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Commentaires de livres faits par viedefun

Extraits de livres par viedefun

Commentaires de livres appréciés par viedefun

Extraits de livres appréciés par viedefun

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Depuis toujours, Winnifred le trouvait beau; beau à la manière d'un paysage austère ou d'un jour de tempête. Kev Merripen était grand, imposant, l'allure farouche, les traits accusés et les yeux si sombres que l'on discernait à peine la pupille de l'iris. Ses cheveux noirs corbeau étaient épais, et ses sourcils fournis formaient presque une ligne horizontale. Elle trouvait le pli mélancolique, inquiétant, qui marquait en permanence le coin de sa belle bouche, irrésistible. Merripen... Son amour, mais non pas son amoureux. Tous deux se connaissaient depuis l'enfance, lorsqu'il était arrivé dans sa famille. Même si les Hathaway l'avaient toujours traité comme l'un des leurs, Merripen demeurait en marge, jouant à la fois le rôle de domestique et de protecteur.
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— Je veux tout de toi ou rien, déclara-t-elle d'une voix qu'elle parvint à rendre ferme. Tu connais les mots qui me feraient rester. Si tu ne veux pas les prononcer, alors, va-t'en. L'atmosphère était chargée d'émotion. Dans le silence qui s'étirait, Winnifred se tendit comme la corde d'un arc. Le miroir ne lui renvoyait qu'une partie de l'épaule et du bras de Merripen. Puis il bougea, disparut, et elle entendit la porte s'ouvrir et se refermer. Elle continua de se tamponner le visage avec le linge humide, essuyant au passage quelques larmes éparses. Sa main, celle qui avait touché Merripen de manière si intime, retenait l'odeur de sa chair; ses lèvres la brûlaient encore au souvenir de ses baisers passionnés ; et la douleur du désespoir lui dilatait la poitrine.
— Eh bien, murmura-t-elle à son reflet enfiévré, à présent, tu as des raisons de partir. Elle s'autorisa un rire tremblant avant d'éclater en sanglots.
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— Comment va-t-il, Amelia ? se décida-t-elle à demander. Amelia n'eut pas besoin de demander à qui sa sœur faisait allusion.
— Merripen a changé, commença-t-elle avec circonspection. Presque autant que Léo et toi. Selon Cam, ce qu'il a accompli sur le domaine est absolument stupéfiant. Diriger les ouvriers et les artisans, s'occuper de la terre et des fermes, tout cela exige de nombreuses capacités, Merripen a veillé à tout. Et quand c'est nécessaire, il n'hésite pas à retrousser ses manches pour donner un coup de main. Il a gagné le respect de tous - personne ne remet jamais en question son autorité.
— Voilà qui ne me surprend pas, dit Winnifred, soudain en proie à un sentiment doux-amer. Il a toujours été très capable. Mais quand tu dis qu'il a changé, qu'entends-tu par là ?
— Il est devenu assez... dur.
— Il a le cœur dur ? Il est buté ?
— Oui. Et renfermé. Il ne semble tirer aucune satisfaction de son succès et ne paraît pas avoir beaucoup de plaisirs dans la vie. Certes, il a beaucoup appris, il possède une autorité indéniable et s'habille beaucoup mieux, comme il sied à sa nouvelle position. Toutefois, curieusement, il semble moins civilisé que jamais. Je pense... Amelia s'interrompit, l'air mal à l'aise.
— Peut-être que cela l'aidera de te revoir. Tu as toujours eu une bonne influence sur lui.
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Kev l'aimait. Non pas de la manière décrite par les romanciers et les poètes. Non, rien d'aussi sage. Il l'aimait par-delà la terre, le ciel ou l'enfer. Chaque instant passé loin d'elle était une torture, chaque moment avec elle lui apportait une paix qu'il n'avait jamais connue. Le moindre frôlement de sa main laissait une empreinte au fer rouge en lui. Il se serait fait tuer plutôt que de l'admettre devant qui que ce soit. Il gardait ce secret enfoui dans son cœur. Kev ignorait si Winnifred l'aimait en retour. Mais il savait une chose : qu'il ne le voulait surtout pas.
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—Au revoir, petite sœur, ajouta-t-il en se tournant vers Poppy, une ravissante jeune fille de dix-huit ans. Profite bien de ta première saison à Londres. Et essaye de ne pas tomber dans les bras du premier qui te demandera en mariage. Poppy s'avança pour le serrer dans ses bras.
— Et toi, mon cher Léo, murmura-t-elle, essaye de te conduire correctement, en France.
— Personne ne se conduit correctement en France, répliqua-t-il. C'est pour cela qu'on s'y plaît tant.
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À quatre pattes, Léo alla récupérer les lunettes et les lui tendit. Elle les lui arracha sans un mot de remerciement. C'était une femme jeune, mince, à la mine anxieuse, et dont les yeux étrécis lançaient des éclairs. Ses cheveux châtains étaient tirés en un chignon si serré que Léo en eut mal pour eux. On aurait pu espérer un trait qui rachèterait les autres : des lèvres pulpeuses, peut-être, ou de jolis seins. Mais non. La bouche était sévère, la poitrine plate et les joues creuses. Si Léo avait été contraint de passer un peu de temps avec elle - ce qui n'était, Dieu merci, pas le cas -, il aurait commencé par la nourrir.
— Si vous voulez aider, répliqua-t-elle froidement en chaussant ses lunettes, attrapez ce maudit furet. Peut-être que je l'ai suffisamment fatigué pour que vous réussissiez à le plaquer au sol.
Doucement, Léo dégagea le morceau de dentelle orné de rubans que le furet tenait entre ses petites dents pointues. C'était effectivement une jarretière, délicieusement féminine et peu pratique. Il la tendit à la jeune femme avec un sourire moqueur.
— Aucun doute, ceci vous appartient. Il n'en croyait rien, évidemment. Difficile d'imaginer, en effet, cette créature sévère portant un accessoire aussi frivole. Mais quand il vit la rougeur qui se répandait sur ses joues, il comprit qu'elle lui appartenait bel et bien. Voilà qui était intrigant.
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Selon la légende, après s'être présenté à minuit devant sa porte, le pooka enlevait un humain pour l'emmener dans une chevauchée qui, s'il en revenait, le changerait à jamais. Cam n'avait jamais vu de marque identique sur personne. Avant Merripen. Par un tour inattendu du destin, ce dernier avait été récemment blessé lors d'un incendie. Et c'est en soignant ses brûlures que les Hathaway avaient découvert le tatouage sur son épaule. Ce qui n'avait pas manqué de susciter un certain nombre d'interrogations dans l'esprit de Cam. Surprenant Merripen en train de jeter un coup d'œil sur son bras, il lui demanda :
— Que penses-tu d'un Rom portant un dessin irlandais ?
— Il y a des Roms en Irlande. Ça n'a rien d'étonnant.
— Ce qui est étonnant, c'est que je n'en ai jamais vu de semblable, répliqua Cam d'un ton égal. Hormis sur toi. Et comme tous les Hathaway ont eu l'air surpris en le découvrant, j'en déduis que tu as dû te donner beaucoup de mal pour le dissimuler. Pour quelle raison, mon phral?
— Ne m'appelle pas comme ça.
— Tu fais partie de la famille Hathaway depuis l'enfance. Et moi, j'ai épousé l'un de ses membres. Cela fait de nous des frères, non? Il n'eut droit qu'à un regard dédaigneux en guise de réponse.
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— Pour en revenir à ces Templiers, pourquoi ont-ils fini sur le bûcher comme les sorcières, alors qu'ils étaient moines ?
— Pour hérésie, murmura Grace. Le feu était le châtiment pour de nombreux crimes, pas seulement pour la sorcellerie.
— La religion avait beaucoup d'importance, à cette époque, fit Kris en fronçant les sourcils devant la représentation très réaliste de trois hommes attachés à un poteau, les jambes léchées par les flammes. Les trois condamnés portaient des tuniques blanches ornées d'une croix sur la poitrine. Leurs bouches étaient des trous noirs ouverts sur leurs hurlements d'agonie.
— Encore aujourd'hui, on assassine au nom de la religion, dit Grace en frémissant d'horreur. Au Moyen Âge, la religion était au centre de la vie des gens. Tous ceux qui la contestaient constituaient une menace pour les autres. La religion ne leur apportait pas seulement les règles de la vie sociale, elle fournissait aussi une explication, même irrationnelle, à une foule de choses inconnues et inquiétantes. Ils étaient terrifiés par les éclipses, les comètes, la maladie qui frappe et tue sans prévenir... des choses que nous trouvons normales maintenant, mais qu'ils n'avaient aucun moyen de comprendre à l'époque. Imagine ce qu'une appendicite pouvait représenter pour eux, ou une crise cardiaque. Ils ne savaient pas ce qui arrivait, pourquoi ça arrivait et comment l'éviter. La religion leur offrait une sorte de protection contre ces événements effrayants. De toute façon, après la mort, Dieu se chargeait d'eux et les forces maléfiques étaient vaincues. Kris fronça les sourcils, effaré par une telle ignorance.
— La télévision leur aurait fichu une sacrée trouille, pas vrai ? fit-il.
— Surtout Les feux de l'amour, plaisanta-t-elle. C'est ça, l'esprit du mal, aujourd'hui. Kris gloussa, remonta ses lunettes sur son nez et se pencha à nouveau sur l'écran.
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La logeuse alluma une longue et fine cigarette et observa Grace à travers le nuage de fumée bleue. Une bague ornait chacun de ses doigts, et Grace se surprit à regarder les mouvements étrangement gracieux de ses grandes mains.
— Ça m'étonnerait, fit soudain la femme. Excuse-moi, chérie. Pour moi, le travail, c'est le trottoir, et tu n'as pas le genre, malgré ta perruque bon marché. Pas de maquillage et une alliance. Tu as quitté ton mari ? Grace baissa les yeux sur ses mains et fit tourner doucement l'anneau en or que Ford fui avait passé au doigt le jour de leur mariage.
—Non, murmura-t-elle.
— Il est mort, hein ? Stupéfaite, Grace releva les yeux.
— Si tu avais divorcé, tu ne porterais pas ton alliance. Un regard vert sagace la jaugea d'un coup d'oeil. — En plus, elle t'est trop grande, continua la logeuse. Et tu flottes dans tes fringues. Tu as perdu quelques kilos, hein? Le malheur coupe l'appétit, c'est connu. Grace se sentait à la fois terrifiée et soulagée. En moins de deux minutes, cette étrange jeune femme l'avait percée à jour, remarquant des détails que personne d'autre n'avait notés.
— Oui, répondit-elle platement. La femme sembla soudain prendre une décision.
— Je m'appelle Harmony, déclara-t-elle en lui tendant la main par-dessus le bureau. Harmony Johnson. Il y a plus de Johnson que de Brown ou de Jones, tu le savais? Grace eut l'impression de serrer une main d'homme.
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Lorsqu'elles étaient ensemble, Harmony lui parlait. Grace l'écoutait avec attention. Son amie lui expliquait comment semer un poursuivant, se déplacer sans laisser de trace, trouver un faux permis de conduire et même un faux passeport, si elle ne pouvait s'en procurer légalement. Toutes ces précieuses informations étaient son cadeau à Grace. Le vendredi, elle loua une voiture et conduisit Grace jusqu'à Michigan City, dans l'Indiana, où celle-ci avait prévu de prendre le car. Grace préféra taire sa destination à son amie et Hamony ne lui posa aucune question.
— Fais bien attention, dit Harmony d'une voix bourrue, en serrant Grace contre elle. Et n'oublie pas ce que Mateo et moi avons tenté de t'enfoncer dans le crâne.
—Ne t'inquiète pas, répondit Grace en lui rendant son étreinte. Puis elle rassembla ses affaires et pénétra dans la gare routière. Harmony regarda la frêle silhouette disparaître à l'intérieur. Elle cligna des paupières pour chasser ses larmes et s'éloigna.
— Que Dieu te protège, murmura-t-elle en remontant dans sa voiture.
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Chercher à se dissimuler était le meilleur moyen de se faire remarquer. Harmony lui avait appris cette règle : « Marche comme si le trottoir était à toi et les sales types te laisseront tranquille.
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Ford. Poussée par le désespoir, Grace s'arracha à l'étreinte de Niall et s'enfuit de l'autre côté de la table. C'était un obstacle bien pitoyable, qu'il pouvait renverser d'un geste de la main, mais elle savait qu'il ne la forcerait pas. Il resta parfaitement immobile, l'observant sous ses paupières baissées. Elle serra les mains, faisant fébrilement tourner son alliance, fragile symbole de sa fidélité et de sa trahison. La bague était devenue si grande qu'elle avait peur de la perdre, et elle avait pris l'habitude de toujours vérifier sa présence à son doigt. Niall attendait.
— Je suis veuve, dit-elle avec effort. Sa gorge se noua et elle déglutit péniblement.
— Mon mari est le seul homme avec qui... Elle se tut, incapable d'en dire plus.
— Tu l'aimes encore ?
— Oui. Sa réponse était presque inaudible. Il fit le tour de la table. Elle aurait voulu courir loin de lui, mais elle était incapable de bouger. Il prit son visage entre ses mains, l'ombre d'un sourire effleurant ses lèvres bien dessinées, son regard noir plein de compréhension.
— Désirer un autre homme est nouveau pour toi. Tu crois le trahir.
— Oui, murmura-t-elle.
— Et pourtant tu es venue, sachant ce qu'il y avait entre nous. Ton corps est prêt, mais ton esprit a besoin d'un peu plus de temps. Il se pencha et déposa un baiser sur son front.
— Je ne te forcerai pas, jeune fille, mais je ne te laisserai pas longtemps seule dans ton lit. Ma bouche et mes mains sauront vaincre tes craintes.
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Elle essaya de penser à Ford, mais son image était terriblement lointaine. Une année s'était écoulée, une année où elle n'avait rien possédé qui lui ait appartenu. Elle n'avait eu aucun objet sur lequel pleurer, de lettre, aucune photo qui aurait maintenu son mari présent en elle. Elle s'était interdit de songer à lui trop souvent, de peur d'être anéantie par la souffrance. Et maintenant qu'elle avait besoin de lui, elle était incapable de se souvenir de son visage ou de l'intonation de sa voix.
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Parrish avait consulté ses registres et remonté la piste jusqu'à Paris, où les documents étaient conservés. Les Français se montraient parfois si tatillons pour laisser sortir des originaux, même pas très anciens, que Parrish avait envoyé ses hommes sur place pour les dérober. Mais ils étaient rentrés bredouilles : les documents avaient été mystérieusement détruits dans un incendie. Les originaux ainsi que les négatifs des photos étaient partis en fumée. À présent, les seules copies au monde s'étaient évanouies dans la nature avec Grace. S'il se fiait au registre des missions, elle n'avait commencé la traduction que depuis trois jours. Grace était douée, elle était même sa meilleure spécialiste. Il ne pouvait prendre le risque qu'elle en ait déchiffré assez pour comprendre ce qu'elle avait sous les yeux. Elle devait être éliminée, comme tous ceux qui connaissaient l'existence de ces documents.
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Il avait du mal à croire que Grace se soit montrée plus coriace que Ford et Brian. Depuis combien de temps travaillait-elle pour lui ? Neuf ans ? Dix ans ? Timide et effacée, un peu ronde, elle était l'archétype parfait de l'intellectuelle sans attraits, avec ses cheveux noués en natte et ses vêtements informes. Son manque complet de style était un affront à sa propre sensibilité. Ne serait-ce que pour cela, il avait plusieurs fois été tenté de la séduire. Les femmes l'ennuyaient. Grace aimait son mari et lui était fidèle. Avec sa morale ridicule de classe moyenne, elle représentait un défi. Elle avait une peau merveilleuse, comme une porcelaine translucide, et la bouche la plus incroyablement sensuelle qu'il eut jamais vue. À l'idée de tout ce qu'il aurait pu exiger de cette bouche si pulpeuse, Parrish sentit le désir monter en lui. Ce pauvre vieux Ford n'en avait certainement pas profité autant qu'il l'aurait pu ! Elle avait dû se trouver aussi démunie qu'une enfant, dans les rues sombres et effrayantes de Minneapolis.
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date : 28-02
-Prends ta voiture et va jusqu'à la vieille maison des Helton, voir si Lolly va bien. Je n'ai pas réussi à la joindre sur son téléphone portable, et elle ignore peut être que la tempête se dirige vers nous. Lolly Helton ? Gabriel faillit émettre un grognement audible. De tous les gens du coin ...
-Que fait-elle là? demanda-t-il, tentant de dissimuler sa soudaine hostilité, sentiment que Lolly Helton avait toujours provoqué chez lui. Je croyais que toute la famille avait déménagé.
-Effectivement, mais ils ont gardé la maison pour les vacances d'été. Ils pensent maintenant la vendre, et Lolly est venue vérifier les lieux .... Mais qu'est-ce que ça change, de toute façon? Elle est là-bas toute seule, et sans aucun moyen d'appeler les secours s'il lui arrive quelque chose.
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date : 28-02
Lolly Helton. Même toute petite, elle avait été tellement convaincue d'être au-dessus de tout le monde que rien de ce que lui ou qui que ce soit d'autre avait pu lui balancer n'avait jamais entamé son sentiment de supériorité. Elle était la fille du maire, ce qu'elle n'oubliait jamais, et ne laissait personne l'oublier. Peut-être aurait-elle été plus populaire à l'école si elle avait été particulièrement jolie, ou intelligente, ou quoi que ce soit sortant de l'ordinaire. Mais elle n'avait rien de spécial. Il se souvenait de ses cheveux bruns crépus, du fait qu'aucun de ses vêtements ne lui allait jamais vraiment, mais rien de plus. Enfin, sauf la façon dont elle avait eu l'air de lui dire: Tu peux crever, espèce de plouc. Il devait être un peu tordu pour anticiper leurs retrouvailles et presque espérer se disputer avec elle ...
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date : 28-02
C'était un lieu qui n'avait jamais changé. Et Gabriel McQueen aimait profondément cette caractéristique de sa ville natale, Wilson Creek, dans le Maine. Il aimait la continuité, la sécurité, la solidarité que cela impliquait. Il aimait le fait que son fils de sept ans, Sam, puisse voir la ville exactement comme lui l'avait vue en grandissant. Il aimait le fait que Sam se forge des souvenirs identiques aux siens.
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date : 28-02
Elle avait toujours été une enfant gâtée, avec ses grands airs, convaincue d'être supérieure aux autres. Certains gamins prenaient bien les taquineries, mais pas Lolly. Elle débordait d'hostilité. Elle l'avait un jour regardé avec le dédain le plus complet avant de le traiter de vermisseau!.Il avait dissimulé sa réaction, mais intérieurement, le fait qu'elle l'ait rejeté aussi complètement de ce seul mot l'avait rendu furieux. Il était le fils du shérif, il était populaire, athlétique, invité partout, et elle le prenait pour un vermisseau? Et pour qui se prenait-elle donc? Ah oui, c'était une Helton, et elle ne frayait pas avec les gens comme lui.
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date : 28-02
Ce n'était plus un adolescent trop sûr de lui, avec le monde à ses pieds, mais un adulte, veuf avec un petit garçon, comme elle l'avait appris au cours d'une de ses visites à Wilson Creek. Devenir père et perdre sa femme étaient des événements qui modifiaient profondément une existence. Impossible qu'il puisse être le même qu'au lycée. Elle-même avait changé, et elle n'avait rien vécu d'aussi traumatisant que la perte d'un conjoint. Rien de traumatisant du tout, d'ailleurs. Au lieu de cela, elle avait tranquillement fait son chemin, s'était construit une vie stable, s'était débarrassée de sa timidité et de nombre de ses insécurités. D'aussi loin qu'elle s'en souvienne, ils n'avaient jamais cessé de s'affronter, mais à cet instant... elle ne se souvenait plus trop pourquoi. Était-ce parce qu'amourachée de lui, et sachant qu'il ne l'aimerait jamais en aucune façon, elle s'était protégée en se forgeant une carapace d'hostilité? Tout était possible, les adolescents étant de tels tourbillons d'émotions et d'angoisses. Aujourd'hui, avec le recul, leurs personnalités adolescentes respectives la rendaient un peu perplexe. Si jamais le moment se présentait de se débarrasser du passé, c'était bien maintenant. Elle se pencha légèrement vers lui et dit: “Merci“, élevant suffisamment la voix pour qu'il puisse l'entendre par-dessus la pluie et le vent. Sans la regarder, il répondit:
-Vous me remercierez si ces cinglés ne nous courent pas après et si on quitte cette montagne avant que les arbres ne commencent à s'écrouler. D'accord, c'était un peu abrupt, mais elle réagit comme elle n'en aurait jamais été capable quinze ans auparavant: elle haussa intérieurement les épaules, sans donner suite. Compte tenu des circonstances, il avait le droit de se montrer irritable.
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date : 28-02
D'un seul coup, il pensa qu'il ignorait si elle était mariée, si elle l'avait jamais été, si elle avait un petit ami ou mari, là-bas chez elle. La connaissant, il soupçonnait que non. Ce n'était pas le genre de femme à tromper un homme.
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Tolya était un Sanguinati dans la fleur de l’âge. En tout cas, il ne se sentait pas vieux. Mais, face aux humains au teint frais qui descendirent du train, il eut un peu l’impression d’être une nourrice de meute. Il semblait logique que les adultes les plus mobiles et les plus enclins à s’installer dans un endroit comme Bennett soient ceux qui n’avaient pas encore trouvé de partenaire, mais devaient-ils tous être aussi jeunes ? Les quatre mâles, des Intuits, à en juger par la façon dont ils examinaient les alentours, gardèrent leurs distances après l’avoir aperçu. Ils savaient que c’était un Sanguinati et qu’il était responsable de cette ville ; s’ils avaient voyagé jusque-là, ils disposaient forcément de cette information. Néanmoins, ils ne devaient pas avoir l’habitude de côtoyer son espèce. Peut-être même n’avaient-ils jamais eu de contact avec un terra indigene auparavant. La femelle, en revanche, s’approcha avec un grand sourire, la main tendue.
— Je suis Barb Debany. Ma famille me surnomme Bee parce que je m’appelle Barbara Ellen, BE si on prend les initiales, ce qui donne Bee, mais ici, comme c’est un endroit nouveau pour moi et tout, je préférerais qu’on m’appelle Barb. Se demandant pourquoi elle lui parlait d’un nom qu’elle ne souhaitait pas employer, Tolya lui serra la main, transformant la sienne en brume juste assez longtemps pour goûter le sang de la jeune fille et déterminer si sa volubilité était naturelle ou le fruit de certaines substances chimiques. Il ne détecta rien d’autre que l’adrénaline due à la nervosité et à l’excitation.
— Vous avez vos papiers, Barb Debany ?
— Oh ! Oui. Elle ouvrit l’un de ces sacs que portaient les humaines, fourragea un moment à l’intérieur, puis, les joues rouges, lui tendit la lettre. Tolya étudia le document signé par Vlad et Simon Wolfgard.
— C’est vous qui allez vous occuper des animaux.
(...)
— Ils vous ont dit que je n’étais pas une vétérinaire diplômée, non ? demanda Barb, l’air légèrement anxieuxe. Je ne suis qu’assistante.
— Vous êtes plus qualifiée que quiconque ici, donc, à partir de maintenant, vous êtes vétérinaire. Elle déglutit et pâlit, ce qui fit ressortir les taches de rousseur qui lui constellaient le nez et les joues.
— Pour commencer, les repas et l’hébergement seront inclus dans votre salaire. Je crois qu’il reste une chambre à la pension, sinon vous pouvez aller à l’hôtel. Vous avez le choix. Voyant les quatre jeunes hommes s’approcher, il ajouta :
— À condition de vous décider rapidement. Barb jeta un coup d’œil par-dessus son épaule.
— Il y a d’autres filles, à la pension ?
— Pas d’humaine comme vous. Les femelles, toutes espèces confondues, ne sont pas encore très nombreuses. Elle déglutit de nouveau. Puis elle esquissa un sourire.
— Ça fait partie de l’aventure, non ? Et ça fera des histoires à raconter à ma famille. Mon frère est policier à Lakeside. Il m’a donné un paquet d’enveloppes portant déjà son adresse ou celle de nos parents, toute une collection de timbres, et m’a dit : « Écris une fois par semaine, sinon… » Je ne pense pas que « sinon » représente une grande menace, vu la distance qui nous sépare. Tolya sourit.
— Je crois avoir rencontré votre frère quand je me suis rendu à Lakeside. Je me souviens d’un lieutenant Montgomery. Votre frère le connaît ?
— Crin de toupet ! le monde est petit, pas vrai ? Il éclata de rire, à la fois parce qu’elle semblait agacée et parce que sa façon de jurer l’amusait. Il espérait que cette humaine resterait un moment.
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— J’ai envie d’aller me baigner, ce soir, annonça-t-elle, sans savoir elle-même s’il s’agissait d’une suggestion ou d’un défi.
— Avec la meute de femelles ? Elle comprenait sa question. Les autres filles avaient besoin d’une permission pour se rendre dans le quartier corbin.
— Non, avec toi. Rien que nous deux. Même pas Sam. Simon pencha la tête sur le côté.
— Pas Sam ? Pourquoi ? Elle déglutit.
— J’aimerais essayer de me baigner toute nue.
Il demeura immobile, au point qu’elle se demanda s’il respirait encore.
— Sans vêtements.
— Oui.
— Tous les deux tout nus. Sous forme humaine ?
— Oui. Mais… je ne veux pas aller plus loin.
— Après la tombée de la nuit ? Elle n’imaginait même pas tenter l’expérience en plein jour.
— Oui. Simon se gratta derrière l’oreille.
— D’accord. On rentre à la maison ?
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Si les humains méritaient bien le qualificatif de « viande intelligente » attribué par les Autres, ils étaient aussi des prédateurs prompts à envahir des territoires qui ne leur appartenaient pas. Et, en dépit de ce qu’affirmaient leurs représentants officiels, ils ne se souciaient pas vraiment du bien-être de leurs semblables. Les membres du mouvement Les Humains Avant Tout avaient hurlé à la mort, accusant les terra indigene d’avoir causé une pénurie alimentaire à Thaisia, alors qu’en réalité c’étaient eux qui avaient vendu les stocks à l’Alliance des Nations Cel-Romano. Ces mensonges avaient provoqué à Lakeside un affrontement qui avait entraîné la mort de Crystal Crowgard et de l’agent de police Lawrence MacDonald. Ces événements avaient fini par attirer l’attention des terra indigene, qui ne s’approchaient que très rarement des endroits peuplés par les humains, et jamais avec des intentions bienveillantes.
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— Les Aînés… est-ce qu’ils nous veulent du mal, Joe ? J’imagine que les humains les ont passablement énervés ces derniers temps. Joe pesa soigneusement ses mots.
— Tant que vous honorerez les accords conclus avec les terra indigene, les Aînés continueront à vivre leur vie en se contentant de vous surveiller. S’ils vous voulaient du mal, à vous et à votre communauté, vous ne seriez plus là pour me poser cette question.
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— Que dois-je dire au gouverneur ? s’enquit ce dernier.
— Il vous arrive de regarder des documentaires animaliers ? interrogea Burke. Vous avez déjà vu un fourmilier éventrer une fourmilière avec ses griffes ?
— Ça me rappelle vaguement quelque chose, répondit O’Sullivan. Burke hocha la tête.
— Dans ce cas, dites au gouverneur que les tempêtes qui se préparent sont comparables à ces griffes. Elles éventreront nos villes pour en faire sortir la viande.
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