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Commentaires de livres faits par viedefun

Extraits de livres par viedefun

Commentaires de livres appréciés par viedefun

Extraits de livres appréciés par viedefun

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
Le duc l’observa d’un air énigmatique.
— Quoi qu’il en soit, nul ne croira une seconde que nous sommes frère et sœur. Nous sommes trop différents… et je vous assure que je ne parviendrai jamais à vous traiter comme une sœur.
— Parce que je suis d’un rang trop inférieur au vôtre ? rétorqua-t-elle, indignée.
— Parce que vous êtes trop belle. En la voyant se crisper, il ajouta d’un air désabusé :
— Je ne peux faire semblant de ne pas le remarquer. Or à ma connaissance, un frère n’est pas censé s’attarder sur ce genre de chose chez une sœur.
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— Qui êtes-vous donc ? La maîtresse de Manton ? En entendant ces paroles teintées de mépris, Skrimshaw s’empourpra de rage. Lisette posa une main sur son bras pour l’empêcher d’intervenir.
— Je m’en charge, Shaw. Il recula à contrecœur.
— Comment savez-vous que je ne suis pas son épouse ? demanda-t-elle en soutenant le regard perçant du duc.
— Il n’est pas marié. Quel goujat ! Sa mère l’aurait qualifié de… d’Anglais. S’il ne ressemblait pas à un duc, il se comportait comme tel.
— Certes, mais il a une sœur… Cette réponse le déstabilisa un instant. Il se ressaisit très vite et la toisa de plus belle.
— Pas à ma connaissance. Il dépassait les bornes. Elle oublia les menaces du duc, l’heure matinale et sa tenue légère. Elle ne voyait plus qu’un autre George, tout aussi suffisant que l’original.
— Je comprends, dit-elle en s’avançant d’un air de défi. Puisque vous savez tant de choses sur M. Manton, il est inutile que je vous indique quand il reviendra, ni comment vous pouvez le joindre. Sur ce, je vous souhaite une bonne journée, milord. Lorsqu’elle voulut lui claquer la porte au nez, il s’interposa. En levant les yeux vers lui, elle crut déceler dans son regard une lueur proche du respect.
— Veuillez m’excuser, madame. J’ai l’impression que nous sommes partis sur de mauvaises bases.
— C’est vous qui êtes mal parti. Vous n’avez pas eu besoin de moi pour vous fourvoyer. À en juger par l’expression du duc, il n’avait pas l’habitude qu’une personne de modeste condition lui tienne tête.
— C’est une façon de voir les choses, mais vous n’avez peut-être pas tort, j’en conviens. Toutefois, il existe une explication à ma grossièreté. Si vous me permettez de vous l’exposer, je promets de me conduire en gentleman.
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— Mais vous ne pouvez voyager seule avec moi ! Je vais perdre un temps précieux à vous trouver un chaperon. La jeune femme n’en croyait pas ses oreilles.
— Je n’ai que faire d’un chaperon ! Nul ne se soucie de ma réputation. Je ne suis personne !
— Vous êtes une femme respectable.
— Ce n’est pas ce que vous affirmiez tout à l’heure, persifla-t-elle.
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— Je veux être capable de me défendre, ne jamais dépendre financièrement d’un homme. Voilà qui était clair et net. Mais ce n’était pas tout.
— Je veux parcourir le monde. Elle leva les yeux vers Max, emportée par son enthousiasme.
— Je veux utiliser mon cerveau, ne pas faire semblant d’être idiote uniquement pour ménager l’orgueil d’un homme. Je veux aider Dom dans son travail pour prouver à George que nous avons réussi malgré son hostilité
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Une idée germa dans l’esprit de la jeune femme.
— Dans ce cas, restons discrets. Voyageons dans une voiture anonyme, comme n’importe qui. Vous pourrez alors prétendre que je suis une parente sans susciter le moindre commentaire. Elle ne put réprimer un sourire espiègle :
— Nous serons deux personnes ordinaires, et nul ne se souciera de ma réputation ou de la vôtre. Ou de Peter. Ces paroles restèrent en suspens entre eux. Max dévisagea longuement Lisette. Elle se hâta de rompre le silence.
— Tout sera plus facile. Si vous vous faites passer pour l’un de mes frères, il n’y aura pas de domestiques, pas de questions. Nous irons en France mener discrètement l’enquête, puis nous reviendrons sans attirer l’attention.
— Et les privilèges liés à mon rang ?
— Quels privilèges ? En France, vous ne serez qu’un étranger dans un pays où de nombreux aristocrates ont perdu la tête. Être un lord anglais n’est pas un avantage, là-bas. Vous risquez d’en faire l’amère expérience.
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Dom n’avait pas à le savoir. Il pestait déjà contre François Vidocq, l’ancien chef de la police secrète française.
— J’ai peine à croire que notre frère t’ait permis d’approcher cette crapule.
— Nous avions besoin d’argent, répondit-elle d’un ton désinvolte. Et Vidocq cherchait une personne de confiance pour le classement de ses fiches signalétiques de criminels. C’était un poste intéressant.
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Tôt ou tard, Charlotte verrait celui qu’il était vraiment. Ce vernis reluisant d’honneur qui l’avait bernée s’estomperait et laisserait apparaître la noirceur qu’il dissimulait. Mais il n’était pas prêt. Pas encore. Il avait aimé la façon adorable et compatissante dont elle l’avait regardé, même s’il savait qu’il ne méritait pas cela. Qu’il ne le mériterait jamais.
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Sir Vernon posa une main sur l’épaule d’Edmund.
— Dis-moi exactement ce que tu as entendu.
— J’étais là-haut, dans ma chambre. Cela a commencé par un couinement. Comme ceci : ik, ik, ik, ik.
Et Charlotte, mortifiée, écouta le petit garçon reproduire avec une fidélité confondante les bruits passionnés du quart d’heure précédent. Chaque soupir, chaque gémissement, chaque grognement. Aucun doute ne pouvait subsister quant à la nature de l’activité qu’il avait surprise. Et personne ne manquerait d’en conclure que Charlotte et le marquis s’étaient livrés à cette activité particulière. En grognant. Et en se servant de cordes. Même dans ses pires cauchemars, elle n’aurait pu imaginer cette scène.
— Puis il y a eu un râle terrible, et j’ai entendu une dame crier. Alors je suis descendu en courant voir ce qui se passait. Il pointa un doigt accusateur vers la fenêtre et sa banquette.
— Ils étaient là, ensemble. Manifestement très embarrassé, sir Vernon s’apprêta à dire quelque chose, mais Mme Highwood ne lui en laissa pas le temps.
— Eh bien, j’espère que lord Granville a l’intention de s’expliquer, décréta-t-elle. — Pardonnez-moi, madame, mais comment savons-nous que ce n’est pas à votre fille de s’expliquer ? demanda sir Vernon en se tournant vers lord Granville. Des rumeurs ont circulé en ville. Charlotte se recroquevilla sur place.
— Sir Vernon, nous devrions nous entretenir en privé, vous et moi, dit lord Granville. Non, non. Une conversation privée scellerait sa perte. Il fallait que tout le monde entende la vérité, ici et maintenant.
— C’est faux ! affirma-t-elle. Tout est faux.
— Traitez-vous mon fils de menteur, mademoiselle Highwood ?
— Non, mais… Charlotte se pinça l’arête du nez.
— C’est un vaste malentendu. Il ne s’est rien passé. Personne n’a assassiné ni agressé qui que ce soit. Il n’y a jamais eu de corde. Lord Granville était en train de rouvrir le rideau.
— Et pourquoi le rideau avait-il été fermé ? s’étonna sir Vernon.
— Il y a quelque chose par terre, là, dit Edmund. Quand il ramassa l’objet et le montra à l’assemblée, le cœur de Charlotte cessa de battre. C’était une jarretière. Une jarretière rouge vif.
— Ce n’est pas à moi, insista Charlotte. Je n’ai jamais vu cette jarretière de ma vie. Je vous le jure.
— Et ceci ? Edmund retourna le ruban et montra quelque chose. Une lettre était brodée sur la jarretière. La lettre C. Charlotte échangea des regards désespérés avec lord Granville. Que faire ? C’est alors que sa mère prit la parole avec force :
— Je ne puis croire que lord Granville, de tous les gentlemen, se soit comporté d’une manière aussi éhontée et choquante envers ma fille. Mère, non.
— Je ne peux qu’en conclure qu’il a été dévoré de passion ! déclara théâtralement Mme Highwood.
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Sa mère prit un panier recouvert d’un napperon en coton.
— Il se peut que tu aies remarqué à l’occasion, en prenant un bain, qu’il existe entre tes jambes une sorte de fente. Charlotte se mordit la lèvre. Il se pouvait, en effet, qu’elle ait remarqué son propre corps, à un moment donné de ses vingt années d’existence… Elle supposait que peut-être, quelque part, il devait exister une oie blanche qui n’avait jamais prêté attention à son anatomie en dessous du nombril. Charlotte n’aurait jamais su comment devenir l’amie de cette pauvre jeune fille.
— Cela ressemble un peu à ceci. Sa mère sortit du panier un objet arrondi. Charlotte l’observa.
— Est-ce une pêche ?
— Oui. Les parties intimes de la dame sont symbolisées par cette pêche.
— Pourquoi une pêche ? Pourquoi pas une orchidée, une rose, ou n’importe quelle autre fleur ?
— La pêche présente une fente, répliqua sa mère, sur la défensive. Elle est de la bonne couleur. Elle est… veloutée.
— Mais ce n’est pas très ressemblant, tout de même. Je veux dire, ce n’est sans doute pas aussi poétique, mais même une moitié de chou aurait au moins eu la dim…
— Charlotte, je t’en prie. Laisse-moi continuer.
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Elle aurait préféré, sans la moindre hésitation, être fouettée sur la place publique du village plutôt que de terminer cette conversation. Elle aurait peut-être même préféré la mort. Elle s’arma de courage en voyant sa mère chercher quelque chose dans le panier.
— Et maintenant, concernant le monsieur… Il est important que, le moment venu, tu ne t’affoles pas. Au repos, le… de l’homme…
— Le hum, souffla Charlotte.
— … est une chose relativement anodine, continua sa mère. Cependant, lorsqu’il est excité, cela ressemble plutôt à ceci. De sous le torchon, Mme Highwood sortit un légume mince et courbe recouvert d’une peau lisse et brillante, d’un violet soutenu. Charlotte écarquilla des yeux horrifiés. Non. Ce n’était tout de même pas… Si.
— Une aubergine ?
— Un concombre aurait mieux fait l’affaire, mais ils n’en avaient pas à la cuisine. — Je vois, murmura Charlotte d’une voix sans timbre.
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Charlotte releva la tête et essaya d’exprimer une innocence candide et solennelle. Elle se pencha en avant et posa un doigt sur l’aubergine.
— Est-ce la taille réelle du hum ?
— Pas chez tous les gentlemen. Certains sont plus petits. D’autres, en fait, sont plus grands.
— Mais la plupart ne sont pas aussi violets, j’espère. Elle prit les deux objets et les poussa l’un contre l’autre en fronçant les sourcils avec perplexité.
— Comment l’aubergine rentre-t-elle dans la pêche ? Sa mère fit une petite grimace.
— La pêche produit une sorte de nectar pour faciliter le passage.
— Un nectar ? Comme c’est fascinant…
— Si le monsieur est doué avec son aubergine, ce ne sera pas trop douloureux. — Et si la dame est douée ? La mariée ne devrait-elle pas savoir comment s’y prendre pour faire plaisir à l’aubergine ? Sa mère garda le silence un moment.
— Il pourrait… C’est-à-dire, certains messieurs pourraient souhaiter être… euh… caressés.
— Caressés. Comment caresse-t-on une aubergine ? Comme on caresserait un chaton ? Charlotte posa le légume en travers de sa paume et y fit doucement courir le bout de son doigt.
— Ou comme des coups de brosse dans les cheveux ? Elle remua les doigts avec davantage de vigueur. Sa mère émit une sorte de couinement étranglé.
— Tenez, lui dit Charlotte en lui posant le légume sur les genoux. Si vous me montriez ? Devant le visage affolé et empourpré de sa mère, Charlotte perdit le combat intérieur qu’elle livrait depuis de longues minutes et éclata d’un rire libérateur. Puis elle courut se mettre à l’abri pour ne pas se faire frapper par une aubergine.
— Charlotte ! Sa mère lui lança la pêche à la tête tandis qu’elle atteignait la porte.
— Mais que vais-je faire de toi ?
— Ne jamais, jamais me reparler d’aubergines ni de pêches.
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— Vous avez un peu de mousse à raser… Elle toucha légèrement sa mâchoire.
— Là. La douceur de son doigt s’attarda sur la peau de Piers. Elle inclina la tête de côté et le contempla d’un air pensif.
— Je ne vous avais jamais vu sans redingote. Vous êtes bâti plus solidement qu’on ne le croirait. De sa paume, elle l’effleura de l’épaule au coude, en suivant les contours de ses bras puissants. Malgré lui, il banda les muscles. Elle le remarqua. Un élan de pur orgueil viril chauffa le sang de glace. Alors, chérie, que dis-tu de cela ?
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Ils se contemplèrent, haletants.
— Je n’ai pas oublié votre identité, chuchota-t-elle en continuant à passer les doigts dans ses cheveux. Ni la mienne. Elle le vit déglutir. Il resserra les mains autour de ses hanches.
— Vous êtes Piers Brandon, marquis de Granville, diplomate et agent secret au service de Sa Majesté. Elle passa un doigt sur l’inclinaison de son nez patricien.
— Et je suis Charl… Elle poussa un petit cri. Avec la vitesse et la force d’un coup de fouet, il l’avait retournée sur le dos et allongée sur la banquette capitonnée de la voiture.
— Vous allez devenir lady Charlotte Brandon, marquise de Granville, femme de diplomate et mère de mon héritier.
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— Comment se fait-il que vous sachiez reconnaître un pistolet Finch ? Elle abaissa l’arme et l’examina.
— La fille de sir Lewis Finch est une de mes très bonnes amies. J’ai passé plusieurs années à Spindle Cove. Spindle Cove. Il se rappela le bref rapport de Ridley. Le lundi, promenade dans la campagne. Le mardi, bains de mer. Le mercredi, c’est jardinage. Le jeudi…
— Le jeudi, c’est tir au pistolet, dit-il.
— Je vois que vous connaissez.
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— Je ne vois guère ce que des grognements et des couinements pourraient nous apprendre.
— Eh bien, cela nous procure la certitude raisonnable que les amants étaient une femme et un homme. Et non pas deux femmes ou deux hommes. Il resta bouche bée.
— Ne suis-je pas censée savoir que ce genre de couples existe ? demanda-t-elle. J’ai beau m’être fourvoyée dans l’assemblage du chérubin, je vous rappelle que je suis innocente, mais pas ignorante. Il l’invita d’un geste à poursuivre.
— Je suis tout ouïe. Cette fille lui réservait surprise sur surprise. Il avait hâte d’entendre la suite.
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— Je vous en prie, ne m’adressez pas ce regard réprobateur. Je sais que j’ai eu tort, mais j’essaie de me rendre utile. Notre avenir est en jeu.
Ce n’était pas un regard réprobateur. Piers était impressionné. Il savait qu’elle était intelligente, mais il ne lui avait pas prêté des capacités de déduction aussi affûtées.
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— En attendant, si vous me parliez de votre chien ?
— Je n’ai pas de chien.
— Je sais que vous n’en avez pas ici. Mais vous devez bien en avoir un quelque part. Tous les gentlemen ont un chien.
— J’ai eu un bouledogue appelé Ellingworth. Je l’ai eu âgé d’à peine deux mois, quand j’étais à l’université. Durant les années que j’ai passées à l’étranger, il a vécu avec mon père ou mon frère. À mon retour de Vienne, c’était un très vieux monsieur ; il m’a reconnu, cependant. Nous avons bien profité l’un de l’autre, mais il est mort l’année dernière. Elle discerna dans son regard une certaine réserve, mais son instinct lui souffla de ne pas insister.
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date : 18-07
Était-il possible de mourir de honte – mourir au sens propre, s’entend ? Parce que là, tout de suite, elle avait la très nette impression que c’était ce qui lui arrivait. Elle serait peut-être la première de toute l’histoire de l’humanité, mais l’humiliation était si colossale… Qui pouvait se remettre d’un truc pareil ?
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date : 18-07
Bien qu’ils aient fréquenté les mêmes établissements scolaires durant des années, ainsi que le même club hippique, jusqu’à présent, Louis ne s’était jamais donné la peine de lui adresser la parole. Emma s’était toujours demandé s’il était seulement au courant de son existence. Présentement, elle aurait clairement préféré que ce ne soit pas le cas. Elle n’avait absolument aucune idée de ce qu’elle avait pu faire pour s’attirer ses foudres. Louis était certes connu pour la façon ignoble dont il traitait les femmes, mais d’ordinaire, il ne s’agissait que de celles avec qui il avait au préalable couché – et elles étaient nombreuses, ce n’était rien de le dire ! Toutefois, Emma était encore trop choquée pour se poser davantage de questions.
— Eh, ça va ? s’inquiéta Anne en se penchant vers elle.
— Oui, souffla-t-elle, sans parvenir à regarder son amie en face. Les larmes obstruaient son champ de vision à présent. Elle avait beau lutter pour ne pas craquer, elle n’arrivait pas à les ravaler. Tout ce que Louis avait dit était vrai. Du premier au dernier mot. Et c’était bien ce qui faisait le plus mal.
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date : 18-07
— C’est curieux, hasarda-t-elle, suivant ses réflexions à mesure qu’elles lui venaient. De tout faire pour être adulé en façade et, en même temps, de s’employer avec tant d’acharnement et de talent à inspirer la haine et le dégoût de celles qui ont eu le malheur de t’accorder un tant soit peu de confiance et d’intérêt. Je ne sais pas ce qui te motive à te comporter de cette façon, mais pour ce que ça vaut vu de ma lointaine fenêtre, sache que je te plains. Elle repoussa sa chaise, se leva et reprit, emportée par un élan aussi singulier qu’inattendu :
— Cela dit, et même si je suis certaine que tu n’en as que faire, ne confonds pas tout, ça ne signifie pas que je n’éprouve ni mépris ni aversion pour toi. Au club, je fais mon boulot, mais ici, c’est différent, je ne te dois rien, Louis. Aujourd’hui, tu m’as prise par surprise, mais ne t’avise pas de revenir réclamer mon aide pour porter ton plateau ou quoi que ce soit de ce genre, parce que je ne le ferai pas. Je suis tout sauf ton alliée, que ce soit clair. Pour une fois, elle s’était exprimée correctement. Sans bafouiller ni chercher ses mots. Pour une fois, elle avait réussi à dire ce qu’elle avait sur le cœur… Louis cilla, comme si – si improbable que ce fût – ses propos avaient eu le pouvoir de l’atteindre. Il se mit à fixer le vide en face de lui.
— Je le sais, en convint-il, un sillon de farouche mécontentement marquant l’espace entre ses sourcils, avant d’ajouter un ton plus bas : Mais, que tu le veuilles ou non, tu es malgré tout ce qui y ressemble le plus. Emma ramassa son propre plateau et lui tourna le dos, mettant un terme à cette conversation sans queue ni tête, cherchant une autre table où s’installer. Elle savait que ses joues étaient rouges de colère, sentait les regards des autres tournés vers elle. Mais, très bizarrement, elle était trop furieuse pour s’en soucier outre mesure.
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date : 18-07
— Je regrette, je ne peux pas…
— Mais si, voyons, s’entêta Gloria, la tirant plus vigoureusement jusqu’aux stalles. Où un jeune homme aux cheveux châtains mi-longs et ondulés attendait, les mains dans les poches et le nez vers le sol. Debout, adossé contre un mur, il portait un blouson de cuir brun, une écharpe de laine noire nouée autour du cou et un jean sombre. À ses côtés était posée une paire de béquilles. Louis… Il leva la tête à leur arrivée, puis se détourna aussitôt, l’air foncièrement indigné.
— La fille qui s’occupe des enfants, vraiment ? grinça-t-il d’un ton regorgeant d’ironie et de mépris.
— Elle s’appelle Emma, rappela placidement Gloria. Louis examina sa tante, arqua un sourcil blasé et maugréa :
— Je sais comment elle s’appelle, merci. Emma aurait aimé se racler la gorge ou dire quelque chose, juste pour qu’ils arrêtent de parler d’elle comme si elle n’était pas là. Mais elle en était tout bonnement incapable. Elle était captivée – malgré elle –, fascinée par cet homme étrange qui se tenait devant elle. Louis était si différent… À l’évidence, il avait beaucoup maigri. Ses traits étaient plus creux, plus marqués également. Ses cheveux avaient tellement poussé qu’ils encadraient son visage, tombant de façon totalement anarchique devant ses grands yeux bleus au reflet inquiétant, aussi las qu’abattu. Une courte barbe assombrissait sa mâchoire, achevant de lui conférer cette allure sauvage et farouche, qu’elle ne lui avait jamais connue. Mon Dieu, mais comment Louis faisait-il pour être toujours aussi séduisant ?! Non, il l’était plus encore ainsi, parce que quelque chose en lui avait changé. Quelque chose d’impalpable, qui ne relevait pas uniquement de la simple apparence physique… Bon sang, Emma, reprends-toi ! Tu ne peux pas, non, tu ne dois pas penser ça d’un type pareil. Tu n’en as pas le droit !
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date : 18-07
— Foutez-nous la paix ! leur ordonna Anne d’un ton indigné. Mais Louis l’ignora et fit avancer de quelques pas son cheval à la robe sombre, se rapprochant ainsi d’Emma. L’animal piaffait de nervosité, mais son cavalier n’en avait cure, il savait qu’il le maîtrisait parfaitement, en toutes circonstances.
— Maintenant que j’y pense, ajouta Louis avec une désinvolture regorgeant d’ironie, tu n’avais pas un petit surnom à l’époque du collège ? Mince, j’ai oublié… Dommage, personne ici n’est au courant de ça, je crois. Ah, si, ça me revient ! La baleine ! Oui, il me semble que c’est ça. Je me trompe ou pas ? Emma resta muette, paralysée, incapable de réagir. Elle imagina la terre s’ouvrir sous ses pieds pour l’engloutir. Elle aurait tellement aimé pouvoir disparaître en cet instant… Ce mot, elle l’avait souvent entendu. Beaucoup, beaucoup trop souvent. Quelques mois après son entrée en 5e , Emma s’était mise à prendre du poids de façon alarmante à la suite du décès de sa sœur aînée. C’était à ce moment-là que les autres élèves de sa classe avaient commencé à l’appeler ainsi. Au lycée, ce type de moqueries s’était heureusement fortement atténué. Mais visiblement, Emma n’en avait pas tout à fait terminé avec ça…
— C’est bon, arrête, le somma Erik, le palefrenier du centre équestre – lequel faisait à l’occasion partie du cercle de Louis –, tandis qu’Édouard ricanait toujours à ses côtés.
— Espèce de connard ! lança furieusement Anne, alors qu’Emma n’arrivait toujours pas à lever les yeux ni à s’extraire de la torpeur étrange qui s’était emparée d’elle. Elle aurait dû sourire. D’habitude, c’était ce qu’elle faisait dans ce genre de situation. Juste pour montrer que la méchanceté des autres ne l’atteignait pas, même si ce n’était pas vrai. Mince, pourquoi cette fois n’y arrivait-elle pas ?! Louis pouffa de rire, se fichant royalement du malaise qu’il venait de créer, manifestement très satisfait de sa dernière sortie. Puis il fit brusquement pivoter sa monture et la lança aussitôt au grand galop sur le sentier. Il doubla le reste du groupe de cavaliers à toute allure, les rasant de près, sans se préoccuper d’effrayer les autres chevaux au passage. Un sourire narquois aux lèvres, Édouard l’imita et partit en trombe pour rejoindre son ami. Erik, quant à lui, s’éloigna lentement. Emma relevait à peine le nez lorsqu’elle croisa le regard de ce dernier, qui s’était retourné pour l’observer d’un air désolé.
— On m’avait dit que ce type était un salaud de première, mais j’étais loin de me douter à quel point c’était vrai, s’insurgea Anne tandis qu’Emma tentait par tous les moyens de se ressaisir. Sérieux, c’est quoi, son problème ? Il est malade, franchement ! Pourquoi il s’en prend à toi tout à coup ? C’est n’importe quoi !
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date : 18-07
Ici, au centre équestre, on ne parlait plus de lui comme d’une star, ni même comme d’une victime, mais plutôt comme d’un criminel. Celui qui avait poussé son cheval à outrance et l’avait tué à cause d’un excès de fierté conjugué à une forte dose d’inconscience. La mort de Thanos avait bouleversé tout le monde. Louis en était l’unique responsable, et son absence prolongée ne participait guère à atténuer la rancœur à son égard. Bien sûr, c’était négliger le rôle d’Édouard dans l’affaire, oublier les encouragements des autres cavaliers, avides de spectaculaire. Emma n’avait pas vraiment d’avis sur la question. Elle n’avait pas voulu y réfléchir. Son aversion pour Louis restait inchangée, et ça aurait été très facile pour elle de se rallier à l’opinion générale. Mais justement, n’aurait-ce pas été un peu trop commode.
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date : 18-07
Louis Deschaney, le tombeur de ces dames. Ou l’enfoiré de service, c’était selon… S’il y avait eu une star au lycée, ç’avait été lui. S’il y avait une star à la fac, c’était également lui. Au centre équestre, encore et toujours lui, incontestablement – ses innombrables victoires en compétition en plus du reste lui octroyaient presque un statut de demi-dieu ici.
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date : 18-07
Je m’étais juré que je ne l’abîmerais pas. Que, s’il ne devait y en avoir qu’une parmi toutes les autres, ce serait elle. J’avais mentalement collé un panneau « sens interdit » au-dessus de sa tête. Et cependant, ce jour-là, j’ai écorché le fin vernis à grands coups de griffes féroces. J’ai fait ce que je sais faire de mieux, je l’ai blessée. J’ai frappé exactement là où je présageais que ça ferait le plus mal, et j’ai retourné aussi méchamment que possible le couteau dans la plaie. Parce que… eh bien, parce que je suis ainsi. Être cruel, c’est mon truc. Je ne sais pas être autrement. C’est peut-être la seule chose qui m’appartienne vraiment, que rien ne peut m’enlever, alors soyons clairs : je ne veux pas être autrement. Même après tout ce qui s’est passé, je ne changerai pas. Jamais.
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Ouvrant son petit sac, toujours pendu à son bras, Sara y chercha ses lunettes. Elle les essuya, les plaça sur son nez et saisit son carnet. « Aller se faire foutre », répéta-t-elle en notant cette expression inconnue. Elle en demanderait plus tard le sens à quelqu'un.
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