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Commentaires de livres faits par viedefun

Extraits de livres par viedefun

Commentaires de livres appréciés par viedefun

Extraits de livres appréciés par viedefun

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Sous le coup d’une impulsion, Delcy le retint par le bras quand il voulut la contourner. Sous ses doigts, elle put sentir la dureté des muscles, la chaleur de la peau à travers l’étoffe de la chemise. Comme si un énorme bourdon venait de le piquer, McIntyre sursauta et tourna vivement la tête vers elle. Son regard happa le sien, ravissant l’oxygène contenu dans ses poumons et la pénétrant jusqu’aux tréfonds de son être. Prise d’embarras, Delcy s’empressa de retirer sa main.
— Je ne demande qu’une minute de votre temps, plaida-t-elle, rougissante. Elle devait lever les yeux pour le regarder, car il la dépassait d’une bonne tête bien qu’elle était assez grande. Le cow-boy la toisa froidement, ses traits à présent d’une dureté marmoréenne.
— Je ne veux rien avoir à faire avec vous, alors le mâle alpha va se répéter : foutez-moi la paix, vu ?
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— Je peux vous aider, mam’zelle ?
— Je cherche Jay McIntyre. Vous savez où je peux le trouver ? L’homme ne répondit pas et se tourna vers un tracteur qui s’amenait dans un grondement en remorquant un chargement de balles de foin. La cabine vitrée reflétait tout comme un miroir et montrait mal le conducteur à son bord. Le mastodonte mécanique freina et le cow-boy venu parler à Delcy alla se présenter à l’ouverture de la portière de la cabine.
— Jay, on a ici une jument égarée qui te réclame. Je ne sais pas de quels cieux elle tombe, mais c’est de la croupe de qualité. L’autre, qui avait terminé de décharger, s’esclaffa dans la remorque, ses crochets au bout des bras lui donnant l’air d’un boucanier grotesque. Delcy l’ignora. Dans l’ouverture du grenier, deux têtes venaient d’apparaître. L’insistance de leur regard finit par avoir raison d’elle. Rouge comme une pivoine, plantée devant ces satyres sans gêne, elle voulut disparaître sous terre. Un homme finit par s’extraire de la cabine du tracteur toujours en marche. Aussitôt, un tressaillement se fit dans l’estomac de Delcy. Si cette bande de machos, qui continuaient de l’observer en chuchotant, l’avait mise en colère, elle se sentit cette fois singulièrement intimidée par l’apparition de ce cow-boy. Non, plutôt de ce spécimen mâle suintant la testostérone et l’Ouest sauvage. Rien qu’en le regardant, la jeune femme ressentit tactilement l’électricité qui saturait l’air d’un soir orageux et elle perçut, dans les pulsations de son pouls, la course effrénée d’un troupeau de mustangs indomptés.
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date : 20-04
Au bout de ces 32 années d’étude et de recherches sur les expériences vécues par celles et ceux qui avaient connu un arrêt cardiaque, j’ai acquis la certitude – et quand j’écris « certitude » ce n’est pas à 99,999 % mais vraiment à 100 % – que nous sommes un esprit incarné et que celui-ci continue à vivre après la destruction du corps qui le contient. Je le reconnais sans forfanterie et en toute objectivité : mon travail inlassable « de colibri » a contribué à faire reconnaître cette conception comme possible et même probable par de nombreuses personnes et à finir par la rendre acceptable par une partie du monde médical qui était, il y a très peu de temps encore, totalement hermétique à cette hypothèse.
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date : 20-04
Je le dis et le répète encore inlassablement : on ne naît pas matérialiste, on le devient. Notre éducation occidentale, influencée par ce dogme, accorde une trop grande importance à la matière et cette surestimation ne mène nulle part. En effet, si nous ne sommes que de la matière, la mort est synonyme de néant, la vieillesse et le handicap sont nos pires tares, et les objectifs de vie seront orientés vers la possession à tout prix d’un maximum de biens matériels censés représenter notre réussite. Nous sommes ainsi formatés dès notre plus jeune âge : pour être heureux, il faudrait donc gagner beaucoup d’argent et être le premier à l’école ! Nous avons fabriqué des générations de frustrés qui, ne pouvant atteindre les buts fixés par leurs parents, se réfugient dans des solutions extrêmes. Nous sommes à l’origine de ces déviances, nous sommes tous responsables ! Les expérienceurs nous disent que lorsqu’ils étaient dans la lumière d’amour inconditionnel, on leur a demandé comment ils avaient aidé ou aimé les autres et qu’ils avaient ainsi enfin compris que c’était cela le véritable but de l’existence : savoir aider et aimer les autres. Et c’est, de toute évidence, cette mission terrestre essentielle que l’on doit enseigner à nos enfants.
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date : 20-04
Mais on ne doit pas pour autant faire d’amalgames excessifs : tous les médiums ne sont pas des imposteurs, loin de là ! Soutenir cet axiome serait tout aussi stupide que de penser qu’il n’y a que des gens honnêtes dans la corporation médicale ! D’autre part, proclamer haut et fort que la médiumnité empêche de faire un travail de deuil en entretenant les souvenirs d’une disparition est tout aussi ridicule. On ne fait pas son deuil en oubliant mais plutôt en acceptant un décès. Comment oublier la perte d’un enfant ? Comment gommer de sa vie un pareil cataclysme ? La perte d’un enfant ! Quoi de plus révoltant sur cette planète que de voir mourir l’aboutissement de toute une vie, le prolongement de sa propre existence terrestre, la chair de sa chair ? Non, ce n’est vraiment pas dans la logique des choses. D’ailleurs, il n’existe pas de mot dans notre vocabulaire pour désigner le papa ou la maman qui connaît ce drame alors qu’on parle d’orphelins, d’orphelines, de veufs ou de veuves. Il ne peut pas y avoir de hiérarchie dans la douleur d’une disparition, mais il faut bien reconnaître que celle-ci est particulièrement terrible. Face à cette insurmontable dépression, que propose la médecine traditionnelle ? Des psychotropes ? Des cures de sommeil ? Des prises en charge psychologiques ? Oui, mais sont-ce vraiment là les solutions parfaites, les remèdes miracles à cette énorme déflagration familiale ? Non, bien sûr que non ! Alors, s’il y a d’autres moyens pour faire accepter l’inacceptable, il ne faut pas hésiter une seconde à les utiliser. Du moins, c’est mon avis. En découvrant la réalité des contacts médiumniques, 2005 fut pour moi une période propice à l’éveil spirituel. L’acceptation de cette possibilité me fit passer ipso facto du grade d’abruti moyen à celui d’abruti léger, mais il me manquait encore une étape pour progresser. J’étais en effet à ce stade tout à fait incapable d’admettre que le monde des esprits puisse communiquer avec les vivants autrement que par ces canaux humains.
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date : 20-04
Juste après la chose, ma vie fit un virage à 180 degrés en me faisant comprendre l’essentiel : nous sommes un esprit incarné le temps d’un court passage terrestre et celui-ci perdure dans une autre dimension au moment de la mort. Pour certains, il faut moult années d’études et de recherches pour parvenir à cette conclusion. Pour moi, cinq petites secondes ont suffi. Avoir cette connaissance, ignorée par beaucoup, chamboule tous les repères et les objectifs que l’on s’est fixés. Après la chose, je suis rentré chez moi en annonçant à mon épouse que je ne voulais plus être généraliste. Il fallait que je devienne anesthésiste réanimateur pour étudier ce qui se passe réellement au moment de la mort et des comas. Cela impliquait de gros bouleversements, notamment celui d’abandonner notre projet d’installation à la campagne et le rachat de la clientèle du médecin qui partait à la retraite. Au lieu de commencer à gagner ma vie, nous devions encore investir dans trois années d’études supplémentaires, sanctionnées par un concours difficile à Paris.
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date : 20-04
Avant que « la chose » surgisse dans ma vie comme une sorte d’électrochoc salvateur, j’étais ce que l’on appelle un abruti intégral. Vingt-deux ans après cette première transformation, je suis passé du stade d’abruti moyen à celui d’abruti léger pour finalement devenir la personne que je suis aujourd’hui. Cette métamorphose induite par diverses découvertes est l’objet de ce livre. Elle a duré une trentaine d’années. Dans nos sociétés occidentales fortement intoxiquées par les dogmes de la pensée matérialiste, nous avons un sérieux problème puisque si l’individu que j’étais avant « la chose » avait pu rencontrer l’homme que je suis devenu à l’heure où j’écris ces lignes, il l’aurait probablement traité d’illuminé, de cinglé ou, dans le meilleur des cas, de médecin peu fréquentable. Il est grand temps que les mentalités changent pour que le curseur de la normalité bouge enfin dans la bonne direction. Puisse cet ouvrage y participer à sa manière.
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Que conserveraient les terra indigene des humains ? Les Aînés avaient posé cette question sans préciser s’ils faisaient référence à la population humaine, aux inventions de celle-ci ou aux aspects intangibles que l’on absorbait avec l’apparence physique si l’on vivait trop longtemps sous une forme donnée. Simon éteignit le robinet et se sécha à l’aide d’une serviette avant d’enfiler un jean coupé au niveau des cuisses. Au début, il avait cru que les Aînés attendaient une réponse de sa part. Mais après la récente guerre qui avait dévasté l’Alliance des Nations Cel-Romano, de l’autre côté de l’Atlantik, et la décision des Aînés d’isoler et de réduire les troupeaux humains de Thaisia, il avait compris qu’ils statueraient eux-mêmes en fonction de ce qui se passerait dans l’Enclos de Lakeside et autour de celui-ci.
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Dans les romans qu’elle avait lus, les personnages qui ressentaient une attirance réciproque semblaient souvent se disputer et se heurter à des incompréhensions, ou couchaient ensemble puis se séparaient avant de se retrouver. Mais il s’agissait d’humains, pas d’une prophétesse du sang et d’un Loup. On lui avait fait subir à l’institution des choses dont son corps se souvenait mais que son esprit, lui, avait occultées. Des choses qui lui rendaient la proximité physique de Simon plus supportable lorsqu’il se trouvait sous forme de Loup. Elle avait beau savoir, au fond de son cœur, qu’il ne la maltraiterait jamais comme l’avaient fait les employés du Contrôleur, elle se sentait plus en sécurité en compagnie du Loup, malgré les griffes et les crocs, que de l’homme.
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Dans notre société, en effet, on parle peu de la mort, on la craint comme un néant absolu. Même ceux qui croient en Dieu la redoutent, c’est un comble ! Pour ma part, à la lumière de mes expériences, j’ai juste la conviction que notre vie est éternelle. Quelle que soit la forme qu’elle prend après le trépas, la conscience d’un homme ne meurt pas. Bien des sociétés orientales ont totalement admis ce postulat mais notre société occidentale la réfute le plus souvent. Par ailleurs, ma formation journalistique me procure une curiosité qui me pousse toujours plus loin dans mes investigations. Je fouine, je cherche, et surtout, je ne me laisse pas impressionner. J’ai appris à être prudente.
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Je savais que l’accès à cette histoire était religieux. Il me fallait trouver le « code » correspondant. Je ne suis pas attachée à une religion particulière mais elles ont toutes un code d’accès. On n’exorcise pas un musulman avec un crucifix, pas plus qu’un juif avec des sourates du Coran. On libère les âmes avec les symboles qu’elles connaissent et dont parfois elles se nourrissent.
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Je me suis toujours demandé pourquoi on trouve plus de fantômes en Angleterre, ou du moins pourquoi on en parle plus là-bas qu’ici.
– Outre les raisons qui tiennent à une autre culture, je pense que c’est un fait assez physique, déclarai-je.
– Que voulez-vous dire ?
– Eh bien, c’est une explication personnelle qui vaut ce qu’elle vaut, mais pour qu’il y ait des chances de voir un fantôme, il faut que l’atmosphère soit très humide, plutôt fraîche, et avec assez peu de lumière. Si l’on observe les caprices de la météo alliés à la configuration des châteaux d’outre-Manche, les conditions sont plutôt réunies.
– Je n’y avais jamais pensé… dit Adèle, songeuse. La maison est ancienne, plutôt humide, les pièces ne sont pas très lumineuses, et l’hiver, j’ai quelques soucis pour les chauffer correctement.
– Mais continuons, si vous le voulez bien, insistai-je. J’ai hâte d’en savoir plus.
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Se sentir poussée, saisie, touchée par une force voire une main – parfois, on peut même distinguer la pression des doigts – est une sensation extrêmement traumatisante. Des gens souffrant de paralysie du sommeil, un état non expliqué par la médecine officielle, connaissent ce genre d’expérience. Durant la nuit, ils sont conscients et réveillés mais incapables de bouger, car presque complètement paralysés, avec une sensation d’oppression, des hallucinations auditives et visuelles, suffocant avec une impression de mort imminente, car hélas, ce sont toujours les mêmes manifestations négatives qui font surface. Or, ces gens, d’habitude, ne souffrent d’aucun trouble clinique, ni psychique. On a décrit ces paralysies dès l’Antiquité, et elles demeurent toujours inexpliquées. Les victimes de ces paralysies du sommeil, qui chez certains sont récurrentes et chez d’autres ne se produisent qu’une seule fois dans leur vie, témoignent parfois d’agressions physiques voire de viol. Vous imaginez la considération dont peut faire l’objet celui ou celle qui va raconter avoir été violé par… un fantôme ! Alors ils se taisent et dépriment. Certains viennent se confier à moi et je les crois, car je sais que l’autre dimension est invisible mais pas immatérielle. Cela dit, il faut de l’autre côté une force négative assez considérable pour avoir la capacité d’exercer une pression physique sur un humain incarné.
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Finalement, je ne devrais pas critiquer ceux qui se moquent de moi car devant pareil bouleversement de ma tranquillité nocturne j’ai réagi comme eux : je me suis crue folle. Je n’ignorais pas qu’entendre des voix pouvait être un signe de schizophrénie et la première chose que je fis fut d’aller consulter un psychiatre. Celui-ci m’interrogea longuement, ne trouva rien de bizarre dans mon comportement… jusqu’à ce que, mue par une sorte d’intuition, je me mette à lui livrer des détails sur son existence que, semble-t-il, lui seul connaissait. Un instant déstabilisé, il me réaffirma cependant que je n’étais nullement schizophrène et que tout cela correspondait plutôt à un état de « transe médiumnique », me conseillant de me renseigner sur le sujet, dont il n’était évidemment pas spécialiste.
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— Que ferais-tu avec ta bouche ? (Du bout du doigt, elle effleura les contours de son sexe.) Ou… non, tu utiliserais ta langue, n’est-ce pas ? guerrier. Ta langue… Elle haletait en se touchant, les yeux toujours rivés sur les siens alors qu’elle inclinait la tête sur le côté pour mieux savourer l’intensité de ses sensations.
— Tu glisserais ta langue ici… Xcor se jeta sur elle, si vite qu’il n’eut pas conscience de prendre la décision de la lécher. Et il se montra brutal lorsqu’il écarta la main de la femelle pour coller sa bouche contre son sexe, prenant ce qu’il désirait, ce avec quoi elle l’avait allumé. Ce fut au tour de l’Élue de tendre les bras de chaque côté pour chercher un appui afin de conserver un semblant d’équilibre. Mais il ne la laissa pas faire. Il la tira pour l’allonger complètement sur le carrelage, plaqua les paumes à l’intérieur de ses cuisses et la força à s’ouvrir pour plonger profondément sa langue en elle et la dévorer enfin tout son content. Elle jouit violemment contre son visage, plantant les doigts dans ses cheveux trempés, et tirant dessus jusqu’à lui faire mal. Non qu’il s’en soucie. Tout ce qui lui importait, c’était de la lécher, lui faire crier son nom, la marquer de ses lèvres et de sa langue. Mais c’était insuffisant. Alors même que la jouissance s’emparait d’elle de nouveau et qu’elle se cambrait sur le carrelage, les épaules rejetées en arrières, les seins tendus, tandis que l’eau sur sa peau faisait luire sa chair dans la faible lumière, il n’en eut pas assez. Xcor se redressa soudain et s’allongea sur elle pour la pénétrer profondément, puis il lui enfonça les ongles dans le bassin et la maintint fermement pendant qu’il commençait ses va-et-vient. Les seins de la femelle ondulaient d’avant en arrière, ses dents s’entrechoquaient, ses bras ballaient. Mais ses iris étaient enflammés comme si l’animal en lui subjuguait l’animal en elle. Il se retira à la dernière minute, s’agenouilla au-dessus d’elle, si bien que ses épaules bloquèrent momentanément le jet de la douche. Puis, empoignant son pénis en érection, il se montra encore plus brutal avec lui-même qu’il ne l’avait été avec elle, tirant violemment sur son sexe jusqu’à se faire jouir. Pour la couvrir. C’était la marque d’un mâle lié, une pratique effectuée pour que tout autre mâle en présence de sa femelle soit averti que, s’il s’approchait d’elle désormais, ce serait à ses risques et périls. Elle appartenait à un autre. Pas comme un simple objet. Mais une chose bien trop précieuse pour que d’autres jouent avec. Quand Xcor en eut fini avec elle, le jet de la douche avait commencé à perdre de sa chaleur… Non que Layla s’en soucie. Elle avait son guerrier entre les jambes, et il faisait ce qu’un mâle accomplissait lorsqu’il revendiquait une femelle, suivant en cela un instinct ancien destiné à assurer la survie de l’espèce. C’était sauvage et beau, primitif et pourtant toujours accueilli avec plaisir dans le monde moderne. Du moins dans son monde moderne à elle. Quand il s’écroula sur elle, Layla referma les bras autour de ses épaules glissantes et ferma les yeux en souriant.
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L’Élue Layla était à l’origine du grand changement qui s’était opéré en lui et lui avait fait modifier son regard sur la Confrérie, désormais passée de « cible » à « entité tolérable », « d’ennemi » à « habitant de ce monde avec lequel on pouvait cohabiter ». Depuis que Xcor avait fait sa connaissance, et en l’espace d’à peine dix-huit mois de fréquentation, elle avait eu davantage d’effet sur son âme noire que quiconque auparavant, et l’avait beaucoup fait progresser intérieurement, en moins de temps qu’il n’aurait cru possible.
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Mais elle n’était plus une Élue à présent, et pas seulement parce que la Vierge scribe avait disparu. Car, quand on avait été au service d’autrui, quand on avait vécu une existence uniquement déterminée par autrui… on ne pouvait pas revenir à cette servitude une fois que l’on avait découvert qui on était réellement. Elle était désormais une mahmen. Elle était une amante. Elle était une femelle fière, une femelle forte, une femelle qui savait discerner le juste de l’injuste, la famille des étrangers, le bien du mal. Elle avait survécu à deux accouchements, venait juste de tenir tête à un frère, et se sentait prête à affronter le roi, s’il le fallait. Elle était faillible et risquait bien de se trouver désorientée, ou même de perdre pied de temps à autre. Mais elle survivrait. C’était ce que faisaient les forts.
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L’amour est une question entre deux âmes, dit-elle en posant la main au centre de son torse. Notre amour est entre mon âme et la tienne. Rien ne changera cela, ni ton passé, ni notre présent… ni l’avenir que nous vivrons peut-être séparément. Du moins pas de mon côté. Il prit une profonde inspiration.
— J’ai envie de te croire.
— Ce n’est pas moi qu’il faut croire ou ne pas croire. C’est une loi universelle. Tu peux en débattre à loisir… ou alors te contenter d’en accepter la bénédiction.
— Mais si elle avait raison ?
— Qui ? Et si qui avait raison ? Xcor détourna le regard et concentra son attention sur leurs pieds nus.
— Ma nourrice m’a toujours répété que j’étais maudit. Que j’étais mauvais. Quand elle… (Il s’interrompit, peu désireux de s’étendre sur les corrections qu’il recevait enfant.) Elle me disait que j’étais pourri. Que mon visage ne faisait que révéler le mal en moi. Que la véritable infection était intérieure. Layla secoua la tête.
— Elle parlait d’elle-même, dans ce cas. Elle dévoilait sa propre vérité. Dire des choses pareilles à un enfant innocent ? Lui déformer l’esprit et le terroriser ainsi ? S’il existe une autre définition du mal et de la pourriture, je ne vois pas ce que c’est.
— Tu vois trop de bonté en moi.
— Mais c’est ce que tu m’as montré. Tu as toujours été bon avec moi.
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Il remua, grimaçant au moindre mouvement, et elle poussa un soupir résigné. Après tout, il fallait bien qu’une fille ramène un type louche chez elle au moins une fois dans sa vie, non ?
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— J’aimerais savoir pourquoi tu portes cette saleté en toile de jute et des claquettes tous les jours. Tu as accès à tout ce que tu veux, mais, les seules fois où tu n’es pas habillé comme un moine du Moyen Âge, c’est quand tu quittes Sheoul-gra. Azagoth inclina la tête et l’observa intensément, si bien que Razr se sentit comme un microbe sous la lamelle d’un microscope.
— Cette tenue fait-elle partie de ton châtiment ? Razr fut surpris. Il vivait à Sheoul-gra et travaillait pour Azagoth depuis plus d’un an à présent, et c’était la première fois que son patron lui posait une question qui n’était pas liée au boulot.
— Oui, répondit Razr, mais c’était une réponse simpliste à un problème complexe.
— Ton cas est unique. Tu n’es ni un ange déchu ni un ange céleste. Tu n’es même pas un non-déchu, dit Azagoth, faisant référence à l’état intermédiaire d’un ange ayant perdu ses ailes mais n’ayant jamais pénétré Sheoul, le royaume démoniaque, pour parachever sa chute. (Il glissa jusqu’au minibar et versa du rhum dans deux verres.) Le Ciel a créé une nouvelle dénomination d’ange rien que pour toi.
— Ouais, fit Razr sans dissimuler son sarcasme. Je suis unique. Sauf qu’il ne l’était pas. Une autre avait partagé son statut : son ancienne maîtresse, Darlah, présumée morte après avoir échoué à rentrer de mission. Une mission qui désormais incombait à Razr seul. Azagoth lui tendit l’un des verres, et Razr lutta pour cacher son étonnement. Et sa suspicion. Son patron semblait rarement conscient de son existence, alors, pour ce qui était de le traiter en égal…
— À l’évidence, tu es spécial. Tout cela devenait vraiment bizarre. Azagoth ne lui avait jamais témoigné le moindre intérêt, mais, en toute honnêteté, Razr était sidéré que l’autre n’en sache pas davantage sur son histoire. Il aurait cru que le Ciel aurait mis Azagoth au parfum, mais apparemment ce n’était pas le cas.
— Ce qui m’échappe, poursuivit Azagoth, c’est pourquoi tu ne t’es pas débrouillé pour régler tes affaires et regagner le Paradis. Incapable de rester immobile sous cet examen des plus curieux, Razr fit tourner le rhum dans son verre.
— Ce n’est pas comme si j’avais beaucoup de temps libre.
— Alors, c’est ma faute ? demanda Azagoth d’une voix suave, juste assez sinistre pour donner la chair de poule à Razr. On n’accusait pas la Grande Faucheuse de vous mettre des bâtons dans les roues. Pas si on tenait à sa peau.
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Il s’avéra que Jedda Brighton possédait de sérieuses qualifications dans le domaine de la gemmologie et de la minéralogie. D’après les recherches hâtives de Razr sur la solitaire fortunée, celle-ci était diplômée des meilleures écoles, gérait sa propre entreprise – une bijouterie londonienne, excentrique et haut de gamme, qui ne s’intéressait qu’aux gemmes rares et exotiques – et était mondialement connue pour sa mystérieuse faculté à localiser des poches de minerais précieux dans les entrailles de la Terre. Toutes ces informations étaient de notoriété publique. En revanche, le fait que la bijouterie servait de façade aux transactions souterraines de pierres maudites et enchantées ne l’était guère, du moins pour ce qui concernait les humains. Par conséquent, la jeune femme était très certainement un démon. Peut-être même l’un des voleurs des gemmes d’Enoch.
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— Vous avez le téléphone ici ? (Elle balaya la pièce du regard, à la recherche de l’appareil en question.) Un téléphone qui fonctionne ?
— Je sais bien que ça ne fait pas si longtemps que tu as été chassée du Paradis, mais ne sous-estime jamais le talent des démons pour détourner et ajuster les avancées technologiques humaines. (Il lui montra un placard dans le coin.) J’ai aussi la télé. Les soirées The Walking Dead, c’est sacré.
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— Ma vie avec Fayle n’est pas idéale, mais c’est mieux que rien.
— Je comprends. (Slake paraissait préoccupé.) Mais elle t’empêche d’être heureux.
— Heureux ? (Raze ricana.) J’ai cessé d’espérer le bonheur depuis belle lurette. Je prends ce qui s’offre à moi. Une lueur passa dans le regard ténébreux de Slake. Était-ce de la tristesse ?
— Ce que tu décris n’est pas une vie, si ? Raze leva de nouveau les yeux vers le plafond.
— J’ai accepté ma vie telle qu’elle était.
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Hadès avait beaucoup de noms. Seigneur des Morts. Geôlier des vilains. Trou de balle. Il les méritait tous. Il régnait sur son domaine souterrain avec une main de fer. Il ne craignait rien. Correction. Il ne craignait rien à l’exception de la Grande Faucheuse. Azagoth était la seule personne qui avait prouvé à maintes reprises qu’il pouvait semer la pire des pagailles dans le ténébreux royaume d’Hadès.
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Aussi, celui-ci méprisait généralement les réunions mensuelles entre son patron et lui, mais, par chance, la dernière en date avait été agréablement brève et relativement exempte de récriminations. Une bonne chose, car l’esprit d’Hadès avait été obnubilé par Cat. Il se rappelait la première fois qu’il l’avait vue quand elle était venue travailler pour Azagoth quelques mois plus tôt, se rappelait comme il avait été attiré par son énergie. La vie hors de la cité céleste, c’était nouveau pour elle, et, si la plupart des anges récemment déchus se montraient terrifiés ou amers, ce n’était pas le cas de Cat. D’après Lilliana, Cat était curieuse. Impatiente d’apprendre. Enthousiaste à l’idée de découvrir de nouvelles choses. Hadès pouvait lui en enseigner quelques-unes. Oui… sauf que c’était impossible. Parce qu’il n’avait pas le droit de toucher à la plantureuse rouquine, et panteler derrière elle comme un chien des Enfers après une chienne des Enfers en chaleur ne pouvait que se terminer dans d’atroces souffrances.
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— Les anges déchus ne peuvent renaître qu’en tant qu’anges déchus, lui fit-elle remarquer comme s’il l’ignorait. Et j’ajouterai que tu es tordu.
— Ce qui ne t’empêche pas de me dévorer des yeux chaque fois que tu me croises chez Azagoth. Il s’amusa de la voir piquer un fard et se demanda si elle allait le nier. Il n’était pas idiot ; il avait remarqué comment elle le regardait. Elle perdait tous ses moyens quand il se trouvait près d’elle. Il adorait ça. Et, chaque fois qu’il rendait visite à Azagoth, il brûlait de recevoir son attention. Sans doute qu’en rôdant autour d’elle pour susciter une réaction en sachant fort bien qu’il ne pourrait pas lui rendre la pareille s’infligeait-il lui-même une forme de torture, mais, après tout, n’était-il pas un tortionnaire ? — Pa… pardon ? bredouilla-t-elle avec indignation. Je ne te reluque…
— Oh que si !
— Que non !
— Si. (Il rit. Cela lui fit du bien, non parce qu’il ne riait pas souvent, mais cela faisait longtemps qu’une femelle ne lui avait pas soutiré un rire.) Relax. Il n’y a pas de honte à me désirer. Après tout, je suis canon. Elle poussa un soupir exaspéré et ses seins jaillirent presque de son corset noir et vert.
— Si tu le dis, marmonna-t-elle, avant d’esquisser un sourire timide. Je ne pensais pas que tu l’avais remarqué. Il faillit avaler sa langue. Il la taquinait ; il ne s’était pas attendu à ce qu’elle ait le courage de reconnaître qu’elle le désirait. Il était temps de changer de sujet, et vite, parce qu’il n’était pas convaincu d’avoir suffisamment de volonté pour résister à ses appels du pied faussement effarouchés. Cela faisait des années qu’il n’avait pas été avec une femme. La dernière fois, c’était quand Azagoth l’avait laissé sortir de Sheoul-gra. À Gra, il n’avait le droit de toucher à personne, pas même aux démons, et ce depuis toujours. Ça t’apprendra à déconner avec la famille de la Grande Faucheuse. Ouais, il avait mérité son châtiment, mais bon sang ! son erreur remontait à plusieurs siècles ! N’avait-il pas payé sa dette depuis le temps ? Il avait posé la question à Azagoth récemment. Malheureusement, ce dernier avait une mémoire d’éléphant, était rancunier à souhait, et n’avait pas le pardon facile. Repoussant ces pensées sur ses erreurs passées, il changea de sujet.
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