Votre profil Booknode a été créé !

Vous êtes  
 
Votre année de naissance  
 
Découvrez
vos lectures
de demain
Nouveau ? Inscrivez-vous, c'est gratuit !
En cliquant sur "Je m'inscris" j'accepte les CGU de booknode
- Créez votre bibliothèque en ligne
- Découvrez des livres proches des vos goûts
- Partagez votre passion avec d'autres lecteurs

Commentaires de livres faits par viedefun

Extraits de livres par viedefun

Commentaires de livres appréciés par viedefun

Extraits de livres appréciés par viedefun

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Il remua, grimaçant au moindre mouvement, et elle poussa un soupir résigné. Après tout, il fallait bien qu’une fille ramène un type louche chez elle au moins une fois dans sa vie, non ?
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
— J’aimerais savoir pourquoi tu portes cette saleté en toile de jute et des claquettes tous les jours. Tu as accès à tout ce que tu veux, mais, les seules fois où tu n’es pas habillé comme un moine du Moyen Âge, c’est quand tu quittes Sheoul-gra. Azagoth inclina la tête et l’observa intensément, si bien que Razr se sentit comme un microbe sous la lamelle d’un microscope.
— Cette tenue fait-elle partie de ton châtiment ? Razr fut surpris. Il vivait à Sheoul-gra et travaillait pour Azagoth depuis plus d’un an à présent, et c’était la première fois que son patron lui posait une question qui n’était pas liée au boulot.
— Oui, répondit Razr, mais c’était une réponse simpliste à un problème complexe.
— Ton cas est unique. Tu n’es ni un ange déchu ni un ange céleste. Tu n’es même pas un non-déchu, dit Azagoth, faisant référence à l’état intermédiaire d’un ange ayant perdu ses ailes mais n’ayant jamais pénétré Sheoul, le royaume démoniaque, pour parachever sa chute. (Il glissa jusqu’au minibar et versa du rhum dans deux verres.) Le Ciel a créé une nouvelle dénomination d’ange rien que pour toi.
— Ouais, fit Razr sans dissimuler son sarcasme. Je suis unique. Sauf qu’il ne l’était pas. Une autre avait partagé son statut : son ancienne maîtresse, Darlah, présumée morte après avoir échoué à rentrer de mission. Une mission qui désormais incombait à Razr seul. Azagoth lui tendit l’un des verres, et Razr lutta pour cacher son étonnement. Et sa suspicion. Son patron semblait rarement conscient de son existence, alors, pour ce qui était de le traiter en égal…
— À l’évidence, tu es spécial. Tout cela devenait vraiment bizarre. Azagoth ne lui avait jamais témoigné le moindre intérêt, mais, en toute honnêteté, Razr était sidéré que l’autre n’en sache pas davantage sur son histoire. Il aurait cru que le Ciel aurait mis Azagoth au parfum, mais apparemment ce n’était pas le cas.
— Ce qui m’échappe, poursuivit Azagoth, c’est pourquoi tu ne t’es pas débrouillé pour régler tes affaires et regagner le Paradis. Incapable de rester immobile sous cet examen des plus curieux, Razr fit tourner le rhum dans son verre.
— Ce n’est pas comme si j’avais beaucoup de temps libre.
— Alors, c’est ma faute ? demanda Azagoth d’une voix suave, juste assez sinistre pour donner la chair de poule à Razr. On n’accusait pas la Grande Faucheuse de vous mettre des bâtons dans les roues. Pas si on tenait à sa peau.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Il s’avéra que Jedda Brighton possédait de sérieuses qualifications dans le domaine de la gemmologie et de la minéralogie. D’après les recherches hâtives de Razr sur la solitaire fortunée, celle-ci était diplômée des meilleures écoles, gérait sa propre entreprise – une bijouterie londonienne, excentrique et haut de gamme, qui ne s’intéressait qu’aux gemmes rares et exotiques – et était mondialement connue pour sa mystérieuse faculté à localiser des poches de minerais précieux dans les entrailles de la Terre. Toutes ces informations étaient de notoriété publique. En revanche, le fait que la bijouterie servait de façade aux transactions souterraines de pierres maudites et enchantées ne l’était guère, du moins pour ce qui concernait les humains. Par conséquent, la jeune femme était très certainement un démon. Peut-être même l’un des voleurs des gemmes d’Enoch.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
— Vous avez le téléphone ici ? (Elle balaya la pièce du regard, à la recherche de l’appareil en question.) Un téléphone qui fonctionne ?
— Je sais bien que ça ne fait pas si longtemps que tu as été chassée du Paradis, mais ne sous-estime jamais le talent des démons pour détourner et ajuster les avancées technologiques humaines. (Il lui montra un placard dans le coin.) J’ai aussi la télé. Les soirées The Walking Dead, c’est sacré.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
— Ma vie avec Fayle n’est pas idéale, mais c’est mieux que rien.
— Je comprends. (Slake paraissait préoccupé.) Mais elle t’empêche d’être heureux.
— Heureux ? (Raze ricana.) J’ai cessé d’espérer le bonheur depuis belle lurette. Je prends ce qui s’offre à moi. Une lueur passa dans le regard ténébreux de Slake. Était-ce de la tristesse ?
— Ce que tu décris n’est pas une vie, si ? Raze leva de nouveau les yeux vers le plafond.
— J’ai accepté ma vie telle qu’elle était.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Hadès avait beaucoup de noms. Seigneur des Morts. Geôlier des vilains. Trou de balle. Il les méritait tous. Il régnait sur son domaine souterrain avec une main de fer. Il ne craignait rien. Correction. Il ne craignait rien à l’exception de la Grande Faucheuse. Azagoth était la seule personne qui avait prouvé à maintes reprises qu’il pouvait semer la pire des pagailles dans le ténébreux royaume d’Hadès.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Aussi, celui-ci méprisait généralement les réunions mensuelles entre son patron et lui, mais, par chance, la dernière en date avait été agréablement brève et relativement exempte de récriminations. Une bonne chose, car l’esprit d’Hadès avait été obnubilé par Cat. Il se rappelait la première fois qu’il l’avait vue quand elle était venue travailler pour Azagoth quelques mois plus tôt, se rappelait comme il avait été attiré par son énergie. La vie hors de la cité céleste, c’était nouveau pour elle, et, si la plupart des anges récemment déchus se montraient terrifiés ou amers, ce n’était pas le cas de Cat. D’après Lilliana, Cat était curieuse. Impatiente d’apprendre. Enthousiaste à l’idée de découvrir de nouvelles choses. Hadès pouvait lui en enseigner quelques-unes. Oui… sauf que c’était impossible. Parce qu’il n’avait pas le droit de toucher à la plantureuse rouquine, et panteler derrière elle comme un chien des Enfers après une chienne des Enfers en chaleur ne pouvait que se terminer dans d’atroces souffrances.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
— Les anges déchus ne peuvent renaître qu’en tant qu’anges déchus, lui fit-elle remarquer comme s’il l’ignorait. Et j’ajouterai que tu es tordu.
— Ce qui ne t’empêche pas de me dévorer des yeux chaque fois que tu me croises chez Azagoth. Il s’amusa de la voir piquer un fard et se demanda si elle allait le nier. Il n’était pas idiot ; il avait remarqué comment elle le regardait. Elle perdait tous ses moyens quand il se trouvait près d’elle. Il adorait ça. Et, chaque fois qu’il rendait visite à Azagoth, il brûlait de recevoir son attention. Sans doute qu’en rôdant autour d’elle pour susciter une réaction en sachant fort bien qu’il ne pourrait pas lui rendre la pareille s’infligeait-il lui-même une forme de torture, mais, après tout, n’était-il pas un tortionnaire ? — Pa… pardon ? bredouilla-t-elle avec indignation. Je ne te reluque…
— Oh que si !
— Que non !
— Si. (Il rit. Cela lui fit du bien, non parce qu’il ne riait pas souvent, mais cela faisait longtemps qu’une femelle ne lui avait pas soutiré un rire.) Relax. Il n’y a pas de honte à me désirer. Après tout, je suis canon. Elle poussa un soupir exaspéré et ses seins jaillirent presque de son corset noir et vert.
— Si tu le dis, marmonna-t-elle, avant d’esquisser un sourire timide. Je ne pensais pas que tu l’avais remarqué. Il faillit avaler sa langue. Il la taquinait ; il ne s’était pas attendu à ce qu’elle ait le courage de reconnaître qu’elle le désirait. Il était temps de changer de sujet, et vite, parce qu’il n’était pas convaincu d’avoir suffisamment de volonté pour résister à ses appels du pied faussement effarouchés. Cela faisait des années qu’il n’avait pas été avec une femme. La dernière fois, c’était quand Azagoth l’avait laissé sortir de Sheoul-gra. À Gra, il n’avait le droit de toucher à personne, pas même aux démons, et ce depuis toujours. Ça t’apprendra à déconner avec la famille de la Grande Faucheuse. Ouais, il avait mérité son châtiment, mais bon sang ! son erreur remontait à plusieurs siècles ! N’avait-il pas payé sa dette depuis le temps ? Il avait posé la question à Azagoth récemment. Malheureusement, ce dernier avait une mémoire d’éléphant, était rancunier à souhait, et n’avait pas le pardon facile. Repoussant ces pensées sur ses erreurs passées, il changea de sujet.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Mais Hadès, lui, était unique. De ses vêtements à ses cheveux, il surpassait les autres anges déchus. Et, là où tous les autres déchus étaient sérieux et austères, Hadès était enjoué, voire loufoque parfois. Un jour que Thanathos, l’un des quatre Cavaliers de l’Apocalypse, était venu à Sheoul-gra avec son fils, elle avait regardé Hadès pourchasser à travers la cour le petit, ravi, avant de le renverser délicatement au sol et de lui chatouiller le ventre avec sa crête. Elle avait été fascinée de voir une légende telle qu’Hadès, un mâle dont le travail consistait à rendre la vie infernale à des millions de démons, s’occuper d’un enfant avec une telle tendresse. Et en faisant preuve d’une telle exubérance, sans se soucier le moins du monde de qui le regardait. Combien de fois avait-elle vu la fierté masculine entraver l’amusement ? Comme si profiter de la vie et extérioriser ses émotions était mal ou signe de faiblesse.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
— Merde ! dit-il d’une voix râpeuse. Trop. C’est beaucoup trop. Beaucoup trop de quoi ? Pour ce qui la concernait, c’était loin d’être assez.
— J’aime te toucher.
— Personne ne me touche jamais. (Il prit une inspiration profonde et saccadée qui semblait quelque peu… peinée, chagrinée.) Je ne connais que les caresses du vent et de la pluie. Le vent et la pluie ? Était-ce pour ça qu’il se baladait souvent torse nu ? Il aimait sentir les éléments contre sa peau parce que les gens ne le touchaient jamais. Ou peut-être ne le leur permettait-il pas ? Elle ne pouvait imaginer vivre comme ça. Elle aimait toucher et être touchée.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 18-01
Peut-être que la maladie m’a rendue plus sensible. Plus émotive, et égocentrique. Je n’en suis pas moins vaillante. Je dois honorer cette promesse tacite de vivre, établie au moment où le cœur de mon donneur a commencé à battre en moi.
Avez vous apprécié cet extrait ? +2
date : 18-01
— Z, c’est vraiment lui ?
— Vraiment ! s’exclame joyeusement ma tante. C’est son garage.
— Il est jeune.
— Autant que toi, je crois.
— Il est un peu sauvage…
— Mais il est efficace, réplique-t-elle en désignant la serviette sur mes genoux. J’ai oublié de la lui rendre. J’ai oublié de le saluer, et même de le remercier d’être venu me secourir. Ce n’est pas dans mes habitudes. Ce n’est pas moi, ça. Ce n’est plus moi. Je suis sonnée, à la fois parce que j’ai été à nouveau terrassée par ce terrible sentiment d’impuissance, mais aussi parce que je suis encore décontenancée par l’apparition de cet homme effrayant. Et beau. Et très agressif. J’ai dû le déranger pour qu’il soit si en colère : il passait sans doute la soirée devant un match, un film, ou avec une fille.
— Une Mini pour rouler dans le désert… dit encore Jenna en riant.
— C’était le modèle avec quatre roues motrices !
— C’est encore pire ! Ils t’ont vraiment prise pour une touriste ! Je m’enfonce dans le siège et tords machinalement la serviette dans un sens puis dans l’autre. Les gouttes d’eau glissent sur ma peau nue et vont s’écraser sur le skaï du siège passager, entre mes cuisses.
— Pas pour une touriste. Pour une fille perdue. Une fille qui a choisi de se perdre au bout du monde pour tenter de retrouver le sien.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 18-01
Mon corps se contracte violemment, puis s’alanguit, submergé par une vague de chaleur. Nous n’avons jamais été aussi proches, je n’ai jamais autant voulu être embrassée.
— Récapitulons, Grace… Z ne sourit pas mais ses yeux étincellent. Il se penche à mon oreille. Ses cheveux effleurent ma tempe, son regard se perd dans mon décolleté pour tenter de voir enfin ce que je cache. C’est déloyal parce que moi, je ne suis pas télépathe. Je pose la main sur mon cœur, mais c’est trop tard : les premières bombes éclatent dans ma poitrine. La déflagration se propage dans ma tête, dans mon ventre, et enfin très bas, entre mes cuisses.
— Je suis mécano, chuchote-t-il farouchement. Je ne suis pas un super-héros. Sa joue touche enfin la mienne, mais son corps est encore loin. Z n’avancera pas davantage. Il ne me touchera pas, même s’il souffre, car les phalanges de ses poings serrés blanchissent.
— Et c’est tout ? j’articule en tremblant. Z inspire profondément puis recule d’un bond, comme si je l’avais frappé. Sans un regard, il se retourne et fait claquer sa langue. Wallace se précipite aussitôt sur ses talons.
— Je ne suis pas gay, Grace, s’écrie-t-il avant de disparaître. Poum-poum. Poum-poum. Je m’écroule sur le sol, assommée par les coups, enivrée par tout le reste.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 18-01
On nous bouscule. Z m’écrase contre son corps et se crispe. Je tressaille ; il bande, et pas qu’un peu ! Je ne suis pas gay. Je m’accroche de toutes mes forces aux cheveux qui tombent dans sa nuque et soupire.
— Désolé, ça aussi c’est mécanique… grommelle-t-il entre ses dents en ne desserrant pas sa prise sur ma taille. Je me renfrogne.
— Merci…
— Ce n’est pas ce que je voulais dire.
— Trop tard. Il me reprend dans ses bras et j’explose à nouveau des records de diastole. Poum-poum. Poum-poum. J’en perds l’équilibre, étourdie par un vertige.
— Tu es vexée, Grace ?
— Non. Si. Il se penche à mon oreille.
— C’est l’effet que tu me fais… souffle-t-il. Je le dévisage, affolée, avant de le repousser violemment puis de me diriger vers la sortie. Le perron, la véranda. De l’air ! Z est derrière moi. Les mains dans les poches, il me regarde d’un air moqueur. — Qu’est-ce qui se passe, bon sang ?
— Tu as peur, répond-il tranquillement.
— Peur de quoi ?
— De moi. Il me montre du doigt.
— Et de toi, poursuit-il. Ensemble.
Avez vous apprécié cet extrait ? +1
date : 18-01
L’air se raréfie, ou alors c’est moi qui ne respire plus comme je le devrais. J’ai mal dans ma poitrine, blessée d’avoir cru qu’il se passait quelque chose d’unique. Que Z l’avait éprouvé de la même manière. Fantasme de midinette. Espoir de fille encore trop fragile. J’ai couru au lieu de marcher. Ma tête et ma poitrine bourdonnent lorsque jaillit l’image de ses doigts sur la cicatrice. Je me sens soudain aussi embarrassée qu’en colère.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 18-01
Le bip sonore ne me laisse pas cogiter davantage.
— Salut, c’est moi… Je bégaye. Quelle horreur…
— Enfin, c’est Grace. Désolée, il est un peu tôt… Jenna me fait signe que non.
— Et donc… Garden Rent vient de m’appeler. Pour expliquer que quelqu’un avait remboursé la voiture… Mais ce n’est pas possible ! Enfin, je crois que ce n’est pas possible… L’expert devait passer au garage, non ? Je trouve ça bizarre… Tu sais peut-être quelque chose ? Jenna se pince les lèvres, amusée.
— Bon, alors… rappelle-moi ? Je raccroche, épuisée par mon monologue.
— Rappelle-moi… répète Jenna.
— Oui, et alors ?
—Tu l’as formulé comme une question, explique-t-elle, navrée. Ce n’est pas comme ça que tu vas le…
— Mais je ne veux rien faire du tout ! Ma tante tire vers elle un des sacs en papier qu’elle a rapportés de sa course.
— Plus de niaque, Grace, continue-t-elle d’expliquer en le vidant.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Kes avait besoin de créer de la magie. Il ne pouvait pas le faire dans mon monde. Dans ma routine si calme et bien rangée, Kes était un martin-pêcheur dans une volée de pigeons. Cette prise de conscience soudaine me frappa de plein fouet.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Je vais écrire un blog sur nos voyages. Peut-être que personne ne le lira ou peut-être que nos enfants le liront un jour. Je vais l’appeler Cœurs itinérants. Accrocheur, hein ? Mais avant que je ne ferme les yeux ce soir, je regarderai les lumières sur la grande roue et Kes sera à côté de moi. Et nos rêves deviendront réalité, pour tous les deux. Pour le meilleur comme pour le pire, que nous soyons riches ou pauvres, peu importe où la route nous mènera, peu importe nos aventures, nous les vivons et nous les vivrons tous les deux, mon forain et moi.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Toute cette tension n’aidait pas à ma concentration.
— Kyle se sent mieux ce matin ? demandai-je. Rynda parut surprise.
— Oui. — Tant mieux. Voilà. La tension était retombée d’un cran.
— Je n’avais pas compris que vous étiez là quand j’ai appelé Connor. Et hop, retour au malaise. Génial. Je lui souris et regardai Rogan derrière la fenêtre.
— Je sais que Connor et vous vivez une relation, ajouta Rynda. Mais en ce moment j’ai plus besoin de lui que vous. J’espère que vous comprenez. Oh non. Non.
— Rogan et moi vivons quelque chose, dis-je d’une voix aussi aimable que possible. Et vous n’en faites pas partie.
— Je le connais depuis beaucoup plus longtemps que vous.
— Et je comprends qu’avec la disparition de Brian vous soyez effrayée. Mais Rogan ne sera jamais la roue de secours de qui que ce soit. On ne se rabat pas sur lui.
— C’est une menace ? Je soupirai.
— Non. Je ne vais pas vous menacer. Vous êtes ma cliente et vous êtes sous une pression énorme. Il ne s’agit pas d’une conversation sur le mode « touche pas à mon homme ». Je vous dis simplement que ce que Rogan et moi vivons est authentique. Je ne vous en veux pas d’essayer et si vous arriviez à vos fins, je vous en voudrais moins qu’à lui. Ce n’est pas là où je veux en venir. Elle pinçait si fort les lèvres qu’elles en devenaient presque blanches.
— Où voulez-vous en venir, alors ?
— Imaginez un moment que vous fassiez en sorte que Rogan s’implique avec vous. Que se passerait-il ensuite ? Elle ne répondit pas.
— Vous étiez soulagée quand il a rompu les fiançailles ?
— C’est personnel.
— Vous étiez soulagée parce que vous ne vouliez pas réellement de lui. Il est imprévisible et effrayant. Vous voulez la sécurité qu’apporte sa présence mais vous n’aimez pas l’homme qui en est à l’origine. Moi si. Je l’aimais, dans toute son imprévisibilité.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
C’est bon, sifflai-je. On a fini de parler. Une seule question avant d’y aller : selon ton opinion d’expert en gestion de maison, quand Rynda t’a appelé, il s’agissait d’une authentique urgence ? De quelque chose d’absolument impossible à résoudre sans ta présence ? Ou bien s’agissait-il d’une nouvelle occasion pour elle de s’assurer que tu seras émotionnellement impliqué dans la prise en charge de ses enfants et d’elle-même si jamais Brian ne s’en sort pas ? Et s’il s’agissait vraiment d’une urgence, pourquoi ne m’as-tu pas demandé de venir avec toi ? Je refermai les battants de la fenêtre. Voilà, c’était dit. Il me regarda fixement à travers la vitre puis pivota sur lui-même et repartit vers l’autre côté de la rue. C’est ça, rentre chez toi sans rien dire.
Avez vous apprécié cet extrait ? -1
Rogan avait repêché son téléphone dans la pile de vêtements abandonnés près de la douche. Il prit l’appel.
— Du calme, dit-il. Parle plus lentement. Il revint jusqu’au lit et tint le téléphone à cinq centimètres de son oreille. La voix de Rynda en émanait, haut dans les aigus, ponctuée par les pleurs d’un enfant.
— ... n’arrive pas à le calmer. Je t’en prie. S’il te plaît. J’ai besoin de ton aide. Je t’en prie, Connor ! Je me laissai retomber sur le lit avec un grognement.
— Je suis occupé, dit Rogan.
— Si tu pouvais juste lui parler. Il n’a que quatre ans. Je t’en prie… Rogan donnait l’impression de vouloir jeter son téléphone contre le mur.
— J’arrive, dit-il. Je me plaquai un oreiller sur le visage. L’oreiller s’écarta et Rogan se pencha sur moi.
— Attends-moi, dit-il.
— Laisse-moi deviner : une autre crise que toi seul peux résoudre ?
— Kyle est en panique. Je les ai installés dans l’immeuble au nord de celui-ci. J’y serai en trente secondes.
— On vient de coucher ensemble et tu te barres pour retrouver ton ex-fiancée.
— Je reviendrai vite. On dormira dans le même lit ce soir. Promis.
— Va, dis-je avec un geste en direction de la sortie. Il enfila son jean et un tee-shirt.
— Attends-moi. Il ouvrit la porte et sortit. Je vidai mes poumons. Ce n’était pas comme si Rynda le manipulait consciemment. Mais elle avait l’habitude de s’appuyer sur les autres pour régler ses problèmes. Sa mère en premier lieu, puis son mari, et maintenant Rogan. C’était le genre de personne à voir une casserole déborder sur la gazinière et à accourir pour vous le dire plutôt que de saisir le manche de la casserole pour l’écarter du feu. Après quoi elle serait fière d’elle-même pour avoir agi rapidement en situation de crise.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
Rogan ne plaisantait pas en matière de sécurité. Il m’aimait et, parce qu’il estimait que ma maison n’était pas parfaitement protégée contre une éventuelle attaque, il avait acheté les trois kilomètres carrés de terrain industriel autour de notre entrepôt pour en faire sa base militaire personnelle. Tous les passants étaient habillés en civil mais ils ne trompaient personne. Les employés de Rogan avaient tous fait partie des forces armées à un moment de leur vie et ils n’étaient pas du genre à flâner au hasard. Ils allaient d’un point A à un point B avec un objectif précis en tête. Ils portaient des vêtements propres, des cheveux courts et appelaient Rogan « major ». Quand nous faisions l’amour, je l’appelais Connor.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 14-12-2017
Il ne ressemblait pas exactement à l’image qu’elle s’était faite, celle d’un fou furieux attendant la moindre défaillance de sa part pour les découper en morceaux. Il semblait avoir une trentaine d’années, peut-être un peu plus. Des pommettes hautes, des lèvres fines. Alicia n’eut pas le temps de le détailler davantage. Il se releva d’un mouvement souple, laissa retomber le capot et, du menton, parut lui ordonner quelque chose. Elle mit quelques secondes avant de saisir ce qu’il lui disait, puisqu’il était hors de question qu’elle ouvre à nouveau sa vitre pour l’écouter. Il s’agissait peut-être d’un piège. Elle finit toutefois par comprendre : il lui demandait de remettre ses essuie-glaces en marche. Elle tourna son comodo avec anxiété… Les balais se déplacèrent avec toute la célérité requise. Elle ne put retenir un sourire victorieux. L’homme se contenta de froncer un peu plus les sourcils, agita ce qui devait être un fusible devant sa vitre. Al se sentit subitement ridicule. Elle entrouvrit sa fenêtre de quelques centimètres pour lui exprimer sa gratitude et s’excuser d’avoir réagi si bêtement. Mais il ne lui en laissa pas le temps.
— Et maintenant, dégagez votre véhicule, ordonna-t-il. Et sans s’attarder un instant de plus, il sauta dans son pick-up, frôla sa voiture en la doublant, et reprit la route dans un crissement de pneus agacés. Alicia était furieuse. Furieuse contre elle-même d’avoir réagi avec le courage d’un lapin et de s’être ridiculisée à ce point. Furieuse contre l’inconnu qui l’avait traitée avec une amabilité d’ours polaire réveillé en pleine hibernation. Bien sûr, il avait réparé ses essuie-glaces en un clin d’œil, mais était-ce une raison pour se montrer si malpoli ? Après tout, n’importe quelle fille dans sa situation aurait réagi de la même façon, non ? Le rouge de la honte lui monta aux joues. Puis, passant la main dans ses cheveux courts comme à chaque fois qu’elle se trouvait embarrassée, elle soupira et redémarra.
— Et une raison de plus pour ne pas rester dans ce trou. Si tous les Écossais sont à son image, je préférerais encore prendre un bain avec des alligators que de m’installer ici plus de deux jours.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 29-11-2017
- Alors Fat Tannen? On se balade dans le coin? Oui, mon nom de famille est Tannen. Comme Biff Tannen dans Retour vers le futur. Le méchantvilain-pas-beau-et-pas-intelligent de la trilogie. Du coup Cameron s’était fait un plaisir de faire un amalgame entre mon poids, mon nom et ce personnage. Ça avait donné Fat Tannen. Et il en était très fier.
Avez vous apprécié cet extrait ? +1
date : 23-11-2017
Elle avait hérité de la beauté de sa mère, mais c’était de son père que lui venaient ses qualités de cœur, son courage et sa fierté. Elle veillait avec abnégation sur chacun au château, où elle tenait le rôle d’administratrice, solidement secondée par Simon, l’intendant de son père. L’évêque de Lisieux, son oncle, et son frère Cédric la laissaient gérer le domaine et les réserves, car elle était bonne gestionnaire et tenait les registres à jour.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0
date : 23-11-2017
Elle refusait de leur montrer sa peur et planta ses yeux dans ceux du guerrier que les autres appelaient Wulfric et qui semblait être l’un des chefs. Elle remarqua qu’une cicatrice lui barrait le front et descendait au-dessus de son œil gauche. Ses yeux perçants étaient d’un bleu presque gris. Il était très beau malgré cette balafre. Cette marque accentuait même l’aura de danger qui se dégageait de lui et le rendait plus viril encore. Elle en fut troublée, mais son regard d’émeraude brillait toujours de colère et de haine.
Avez vous apprécié cet extrait ? 0