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Bibliothèque de Waynola : Mes envies

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Georges, le monde et moi Georges, le monde et moi
Illana Cantin   
Entre le petit défi "tour du monde en livres" que je me suis lancée au mois d'août et la rentrée littéraire, je n'avais pas lu de romans Young Adult depuis presque deux mois ! Un comble quand on sait qu'il s'agit de mon domaine de prédilection et du rayon dont je m'occupe à la librairie où je travaille. Mais il faut dire aussi qu'aucune nouveauté ne m'attirait vraiment ces derniers temps...Toutes les récentes sorties dans ce genre littéraire ne me tentaient pas. Jusqu'à ce qu'une cliente me demande "Georges, le monde et moi" et que je retourne tous les cartons de la réserve pour le lui trouver. En lisant le résumé j'ai pensé "ça, ça pourrait me plaire". Et je ne me suis pas trompée !
Bon sang cette lecture à été totalement addictive ! Je n'arrivais pas à décrocher. Je voulais, je devais, continuer à lire pour connaître le destin des personnages exceptionnels créés par Illana Cantin.

Car le grande force de ce roman, c'est avant tout ses protagonistes. Plus que des personnages, je les ai vus comme des amis tant ils m'ont touchée et m'ont amusée. J'avais hâte de lire la fin pour tout savoir de leur histoire et en même temps j'avais peur de terminer ce roman car l'idée de les quitter me transpercait le coeur (non, j'exagère à peine). Commençons par Priam, le héros de ce roman. C'est un garçon qui m'a vraiment émue. Ce maniac du contrôle perd littéralement tous ses repères en tombant amoureux d'un autre garçon. À partir de là, commence pour lui une longue réflexion. Qui est-il vraiment ? L'auteure insiste sur le fait qu'il n'est pas forcément gay et j'ai trouvé ça très bien. Ma meilleure amie était très amoureuse d'une fille au lycée mais n'en a jamais aimé d'autres et n'est par la suite sortie qu'avec des garçons. Les filles ne l'intéressaient pas. C'était juste Elle. Ce roman m'a rappelé son histoire et m'a du coup un peu replongée dans mes propres années lycée. J'aurais aimé pouvoir soutenir Priam comme j'ai soutenue mon amie. Mais la remise en questions de Priam n'est pas seulement sexuelle et amoureuse. C'est toute sa vie qui bascule. Et à travers son parcours, le lecteur apprend lui aussi à réfléchir.
Parlons maintenant de Georges. Ah Georges ! J'aimerais qu'il aime les filles pour pouvoir sortir avec lui. Ou plutôt non, j'aimerais être un garçon pour pouvoir sortir avec Georges. C'est typiquement le genre de personnalités qui me fait craquer. Et ses jeux de mots...! Qu'est ce qu'il m'a fait rire ^^
J'ai aussi aimé leur petite bande d'amis bien sûr. Gabrielle et Charlotte, puis Thibault et Eliott. Ce dernier m'a particulièrement touché. On sent que c'est un grand enfant qui ne se maîtrise pas toujours. S'il se comporte comme un gros connard à un moment, il trouve le moyen de ravaler sa fierté et de faire son mea culpa. J'ai trouvé ça bien de montrer que tout le monde peut changer et que l'amitié la vraie, peut vaincre les préjugés. On ne dirait pas comme ça au depart, mais au final, Eliott apporte un message positif; on peut faire évoluer les mentalités.

L'autre force de ce roman c'est son style. Simple, sobre, réaliste. Il s'agit d'un roman français et ça se ressent. Pas de gros cliffhanger de malade, pas d'histoires tirées par les cheveux (bon, la "fausse disparition" de Georges peut être un peu. Mais passe encore), pas de romantisme exacerbé. "Georges, le monde et moi" est un roman très ancré dans la réalité. Il est d'autant plus facile de s'identifier à ces personnages qui nous paraissent accessibles. On pourrait facilement être potes avec eux. Je me suis promis de lire "Love Simon" qui traite également, mais d'une manière différente j'en conviens, de l'homosexualité chez les ados et du regard des autres, justement pour comparer le style américain et français. En général, le premier est un peu plus too-much sans vouloir la jouer chauvine. J'ai aussi trouvé très juste la manière dont l'auteure traite le passage de l'enfance à l'adolescence. Une fois de plus, elle fait preuve de beaucoup de justesse.

Bon aller, un petit élément négatif avant de conclure. Il en faut bien un ! Le seul reproche que je fais à ce livre, c'est la manière dont il traite, ou ne traite pas d'ailleurs, de la sexualité. [spoiler]Après tout, c'est une part essentielle d'une relation amoureuse, surtout à cet âge et j'aurais pensé que le sexe entre Priam et Georges serait plus abordé. Attention, je ne demandais pas des scènes super chaudes. Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Simplement, on sait qu'une première fois est un acte important et une autre étape dans le passage de l'adolescence à l'âge adulte. J'aurais voulu savoir comment Priam abordait cette première fois avec son petit ami, j'aurais aimé que ses pensées soient plus détaillées. Là, j'ai été un peu déçue de cette première fois expéditive qui tombe comme un cheveux sur la soupe. Ça ne collait pas avec le reste du roman. Voilà. [/spoiler]

"Georges, le monde et moi" est donc un énorme coup de coeur !!! C'est pour moi LE roman young adult de la rentrée et je recommande sa lecture à tout le monde ! Personnellement, il m'a fait du bien. Il m'a émue, il m'a fait rire. Et plus que tout, il m'a fait réfléchir !

par Saturna
Ma vie cachée Ma vie cachée
Becca Fitzpatrick   
Un autre magnifique livre de Becca Fiztpatrick! Bien que je m’attendais à plus de suspense et à un peu plus d’action, j’ai trouvé que l’histoire entre Stella et Chet très bien réussit. Le fait qu’il y ait moins d’action dans le livre que dans mes attentes ne veut pas dire qu’il y a des longueurs. [spoiler] Ceux qui recherchent Stella, car elle veut accuser le dealer de sa mère de meurtre, vont la trouver dans les cinq derniers chapitres. Cela ne veut pas dire qu’elle n’aura pas d’autres problèmes avec les habitants de sa ville d’accueil. [/spoiler] Tous les personnages sont attachants. Le personnage de Stella est haut en couleur. Elle aime provoquer, mais elle a son côté sensible que nous apprenons à connaître tout au long du récit. Bref, je suis vraiment contente de l’avoir lu et c’est une autre œuvre magnifique de Becca Fitzpatrick. À lire absolument si vous êtes une de ses fans!

par Jo1o
Flora Banks Flora Banks
Emily Barr   
« Je l'ai embrassé sur la plage.
Je suis tombée complètement amoureuse de lui.
Je vais le retrouver et je l'aime.
[...]
Je l'ai embrassé sur la plage.
Je suis tombée complètement amoureuse de lui.
Je vais le retrouver et je l'aime.
[...]
Je l'ai embrassé sur la plage.
Je suis tombée complètement amoureuse de lui.
Je vais le retrouver et je l'aime. »

STOP !
Flora est amnésique. Malheureusement, le lecteur ne l'est pas du tout... Le point de vue est celui de l'héroïne et du coup... le lecteur va subir des répétitions incessantes durant tout le long de sa lecture. C'est insupportable. D'autant que le style est assez télégraphique...

Pour ce qui est de l'histoire d'amour, je l'ai trouvé pathétique et dégoulinante. J'ai cru vers la fin que cela allait s'arranger mais après le rebondissement, l'histoire ne se tient plus. [spoiler]Elle l'a embrassé sur la plage... ok ! Et les mails ?[/spoiler]

En conclusion, je ne recommande pas.

par dadotiste
Le Crocus jaune Le Crocus jaune
Laila Ibrahim   
Merci à Netgalley & Amazon Publishing pour m'avoir permis de lire ce roman.

Voilà quelques jours que j'ai fini ce roman, et je ne sais pas quoi en dire, outre que ma déception est assez grande.
Je m'attendais vraiment à aimer ce livre, la période et les thématiques abordées, à savoir la ségrégation et l'esclavage, m'intéressent et j'aime découvrir des romans qui traitent de ces sujets.

Mais avec le Crocus jaune, je ressors de ma lecture déçue.
Premièrement, j'ai eu du mal avec la traduction. Alors la traductrice explique au début du livre son choix pour la traduction du "patois" ou "parlé" des Noirs, et surtout pour Mattie, mais moi je n'ai pas adhéré et du coup j'ai un peu peiné dans ma lecture, au point de sauter quelques dialogues de Mattie parfois tant j'avais du mal à la comprendre.

De plus, je trouve qu'au final, il ne se passe pas tellement de choses dans le roman, ce qui fait que je l'ai trouvé un peu plat dans son développement, tout comme pour les personnages, que je trouve pas assez approfondis et auxquels je ne me suis pas attachée. Le sujet de la ségrégation est relativement bien traité, on voit clairement qu'il y a une distance, une frontière instaurée entre les Noirs et les Blancs. Cependant, je pense que cela aurait pu être davantage mis en avant encore, peut être en montrant une vue d'ensemble de la ségrégation dans la ville ou l'Etat, par exemple.

Le roman est très court et je pense que cela explique pourquoi l'histoire et les personnages ne sont pas suffisamment creusés. On ne peut prendre le temps de les approfondir en si peu de pages, ce qui se comprend. Je pense que Le Crocus jaune mériterait un réel développement et qu'il pourrait être vraiment passionnant s'il venait à être plus approfondi.

par themusik
Meurtris Meurtris
Siobhan Parkinson   
Meurtris est un roman à la fois dramatique et léger qui aborde des sujets bien sombres. C'est d'ailleurs le résumé qui m'a donné envie de le lire. Je n'ai pas été déçue de ma lecture même si j'en attendais mieux.

L'intrigue est très dynamique. De ce fait, j'ai lu le livre en une journée. En plus, on se demande bien où cette aventure va nous emmener et comment elle se finira. Si je ne me serais pas fait joliment auto-spoiler, je n'aurai pas deviné la fin une seule seconde.

A partir de la deuxième partie, tout s'enchaîne très vite. Lorsque la révélation nous est dévoilée, les événements se suivent rapidement, même trop rapidement. J'aurai aimé pour une fois un peu de lenteur afin de digérer les informations.

Si le début du roman ne m'a pas touché, la deuxième partie est horriblement poignante. Ça m'a fait l'effet d'une gifle et j'ai adoré !

Le style d'écriture est alors bien justifié. Au début, j'avais du mal avec la plume très enfantine et innocente du narrateur et je trouvais que les retours en arrière n'avaient, pour certains, aucun lien par rapport à la situation actuelle du protagoniste. Cependant, au fur et à mesure, j'ai compris pourquoi ce choix d'écriture.

Je pense qu'il est important d'apporter une touche de légèreté à travers l'humour démesurée du protagoniste pour éviter que l'intrigue ne soit trop dure à supporter. Et c'est fait de manière subtile, très habile.

Du coup, je me suis énormément attachée à Jonathan et à Julie. Je les ai trouvé tellement adorables. Leur optimiste face à la tragédie est tellement forte. Vraiment! Ce sont des enfants admirables qui ne méritent qu'une fin heureuse après tout ce qu'ils ont enduré.

Je n'ai donc pas été déçue de la fin. Cependant, je trouve qu'il manque quelque chose. J'aurai aimé un petit épilogue pour montrer que Jonathan et Julie sont toujours unis et se voient maintenant tous les jours et vivent même ensemble. Là, je n'aurai pas eu l'impression de rester sur ma faim.

En conclusion, c'est une agréable lecture que j'ai pris plaisir à découvrir. Meurtris est vraiment un genre à part des autres romans Young Adult. Ça m'a fait vraiment du bien de lire un nouveau genre. Une bonne bouffée d'air frais malgré les thématiques bien dramatiques. Je le recommande fortement pour les curieux. A LIRE !
Réfugiés Réfugiés
Alan Gratz   
Une très bonne lecture. Ce livre m’a permis d’en apprendre plus sur la guerre en Syrie et la crise à Cuba, mais également sur le trajet en bateau de l’Allemagne vers Cuba. De nombreuses fois, les larmes me sont montées aux yeux. Chaque histoire est très touchante. Et découvrir à la fin qu’elles sont en fait toutes reliées était vraiment beau. Un très bon livre, que j’ai dévoré en à peine 3h.

par Sireba
Ce que nous avons perdu Ce que nous avons perdu
Gayle Forman   
https://ivredemots.weebly.com/chroniques/ce-que-nous-avons-perdu-gayle-forman

Gayle Forman... Une auteure que j'avais déjà lu auparavant et dont j'ai adoré la plume et, encore une fois, je ne suis pas déçu de ma lecture. Nous avons trois personnages dans ce livre, trois points de vus différents, mais complémentaire. Tout d'abord il y a Freya, une jeune chanteuse considérée comme une étoile née, mais qui n'arrive plus à chanter. Harun lui, c'est un adolescent gay dont la religion est Musulman, pour cette raison, il a peur de la réaction de sa famille qui a des préjugés sur l’homosexualité. Viens ensuite Nathaniel qui est seul sans son père à New York à la recherche de quelque chose. Les trois jeunes gens vont se rencontrer au détours d'un pont à Central ¨Park et s'entraider par la suite jusqu'à tisser des liens entres eux.

Il est vrai qu'au début, j'ai eu peur qu'il ne me plaise pas, car j'étais perdu avec le premier chapitre (sorte de prologue, un peu), mais ce sentiment à très vite laissé la place à de biens plus positifs. J'ai adoré chacun des personnages du livre ainsi que leur histoire. Nous découvrons ces trois personnages sur une journée à laquelle ils ne vont pas se séparer. Je dois vous dire que j'ai vraiment beaucoup aimé cette introspection chez Freya, Harun et encore plus particulièrement chez Nathaniel. Ils ont tous les trois leurs démons, un passé loin d'être joyeux qui m'ont donné envie de les prendre dans mes bras. Pour attirer l'attention de son père, Freya s'est mise à chanter et se retrouve perdue quand elle n'y arrive plus. Harun quant à lui est perdu sans son copain qui, au moment de se séparer, l'a insulte, sans lui, les journées sont ternes, mornes et déprimantes. Pour ce qui est de Nathaniel, il a dû grandir et murir, vite face à son père dont le comportement est enfantin. Bien que cela raconte ce qu'il se passe durant leur journée à laquelle ils se rencontrent et qu'il n'y ai pas d'action à proprement parlé, le livre n'est en aucun cas ennuyant. Entre présent et passé (à travers des flash-back), nous découvrons les héros, leurs failles et leurs blessures, leurs force et leurs faiblesses jusqu'au mot fin. Des sujets importants et actuels sont abordés, l'homosexualité, l'abandon, la parentalité, l'acceptation, le jugement, les origines, les différences et tant d'autres thèmes importants dans notre société, de nos jours. Ce roman est vraiment porteur d'espoir, même si les protagonistes ont vécus des événements particulièrement tristes dans leur vie, la rencontre des trois va leur permettre de se voir sous un autre jour et de se dire qu'après tout, il faut parfois laisser de côté le passé pour que l'avenir soit plus lumineux et moins sombres que ce qu'ils ont vécu.

J'ai trouvé cela très agréable de retrouver Gayle Forman dans ce nouveau livre. J'ai adoré ses deux premiers romans « Si je reste » qui m'ont fait verser des torrents de larmes. « Ce que nous avons perdu » est plus joyeux, il y a un équilibre entre le passé et le présent qui permet au lecteur de ne pas se sentir submergé par les émotions. Il y a du malheur, mais aussi du bonheur. Freya, Harun et Nathaniel vont partager des moments d'amitié qui vont les souder à jamais. Ils sont liés par la perte d'un proche et savent ce que c'est que de se sentir perdu, chacun à leur façon, pour des raisons différentes. On s'attache à eux, on prend plaisir à les suivre afin de savoir ce qu'ils cachent, au plus profond d'eux et à la fin, quand on sait qui ils sont, c'est une énorme claque que l'on se prend. La plume de l'auteure est vraiment belle, elle fait passer les émotions avec des mots forts et puissants.

En conclusion, une très jolie lecture que j'ai apprécié découvrir avec des personnages décrits en profondeur, à tel point que l'on a envie de les prendre dans nos bras. Le livre est très bien écrit et est porteur d'espoir.Une histoire sur l'amitié naissante entre trois protagonistes qui n'ont rien communs si ce n'est cette impression d'être perdus et d'avoir connu la solitude de l'abandon.
La Noirceur des couleurs La Noirceur des couleurs
Martin Blasco   
Ce n’est plus un secret pour personne : j’aime énormément L’école des loisirs. Pas uniquement parce que ce sont les albums et petits romans de cette maison d’édition qui m’ont donné le gout de la lecture, mais aussi parce que leurs ouvrages sont toujours de grande qualité et qu’ils éditent un peu de tout - du contemporain, de la dystopie, du thriller, de l’atypique … C’est donc très enthousiaste que je me suis plongée dans La noirceur des couleurs, un thriller dont le résumé m’intriguait énormément : quelle est donc l’expérience menée sur ces cinq enfants disparus ? comment et pourquoi ce journaliste se retrouve-t-il mêlé à cela ? et surtout, c’est quoi cette histoire de couleurs ? Autant vous dire que ce roman, pas bien gros, n’a pas fait long feu … malgré mon manque de temps chronique, j’ai réussi à le dévorer en deux petits jours à peine !

1885. Cinq bébés, de cinq nationalités différentes, disparaissent mystérieusement la même nuit. 1910. Trois d’entre eux réapparaissent tout aussi mystérieusement, sans le moindre souvenir de ces vingt-cinq dernières années. Alejandro, journaliste, est engagé par le père d’Amira pour découvrir ce qui est arrivé à la jeune fille durant son absence. Aidé dans ses recherches par un talentueux mais fantasque hypnotiseur, Alejandro se lance à corps perdu dans cette enquête … Sans se douter un seul instant que les découvertes qu’il fera au cours de son investigation pourraient bouleverser son existence toute entière …

Je dois bien l’admettre, j’ai eu quelques difficultés à me plonger dans l’histoire : le début me semblait plat, futile, inutile. Ce n’est qu’arrivée au dernier chapitre que j’ai compris l’intérêt de cette longue et lente introduction, de ce « passage à vide » qui a failli me décourager à poursuivre ma lecture. Je ne suis définitivement pas douée pour repérer les indices semés ci et là par les auteurs de thriller : je me suis laissée surprendre du début à la fin, contrairement à d’autres collègues blogueurs qui regrettaient vivement la prévisibilité du dénouement ! Et même si c’est parfois un peu frustrant de se faire ainsi mener par le bout du nez, cela est finalement la preuve que l’auteur a bien fait son travail : j’avais tellement envie de savoir le fin mot de l’histoire, que je n’ai pas été capable de deviner par avance, que je dévorais pages après pages, chapitres après chapitres, afin de comprendre ce qui s’était passé … et ce qui était en train de se passer.

Car c’est bien là la grande particularité de ce roman : deux histoires nous sont contées simultanément et parallèlement. D’un côté, nous avons la narration « traditionnelle », qui suit Alejandro dans sa quête de vérité. Et de l’autre, nous avons le journal intime du docteur Andrew, à l’origine de l’enlèvement des enfants, qui nous explique son grand projet et l’avancement de cette expérimentation. J’ai énormément apprécié cette alternance de points de vue, qui a fait naitre en moi de nombreuses interrogations. Plus le récit avançait, plus je me demandais comment ces deux histoires, séparées de plus de vingt ans, allaient finir par s’entremêler, comment le passé allait-il rejoindre le présent. Alejandro découvrira-t-il la sinistre réalité qui se cache derrière ces longues disparitions ? Mais plus encore, ma curiosité se portait sur l’évolution de la situation : après avoir appris les horreurs subies par ces enfants au nom de la science, comment réagira-t-il ? L’histoire allait-elle s’arrêter une fois la vérité mise en lumière, ou bien les résultats de cette terrible enquête allaient-ils entrainer de nouveaux rebondissements ?

Ma crainte était là : que l’auteur se contente d’amener le personnage principal jusqu’à la connaissance, et s’arrête là. Fort heureusement, cette crainte s’est révélée infondée : les révélations finales, qui je le répète m’ont laissée bouche-bée tellement je ne m’attendais pas à cela (alors que, rétrospectivement, je me rend compte que j’aurai du m’en douter, les indices étaient suffisamment éloquents … c’est juste que l’auteur a réussi son pari avec moi : il voulait nous faire oublier un personnage, et je l’ai effectivement oublié, ce qui a causé ma perte), ouvrent la voie aux conséquences de cette découverte. Il y a du sang, des larmes, de la haine, de l’incompréhension, il y a de la vengeance, de la violence, de l’émotion. Et puis, il y a le retour à une vie « normale », une existence bouleversée par les répercussions de cette enquête, mais une vie qui reprend progressivement son cours … Je dois d’ailleurs avouer être restée quelque peu sur ma faim : j’aurai vraiment aimé une vraie conclusion qui nous dise clairement ce que sont devenus tous les personnages, au lieu de ce grand flou qui est tout sauf artistique. Cette fin n’en est pas une : alors que ce livre est censé être un one-shot, tout n’est pas réellement résolu, l’esprit du lecteur est encore en questionnement, et c’est fort dommage !

Malgré ce petit bémol final, j’ai passé un très bon moment de lecture en compagnie de La noirceur des couleurs, titre très bien trouvé au passage. Ce livre, très bien écrit, est à la fois une enquête policière et la porte ouverte à un questionnement éthique : jusqu’où la science peut-elle et doit-elle aller ? peut-on tout accepter au nom de la science ? suffit-il d’avoir l’intention d’agir pour le mieux pour être dédouané de toute culpabilité ? A côté de ces interrogations, une autre question, plus sociologique, s’impose également : sommes-nous le fruit de notre nature humaine, ou bien de notre éducation ? Pour tout dire, j’ai ressorti mes cours de sociologie de terminale afin de replonger un peu dans cette grande thématique qui oppose nature et culture ! En bref, un roman très intéressant, surprenant et captivant, que je conseille à tous ceux qui ont le cœur bien accroché, car certains passages sont à la limite du gore …

https://lesmotsetaientlivres.blogspot.fr/2017/12/la-noirceur-des-couleurs-martin-blasco.html

par Aryia
À cœur battant À cœur battant
Charlotte Bousquet   
Voici un roman d'actualité qui analyse finement la société avec beaucoup d'émotions.
Cette manifestation à laquelle participent Apolline, JB et Harley prend forme dans un contexte post attentat du Bataclan et en plein Etat d'urgence. Les cœurs sont brisés, la peur est au tournant, l'atmosphère pesante mais tous ces hommes sont là pour marcher, témoigner, revendiquer leurs pensées et leurs valeurs. Dans ce rassemblement, on croise aussi Samia, une vlogeuse qui est là pour filmer et transmettre ce qui s'est passé durant la manif', Aurélien un SDF victime malgré lui de la violence du mouvement, et un lieutenant qui doit gérer les gardes à vues. Quatre points de vues différents : manifestants, victime impuissante, force de l'ordre, journaliste.
Le climat déjà pesant, la pression portée sur les CRS, la haine attisée qui déroule sur les manifestants et les casseurs venus pour "tout détruire" amènent à la violence. La manifestation dégénère alors, et durant une journée de cauchemars, nous suivons nos personnages dans un mouvement qui finit par les dépasser, en raison de son chaos et de sa brutalité. Il y a par exemple ceux qui se font arrêter, ceux qui, happés par la foule, tombent à terre, ceux qui perdent de vue leur proche, ceux qui se font tabasser...

C’est un beau texte que nous écrit l’auteur qui parle de notre société, de la solidarité, des problèmes de chômage, du délit de solidarité, de l'état d'urgence, du terrorisme... Mais au-delà du côté éminemment politique, le roman parle aussi de l'adolescence et de ses questionnements, de l'avenir, de l'amour. C’est un roman qui regroupe plusieurs sujets, mais tout se fait dans la vitesse, l'urgence justement. Les histoires et les points de vues des personnages nous happent, et on prend au vol certains destins, on est prisonnier de cette foule avec eux, on cherche un souffle d'air. Tout va très vite et bouillonne. Charlotte Bousquet décrit à la perfection cette ambiance suffocante de manifestation, entre désirs de se rassembler pour les uns, pression des forces de l'ordre de l'autre côté. Justement, le portrait des flics est relativement négatif au début. Ils ont reçus des ordres, se laissent aller à la violence, quitte à faire des victimes innocentes. Puis, on tente de les comprendre. La haine contre le gouvernement exacerbée dans cette foule se retourne les uns contre les autres. Les flics n'agissent plus par humanité mais par des ordres dictés par le pouvoir, pression qui les empêchent de prendre du recul.

Il y a tant de phrases à retenir, à noter, à ressortir.
Je regrette seulement le côté stéréotypés de certains personnages ou situations, à trop vouloir en dire ou dénoncer on tombe dans une espèce de cercle poisseux, dans un climat désenchanté. Pourtant il y a encore de l'espoir puisqu'ils se battent pour la liberté. Ce sont avant tout le portrait d'adolescents courageux et résistants qui veulent se faire entendre sans finir punis pour leurs actes légaux.

Pour finir, c'est un récit qui mérite d'être lu puisqu'il décrit tout simplement le vrai, l'actuel. C’est un roman politisé, qui n'hésite pas à affirmer ce qu'il pense, à franchir des limites, à dire tout haut ce qu'on pense ! C'est un plaidoyer, un appel à tous ceux qui refusent de se soumettre. Et pour cela, un grand oui !
Memorex Memorex
Cindy Van Wilder   
http://reveuseeveillee.blogspot.fr/2016/04/memorex-de-cindy-van-wilder.html

Comme vous le savez déjà, j'avais eu un énorme coup de coeur pour la trilogie des Outrepasseurs de Cindy van Wilder. Je ne vous dis donc pas qu'elle a été ma joie quand j'ai su que Memorex allait paraître, et suis ravie de partager cette chronique avec vous.

Si vous comptais lire Memorex, oubliez tout de suite les Outrepasseurs : les univers n'ont strictement rien à voir ! La trilogie était située dans un univers fantasy tandis que ce roman unique est un thriller de science-fiction.

On suit le personnage de Réha, une jeune fille aux origines exotiques (mère vietnamienne et père africain) qui est étudiante à la Mansfield Academy (école privée stricte qui coûte une fortune à son père). Elle y étudie avec son frère Aïki et sa meilleure amie Ilse. C'est une jeune fille plutôt discrète qui aime le sport (elle fait partie de l'équipe de foot) mais des événements, s'étant produits un an avant l'histoire qui nous est racontée, ont profondément changé sa vie.

Elle n'est plus la même depuis l'attentat qui a coûté la vie à sa mère et changé son frère, qui est devenu méconnaissable. De plus, son père s'est complètement renfermé sur lui-même et vit en recul dans son laboratoire sur son île privée.

J'ai beaucoup aimé le fait que certains passages soient du point de vue d'Aïki. En effet, cela nous permet de faire une excursion dans ses pensées mais surtout de savoir pourquoi il a autant changé en un an (je n'en dirais pas plus à ce sujet pour ne pas spoiler).

En plus de Réha et de sa famille, on rencontre Holly, la petite-amie d'Aïki, surnommée Petite Miss Parfaite par notre héroïne. Bien qu'étant du même avis que Réha au début de la lecture, plus on apprend à la connaître et plus on l'apprécie. De plus, elle s'avérera être d'une aide précieuse

Je peux déjà vous dire que le ton du roman est donné dès les premières pages : on est complètement happés dans un univers oppressant et angoissant qu'on ne peut plus lâcher avant d'avoir fini le livre. Je l'ai lu en à peine une journée tellement l'histoire m'a tenue en haleine du début à la fin.

C'est aussi un roman très fort en émotions où la psychologie des personnages prend une place très importante. En effet, nous sommes plongés dans les pensées de Réha et d'Aïki ; mais aussi, son père est un scientifique renommé qui étudie le cerveau humain. Il met au point le projet Memorex, qui permet de sauvegarder la mémoire humaine et commettra, de ce fait, un crime impardonnable.

En parallèle, on suit toute l'intrigue autour des attentats ayant eu lieu un an plus tôt : la presse qui ne cesse de harceler Réha et son frère, Magali (la tante de Réha) qui tente de découvrir qui est le commanditaire de cet attentat et les vacances de Thanksgiving qui virent au cauchemar sur l'île familiale.

J'ai beaucoup aimé la manière dont Cindy mêle le côté thriller, avec les attentâts et les histoires familiales ; au côté science-fiction, avec le projet Memorex et, par conséquent, une interprétation innovante et personnelle de Frankenstein. En effet, on ne peut que faire le parallèle entre Kassa, le père de Réha, et Frankenstein.

En conclsuion, bien que je ne sois pas une amatrice de thriller, j'ai été complètement conquise par Memorex et peux dire sans hésiter que ce livre est un coup de coeur! L'intrigue est angoissante et oppressante à souhait en plus de tenir le lecteur en haleine sans temps mort. Et la touche exotique des origines des jumeaux donne une petite touche d'originalité déjà bien présente avec l'interprétation de Frankenstein que nous offre l'auteure. Un livre à lire absolument!