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WALLY JAZZ



Description ajoutée par jeanby 2015-03-04T20:07:01+01:00

Résumé

Wally Jazz Rivers est né en Caroline du Sud en 1925, avec pour toute fortune sa négritude, un talent de pianiste et le Jazz. Son histoire d’amour avec Laura, une jeune fille blanche douée pour le dessin, va bousculer les règles de la ségrégation.

Chassés par tous, ces aventuriers de la vie se retrouveront à New-York, à Paris pendant la guerre, et au bord de la rivière Savannah. La musique de Wally et les portraits de Laura vont dévoiler la profondeur de leurs blessures et de leur passion…

Cette histoire est basée sur la vie de plusieurs musiciens et s’inspire aussi de faits historiques peu connus de la seconde guerre mondiale, sur la vie à Saint-Germain-des-Près à la fin des années quarante. L’ensemble du récit est bien sur rythmé par la musique de Jazz !

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Classement en biblio - 5 lecteurs

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4 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par jeanby 2015-03-04T20:02:38+01:00

Le soleil de Caroline du Sud m’a vu naître là, juste à la lisière du village de Bluffton et d’un champ de maïs. Wally Williams, un gamin noir, pauvre et mal bâti avait l’audace d'entamer une vie ! De l’autre côté, vers l’est, il y avait la May River, brillante et fluide. Rivière belle et longue comme les jambes interminables de ma mère, qui chantait dans des bouges mal éclairés pour quelques dollars et des rencontres sans lendemain. La violence de la misère avait même effacé le souvenir de cette brève étreinte avec mon géniteur.

Seule la chaleur brutale d’un alcool de contrebande parvenait à faire rire Rosa, qui ne savait plus depuis longtemps qu’elle avait un fils. Alors, je me promenais pieds nus, jouant dans la cour de terre battue avec les poules et des chiens mal apprivoisés. Dehors, c’était dedans ! Il faisait très froid à la maison. La soupe était mauvaise, quand il y en avait. Les draps étaient humides et glacés. Était-ce la pièce elle-même qui générait cet hiver en plein mois de juillet ? Peut-être.

Pourtant, certains étés, juste après l’orage, juste après la pluie, quand les vapeurs s’échappent encore des toits de tôle, le silence et la fraîcheur s’installaient sur la véranda. Alors, Rosa me prenait sur ses genoux et nous nous balancions, blottis l’un contre l’autre sur un fauteuil à bascule en rotin blanc.

5

Elle trouvait les accents d’une mère tendre et douce. Les mots déchirés du blues faisaient place à des berceuses suaves et lentes. J’étais un peu au paradis.

Il est vrai qu’à trois ans, on ne connaît du malheur que la faim, les blessures aux genoux et les mauvais rêves : la couleur du monde est encore une inconnue. Elle se trouve là-bas, au bout du chemin, au carrefour où s’arrête le car qui nous emmène loin de tout cela, vers l’horizon.

Certains étaient partis par la route numéro 17 rejoindre la frontière de l’État de Géorgie. Ces colonnes d’hommes en quête de bonheur, de travail et de reconnaissance perdaient leurs illusions en traversant la rivière Savannah pour se poser à l’entrée de la cité. Ils attendaient, debout contre un mur ou assis sur le bord du trottoir, que les maquignons du jour leur offrent du travail.

Savannah, où venaient mourir les vagues honteuses amenant sur le rivage des esclaves épuisés, traînait encore ces accents haineux qui séparaient la communauté blanche du reste de la population. Mais, en 1920, la différence entre la pauvreté et le désespoir se mesurait à l’état des semelles des chaussures, quand on avait la chance d’en porter. Bien sûr, la ségrégation était partout et le manque de tout rendait aveugle. Il y avait ceux qui partageaient leur maigre repas et ceux qui partageaient leur ressentiment. Ces derniers trouvaient leur exutoire dans les pendaisons de jeunes hommes noirs et dans les incendies des églises qui les abritaient.

Malgré tout, le ciel était bleu. Les chênes centenaires arboraient fièrement leurs guirlandes de mousse argentée. Des allées royales se formaient dans les forêts alentour et laissaient passer, certains jours de fête, des cortèges de paysans en liesse.

Je ne savais pas tout cela. J’étais au centre de mon univers. D’ailleurs, je ne parlais presque pas. Les voisins avaient remarqué 6 cet étrange petit bonhomme qui les gratifiait d’un sourire mais jamais d’une parole. Au milieu de ses vertiges et de ses absences, Rosa finit par admettre que son fils avait un problème. Alors, elle décida de m’emmener chez Jean, le guérisseur haïtien.

Il était toujours prêt à rendre service à ce voisinage invisible pour les gens de la ville. Il écrivait leurs lettres d’amour et leurs avis de décès. Il leur lisait le journal et, parfois, les feuillets réputés subversifs des défenseurs des droits civiques. Il était américain comme tout le monde, mais il souffrait comme tout un chacun.

— Bonjour, Rosa. Je vois que tu es toujours aussi jolie !

— Je ne suis pas venue pour entendre tes compliments…

— Je sais, je suis trop discret pour toi, trop sage !

— Je n’ai que faire de tes jugements. Tous ici ont des opinions sur moi, ces femmes tranquilles qui oublient que leurs maris passent la soirée à m’écouter chanter et boire le même alcool qui finira par nous tuer tous !

— Rosa, tu es une rebelle et tu resteras sauvage toute ta vie ! Que puis-je faire pour toi ?

— Je suis là pour Wally… Wally vient ici, n’aie pas peur ! Monsieur Jean n’est pas méchant !

— Bonjour, Wally ! Que se passe-t-il ?

— Il ne parle pas beaucoup. En fait, je ne l’entends jamais…

— Ouvre la bouche, Wally, et montre-moi ta langue… Rosa, ton gamin est normal. S’il ne parle pas, c’est qu’il n’a pas envie de parler !

— Oui, mais cela commence à m'inquiéter. Si jamais il va à l’école, ils vont le rejeter !

— Si tu veux, je vais m’en occuper de ton fils…

— Mais je n’ai pas d’argent…

7

— Je ne te demande rien. Je suis seul et cela me fera plaisir. Il a l’air gentil, ce petit !

— Bon, alors c’est d’accord… Mais, je ne te dois rien ? Je veux dire, tu n’espères pas que je couche avec toi ?

— Ma pauvre Rosa, il y a longtemps que j’ai renoncé à la chose. Les femmes, il faut les aimer de loin !

Je levai les yeux pour observer cet homme, cet étranger qui voulait me prendre sous son aile.

L’endroit était petit mais propre. Les livres étaient bien alignés sur une armoire, la table était ornée d’un panier dans lequel cohabitaient un oignon et une pomme, et un petit réchaud à pétrole chauffait un café clair. Au fond de la pièce, à l’opposé du lit, il y avait un piano.

— Ah ! tu as vu le piano là-bas… Va jouer si tu veux !

— Non, je ne veux pas qu’il le casse…

— Rosa, ce clavier a subi les assauts de soudards aux mains sales et brutales. N’aie aucune crainte. Le vieux Tom m’a donné cet instrument en échange de mes soins, et surtout de mes conseils…

— Quels conseils ?

— Entre autres celui d’essayer de vivre avant que la mort te rattrape alors que tu n’as pas encore trente ans !

— Tu dis cela pour moi ?

— Non, pas particulièrement, mais au fond de toi, tu as du mal à imaginer à quoi ressemblera demain…

— Tu me saoules avec tes avis sur tout ! Alors, c’est d’accord, tu vas t’occuper de Wally ?

— Puisque je te le dis… Retourne chez toi, tu n’as pas à t'inquiéter. Nous allons devenir de vrais amis… N’est-ce pas, Wally ?

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Sans m’en rendre compte, j’ai dû à ce moment précis esquisser un sourire, un hochement de tête ou peut-être un timide pas de danse. Sans le savoir, j’avais déjà fait trois miles, un premier bout de chemin vers le monde.

* * * * *

Les jours passèrent, et bientôt, je n’eus qu’une pensée : rejoindre chaque matin l’antre de Jean pour apprendre à lire, à écrire un peu et surtout à poser mes doigts sur le clavier. Très vite, je tissai avec les touches une liaison, un dialogue, une rédemption. Les notes et les enchaînements étaient encore hasardeux, sans rythme et sans respiration, mais le piano savait tout de ma vie, de mes bonheurs et des soirs où ma mère ne trouvait plus le chemin de la maison.

— Wally, je crois que tu as enfin compris cet accord. Non, mets ton index sur le « la » et ne raidit pas ce poignet !

— C’est dur Jean, je fais ce que je peux…

— Dis-toi bien qu’il y a beaucoup de gens dehors qui font ce qu’ils peuvent. Seuls ceux qui travaillent dur pourront manger !

Jean aimait à tout dramatiser pour faire de mes petites joies un Noël. D’ailleurs, un soir de Noël, ma mère oublia de rentrer. Elle s’était perdue entre les étoiles et la lune. C’est ce que m’a dit Jean, et je le crois encore aujourd’hui.

Lors des funérailles de Rosa, il y eut peu de monde. À cette occasion, je rencontrai pour la première fois ma tante Emily. Elle était jeune et travaillait comme cuisinière pour une famille de banquiers.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par ReadingLovetime 2016-08-16T12:47:41+02:00
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Chronique complète ici:

https://readinglovetime.com/2016/07/22/wally-jazz-%e2%8b%86-jean-bernard-lemal/

J’ai connu cet auteur, Jean-Bernard Lemal, lors d’une précédente lecture. En effet, j’ai eu un coup de cœur pour son dernier roman « L’écume du voyageur » et j’avais trouvé sa plume fabuleuse. C’est pourquoi, je voulais absolument découvrir ses autres écrits et plus spécialement « Wally Jazz » qui m’a séduite dès la lecture du petit résumé. Je me suis de suite intéressée à Wally, je voulais découvrir sa vie, cette ambiance jazzy qui gravite autour de lui ainsi que ses blessures et son histoire d’amour avec Laura. Et encore une fois, j’ai passé un très bon moment de lecture avec M. Lemal.

Si je devais résumer ce récit en une phrase, je choisirai celle-ci: « Wally Jazz » c’est l’histoire d’un amour passionné mais interdit, entre un homme noir et une femme blanche, bercé sur un air jazzy délicieux, avec en fond une Amérique violente en pleine ségrégation raciale et en situation de guerre.

Avec une plume toujours aussi belle, agréable et de qualité comparable à celle de son plus récent ouvrage « L’écume du voyageur », Jean-Bernard Lemal a encore une fois réussi à m’emporter dans son histoire à la fois belle et tragique. C’est un réel plaisir de lire ses romans car ils renferment une culture incroyable qui les rendent très intéressants et passionnants. A la fin de ma lecture, j’ai éprouvé ce sentiment très réjouissant que je commence à connaître après avoir tourné la dernière page d’un ouvrage de J-B Lemal, celui d’avoir appris pleins de choses. J’en ressors toujours avec l’esprit plus riche de connaissances et tout cela à travers de merveilleuses histoires d’amour, certes, jamais dans la simplicité mais c’est ce qui fait son charme;-)

L’auteur arrive toujours à faire en sorte pour que je m’attache à ses personnages. Wally est un homme empli de force et de courage. Jugé, dénigré, rabaissé et violenté, Wally a fait de ces mauvais traitements une force qui l’a aidé à développer son talent de pianiste. Un exutoire qui lui a permis de côtoyer beaucoup d’artistes et de jouer avec les plus grands noms du Jazz qui, à l’écoute d’une simple note, ont été conquis par son talent. Lorsque Wally joue de son instrument, il le fait avec passion, plein de fougue et de tendresse. Il joue tel un amoureux qui veut prouver à sa bien aimée à quel point il l’aime. Tous ses morceaux sont destinés à Laura, c’est vraiment très touchant et tout simplement magnifique.

Découvrez la vie de Wally ce prodige qui ne laissa personne indifférent. Vibrez au son de sa musique et prenez connaissance de son parcours ô combien douloureux et de ses voyages qui le firent passer de Wally Williams à Wally « Jazz » River.

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Commentaire ajouté par Cloclo3942 2016-07-14T23:59:15+02:00
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L'avis de Cloclo3942 :

Tout d’abord, merci à is édition pour ce service presse.

J’ai beaucoup aimé cette histoire qui parle de Wally, un homme noir, durant une période où ils ne sont pas forcément acceptés.

Rosa, sa mère va décéder très tôt, il sera donc presque seul, il aime travailler sur un piano, et le jazz, ce qui l’accompagnera tout au long de ses aventures.

Wally est un homme charmant, qui va vous éblouir par ses paroles sages et par sa force de vivre.

Son histoire d’amour avec Laura va braver toutes les épreuves de la vie, j’ai trouvé vraiment touchant ce que j’ai pu lire dans cette histoire.

C’est un très beau sujet qui est abordé ici, et il devrait être lu par tous.

Non seulement, il donne une leçon de vie, mais on voit aussi des passages de la guerre.

Comme quoi, la musique peut faire tout oublier.

Je reste évasive sur l’histoire, pour ne pas vous spoiler car je risque de dévoiler des choses importantes.

C’est un très beau livre.

Ma note : 8/10

En savoir plus sur http://leschroniquesdestia.e-monsite.com/pages/chroniques/wally-jazz-jean-bernard-lemal.html#XBr5oqouQj21Pp94.99

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Commentaire ajouté par LaBibliothequeDeMia 2015-05-02T17:23:26+02:00
Diamant

J'ai passé un excellent moment de lecture !!

Je remercie sincèrement la maison d'édition pour cet envoi !

Ce roman n'est pas réellement dans mon style de lecture habituel et il aurait été vraiment dommage de passer à côté, c'est une vrai pépite !! L'auteur a une écriture sincère et sans fioriture qui ne peut que séduire. C'est intense, émouvant, réel, musical et il y a une très grande sincérité. Vous l'aurez compris, je suis sous le charme.

L'auteur nous présente Wally, un jeune garçon noir né en 1925 en Caroline du sud. La ségrégation est à son paroxysme et être noir devient très vite invivable si l'on ne reste pas à sa place ... Les droits sont baffoués et il faut faire profil bas à tout prix et principalement dans cette région .... Suite au décès de sa mère, Wally est élevé par sa tante, cuisinière dans une famille blanche.

Pour "surivre" au décès de sa mère, un ami lui apprend le piano et lui fait découvrir le jazz. Wally découvre alors son don et son amour de cette musique black.

Puis il fait la connaissance de Laura, la fille de la famille. Sa musicalité séduit la jeune fille et l'attirance profonde se transforme progressivement en amour. Toutefois rien n'est simple à cette époque où être noir signifie clairement n'être rien surtout en Caroline du Sud.

La guerre, les aléas de la vie vont séparer les deux amants. Wally part à la découverte de la France, de nouveaux horizons, il élargit son champ des possibilités et devient un musicien hors pair et reconnu toutefois, la situation des noirs est très différente entre la France et le Sud et Wally n'a qu'une idée en tête, retrouver Laura ....

Vous l'aurez compris, nous suivons le parcours difficile d'un virtuose du piano qui aimerait vivre pleinement et différemment, loin de la haine et des différences.

L'auteur signe ici une magnifique roman rythmé par les sonorités endiablées, j'avais vraiment l'impression d'y être parfois, c'est là que l'on reconnait le talent d'un auteur, quand la magie opère et que les mots sortent du livre .....

C'est fort, intense, injuste, magique mais ce roman se doit d'être là !

Je vous le conseil vivement !!

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Commentaire ajouté par cookies72 2015-04-16T15:16:06+02:00
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L'un des pires fléau de l'Humanité pour moi: le racisme. Le racisme à l'encontre des gens de couleur qui mène à l'esclavage. Celui qui va entraîner des actes horribles, sanguinaires, des humiliations inconsidérables. Celui qui va également donner la mort. Mais ce racisme va donner de par sa douleur, naissance au jazz, à cette sublime musique que j'adore!

Une histoire qui m'a touchée en plein coeur. Belle mais douloureuse, pleine d'espoir mais assombrie par la haine raciale, la bêtise humaine. L'histoire de Wally, ce jeune garçon, qui comme tant d'autre n'a pas la chance en cette époque de 1920 en Amérique d'être né du "bon côté"... d'être né blanc.

Une histoire pleine de courage, d'amour et de passion pour la musique. La musique qui va lui donner envie d'y croire, d'espérer que les choses changent, d'un monde meilleur, de se battre pour sa liberté, pour son amour interdit envers Laura, cette jeune fille riche et blanche!

Wally m'a bouleversé par sa ténacité, par son immense courage, quelle belle leçon de vie! Sa vie sera parsemée d'embûches mais aussi de bons samaritains. La fin de cette histoire sera douloureuse mais selon le choix juste de Wally!

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Commentaire ajouté par jeanby 2015-03-04T20:14:23+01:00
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http://delphlabibliovore.blogspot.com/2015/01/jb-lemal-wally-jazz.html

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Les chiffres

Lecteurs 5
Commentaires 5
Extraits 1
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Note globale 9.5 / 10

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