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Villa Amalia



Description ajoutée par sidji 2010-09-29T18:29:15+02:00

Résumé

Tout commence par un de ces moments extraordinaires de la vie qui ressemblent à s'y méprendre à des moments ordinaires : Juliette, une femme d'une quarantaine d'années, s'apprête à pousser la grille de son pavillon de banlieue lorsqu'elle aperçoit, au bout de la rue, un ami d'enfance, un homme qu'elle a aimé jadis et qu'elle voit à cet instant passer au bras d'une autre femme. Cet événement minuscule va déclencher en elle une vague de souvenirs qui, loin de s'apaiser, ne cesse de prendre de l'ampleur jusqu'au moment où elle décide de 'disparaître' pour vivre une nouvelle vie, de se débarrasser des entraves sociales et affectives pour enfin s'épanouir. Loin de sa Bourgogne trop terrienne, Juliette va choisir pour nouvelle résidence l'une de ces îles minuscules qui gravitent autour de Capri...

www.evene.fr

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Classement en biblio - 31 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par x-Key 2010-12-09T21:12:03+01:00

On dit que dans une symbiose les deux organismes se prodiguent mutuellement secours et nutriments. L'aide et la vigilance en premier. La nourriture en second (c'était plutôt ce que Georges aurait placé en premier).

Dans la symbiose chacun exploite irrésistiblement l'autre à proportion de ce qu'il lui rend. Si l'un, d'aventure, cherche à prendre avantage sur l'autre, il asphyxie son partenaire. Si l'autre l'affame il meurt. La symbiose ne définit même pas un équilibre. C'est un conflit extrêmement instable - comme le temps dans le ciel de la province de Bourgogne. Seule la recherche de l'égalité jamais obtenue, impossible, venant, s'effaçant, revenant sans fin, la fait palpiter, la fait vivre.

Leurs pensées commencèrent à se rencontrer à mi-chemin. Puis elles se croisaient à plus court encore. A l'intonation. Avant même : dès l'ouverture de la bouche, dès le frémissement autour de la bouche. A la brume sur les lèvres l'hiver. A l'odeur. A l'angoisse. Au soupir. Ils vivaient tellement ensemble qu'ils ne se parlaient plus.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par PoppyZ 2016-12-01T08:40:15+01:00
Or

Rencontre avec Pascal Quignard, à l'occasion de la parution de Villa Amalia (2006)

Loin devant les villas sur la digue, elle se tenait accroupie sur elle-même, les genoux au menton, en plein vent, sur le sable humide de la marée. Elle pouvait passer des heures devant les vagues, dans le vacarme, engloutie dans leur rythme comme dans l'étendue grise, de plus en plus bruyante et immense, de la mer.

L'héroïne, Ann Hidden, est quelqu'un qui « élague » systématiquement tout ce qui lui semble encombrant, des syllabes « inutiles » de son nom aux fioritures des partitions musicales, en passant par les relations humaines. Intransigeance, ou incarnation de ce goût du dépouillement et du silence qui traverse toute votre œuvre ?

Pascal Quignard — Elle simplifie. La vie est si brève. Ann Hidden vieillit. Quand on vieillit l'essentiel se met à importer plus que tout. En quelques semaines, mystérieusement, sans rien dire à personne, elle fait le vide, vend tout, ment à tout le monde, s'en va. Il n'est pas facile dans nos sociétés de partir du jour au lendemain. Et en effet, dans l'espoir de gagner plus de liberté, il faut savoir perdre, il faut savoir se dépouiller de très belles choses, il faut en effet élaguer.

Ann tente de repartir à zéro en tirant un trait sur son passé, mais elle n'y parviendra qu'avec la complicité d'un autre fragment du passé (incarné par Georges) et finira par se retrouver confrontée à un passé encore plus ancien (incarné cette fois par son père). Faut-il y voir un constat d'échec, une manifestation de l'« éternel retour », ou encore l'affirmation qu'une renaissance n'est possible que si l'on parvient à regrouper les pièces éparses du passé ?

Pascal Quignard — Ce n'est pas un échec. Ce n'est pas un retour. C'est une métamorphose. Une enveloppe où on étouffe, une chrysalide dont le corps se dégage lentement, de loin, cela paraît être la même chose. Mais ce n'est pas du tout le cas. Ann Hidden est une femme qui se désatellise. Elle quitte tous les cercles, conjugal, familial, professionnel, national, où elle se trouvait enfermée. Elle se tourne tout d'abord vers la beauté, vers l'Italie, vers une petite île volcanique perdue dans la mer. Elle quitte l'esclavage. Bien sûr le passé la rejoint mais il trouve en face de lui une femme complètement transformée, qui n'est plus affectée par ce qu'elle a vécu de la même manière, ni avec la même douleur.

Le roman se développe comme une composition musicale, avec des thèmes récurrents (les maisons au bord de l'eau, qu'il s'agisse de la Bretagne, de l'Yonne ou d'Ischia), ou encore toute la palette des nuances de l'adagio à l'agitato. Le texte peut-il s'entendre comme une sonate, une fugue, voire une « leçon de ténèbres » ou, plus simplement, progresse-t-il au rythme des vagues et des marées ?

Pascal Quignard — Oh ! le mot fugue que vous employez est merveilleux. C'est cela. Ce livre est une fuite, une fugue, une succession de départs, de renouveaux, de printemps. J'espère que non seulement la composition mais le style lui aussi s'en ressent. Qu'il a quelque chose lui aussi, sinon d'impétueux, d'impatient. D'aussi impatient que le corps au printemps ou que la nature au printemps. Quand on a envie de sortir de ses couvertures, de rejoindre de plus en plus tôt l'aube qui elle-même se lève de plus en plus tôt, de remettre en route le jardin, de remanier sa vie. Mais vous avez raison aussi pour la mer. La mer est présente aussi tout le long du roman. Non pas comme une mer qui se retire. Comme une mer qui s'avance. J'avais pensé à appeler ce roman Au bord de la mer.

© www.gallimard.fr, 2006

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Commentaire ajouté par Nath56 2011-07-24T13:09:26+02:00
Argent

J'ai beaucoup aimé la première partie du roman, cette femme trompée qui largue tout, qui fait tout pour "s'évanouir dans la nature"... Un peu moins apprécié la partie qui se passe à Capri.

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Commentaire ajouté par sidji 2010-09-29T18:30:21+02:00
Bronze

Livres Hebdo - Jean-Claude Perrier (24 Février 2006)

On se croirait parfois cher Duras, pour les atmosphères, la prosaïsme voulu des dialogues, et le rôle prépondérant donné à la musique. Mais pas de doute, on est bien chez Pascal Quignard, qui arrive ici, comme dans ses meilleurs livres précédents, à concilier l'exigence intellectuelle avec le romanesque le plus accessible. Tout un art.

Le Nouvel Observateur - Didier Jacob (2 Mars 2006)

Il n'écrit pas. Il gonfle des ballons. Il additionne des adjectifs. (.. .) A un moment, décrivant les russes : 'Ils étaient jeunes, toniques, mafieux, fraternels, drogués, ivrognes, enfantins, musclés, agressifs'. Neuf adjectifs dans une même phrase ! Enfin, phrase. Tous à la queue leu leu dans du Ralph Lauren Home. Pas de doute : c'est une partouze.

Le Nouvel Observateur - Gilles Anquetil (2 Mars 2006)

'Villa Entailla' a la beauté d'un chant de détresse, délesté de tout désespoir, de Henry Purcell.

Les Inrockuptibles - Raphaëlle Leyris (4 Septembre 2007)

Pascal Quignard fouille ses thèmes de prédilection : la musique, les absences et les deuils avec lesquels chacun essaie de construire sa vie. C'est sidérant de beauté, d'élégance, de justesse et d'intelligence.

www.evene.fr

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Date de sortie

Villa Amalia

  • France : 2006-03-02 - Poche (Français)

Activité récente

huiban l'ajoute dans sa biblio or
2017-02-26T17:33:20+01:00
PoppyZ le place en liste or
2017-01-29T18:37:15+01:00

Les chiffres

Lecteurs 31
Commentaires 3
Extraits 5
Evaluations 10
Note globale 7.5 / 10

Évaluations

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