander de tirer les rideaux. C'était l'usage entre voisins, non? Ne voulant pas perdre une miette de la parade, elle chercha le téléphone à tâtons, puis se ravisa. Elle ignorait aussi bien le numéro de Sam que son nom de famille. Vous parlez d'une voisine ! En deux semaines elle n'avait pas trouvé le moyen de se présenter. Cela dit, lui non plus ne s'était pas donné cette peine. Et sans l'intervention de Mme Kulavich, elle ignorerait jusqu'à son prénom.
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date : 13-04
— Donovan à l'appareil. Sa voix était rocailleuse et cassante, comme s'il n'était pas bien réveillé.
— Euh... Sam?
— Ouais? On faisait plus accueillant. Elle voulut déglutir, mais constata que c'était ardu avec la langue pendante. Elle la rentra dans sa bouche et soupira de regret.
— C'est Jaine, la nouvelle voisine. Ça m'embête de vous dire ça, mais peut-être préféreriez-vous... tirer vos rideaux ? Il se tourna face à la fenêtre, et ils s'observèrent un instant à travers leurs deux allées de garage. Il ne bondit pas sur le côté, ne disparut pas derrière un mur, ne fit rien qui puisse indiquer de la gêne. Non, il souriait. Bon sang, elle ne supportait pas ça.
— Vous vous êtes rincé l'œil, hein? dit-il en se rapprochant du carreau pour attraper le rideau.
— Oui, c'est vrai. Cela faisait bien cinq minutes qu'elle n'avait pas cligné des paupières.
— Merci, dit-elle lorsqu'il disparut derrière ses tentures.
— Tout le plaisir était pour moi, répondit-il en riant. N'hésitez pas à me renvoyer l'ascenseur. Il raccrocha sans lui laisser le temps de répondre, ce qu'elle n'aurait pu faire de toute façon. Elle baissa son store et se frappa le front. Mais oui, enfin ! Elle n'aurait eu qu'à baisser son store et basta !
— Je suis la reine des idiotes, confia-t-elle à BooBoo. L'idée de se déshabiller devant Sam la remua - et l'excita. Elle virait exhibitionniste, ou quoi ?
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date : 13-04
BooBoo réveilla Jaine à 6 heures en miaulant dans son oreille.
— Dégage, grogna-t-elle en rabattant le coussin sur son visage. BooBoo miaula de plus belle, et se mit à boxer l'oreiller. Elle comprit le message : soit elle se levait, soit il sortait les griffes. Alors elle rejeta ses draps et s'adossa contre le mur, en le fusillant du regard.
— Tu es un sacré vicelard, tu sais. Tu n'aurais pas pu faire ça hier matin, bien sûr. Non, il fallait que tu choisisses mon jour de repos.
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