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Commentaires de livres faits par x-Key

Extraits de livres par x-Key

Commentaires de livres appréciés par x-Key

Extraits de livres appréciés par x-Key

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
J'ai le sentiment de m'être une fois de plus fait avoir par un titre trop aguicheur. C'est un peu de ma faute. J'ai souvent la fâcheuse manie de ne me fier qu'à des titres sans chercher à en savoir un peu plus sur le roman au préalable. Pourtant, les jolis titres ne payent pas toujours et Avec des Si et des Peut-être en est le parfait exemple.

Le roman se contente en grande partie de reprendre les codes de base de la chick lit, sans rien apporter de nouveau hormis une touche de fantastique qui ne prend pas vraiment. Cette parenthèse farfelue qui ne dure qu'un quart du roman aurait mérité d'être plus approfondie.

Du reste, on se retrouve la plupart du temps avec toute une horde de clichés et stéréotypes à se mettre sous la dent. De Max, la protagoniste elle-même qui, prof de français, trouve que les jeunes sont forcément de profonds idiots qui n'aiment que Maître Gims et Stromae, en passant par sa colocataire, végane et militante indéfectible ou par Julien, le frère homosexuel avec qui la famille – très ouverte – n'a jamais eu de problème. Bien sûr, Maxine (pardon, Max, elle n'aime pas Maxine), fantasme sur son chef, le directeur du collège où elle bosse, et la seule vue de celui-ci fait même « se dissoudre sa culotte ». Pas de chance cependant, car il semble l'ignorer et elle, ne rencontre que des hommes étranges aux métiers idiots et affligeants de bêtise. Bref. Vous aurez saisi l'idée.

J'aurais du mal à dire que ce livre est un mauvais roman, il plaira sans doute aux lecteurs qui auront envie d'une lecture légère et sans prise de tête, aux amateurs de romance un peu mièvre mais qui finissent bien, aux fans de happy ends pleines de bons sentiments. Dommage, je ne fais partie de ces quelques catégories qu'avec quelques exigences, et Avec des Si et des Peut-être est pour moi, d'une banalité bien trop insipide.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/07/02/avec-des-si-et-des-peut-etre-de-carene-ponte/
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date : 01-07
Attention, accrochez-vous bien à votre chaise, fauteuil, banc, lit ou tout autre endroit où vous auriez décidé de débuter ce roman, car vous tenez entre vos mains une histoire qui décoiffe.

Pas de préambule avec Les parties honteuses, le roman s’ouvre immédiatement sur le personnage principal en train de se gratter le fondement « pour la cinquième fois de la journée ». Il faut dire que Karl, notre héros pas si héroïque, a des démangeaisons anales chroniques… Pas de tabou non plus, Thomas Ponté appelle toujours un chat un chat (quand il ne met pas celui-ci dans le micro-ondes) et si la vulgarité vous rebute, vous avez pioché le mauvais numéro. Moi-même ai du me forcer à passer outre ce trop plein grossièretés qui dérange au début mais colle finalement tellement bien à l’histoire qu’on finit par l’apprécier.

Nous voilà donc embarqué au fin fond de la petite bourgade de Mon-con-sur-Glissière, trou perdu autant paumé que ses habitants. De la vieille et détestable Gisèle à Serge, le meilleur ami aussi ivrogne que laid, en passant bien sûr par Karl, notre facteur désillusionné à la vulgarité régulière et au pathétisme inné, la brochette de personnages que le lecteur côtoie dans le roman vaut le coup d’œil.

Mais ce qui m’a surtout impressionnée, c’est la maîtrise de l’écriture de l’auteur. On aurait pu penser qu’il aurait été tenté de cacher un style approximatif derrière l’humour noir et le vulgaire, mais ce n’est pas du tout le cas. Thomas Ponté écrit bien. J’ai apprécié sa plume incisif, son ton incorrect, son humour piquant. L’histoire est bien rythmée, on ne s’ennuie pas une seule seconde. Si je devais émettre une petite réserve, ce serait sur cette vulgarité hautement assumée. Finalement pas si dérangeante, comme je l’ai dit précédemment, mais qui manque parfois d’un peu de subtilité. Le trash est plaisant, mais l’humour noir et le mauvais goût le sont tout autant quand parfois juste un peu plus subtiles.

Entre humour noir, échec et désillusion, Les parties honteuses est un premier roman cynique, drôle et impertinent qui démontre un style déjà maîtrisé (et assumé) et un univers bien établi !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/07/01/les-parties-honteuses-de-thomas-ponte/
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date : 26-06
S‘il y a un roman que je recommanderais cet été, c’est bien L’Attrape-souci. J’étais loin de me douter qu’en ouvrant ses pages, je tomberais sur une si belle histoire.

Les attrape-soucis sont ces petites boites colorées auxquelles il est possible de confier ses malheurs pour les faire disparaître. C’est en admirant ceux d’une étale que Lucien, jeune français entraîné en Argentine par sa mère, perd celle-ci à la sortie d’une librairie de Buenos Aires. Seul, perdu, Lucien devient alors Lucio et pour l’enfant, c’est le début d’une quête initiatique à travers les rues argentines.

Sur fond de quartiers argentins, on suit le point de vue de ce bout d’homme débrouillard mais pas trop dans la recherche de sa mère disparue. Lucio va de rencontre en rencontre, d’un SDF boiteux aux prostituées puis finalement à Arrago, le jardinier au grand cœur. Il côtoie la misère de la rue, le racisme des gens devant sa peau basanée, lui qui est métisse et qu’on ne croit pas français. Mais il cêtoie également la gentillesse, la bonté de ceux qui offrent sans rien attendre en retour.

Le roman se pare de cette dénonciation intelligente et subtile qui passe par le regard enfantin de Lucio. Grâce à leurs maladresses pleines de justesse, on s’attache aux personnages avec une facilité déconcertante. J’ai été très touchée par les péripéties de Lucio, par les fissures qui décorent son âme d’enfant, par les révélations finales sur sa mère.

L‘Attrape-souci raconte une histoire très sensible qui parle de la vie et de rencontres. Il suffit de se laisser porter dans l’univers parfois injuste de Lucio et de découvrir le style poignant de l’auteur. Une chouette lecture sur fond de quête initiatique.

Merci à NetGalley et Mazarine pour cette découverte !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/06/26/l-attrape-soucis-de-catherine-faye/
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date : 06-06
Les voix se succèdent dans ce roman choral, gravitant autour de la mystérieuse disparition d’Eva. Son patron, Franck, est le premier à prendre la parole, donne son avis sur son employée, puis viens Marie-Claude, la bonne copine et collègue et enfin Paul, l’amant reconduit. Puis, finalement, c’est à Eva elle-même que l’auteur donne voix, lui laissant le soin d’expliquer sa désertion.

Les non-dits se mêlent aux rumeurs, aux points de vue personnels, aux commentaires et jugements, aux sentiments parfois. La Désertion est un roman du vide, de l’absence, auquel vient se greffer un mal-être, celui d’Eva. L’écriture d’Emmanuelle Lambert ne s’encombre pas de superflue, jongle entre les points de vue, parvient à nous faire nous immiscer dans les têtes de ces quatre personnages pour finir en bouquet final sur celui d’Eva. Un livre sur l’absence, le vide volontaire au style très épuré mais frappant.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/06/06/la-desertion-demmanuelle-lambert/
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date : 04-06
Quoi de plus mystérieux qu’un roman dont on vous annonce dès les premières pages qu’il n’a pas de fin ? Avec Le Manuscrit inachevé, l’auteur de thrillers annécien s’amuse avec les mots et les énigmes pour nous proposer une intrigue de haut-vol. Attention, activez votre radar à indices et cramponnez-vous à votre cerveau !

Ce dix-huitième roman s’ouvre sur une introduction un peu particulière : un fils explique aux lecteurs qu’il a trouvé quelques mois plus tôt, le dernier manuscrit de son père Caleb Traskman, célèbre auteur de thrillers décédé. Un seul problème se pose à sa parution : le manuscrit, déniché au grenier, est inachevé. Il en manque en effet la résolution. Impensable pour un thriller ! Pourtant, après des mois de réflexion, après avoir trouvé la clé de l’énigme de son père et en avoir écrit la fin, le livre est publié par le fils. Et le voici…

Vous l’aurez compris, dès les premières pages de son roman, Thilliez commence à jouer avec les codes. Un livre sans fin, un comble. La mise en abyme du roman dans le roman est délectable. On se surprend à reconsidérer tout le livre d’un œil plus suspicieux : quelle sera la fin de l’histoire, tiendra-t-elle la route puisqu’elle n’a pas été écrite par Caleb Traskman ? Et surtout, que cache l’auteur, décrit par son fils comme un passionné d’énigmes et de chiffres ? Palindromes, codes et parties d’échecs sont de mises dans le roman. D’autant plus que les interrogations se bousculent assez rapidement. Que cachent les personnages ? Quels sont leurs secrets ? Qui est Léane Morgan, protagoniste écrivaine publiée sous le pseudonyme d’Enaël Miraure, qui vient de sortir son dernier roman nommé Le Manuscrit inachevé ?

Si le roman est rempli d’énigmes, c’est également un thriller sombre qui plonge le lecteur entre les serres de la perversion et de la violence la plus noire. Thilliez a l’art et la manière de décrire le morbide et, comme il l’avait déjà fait dans Rêver, se détache une nouvelle fois de ses romans plus scientifiques pour proposer un thriller beaucoup plus noir. Ne vous attendez pas à être épargnés, l’histoire est cruelle, injuste, animée de personnages habités par ce qu’il y a de plus sombre chez l’humain. Et ce n’est pas Vic, le flic hypermnésique chargé d’enquêter sur toute cette mascarade qui vous dira le contraire.

Avec ce dix-huitième roman, Franck Thilliez prouve qu’il fait partie des maîtres du thriller en France. Le Manuscrit inachevé se révèle être un château de cartes construit avec minutie. Chaque détail est agencé avec un soin aussi méticuleux qu’imprévisible. Pourtant, les mots du fils de Traskman, au début du roman, sont clairs : c’est en étant attentif que le lecteur pourra trouver les réponses. Fascinant !
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Relativement déçue par ce roman, j'en attendais plus de la célèbre histoire du Fakir et de son armoire Ikea !

Romain Puértolas a de bonnes idées et un sens du rocambolesque indéniable, mais le tout a tendance à se perdre dans un humour un peu lourdingue. Les jeux de mots, répétitions et autres effets de style humoristiques ont bien vite fini par me lasser. Ne reste alors au roman qu'un ton moralisateur qui tente de pointer du doigt de vrais problèmes sociétales sur fond de Crise des migrants, mais qui s'embourbe dans la bien-pensance. On sent que l'intention est louable mais ça ne m'a pas suffit.

Un petit roman feel-good vite lu, qui fait voyager le temps de quelques chapitres mais Aja, notre Fakir haut en couleur, n'aura pas réussi à me captiver jusqu'au bout de ses aventures. J'ai fini par m'ennuyer. Dommage. Une fois n'est pas coutume, j'ai largement préféré l'adaptation en film de Ken Scott !
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Si vous êtes adeptes de science-fiction, avec Le Peuple du Nid, vous frappez à la bonne porte ! À la fois captivant et intelligent, ce premier tome (et premier roman de l’auteur !) nous entraîne dans une aventure futuriste, aux côtés d’Elseneur, un jeune médecin, sur les traces des derniers représentants de l’Humanité.

La mise en place de l’univers se fait avec une facilité délectable, il suffit de se laisser porter dans ce monde futuriste aux accents de dystopie pour découvrir, à travers le regard familier d’El, la Flotte, immense ensemble de vaisseaux spatiaux dans lequel survit l’Humanité. Pourtant, rêveur, le jeune homme aspire à autre chose que la vie cadrée à laquelle on le destine depuis son enfance. Il suffira d’un grain de sable pour faire basculer les choses.
Là où certains romans se précipitent, la remise en question d’Elseneur se fait progressivement. D’un événement déclencheur, le jeune garçon est amené à reconsidérer le monde dans lequel il vit. Une trame assez classique pour une histoire aux allures de dystopie, mais ici les prémices du questionnement d’El ou de ses doutes brillent par leur réalisme.

C‘est un aspect du roman qui m’a énormément impressionnée : l’histoire prend le temps de se construire, de se développer, de nous faire découvrir les personnages et le monde de la Flotte, sans pourtant jamais s’encombrer de détails inutiles qui viendraient entraver la lecture. Il en résulte un roman de science-fiction extrêmement crédible. De l’univers futuriste, au background, en passant par les psychologies des personnages ou par l’intrigue elle-même, tout tient la route dans ce premier tome.

On se retrouve donc plongés dans la fluidité d’une histoire passionnante, dans laquelle les questions trouvent des réponses aux moments opportuns, permettant aux lecteurs de s’imaginer toute sorte de choses, l’induisant même parfois en erreur et semant le trouble sur certains aspects. Si seules quelques bulles de suspense éclatent par endroit dans l’histoire, c’est surtout par la maîtrise du scénario que le roman est addictif. Constance Dufort parvient à toujours en dire assez pour être captivé, tout en sachant ménager son intrigue.

Le Peuple du Nid est parvenu à me ramener des années en arrière, alors que je n’avais qu’une quinzaine d’années, et à me faire retrouver ce sentiment d’excitation que je ressentais lorsque je lisais mes séries d’aventures préférées. Moi qui pensais, au premier abord, me plonger dans de la littérature jeunesse, je réalise maintenant que dire que le roman s’adresse à des adolescents ne serait pas tout à fait correct. C’est une autre force de ce livre. S’il trouvera certainement un public privilégié parmi la jeunesse (les personnages sont de jeunes adultes, il sera très facile de s’y attacher et de s’y identifier), l’angle pris par l’histoire (assez éloigné des codes classiques du Young Adult) et la grande maturité du roman en font un récit de SF qui parlera à tous les amateurs du genre, quel que soit leur âge.

Refermant le roman, je n’ai déjà qu’une hâte : découvrir la suite des aventures de Lutèce, Elseneur et Calgary et de tous les mystères qu’il reste encore à percer. Espérons que ce premier roman rencontre le succès qui lui serait mérité !


https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/04/14/les-chemins-dhermes-tome-1-le-peuple-du-nid-de-constance-dufort/
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date : 13-04
Si vous venez de passer une sale journée, Hâte-toi de vivre ! est sans doute fait pour vous : à la fois joyeux et positif, il vous fera oublier tous vos tracas quotidiens. Cependant, derrière ce titre-injonction plein de sens et cette histoire colorée, ce roman feel-good en vaut-il vraiment la peine ?

Ma réponse sera sans équivoque : non. Ce bref petit roman de 220 pages ne m'a pas particulièrement marquée, il se lit comme une lecture détente, comme un intermède entre deux livres plus élaborés. L'histoire est feel-good, on ne peut certainement pas lui enlever ça. Avec ces personnages hauts en couleur, ces situations rocambolesques et son lot de romance associés à tout un tas de pensées positives sur la vie, Hâte-toi de vivre ! est indéniablement un roman feel-good.

Pourtant, le côté chick-lit pris par l'histoire m'a rebutée, les personnages sont trop fleur bleue et frôlent souvent l'idéalisme naïf. Je me suis ni attachée à Léo(na), notre prof de philo déjantée, ni à ses amis. Le personnage de Mamie Lina aurait pu être excellent s'il avait été plus exploité. La faute sans doute à un premier roman très court qui a tendance à se précipiter et à s'encombrer de quelques maladresses plutôt que de s'arrêter sur la psychologie des personnages, qui semblent du coup bien trop vides ou maniérés.

Si Hâte-toi de vivre ! finira par aller peupler les rayons oubliés de mes lectures passables, l'angle de l'histoire reste original et la fraîcheur de la plume de Laure Rollier est à noter. Définitivement pas une lecture marquante, mais un premier livre qui est encourageant pour la suite !

Merci à NetGalley et aux éditions Mazarine pour cette lecture !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2018/04/13/hate-toi-de-vivre-de-laure-rollier/
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Celle qui racontait des histoires d’amour nous livre le récit de trois d’histoires d’amour. De la Haye, Marie retourne chez elle, en Allemagne, avec un projet de roman en tête. Elle veut écrire l’histoire de son aïeule, fille illégitime de Guillaume Ier, ancien roi des Pays-Bas, et d’une danseuse. Au fil de ses pérégrinations, de son voyage de retour, Marie laisse ses idées vagabonder, aller vers l’histoire d’amour de ses parents, pour finalement arriver à sa propose histoire d’amour avec son mari. Si le fond de l’histoire me plaisait, que j’avais hâte de me plonger dans ses différentes romances, je me suis vite heurtée à un mur : impossible de me plonger dans le roman.

L‘écriture de Friedrich Christian Delius est vraiment très fastidieuse à suivre. J’ai vu beaucoup d’avis pointer du doigt une traduction bancale, c’est peut-être en effet le cas ; mais ne lisant pas en allemand, je ne peux que me référer à cette version française qui manque de sens, d’accroche, de fluidité. On parcourt le texte sans parvenir à saisir le charme de ses amours compliqués, je me suis sentie complètement imperméable à la moindre émotion. Les phrases interminables composant chaque paragraphe n’ont fait que renforcer ce sentiment de langueur qui m’a vite fait décrocher chaque fois que je tentais de lire quelques pages.

Pourtant, l’histoire est loin d’être mauvaise, on sent qu’il y a un bon fond, une volonté de livrer un récit sensible. J’ai souvent eu l’impression que l’héroïne se lamentait sur son sort et celui des allemands, un point qui ne m’a pas vraiment plu, mais concernant les histoires d’amour, l’idée était bonne, le récit aurait pu être très prenant si le texte avait su trouver ses lecteurs. Pour ma part, le roman n’aura pas su me trouver, je suis restée hermétique à son histoire. Tant pis.

Merci tout de même aux éditions Fayard et à NetGalley pour cette lecture !

libellulelivresque.wordpress.com/2018/01/24/celle-qui-racontait-des-histoires-damour-de-friedrich-christian-delius/
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date : 28-12-2017
Avec ce troisième roman, Nicolas Delesalle confirme la finesse de sa plume et nous entraîne aux côtés de quatre amis dont le destin bouleversé va tout remettre en question.

Mille soleils est un récit dans lequel explose toute l’urgence et l’horreur d’une situation tout en présentant des éléments du quotidien, banaux, des histoires de vies, de rencontres, d’amour, de sexes. Au constat de l’accident, de la mort et des corps brisés, se mêlent les souvenirs, ceux des amours laissés derrière, des regrets, des actes inachevés. Le style lancinant de l’auteur nous entraîne dans cet état d’inconstance des personnages, dans leur chaos. J’ai été happé par ce basculement de leur normalité dans l’incertitude quant à la situation, leurs décisions, leur survie.

Et puis, bien sûr, dans le drame, il y a cette étendue de possibles réduits à néant par la fatalité de l’accident. J’ai eu la gorge serrée par les personnages, par leur désillusion, quand la culpabilité et l’impuissance les accablent. L’auteur arrive par ses mots, ses enchaînements effrénés de phrases et énumérations, à retranscrire à la perfection les états d’esprits de ces personnages malmenés par le sort.
Pourtant, le texte de Delesalle cache aussi du positif, un message d’espoir sur la capacité à surmonter les épreuves, à se remettre en question pour se réinventer.

Le roman se métamorphose alors constamment, ne reste pas un simple récit dramatique, mais devient une éloge à la vie, à la nécessité de réaliser ce qui compte vraiment et d’en profiter, de le chérir.

Nicolas Delesalle m’avait bouleversée en parlant d’enfance dans Un parfum d’herbe coupée, mais il est en réalité bouleversant dans sa capacité à pouvoir écrire la vie. Je ne sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps pour me replonger dans son écriture, j’ai son deuxième roman sous la main depuis des mois et c’est peut-être ma crainte de ne pas y retrouver la force de son premier livre qui me faisait hésiter. Pourtant, il n’y a plus d’hésitation à avoir, Nicolas Delesalle fait désormais partie de mes auteurs phares. Mille soleils est un roman qui nous cherche et nous trouve, fait vibrer les cordes sensibles et touche par des mots justes. Bouleversant.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/12/28/mille-soleils-de-nicolas-delesalle/
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date : 12-12-2017
Après avoir déjà touché au monde de la mode et du cinéma, Cara Delevingne signe avec Mirror, Mirror son premier roman (avec l’aide de l’auteur Rowan Coleman, en minuscule sur la couverture). Si le livre a eu des échos positifs jusqu’à présents, je dois avouer que je suis ressortie de ma lecture plutôt sceptique. La jeune auteur a encore des progrès à faire avant de se hisser au niveau des grands romanciers de littérature Young Adult !

Tout d’abord, dans le paysage de la production littéraire pour jeunes adultes, Mirror, Mirror ne se démarque des autres d’aucune façon. Malgré un résumé prometteur qui invite à découvrir une histoire d’amitié, de quête identitaire et de sexualité, je n’ai pas réussi à m’y retrouver dans ce récit qui ne semble être qu’un prétexte à faire une anthologie de tous les problèmes pouvant toucher les jeunes. Cara Delevingne ne nous épargne malheureusement aucun clichés. Et c’est dans les personnages ultra stéréotypés que cet aspect m’a le plus dérangée. J’ai souvent eu l’impression que l’auteur avait tout misé sur le fait de présenter le plus de problèmes adolescents possibles à travers ses personnages, plutôt que de créer des personnalités authentiques. Leurs réactions sont trop façonnées selon la case dans laquelle on le range. Hormis Red, personnage principal qui nous raconte l’histoire, je n’ai pas réussi à m’attacher à ces adolescents sans repères et je m’attendais à plus de profondeur de la part d’un livre qui se vantait être une histoire de vie pour les jeunes.

Il y a beaucoup de maladresses dans le récit de des quatre protagonistes, des dialogues un peu fragiles, des situations un peu grossières, des réactions tirées par les cheveux. J’ai eu du mal à cacher mon agacement face à cet énième roman sur l’adolescence qui, une fois de plus, place forcément les adultes en incapables qui ne comprennent et n’aiment pas leurs enfants. L’histoire, quant à elle, est très prévisible malgré un petit rebondissement au centre du livre, auquel j’avais pensé au début de ma lecture, mais que j’avais fini par mettre de côté. Cet élément est le seul point fort du livre à mon sens. Bien exploité, Mirror, Mirror aurait pu être un grand roman de Young Adult.

Mirror, Mirror est une lecture décevante, j’ai eu du mal à m’attacher à la plupart des personnages, à ne pas lever les yeux au ciel devant leur façon de considérer le monde, de se parler entre eux. Les facilités prises par l’histoire m’ont semblé trop flagrante, le tout manquait vraiment de consistance. Pour une lecture bien plus aboutie sur l’adolescence, préférez sans hésiter un roman de John Green !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/12/12/mirror-mirror-de-cara-delevingne-et-rowan-coleman
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Bonjour,
je tiens à rappeler que les commentaires servent à donner un avis sur le livre une fois lu.
Ce livre n'étant pas sorti (en VO ou VF), il n'y a aucune raison que des commentaires soient postés ici. Par conséquent, tout commentaire sera supprimé jusqu'à la sortie du livre (exception faite pour les services presses et autres partenariats qui permettraient la lecture du livre en avance).
Si vous voulez parler du livre, un sujet sur le forum existe dans ce but : https://booknode.com/forum/viewtopic.php?f=243&t=220164&p=15049234

Merci.
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Le Regard écrit par Ken Liu
date : 28-11-2017
Avec sa collection Une Heure-Lumière, les éditions du Bélial’ font le pari de proposer aux lecteurs de courts récits de SF. Une entreprise hautement réussi avec ce roman inédit de Ken Liu !

J‘ai adoré l’univers de science-fiction dans lequel nous plonge Le Regard. Il est fascinant de découvrir comment l’auteur arrive à installer un univers aussi tangible en à peine quelques pages. Il suffit d’une dizaine de paragraphes pour être immédiatement happé par l’histoire et son monde futuriste.

Il en va de même pour les personnages, dont le background et les personnalités sont dévoilés très rapidement avec beaucoup d’authenticité. Le personnage de Ruth a beaucoup de caractère, même en ne la découvrant que le temps de quelques pages, on arrive à s’attacher à elle, à son vécu, à ses idées. L’habilité de l’auteur à ancrer son intrigue et ses personnages dans son histoire est remarquable.

Le récit de 75 pages nous entraîne dans un thriller dans le monde de la prostitution et des affaires de mœurs. Le court roman ne s’encombre pas de temps-morts, Ken Liu sait exactement où mener son histoire et ses lecteurs. J’ai beaucoup aimé la plume de l’auteur, qui sait passer du drame à l’action tout en restant très juste. Toutes les petites inclusions d’éléments futuristes et technologiques sont également fascinantes, l’auteur arrive à les rendre réalistes, normales, un aspect que j’apprécie beaucoup dans la SF.

Le Regard est une plongée brève mais qualitative dans la science-fiction, une chouette lecture à recommander à tous les amateurs du genre !

libellulelivresque.wordpress.com/2017/11/28/le-regard-de-ken-liu/
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date : 14-11-2017
Une histoire des abeilles nous entraîne dans le destin de ces merveilleux insectes à travers trois histoires de vie à différentes époques. Passé, présent et futur s’entremêlent dans les récits de William en 1852, George en 2007, Tao en 2098. De l’Angleterre à l’Amérique en passant par la Chine, le roman offre aux lecteurs un aperçu global de l’évolution des abeilles et de leur impact sur notre monde.

Le concept de l’histoire me plaît beaucoup, découvrir comment chaque personnage est intimement lié aux autres mais aussi au monde des abeilles rend l’histoire captivante. Le mélange des genres est très subtile, on tangue entre le roman contemporain, le roman historique et l’anticipation de façon très fluide. L’ambiance futuriste de 2098 est fascinante à découvrir. Si j’ai parfois regretté que les histoires ne soient pas plus approfondies (avec ses 400 pages, le roman reste assez court pour un triptyque), j’ai adoré me plonger dans chacun des récits des trois protagonistes. Je me suis attachée au côté rustre mais tendre de George, à la passion furieuse de William, à la détermination de Tao. Leurs forces, faiblesses et authenticité m’a touchée.

Le roman qui tient parfois du conte philosophique tout en amenant de réelles problématiques écologiques est vecteur d’un message très fort. Apporter toutes les craintes quant au futur de notre Terre en soulevant le cas des abeilles est un projet à la fois fantastique et effrayant. L’idée de Maja Lunde d’un monde sans abeilles a de quoi faire froid dans le dos.

Une histoire des abeilles est un triptyque écologique essentiel. Un roman important qui, à travers la fiction, percute les lecteurs avec un sujet très actuel et permettra sans doute de faire avancer un peu dans la conscience du besoin d’agir. À lire d’urgence !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/11/14/une-histoire-des-abeilles-de-maja-lunde/
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date : 19-10-2017
Entre romance et spoliation d’arts, ce nouveau roman de Jojo Moyes nous entraîne sur les traces d’un mystérieux tableau dans une histoire chorale à plusieurs époques. Un roman happant et bouleversant !

Sophie est une jeune française vivant en 1916 dans une petite bourgade française envahie par les allemands. Entre indignation contre l’ennemi, lutte pour survivre et souvenirs de son amour pour Edouard, son mari parti au combat depuis de nombreux mois, le quotidien de Sophie est à la fois triste et révoltant. Je me suis énormément attachée au personnage de Sophie, touchée en plein cœur par son amour pour Edouard, ses convictions, sa détermination face à tous les obstacles qui viennent percuter son existence. J’ai tour à tour était indignée, soulagée, profondément attristée par tout ce qui arrive à cette jeune femme qui n’a pour se raccrocher que sa sœur et le portrait que son mari, peintre, lui a offert. J’ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans ce petit village français de la Première Guerre Mondiale et découvrir la volonté des habitants face à l’envahisseur.

La seconde partie du roman s’ouvre sur un changement d’époque. Ce bond dans les années 2010, un siècle plus tard, m’a été un peu difficile au début, le personnage de Sophie me collait encore à l’esprit, j’ai mis un instant avant de pouvoir me plonger dans la vie de Liv. Pourtant, Liv est un personnage également très charismatique, à la fois déterminée et fragile, bousculée par la vie elle aussi.

Peu à peu, à mesure que le récit avance, on découvre le lien entre Liv et Sophie, séparées d’un siècle mais étrangement liées par ce mystérieux tableau. Le récit de Jojo Moyes n’a rien de manichéen, les méchants ne sont pas forcément ceux que l’on croit, l’auteur ne s’encombre pas d’idées préconçues et ça rend l’histoire très intelligente. L’auteur arrive à soulever le problème de la spoliation des œuvres pendant la guerre, tout en dénonçant également les différents amalgames faits. Il était par exemple très frustrant de voir parler de nazisme et de juifs dans une affaire qui concerne la Première Guerre Mondiale.

Les cent cinquante dernières pages du roman se dévorent comme un thriller. C’est une vraie course contre la montre à la recherche de la vérité qui s’engage, on est happé par les souvenirs et indices du passé qui resurgissent pour nous révéler tous les secrets du tableau Les Yeux de Sophie, tandis qu’en parallèle les éléments de romance viennent compléter l’intrigue.

Les Yeux de Sophie est un roman captivant, on est touché par la tristesse des personnages, par les injustices auxquelles ils doivent faire face, mais également porté par leur amour, leur persévérance face à des situations révoltantes. J’ai adoré l’intrigue historique au cœur du livre, autant que l’intrigue amoureuse qui se joue en parallèle : il en résulte un roman à la fois bouleversant, intelligent et porteur d’espoir qui fait du bien à l’esprit.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/10/19/les-yeux-de-sophie-de-jojo-moyes
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Avec ce court recueil de nouvelles, Marc Villemain nous entraîne dans des tranches de vies amoureuses, à la naissance du sentiment amoureux, dans ce moment où deux bouches, deux mains, deux corps, deux cœurs se heurtent et s'entremêlent.

Chez l'auteur, l'amour ou le désir se manifestent souvent au premier regard, à travers une rencontre ou un premier geste qui amorcent les prémices des sentiments. On se laisse bercer par ses mots, son rythme parfois aussi haletant que celui d'un cœur papillonnant, sur lequel tombe, des fois, le couperet du destin.

J'ai énormément apprécié, et ai toujours été surprise, de voir la légèreté de ses petits récits brusquement infiltrée, à travers parfois seulement une phrase, par la tristesse, la fatalité, la mort. Ces intrusions de noirceur au cœur de ces instants de prémices à l'amour ont un effet saisissant.

Enfants, adolescents ou jeunes adultes, dans Il y avait des rivières infranchissables, les amoureux sont rarement nommés,il et elle(s) se découvrent dans un anonymat qui appelle aux souvenirs, nous rappelant un premier amour de vacances, la première déception, la première aventure sur le corps de l'autre. Un recueil d'histoires tendres et brusques qui se dévorent comme des poèmes.

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date : 26-09-2017
Roman de hard-science bourré d’humour, à la fois philosophique et touchant, Tous nos contretemps est un livre qui marque durablement. Si le sujet du voyage dans le temps a déjà était utilisé maintes fois dans la science-fiction, Elan Mastaï réussit un tour de force en transcendant l’originalité avec une histoire pleine d’inventivité.

Le 2016 de Tom Barren ne ressemble en rien à celui que nous avons connu. Dans une époque technologiquement plus évolué au calme utopique, le jeune homme sans ambition et un peu pathétique est en mauvais terme avec son père, un génie qui le méprise pour son manque de réussite. À la mort de sa mère et en réponse aux dernières volontés de celle-ci, Tom se retrouve embarqué dans le projet de son père. L’objectif : voyager dans le temps. À la surprise de tous, il devient la doublure de la plus douée des chrononautes, Pénélope Weschler. Brillante et sérieuse, la jeune femme est toute désignée pour devenir la première personne à voyager dans le temps. Mais évidemment, lorsque Tom tombe sous son charme, tout se complique. Alors qu’il nage en pleine confusion, il commet l’irréparable et son monde entier s’en retrouve bouleversé.

Le livre m’a fait passé par tout un tas d’émotions et de sentiments : de la fascination pour les idées de l’auteur, au rire pour son style très libre, ironique ou frivole par instant, sans parler de la fin qui m’a émue aux larmes. Je suis sortie de ma lecture toute chamboulée. Car plus qu’un roman de SF, Tous nos contretemps est également un magnifique roman philosophie sur la vie et ses choix.

À l’image de Tom, qui passe de personnage très naïf, un brin nigaud, à un personnage complexe et touchant, le roman se révèle au fil de la lecture. Ce qu’on aurait pu prendre pour une énième histoire de SF sur le voyage dans le temps devient vite un récit inventif, plein d’humour et de pépites d’ironie, puis, un peu plus tard, une histoire de vie à la fois optimiste et touchante. J’ai adoré cet assemblage de hard-science et d’humanité, qui insère un personnage très humain dans un univers ultra-technologisé. Les premières pages du livre ont fait s’envoler toutes mes craintes de tomber sur un univers trop complexe à assimiler. Tom n’est pas brillant, mais il est humain, empathique, aimant et terriblement attendrissant. Le roman conjugue à merveilles ses interrogations et dilemmes dans un monde de sciences comme je les aime tant.

En débutant ma lecture, je ne pensais pas tomber sur une histoire si alambiqué, si prenante et si scientifiquement crédible (je ne suis pas physicienne, mais chaque explication de l’auteur n’appelle pas au non-sens et j’ai été conquise par la fluidité de ses explications : aussi scientifiquement compliquées soit-elles, tout semble vrai et possible). L’oralité du récit rend le roman captivant : le sentiment de partager les confessions de Tom rend chaque nouveau chapitre (et il y en a beaucoup !) très attractif, on en veut toujours plus et les pages se tournent inlassablement. Il ne manquait au roman qu’une brassée de personnages charismatiques, amusant et touchant pour compléter cette histoire haute en couleur et en péripéties.
Intelligent, drôle et saisissant, Tous nos contretemps est un vent de fraîcheur dans le quotidien et dans les histoires de voyage dans le temps. Un coup de maître pour Elan Mastaï qui publie ici son premier roman.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/25/tous-nos-contretemps-delan-mastai/
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date : 22-09-2017
À une époque où internet et les objets connectés ont envahi le moindre aspect de nos vies, Benjamin Percy s’arme de technologies de pointe et de rituels démoniaques d’un autre âge pour nous proposer un techno-thriller à la sauce surnaturelle.

Pas de temps morts dans Dark Net, rebondissements et révélations s’enchaînent dans un rythme soutenu. Le roman se lit très vite : on est emporté dans l’histoire. C’est peut-être à cause de ce rythme entraînant que le roman va peut-être parfois un peu vite en besogne. Je suis restée sceptique devant la façon dont le surnaturel est introduit. J’aime que ça soit amené progressivement, que ça vienne percuter le réel, le remettre en question. Dans Dark Net, le surnaturel est accepté très rapidement par les personnages. Pourtant, le surnaturel est loin d’être facilement acceptable dans ce thriller qui parle essentiellement d’internet et de son omniprésence au quotidien. Le roman entier est ponctué de très bonnes idées mais qui vont parfois trop vites. Il en va de même pour les personnages.

Chapitre après chapitre, ils alternent leur voix et point de vue. D’Hannah, jeune aveugle de douze ans, on passe à sa tante Lela, puis à Juniper, étrange personnage côtoyant le surnaturel, ce monde fait de Lumière et de Ténèbres inconnu des mortels. Dans l’ensemble – et malgré une Lela que j’ai trouvé antipathique à souhait sans raisons valables – j’ai apprécié les protagonistes, surtout Juniper.
Cependant, je regrette un traitement trop rapide des personnages, certains apparaissent peu, on manque de temps pour s’y attacher, pour craindre qu’il leur arrive quelque chose. Les méchants de l’histoire sont également trop peu exploités, ils arrivent en un instant pour disparaître aussi vite. Si le doute qui plane sur l’ennemi est angoissant au début, le manque de personnalité de celui-ci empêche de le redouter par la suite. On ne peut avoir peur d’un méchant qui n’apparaît presque pas et qui ne semble pas si démoniaquement redoutable le peu de fois où on le croise.

Pourtant, l’angoisse est bien présente et j’ai été très surprise bien des fois par le potentiel horrifique du roman. L’auteur nous offre plusieurs scènes d’horreur maîtrisées, j’ai vraiment eu froid dans le dos lors de certains passages. Par exemple, le chapitre du ballon de baudruche était extrêmement réussi. Les scènes d’apocalypse dans la ville sont délicieusement glauques et gores. J’ai adoré l’aspect horrifique de l’histoire et la façon dont Benjamin Percy met cette horreur en scène.

Dark Net est un techo-thriller qui se lit comme un page-turner. À la fois captivant et divertissant, le roman arrive à mélanger des éléments contemporains à d’autres très old-school, tout en gardant un pied dans l’univers fantastique avec ses démons, anciennes créatures des Ténèbres et rituels de sang. À conseiller aux geeks et fans de surnaturel !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/22/dark-net-de-benjamin-percy/
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date : 12-09-2017
Demain il sera trop tard ou comment plonger ses lecteurs dans une dystopie saisissante doublée d’une réflexion poussée sur la vie, la ségrégation et le pouvoir des multinationales. Avec ce nouveau roman, Jean-Christophe Tixier invente une nouvelle forme de séparation des classes pour attaquer le rôle des groupes pharmaceutiques dans leur enrichissement vis-à-vis des populations.

Dans cette société futuriste, la science permet de diagnostiquer la durée de vie des gens. À la naissance, grâce au Term-Test, un test ADN ultra-perfectionné, il devient possible de révéler combien d’années chaque individu sera destiné à vivre. Divisant la population en trois classes – Court-Terme, Moyen-Terme et Long-Terme, le Term-Test est vendu comme LA solution économique à tous les problèmes : inutile de perdre du temps et des moyens à éduquer ou soigner des gens qui ne sont pas destinés à vivre longtemps.
C’est dans ce monde que vit Virgil, un Long-Terme, un 87. Âgé de 17 ans et destiné à vivre jusqu’à 87, il a toute la vie devant lui, vit sa routine entre école de prestige, club de hockey sur glace, parents aimants et concerts. Jusqu’au jour où les Brigades Spéciales de la ville se mettent à sa recherche et tentent de l’arrêter sans qu’il sache pourquoi. Le quotidien du jeune adulte vole alors en éclats et Virgil voit sa vie et son univers entier être remis en question.

L‘idée de base du roman me plaît énormément, j’adore les univers dystopiques qui se basent sur une idée aussi forte que celle-ci. Il est, de plus, totalement effrayant d’envisager un monde dans lequel les conditions de vies, les parcours et actes de chacun sont déterminés et rythmés peur une échéance aussi fatidique que celle de la mort. Imaginez un peu, si vous saviez dès le départ combien d’années il vous serez donné de vivre. Difficile à envisager, pourtant cette idée est bien menée et amène même une réflexion plutôt poussée sur la vie, sur la façon dont il faut en profiter et en user.

J‘ai tout de suite apprécié Virgil, même si devant la profusion de personnages, on finit par oublier peu à peu son rôle décisif dans l’intrigue. S’il est plaisant d’avoir plusieurs points de vue sur l’histoire, j’ai cependant trouvé un peu dommage que chaque personnage n’ait pas été totalement développé. On a souvent peu de vraies informations sur leur passé et la fin qui arrive assez brusquement donne également peu d’éléments sur leur avenir. Je me suis sentie un peu frustrée sur ce point.

Un autre petit bémol, stylistique cette fois, je n’ai pas forcément apprécié cet excès de ® qui ponctuent chaque nouvelle technologie ou chaque élément contrôlé par ce fameux « Ils », les puissants des industries. Je comprends tout à fait le message que tente de faire parvenir l’auteur, le sentiment de contrôle absolu que ce symbole est censé signifier, mais il m’a parfois semblé que c’était trop. Du reste, le style est agréable à lire, simple et il se prête bien à une dystopie jeunesse.

Car oui, le roman est surtout destiné aux adolescents et jeunes adultes. Sachant ce détail, j’y ai totalement trouvé mon compte, le livre m’a convaincue, captivée. Après, certains aspects de l’histoire, notamment des relations entre les personnages ou bien des petites facilités dans l’intrigue m’ont un peu laissé sur le banc de touche. Mais je pardonne tout à fait à l’auteur ses petites faiblesses narratives tant son univers m’a plu.

Avec cette nouvelle dystopie qui met un point d’honneur à descendre les multinationales tout en critiquant le système ségrégationniste qu’elles engendrent, Jean-Christophe Tixier nous propose un roman de science-fiction jeunesse maîtrisé, au rythme captivant et aux sujets finement abordés. Rien de tel que de s’imaginer à la place d’un des protagonistes pour se questionner sur soi-même et n’avoir qu’une envie : prendre le contrôle de sa vie et ne pas attendre qu’il soit trop tard.

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date : 10-09-2017
Huitième tome des enquêtes de Will Trent, Angie nous entraîne dans une histoire haletante dans laquelle Karin Slaughter s’attaque aux violences envers les femmes et aux conditions de la classe populaire tout en dénonçant les géants de l’industrie sportive. Un vrai polar maîtrisé en plein cœur du monde du sport et des médias !

Tout d’abord, je dois avouer qu’avant Angie, je n’avais jamais lu de roman de l’auteur, je ne connaissais pas Karin Slaughter et je ne connaissais pas Will Trent. C’est avec surprise que j’ai constaté à quel point il m’était facile de me plonger dans le roman, moi qui n’avais encore jamais fait connaissance avec l’univers de Will. Je n’aime pas forcément les longues séries policières, j’ai donc été ravie que ce tome puisse se lire tout à fait indépendamment. La facilité avec laquelle l’auteur parvient à faire découvrir son univers, ses personnages, mettre en place un background à un lecteur qui n’aurait jamais lu d’aventures de Will Trent au préalable m’a beaucoup plu.

Loin d’être linéaire, le récit suit plusieurs points de vue et découpages temporels qui nous permettent, au fil de la lecture, d’avoir un aperçu global de la machination en cours, jusqu’à son dénouement.
La première partie du roman m’a totalement captivée. Entre meurtre, disparition mystérieuse, machination, enquête policière et enquête scientifique, l’intrigue est passionnante. J’ai particulièrement aimé tout l’aspect scientifique de l’affaire, les passages sur la balistique, l’examen du corps ou encore la classification des groupes sanguins qui permettent de s’immerger au cœur de l’enquête d’un point de vue trop absent dans les polars.
Une fois que le coeur de l’intrigue nous est révélé (à peu près à la moitié du roman), l’excitation de l’enquête retombe un peu, même si on prend plaisir à voir comment les différents points de vue se rejoignent et la façon dont l’affaire est résolue.

C‘est dans la première moitié du livre que les personnages nous sont peu à peu introduits. On y découvre Will Trent, le fameux flic au cœur de la série, sa partenaire Faith, sa chef Amanda et Sarah, sa compagne et médecin légiste sur l’affaire. Bien sûr, dans un premier temps et à travers son regard, on apprend également à connaître Angie, sa femme dérangée et venimeuse qui lui ronge l’existence depuis de nombreuses années et de laquelle il ne parvient pas à obtenir le divorce. Si quelques autres personnages masculins s’ajoutent à l’histoire, ils sont bien souvent secondaires, et j’ai beaucoup aimé voir Will évoluer dans un milieu féminin, entouré par toutes les femmes (aux multiples caractères !) qu’il côtoie chaque jour.
L’une des plus grandes forces de ce roman est cette ribambelle de personnages charismatiques auxquels on s’attache très vite ainsi que l’évolution des relations entre ceux-ci. On se prend immédiatement de sympathie pour leurs histoires respectives, pour leur vécu, leur passé, leur personnalité. Même Angie, aussi folle que détestable parvient à certains moment à nous arracher un sentiment de compréhension.
Karin Slaughter portraiture à merveille ses personnages, les rend humains et sympathiques dès les premières minutes, parvient à jouer habillement avec leur ambiguïté, leurs failles pour nous tisser des personnalités à la fois tourmentées et réalistes.

L‘autre force de Karin Slaughter est de s’attaquer à des sujets de sociétés sans se fixer de limites dans son propos. Dans sa ligne de mire se trouvent les violences faites aux femmes, qu’elles soient conjugales, familiales, par abus de pouvoir ou encore dans la rue. L’auteur nous parle du sort de ces femmes malmenées, des prostituées, des femmes sans attaches qui se retrouvent à vendre leur corps, mais aussi des femmes qui s’accrochent à leur maris violents ou de celles dont on abuse. En parallèle, elle n’hésite pas également à pointer du doigt les conditions de la classe populaire, à travers le personnage de Will notamment, et dénonce ouvertement les dérives de l’industrie sportive qui n’hésite pas à défendre les actes abjectes commis par des joueurs trop « bankables » et à les protéger.

Angie est un polar trépidant et authentique, dans lequel l’auteur ne s’encombre pas de tabous et dévoile des scènes de violence sans aucun filtre. Karin Slaughter mêlent à son enquête des grands sujets de société et tisse peu à peu une histoire haletante autour de personnages charismatiques. À recommander à tous les fans de polars !

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date : 03-09-2017
Couronné par de nombreux prix littéraires en 2016, dont le fameux prix australien Miles-Franklin, La Nature des choses, cinquième roman de Charlotte Wood, s’impose comme un grand roman féministe doublé d’un huis clos captivant.

La mise en place de l’histoire se fait très rapidement, sans réel préambule, avec pour seule entrée en matière le réveil de deux jeunes femmes dans une cellule au fin fond du bush australien. À partir de là, les choses vont très vite, les deux jeunes femmes sont démunies des quelques possessions qu’il leur reste, on leur fait enfiler des vêtements rudimentaires – une simple robe difforme au tissu grossier -, on les tond et on les traîne dans une salle où elles découvrent huit autres femmes. Prisonnières elles aussi.

L‘évolution psychologique mise en scène par Charlotte Wood est tellement criante de vérité qu’elle en est parfois gênante, voire terrifiante. L’auteur met ses personnages en situation, les enferme dans un huis clos déshumanisé dans lequel elles sont traitées comme des animaux, sous le joug de geôliers (deux hommes et une femme) violents et cruels, à la limite de la folie parfois. En tant que femmes, les dix prisonnières qui sont liées entre elles par les scandales sexuels auxquels elles ont été mêlées, sont traitées comme des traînées, punies pour leurs écarts et comportements passés dans une société qui ne pardonne pas aux femmes leurs frasques et erreurs. Acculées au pied du mur, maltraitées, affamées, très vite, alors que la pénurie de nourriture vient agir comme un déclic, les mentalités évoluent. Les névroses apparaissent et la véritable nature humaine ressurgit tandis que la question se pose quant à la place de la femme dans le monde, dans la société, vis à vis des hommes, de la biologie, de la religion et de la sexualité surtout.

La Nature des choses est un roman frappant, on s’y retrouve confronter à ce que l’humain a de plus bestial, à cette instinct viscéral de survie qui change les gens, les transforme. Mais plus qu’un roman sur l’Homme, le récit de Charlotte Wood est un roman sur les femmes, qui dénonce la façon dont elles peuvent être traitées, perçues ou conditionnées mais qui révèle aussi leur force et leur animalité. À travers ce huis clos psychologique et profondément féministe, Charlotte Wood jongle avec les images et allégories et rend la femme maître de son destin.

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date : 01-09-2017
Avec ce premier tome qui foisonne de trouvailles, Arthur de Pins nous propose un univers à l'humour grinçant, plein de monstres gentils et de loufoqueries.
Le monde de Zombillénium est fascinant à découvrir, la mise en place de l'histoire à travers l'arrivée d'un nouveau protagoniste permet de s'immerger facilement dans ce drôle de parc d'attractions habités de zombies, vampires, démons et autres monstruosités.
J'adore déjà les personnages (celui de Gretchen est à la fois drôle et attachant), les multiples clins d’œils à notre culture populaire (Michael Jackson, Harry Potter,...) sont très amusants. Je regrette peut-être le graphisme de la Bd, les dessins étant entièrement numériques, mais l'histoire est tellement captivante que je suis vite passée sur cet aspect.
J'ai hâte de découvrir le tome suivant !
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Dans cette nouvelle dystopie, Margaret Atwood joue avec les codes du genre et nous entraîne dans un roman à la fois glaçant et farfelu. Dès les premières lignes, nous voilà emportés dans l’histoire de Charmaine et Stan, son mari, subissant de plein fouet la crise économique qui sévit aux États-Unis. Sans domicile, sans emploi, le couple subsiste dans leur voiture en tentant de protéger leurs maigres possessions. Jusqu’au jour où Charmaine tombe sur un spot publicitaire qui semble leur proposer LA solution à leurs problèmes…

Le Projet est un vaste programme mettant en scène deux villes jumelles : Concilience et Positron. L’une ville ordinaire, l’autre ville-prison, signer les documents d’engagements permet aux participants de trouver une place dans la communauté de Concillience, un logement, un emploi. Devant cette promesse de jours meilleurs, nos deux protagonistes n’hésitent pas signer. Cependant, loin de l’idylle qu’on leur avait promis, la vie à Concilience est basée sur les interdictions, les contraintes, le conformisme. Mais prêts à tout pour retrouver un peu de dignité, les personnages ne semblent nullement s’en incommoder. Après tout, si les choses sont ainsi, c’est pour que « tout aille bien ». On est parfois étonné par leur façon de se leurrer, aveuglés par leur désir profondément humain d’être heureux, à mesure que le système qui les entoure dévoile ses failles et devient, lui, de plus en plus inhumain.

L‘Homme se retrouve réifié sous la plume de Margaret Atwood, devient un objet de désir purement sexuel, un acteur économique, une marchandise. La ville de Consilience devient rapidement un théâtre clos, les participants du projet y vivent leur petite routine à cercle fermé : une fois rentré, il est impossible d’en sortir. Dans une routine de conformité, de maisonnettes bien rangées avec draps, serviettes, théières commandés sur le catalogue de la ville, Yoga et films non violents des années 50 diffusés à la télé, travail pour tous et journées régulées, le lieu fermé se transforme en incubateur, faisant resurgir la vraie nature des personnages. Fantasme, sexualité débridée, paranoïa, la ville en vase clos révèle ce qu’il peut y avoir de pire en chacun.

J‘ai été fascinée par ce roman de société qui se lit comme un thriller d’abord, puis comme un récit d’espionnage loufoque ensuite. Le cynisme de l’auteur m’a énormément plu, son style vif, intelligent et absurde captive alors qu’elle remet en question l’idée de liberté des hommes, celle de penser par soi-même, de réellement désirer ce qu’on pense vouloir. Faut-il choisir entre la facilité ou la liberté ? La facilité n’est-elle pas une forme d’enfermement ?

Avec cette histoire dérangeante, Margaret Atwood nous propose une dystopie jubilatoire dans laquelle des personnages froids et calculateurs se servent de l’aspiration au bonheur pour contrôler les masses et plonger dans la déshumanisation des hommes. La critique de la société alternant farfelu, absurdité et moments glaçants fait immédiatement penser aux plus grands noms de la SF, le Soleil vert d’Harry Harrisson nous viendra à mainte reprise à l’esprit. Cet univers dystopique réempruntant le décors des fifties dans une Amérique en pleine crise économique m’a conquise.

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date : 13-08-2017
Un joli titre, une couverture épurée aux tons pastels, ce premier roman de Sophie Nicholls attire l’œil et l’attention.

Le roman est une histoire de femmes chahutées par la vie. On y retrouve des personnages hauts en couleurs, que ce soit dans leur exubérance, comme Fabia Moreno, cette « Mamma italienne » au comportement extravagant et toujours vêtue de façon originale qui tient une boutique de vêtements vintages, ou dans leur côté mystérieux, comme Ella, la fille de Fabia, une adolescente réservée mais au tempérament bien trempé. Ces deux protagonistes sont la force du roman, les deux femmes sont touchantes, autant dans leurs rapports de mère et fille parfois compliqués, que dans leur amourette respective ou dans leurs difficultés à se faire une place dans cette nouvelle ville de York où elles sont rapidement étiquetées comme étrangères.

Alternant des moments de légèreté et d’insouciance à des sujets plus sérieux, le roman nous expose la difficulté d’être une mère célibataire, de grandir sans père, le poids du passé et des préjugés face à une xénophobie difficilement acceptable. Pourtant, s’il est dur de ne pas se prendre de sympathie pour les protagonistes et qu’on ne peut que reconnaître la belle écriture très imagée de Sophie Nicholls, je dois avouer avoir eu du mal à rester concentrer sur ma lecture en permanence. J’ai lu les premiers chapitres d’une traite, pour ensuite tomber dans une lecture plus nonchalante, la faute à un manque d’uniformité dans le rythme du récit, qui essouffle par moment et s’encombre de longueurs.
La fin de l’histoire, qui arrive de façon très précipitée, m’a également laissée plus que songeuse, je m’attendais à une révélation surprenante, les mystérieux secrets de Fabia sont en réalité assez terre à terre. Ce dénouement ne parvient pas forcément à redonner un nouveau souffle au roman, qui se termine ainsi de façon assez simple et prévisible et déçoit un peu.

Une robe couleur de vent, premier tome de la trilogie Everyday Magic, nous propose une histoire aux senteurs de l’Iran et de l’Italie, une histoire de premiers émois, d’amour renaissant, de souvenirs et de lien entre mère et fille. On ressort de ce roman feel good légèrement déçu par son manque de rythme, mais le fond de l’histoire est très plaisant et en fait un récit distrayant.

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date : 05-08-2017
Pommes, oui, mais empoisonnées. Sous ses airs de roman édulcoré et déluré se cache en réalité une part de vérité très sombre et Richard Milward porte sur la jeunesse anglaise un regard désabusé et cynique.

Le roman a, à bien des égards, des airs du Trainspotting d’Irvine Welsh mais en version adolescente. Le sujet d’abord, avec un livre qui aborde une décadence propre à une jeunesse laissée trop vite à l’abandon. La forme de l’histoire aussi, avec ses chapitres et parties qui valsent d’un personnage à un autre. C’est ressemblant, mais bien loin d’être un défaut, il s’agit juste d’un regard plus jeune, plus frivole également, car encore bercé d’illusions malgré l’apparente fatalité qui semble en permanence planer sur la bande d’adolescents au centre du roman.
Un point de vue plus jeune, sûrement, mais pas moins violent. L’histoire est remplie de cette violence doucereuse, irritante, qui explose lorsqu’on s’y attend le moins. Les jeunes baignent dans cet univers poisseux, englués par l’alcool et la drogue qui leur procurent une liberté factice et un sentiment d’oubli qui ne tient pas la route et s’écaille aussi vite qu’il fait son apparition.

On se sent parfois un peu mal à l’aise, les personnages ont toujours l’air trop jeunes pour que leur réalité vole si vite en éclat ou alors, c’est leur insouciance forcée qui agace et révolte. On les observe s’enfoncer, on regarde les erreurs s’enchaîner, celles qui peuvent s’oublier et celles qui ne peuvent se réparer.
Adam et Eve sont au centre de ce microcosme anglais, mais il y a également leurs amis, leurs familles et au fil du roman, les destins se mettent en place, les routes se séparent ou se retrouvent. Finalement, le dernier chapitre se termine de la même façon dont le livre débute : sur une histoire qui bourgeonne. Et loin d’en être la fin, on a au contraire l’impression que tout ne fait que commencer.

Pommes est un roman de société frappant, un de ces livres coup de poing qui étalent avec violence les problématiques les plus cruelles qui peuvent toucher les jeunes. Sans se dénuer d’un style très poétique, les histoires de tous ces adolescents sont trash et frappantes. Le livre me reste encore à l’esprit bien après ma lecture.

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date : 31-07-2017
Qu’est-ce qui nous définit en tant que personne ? Qu’est-ce qui définit le regard que l’on porte sur autrui ? Quel impact ont nos souvenirs et expériences d’enfance sur notre vie d’adulte ? À travers un texte intimiste, Elizabeth Strout nous parle de ce qui nous façonne et de l’importante complexité des liens qui peuvent unir les gens.

Suite aux complications d’une simple opération de l’appendice, Lucy se retrouve hospitalisée quelques semaines. Dans sa chambre d’hôpital, elle reçoit la surprenante visite de sa mère qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Cette petite chambre d’hôpital surplombée par les lumières du Chrysler Building devient, le temps de cinq jours, le théâtre des retrouvailles entre mère et fille, un catalyseur pour Lucy, qui replonge dans son enfance.
On y découvre les conditions dans lesquelles elle vivait avec sa famille, la pauvreté, les humiliations subies à l’école, le rejet, la dureté du regard des autres, autant de blessures encaissées petite fille qui ont durablement marqué la personne qu’elle est devenue adulte.

Ces retours dans le passé se mêlent aux échanges entre Lucy et sa mère, d’étonnantes conversations souvent à sens unique et pleines de non-dits qui reflètent cet amour imparfait entre mère et fille. Les deux femmes sont touchantes autant dans leur façon de s’aimer à distance que dans leurs rares moments de complicité commune.
On se prend d’une tendresse sincère pour le personnage de Lucy, pour sa sagesse toute mesurée dans son rapport à ce qui l’entoure, dans le récit des rencontres qui ont marquées sa vie, pour la sincérité avec laquelle elle nous présente son histoire à mesure que, en tant qu’écrivain, elle tente d’en faire son premier roman. Proche de l’oral à bien des moments, le lecteur se rapproche peu à peu de Lucy, auditoire privilégié tandis qu’elle met ses pensées à l’écrit avec une pudeur et une délicatesse frappantes.

Je m’appelle Lucy Barton fait partie de ces livres qui se dévorent en en savourant la moindre page. L’écriture toute en simplicité et pleine d’humanité d’Elizabeth Strout font de ce nouveau roman un récit poignant, de ceux qui chamboulent un instant et reviennent souvent à l’esprit.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/30/je-mappelle-lucy-barton-delizabeth-strout
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