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Extrait ajouté par Whale 2015-04-02T11:06:20+02:00

Une étroite trouée entre deux immeubles, petite brèche dans un mur incrusté de fenêtres aveugles : une étrange ouverture sur un autre monde. Là-bas, il y a des chiens et des enfants qui gambadent ; tandis qu’ici, rien qu’une rue déserte et des tourbillons de poussière chassés par le vent. Un visage oblong, tourné vers moi : lèvres fines, joues creuses et yeux silencieux (noirs, vraisemblablement) – un visage de femme, laiteux et sanguin, interrogatif et souffrant, divin et débauché, chantant et mutin. Une vieille maison au fond d’un jardin, couverte d’une vigne folle, à sa droite quelques pommiers desséchés, à gauche un fouillis de feuilles mortes que personne n’a ramassées ; elles tournoient dans l’air, et pourtant même les branches les plus frêles ne frémissent pas…

C’est dans cet état que je me suis réveillé ce matin (un matin). Tous les jours de ma vie commencent par une séquence d’images douloureusement précises, on ne peut pas les inventer ou les choisir. Elles sont l’œuvre de quelqu’un d’autre, elles retentissent sans bruit, ébranlent mon cerveau encore endormi, puis disparaissent. On ne peut pas les effacer. et ce prélude feutré détermine la couleur de la journée à venir. On ne peut pas y échapper – à moins de ne jamais se réveiller, de ne plus décoller la tête de l’oreiller. Cependant, on obéit : on ouvre les yeux et on voit la chambre, les livres sur les étagères, les vêtements entassés sur le fauteuil. Et on se demande qui mène la danse. Pourquoi interprète-t-on la partition de sa journée de cette façon et pas d’une autre ? Qui est le mystérieux démiurge de notre naufrage ? Choisit-on au moins la mélodie de notre vie ? Ou bien toutes nos pensées sont-elles garrotées par Eux ?

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Extrait ajouté par Whale 2015-04-02T11:05:43+02:00

Lorsqu’ils sont pistés, Ils changent instantanément de stratégie. Ils possèdent une multitude de façons de nuire et autant de méthodes pour anéantir un être humain. On ne peut pas Les cerner, Les bloquer ou Les mettre dos au mur – ce sont Eux qui t’encerclent, t’assiègent. Tu n’est qu’une forteresse vivante, dont, hélas, les parois sont lamentablement fragiles. L’être humain ne résiste pas à Leurs assauts. Il peut tenir un mois, un an, une décennie. Mais, tôt ou tard, les forces lui manquent. Ne serait-ce qu’un instant. Sans qu’il s’en rende vraiment compte, Ils envahissent son esprit. Ils y rampent comme une légion de cafards tout-puissants.

J’ai entrevu Leur organisation fantomatique. Je sais que je ne suis pas le seul à enquêter sur Eux ; les objets uniques, comme les personnes uniques, n’existent pas. Grâce à certains livres, je sais que je ne suis pas tout à fait seul. Cette idée me donne du courage dans mes périodes d’absolu désespoir. (….)

C’est pour mener mon enquête clandestine que je me suis fait embaucher à la bibliothèque. C’est plus commode ainsi, ayant sous la main les livres dont j’ai besoin. Je dis « les livres dont j’ai besoin », cependant je ne sais pas (personne ne sait) quels sont ces livres. Les études sur Eux n’existent pas et ne peuvent pas exister. De tels savoirs sont glanés grain par grain. De plus, l’amour propre et la vanité murmurent à ton oreille que tu es le premier à avoir découvert l’ordre du monde, la composition du Bien et du Mal. Et cette faiblesse est dangereuse pour celui qui s’est engagé sur le Sentier. Il est peu probable que depuis des millénaires personne n’ait trouvé ce Sentier. Une multitude de livres y font allusion – peut-être de façon un peu trop vague, presque inintelligible, pourtant ces mises en garde discrètes sont indispensables à celui qui commence son initiation. Une foule d’artistes a disparu pour toujours. Quelques-uns, cependant, ont survécu. Saint Paul, Bosch ou Blake ont essayé, chacun à sa façon, d’avertir l’humanité à Leur sujet. Sade, Nietzsche ou Socrate ont payé pour leur courage. Je suis convaincu qu’il y a eu des essais rédigés précisément au sujet de Leur organisation. Tous les incendies dans les grandes bibliothèques, tous les autodafés de livres, manuscrits ou papyrus que nous connaissons n’étaient pas accidentels. On ne peut que supposer le vrai rôle d’Érostrate au cœur de l’histoire universelle. À chaque fois, Ils savaient précisément ce qu’Ils brûlaient et lequel parmi les milliers de traités enflammés avait percé Leur mystère. Leur logique est cauchemardesque : Ils ne détruisent pas un ou quelques livres, Ils sont conscients que cela Les trahirait et attirerait notre attention. Au moindre danger, Ils ratissent large. Ils peuvent anéantir une ville entière pour supprimer une seule personne qui aurait trouvé la clé. L’engloutissement de l’Atlantide, la tragédie de Sodome et Gomorrhe portent jusqu’à nos jours le relent de Leur œuvre.

Comment est-on censé supporter tout cela lorsqu’on est seul face à ces flammes qui réduisent en cendre des savoirs millénaires, ou lorsqu’on entend les cris plaintifs de milliers d’innocents ?

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Extrait ajouté par Whale 2015-04-02T11:05:06+02:00

Il n'y a que ceux qui ont perdu leur âme qui se laisse épouvanter par leurs démons intérieurs. Il n'y a que ceux qui ont perdus leurs repères qui prétendent que leurs entrailles sont magnifiques et pures. Tu ne deviendras véritablement homme que lorsque tu auras réussi à faire rejoindre les parois de ton enfer et de ton paradis. Les hommes ont tous les mêmes vertus, alors que le mal est différent en chacun.

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