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Commentaires de livres faits par x-Key

Extraits de livres par x-Key

Commentaires de livres appréciés par x-Key

Extraits de livres appréciés par x-Key

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
L'idée est intéressante, le thème de l'histoire pourrait faire une super série. Mais pour l'instant, n'ayant lu que ce premier tome, je reste largement sur ma faim.
Tout va très vite, tout est très rapidement expédié. On a très peu de background pour le moment et ça m'empêche de me plonger pleinement dans l'histoire.
Le public assez jeune visé par la bande dessinée doit sans doute également jouer : c'est très enfantin, du coup, habituée à des récits plus consistants, j'ai eu tendance à m'ennuyer. A voir comment la série évolue, il y a matière à faire quelque chose de très sympa pourtant !
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date : 16-01
À la fois sombre, inquiétante et mystérieuse... Minetaro Mochizuki a tous les ingrédients en main pour faire de Dragon Head une série de manga à la fois captivante et dérangeante !

Ce premier tome en huis-clos nous plonge dans la lourdeur étouffante d'un tunnel juste après le déraillement d'un train. Des dizaines de corps jonchent les carcasses des wagons. Seuls trois survivants arrivent à s'extirper des décombres. On découvre aux côté de Téru, Nobuo et Ako l'horreur de la situation, la terreur de se retrouver piégés et leur impuissance à trouver une solution pour s'en sortir.
J'ai beaucoup aimé découvrir le ton très noir du récit, agrémenté de cet aspect très inquiétant lié à l'inconnu d'un lieu, d'une situation, de l'attitude à adopter. La montée de la folie chez un des personnages apporte une dimension encore plus effrayante à l'histoire. Il est fascinant d'observer les personnages se battre pour leur survie, entre eux et contre leurs démons.

Un premier tome captivant avec un style obscure, gore et mystérieux qui intrigue et fait froid dans le dos. J'ai hâte d'attaquer la suite.
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date : 06-01
De chouettes poèmes un peu décalés, aux vers garnis de mots qui pourraient sembler mal assortis mais qui forment de micro-histoires très amusantes à découvrir. Les illustrations en noir et blanc achèvent les poèmes et font de ce livre un joli recueil.
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Je me suis bien amusée à découvrir les banalités et aventures de la vie de Pénélope. J'apprécie beaucoup le dessin, les couleurs. C'est une petite parenthèse de bonne humeur dans le quotidien. À côté de ça, les pages se tournent trop rapidement et on reste sur sa faim.
Une petit bande dessinée rigolote mais trop courte pour qu'on puisse vraiment en profiter.
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Quelques minutes après minuit fut, le temps de quelques jours (le temps de lire le livre juste avant d'aller voir l'avant-première de son adaptation par Juan Antonia Bayona au cinéma), une vraie bouffée d'oxygène à la fois libératrice et bouleversante.

La vie de Connor n'a rien de rose, on le comprend dès le début de son histoire lorsque, dès les premières pages, on se retrouve face au constat de la maladie de sa mère. Malgré tout, le ton reste assez enfantin au départ, on est après tout dans la tête d'un jeune garçon de treize ans. Ce n'est que progressivement que l'aspect très sombre du roman s'infiltre dans le ton du récit. On se retrouve alors face à ce petit bout d'homme pris au dépourvu, plaqué au sol par des évidences qu'il ne parvient pas à accepter, embarqué dans une spirale dont il ne parvient plus à s'échapper. Pour Connor, la solution à cette avalanche qui vient bouleverser son univers est le Monstre. Il apparaît toutes les nuits à 00:07 pile et lui affirme qu'il a trois histoires à lui raconter avant que ce soit au tour de Connor de lui raconter sa propre histoire.

Sous le couvert du fantastique, Patrick Ness nous raconte l'histoire de l'acceptation, de la vérité et de ses conséquences. On se retrouve entraîné dans les colères, les peurs et l'impuissance de ce jeune garçon qui ne parvient plus à garder pieds dans les événements qui s’enchaînent. Plus qu'un simple récit sur la maladie, le deuil et la crainte de perdre un proche, Quelques minutes après minuit est une quête initiatique, un hymne à l'amour, un roman d'apprentissage aux aspects de conte qui nous percute et nous enchante autant qu'il nous effraie.

Avec le roman de Patrick Ness, une certitude : petits comme adultes, on en prend à la fois plein les yeux grâce aux sublimes illustrations de Jim Kay, mais aussi plein l'esprit grâce à la magnifique plume de l'auteur et finalement, également grâce aux sujets, plein les idées.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2017/01/livre-quelques-minutes-apres-minuit-de.html
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date : 01-01
Les éditions Scrineo m'évoquent la littérature jeunesse (à tort, puisque leur catalogue est en réalité très varié), pourtant, avec Les Océans stellaires, Loïc Henry nous propose un récit de science-fiction à la fois très accessible et très mature.
J'ai été très surprise par la complexité et la richesse de l'histoire, par cette complémentarité dans l'univers de Luu Ly, la protagoniste, où tout possède une histoire, un sens, une logique. Par les codes, lieux et autres personnages de ce monde futuriste qui pourrait prendre ses racines dans notre monde d'aujourd'hui.
Avec son écriture ni trop simpliste et ni trop complexe (la complexité des mots utilisés est toujours juste, de même que le ton du récit, parfois enfantin, parfois très osé), et ses chapitres courts, l'histoire se lit rapidement et avidement : on parcourt les chapitres un à un, souhaitant toujours savoir ce qu'il adviendra quelques pages plus loin.

Moi qui ai toujours été fascinée par les abîmes qui se cachent au fond des mers et océans, j'ai adoré voyager dans ses contrées mystérieuses et inconnues. Le roman en tire une grande originalité : avec cette sorte de space opera qui ne se déroule pas dans l'espace mais dans les océans, l'idée démarque l'histoire et l'aventure n'en est que plus intrigante.

Avec Les Mondes stellaires, j'ai retrouvé le même plaisir que j'éprouvais plus jeune lorsque je dévorais les récits d'aventures que je trouvais sur les étagères de ma librairie. Le plaisir de découvrir une histoire dans laquelle il est facile de se plonger, une aventure dans laquelle on a hâte d'embarquer, une réflexion poussée avec de vrais enjeux (diplomatiques et humains ici) donnant un aspect mature au roman et des personnages à la fois hétéroclites et très attachants.

Un livre que je recommanderai sans hésiter à tous lecteurs peu familiers au genre de la SF ou bien aux habitués qui souhaiteraient revenir à des bases plus simplistes mais pourtant extrêmement bien maîtrisées.
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date : 09-11-2016
La promesse d'une belle romance contemporaine, comme le laisse suggérer le résumé, est bien au rendez-vous avec ce nouveau roman de Serge Joncour. Mais le roman est également une critique parfois acerbe de la société d'aujourd'hui. Le mélange, parfois habile, nous révèle avant tout des histoires de vies qu'il est touchant ou intriguant de découvrir, portée par le ton toujours très juste de l'auteur.

Le roman s'ouvre sur la présentation de deux personnages totalement différents. Ludovic est un campagnard un peu bourru et renfermé depuis la mort de sa femme, tandis qu'en parallèle, Aurore est une jeune mère de famille, mariée, styliste et urbaine jusqu'au bout des ongles. Les deux vivent dans des immeubles face à face, séparés par une cours d'immeuble.
La pauvreté côté cour, les bobos côté rue. Et cette cour, au milieu, comme un pont entre deux univers.
La rencontre entre ces deux êtres que tout oppose se fait avec tellement de simplicité et d'évidence que j'ai été fascinée par la facilité de l'auteur à nous présenter les prémices de cette romance qui n'avait rien d'attendue. Je parle d'évidence car c'est le sentiment qui m'a tout de suite frappée. La façon dont Ludovic et Aurore se heurtent l'un à l'autre semble être une des choses les plus naturelles au monde. Tout les oppose, pourtant, tout les rassemble aussi, et surtout ce besoin et ce désir qui les animent mutuellement. Cette envie d'être ensemble qui les lie très vite est très belle à lire, garde une légèreté parfois nécessaire dans le tumulte de la vie qui les agite.

Passée leur rencontre et les débuts de leur amour naissant, on se retrouve plongé dans les difficultés de leur vie et les questionnements vis-à-vis de leur famille ou métiers. Il est parfois touchant ou révoltant de voir les deux personnages se confronter aux injustices de la vie. Je me suis souvent sentie révoltée face aux difficultés d'Aurore à gérer son entreprise, bouffée par les magouilles de son associé, ou encore par la contrariété de Ludovic, qui a du mal à assumer le métier peu valorisant qu'il pratique (l'homme est recouvreur de dettes...) Serge Joncour parvient à livrer un panorama très complet de cette société contemporaine qui bat de l'aile, brusquant les hommes, rabaissant les femmes, oubliant les grand-mères dans l'inconfort de leur petit appartement plein de courant d'air. Dans le fond, rien n'est rose, pourtant, la présence de cet amour inopportun garde toujours un rayon de lumière projeté sur les difficultés qui secouent les personnages.

Repose-toi sur moi est un roman plein de spontanéité et de malice porté par une écriture travaillée et qui nous plonge au cœur d'un petit microcosme pourtant bien révélateur de la société contemporaine d'aujourd'hui. Si je n'ai pas totalement été convaincue par la fin du roman, j'ai su me plonger avec plaisir, être touchée, amusée ou révoltée dans cette histoire pleine d'amour, d'apparences, de sensibilité et surtout, d'un réalisme flagrant qu'il est fascinant de contempler. Tous les ingrédients qui expliquent sans doute pourquoi, cette année et pour ce roman, l'auteur a gagné le Prix Interalliés !


http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/11/livre-repose-toi-sur-moi-de-serge.html
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Tape écrit par Steven Camden
date : 09-11-2016
Tape avait déjà attiré mon attention, bien avant que je puisse le lire. Je ne sais pas s'il s'agissait de sa couverture jaune poussin avec son dessin vintage ou bien des quatre petites lettres de son titre, aussi succin qu'intriguant. Bref, le livre me plaisait, et l'évocation d'un mystérieux secret au centre de son histoire n'a fait que me donner plus envie de le découvrir !

Tape est un roman à deux voix qui nous entraîne dans les vies de deux protagonistes, deux jeunes adolescents éloignés de vingt ans d'écart dans le temps : Ryan vit en 1993 tandis qu'Ameliah vit en 2013. On se plonge peu à peu dans leur univers respectif (qui ne sont pas si éloignés que ça), dans leur adolescence et toutes les petites choses qui vont avec de l'amitié, aux premiers amours en passant par la famille. Et par le deuil. Si les deux adolescents sont des jeunes comme les autres, ils se retrouvent tous les deux confronter à la perte d'êtres chers, une facette du roman exploitée avec sensibilité.

J'ai beaucoup aimé plonger dans l'adolescence d'Ameliah et Ryan, les observer se reconstruire après le deuil, comparer leur époque et leur caractère à la fois très différent et très semblable. L'écriture très simple du livre permet de se plonger avec facilité dans l'histoire, j'émets juste un petit bémol sur les dialogues que j'ai trouvé parfois un peu trop enfantins, ça manquait de naturel, sonnait un peu faux. Et j'ai adoré la numérotation des pages, comme une cassette en train d'être écoutée, avec le ruban qui s'enroule d'un côté et se déroule de l'autre.

Si j'ai su apprécié l'histoire tout en simplicité de Ryan et Ameliah, j'avoue par contre cependant avoir un peu été déçue par cette fameuse histoire de cassette et de magnétophone. Je m'attendais vraiment à quelque chose d'extraordinaire, à la limite du fantastique ou de la SF. J'aurais souhaité que ce soit réellement utilisé pour en faire un sujet central du livre plus qu'un simple ingrédient que l'on voit apparaître trop brièvement. J'ai aimé les utilisations faites des cassettes, comme des messages à travers les années, par contre, celle faite du magnétophone aurait mérité d'être approfondie. L'idée était très bonne !

Tape est un joli roman sur fond d'adolescence et de deuil, les deux personnages sont touchants à suivre dans toute la simplicité de leur jeunesse. Si le fameux secret promis par le synopsis est un peu décevant, on passe tout de même un sympathique moment de lecture. Merci aux éditions Fleurus pour cette découverte !

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/11/tape-de-steven-camden.html
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À la base, j'avais décidé que je ne m'attarderais pas sur cette suite, pour deux raisons : à cause du tapage fait autour de la pièce de théâtre et aussi à cause de ma déception vis-à-vis de J. K. Rowling, qui a laissé pondre une suite à une histoire qui, d'après ce qu'elle avait dit, ne devait pas en avoir.
J'ai finalement quand même lu L'Enfant maudit, après avoir entendu une critique dessus qui révélait des points de l'intrigue, lesquels m'avaient fait bondir par leur improbabilité. Je me devais de vérifier ça !

Je ne vais pas être tendre, mais pour moi, ce livre est tout simplement une hérésie au monde d'Harry Potter tel qu'on le trouve dans les romans de J. K. Rowling.
L'intrigue ne tient nullement la route, ça remet totalement en cause une partie du fondement même de l'histoire des romans en utilisant un ingrédient extrêmement mal exploité : le voyage dans le temps. J. K. Rowling avait su manier cet élément avec brio dans Le prisonnier d'Azkaban. Ici, c'est un carnage.

L'écriture est bourrée de traits d'humour grossiers et de répliques enfantines et mal tournées. Si certains personnages sont des enfants (Albus et Scorpius par exemple), notre trio d'amis préférés est adulte depuis longtemps, pourtant, leurs échanges sont dignes de ceux qu'on pourrait avoir dans une cour de lycée... Je vous assure, voir le Professeur McGonagald, d'habitude si forte, si austère, parler comme une vielle femme enfant, ça a de quoi faire froid dans le dos !

J'ai vraiment eu beaucoup de mal à me faire à cette écriture très surfaite et rendue incroyablement simpliste par le fait qu'il s'agisse d'une transcription d'une pièce de théâtre. La pièce en elle-même, jouée sur scène, est peut-être très bien (si on ne s'attarde pas sur le scénario complètement tiré par les cheveux, encore une fois). Mais sur papier, j'ai trouvé ça horrible. Le format de la pièce de théâtre ne fonctionne tout simplement pas avec l'univers d'Harry Potter. On perd les descriptions, les petits détails plein de magie et loufoques si plaisant au monde des sorciers de J. K. Rowling.

Moi qui connaîs sur le bout des doigts les sept romans pour les avoir lu de nombreuses fois chacun (et toujours avec plaisirs), je n'ai pas du tout réussi à me plonger dans l'univers de cette pièce, ma lecture s'en est retrouvée atrocement plate, sans une once de magie.

Alors, j'avoue avoir trouvé un minuscule petit point positif dans la réinsertion de quelques personnages (ce qui ont lu l'histoire me comprendront), mais pour le reste, cette pièce de théâtre ressemble bien trop à une fan-fiction qui dénature la série de romans plus qu'elle ne la complète. Un livre complètement dispensable dont je vais vite oublier la lecture.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/10/harry-potter-et-lenfaut-maudit-de-jack.html
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date : 19-10-2016
Ayant lu Charlie et la chocolaterie petite, je voulais absolument lire la suite de ce fabuleux roman plein de rocambolesque et d’imagination. Une suite qui n’était pas indispensable au demeurant car je suis plutôt déçue. On est dans le prolongement direct du premier tome mais l’intrigue diverge complètement avec le petit voyage spatial de nos héros à bord du Grand Ascenseur de verre. J’aurais tout de même pu trouver l’histoire sympa si l’auteur s’en était tenu là. Mais l’épisode dans l’espace ne dure que la moitié du roman avant que les protagonistes ne reviennent à la Chocolaterie et que le récit parte sur tout autre chose.
L’histoire fut donc beaucoup trop décousue à mon goût et si le style de Roald Dahl et que le côté loufoque de Willy Wonka sont toujours plaisant à retrouver, ce deuxième tome des aventures de Charlie me laisse une impression en demi-teinte un brin fadasse.
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date : 13-10-2016
La salle d'attente s'ouvre de la même façon dont elle se termine : avec simplicité. Dans ce premier roman de l'auteur Taïwanaise Tsou Yung-Shan, je me suis à nouveau heurtée avec plaisir à cette écriture pleine de langueur avec un côté très simpliste, très épuré, que je retrouve (et adore) énormément dans la littérature asiatique.

C’est comme écouter une mélodie neutre mais ponctuée de notes poétiques qui lui donnent un charme froid mais interpellant et dont la beauté se révèle progressivement. J’ai beaucoup aimé voir Xu Migzhang parler de la façon dont il se sent, de sa relation passée avec sa femme, de cette étrange sentiment d’humidité qui enrobe les choses autour de lui, de son appartement à son cœur, ou bien sa façon de parler des arbres, de l’eau, de l’air. Pas de fioritures, juste des pensées brèves et succinctes attrapées au vol.

Pour peu qu’on accepte de se poser un instant (impossible de lire le roman ailleurs que chez moi au calme, c’est une histoire qu’on doit prendre le temps de découvrir), on se retrouve emporté dans la lassitude et la monotonie de ces personnages étrangers ou allemands (l'histoire se déroulant en Allemagne), qui gravitent autour du thème de l’immigration. Le ton des différents récits est loin d'être édulcoré, l'atmosphère globale du roman est très grise, l'écriture n'a pourtant rien de lourde, on se laisse porter par le fil des différentes histoires (qui s'entrecroisent ça et là) sans s'enliser une seule seconde dans cette espèce de lassitude et de tristesse qui gravitent autour des personnages.

Concernant l'immigration, la façon dont le thème est abordé est très juste. Les questions identitaires sur ce qui définie un homme à propos de ses racines, de l’endroit d’où il vient et vers l’endroit où il atterri, des barrières culturelles et linguistiques sont amenées avec finesse. Même si le sujet n’est pas totalement approfondi car on reste dans un constat rendu très subjectif par les points de vues des personnages, il est très appréciable d'avoir un regard surtout porté sur le ressenti et non sur le côté froid, clinique et administratif de l’immigration.

Pas de chiffres ici, juste de l'humain ! C'est ce qui fait de La salle d'attente un livre très intéressant à découvrir. Et malgré la lourdeur apparente du ton du récit, il est facile de se laisser emporter par tous ces personnages dont les histoires de vie nous renvoient peut-être, à un moment où l'autre, à ce que nous aurions été, à ce que nous pourrions, un jour, être.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/10/livre-la-salle-dattente-de-tsou-yung.html
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date : 24-09-2016
Il n'est pas nécessaire d'aller plus loin que les toutes premières lignes de Chanson douce pour comprendre que Leïla Slimani vient de glisser entre nos mains un roman qui sera sans concession. L'histoire s'ouvre en effet sur la mort brutale de deux jeunes enfants, assassinés par leur nourrice, laquelle étant dans le coma après avoir tenté, ensuite, de se suicider. On se retrouve donc dès les premières pages face à un fait tragique, mais également face à l'incompréhension vis-à-vis de cet événement : la coupable ne pouvant expliquer son geste. Il ne reste donc plus qu'à remonter plusieurs mois en arrière pour comprendre comment un telle chose à bien pu arriver.

Passé le premier chapitre servant d'introduction à l'histoire, le roman se découpe en plusieurs chapitres suivant tour à tour les personnages gravitant (de près ou de loin) autour du tragique événement à venir. De Myriam, la mère, à Paul, le père, en passant évidemment par Louise la nourrice elle-même ou par des témoins plus éloignés comme une voisine, l'histoire reconstitue peu à peu le cheminement des personnages ayant amenés à la tragédie finale.

On suit avec un certain malaise la façon dont Louise devient de plus en plus présente et indispensable au couple de parents, la façon dont elle s’immisce dans leur petit microcosme familiale. En parallèle, on se sent aussi gêné par la réaction des parents, souvent à double tranchant, qui adorent Louise autant qu'elle les dérange et qui ne savent jamais vraiment trop comment s'y prendre avec celle-ci. La plume de Leïla Slimani nous entraîne très facilement dans cette spirale un peu malsaine qui finit par devenir totalement perturbante, surtout pour le lecteur qui sait quelle issue est à prévoir et qui ne peut que constater l'aveuglement des parents et la montée de la folie chez Louise.

S'il est vrai que le roman m'a d'abord attiré pour son histoire (à cause de cette curiosité un peu malsaine qui donne envie d'aller mettre son nez au cœur d'un fait divers aussi horrible), j'ai poursuivi ma lecture (et ai adoré la poursuivre) pour l'écriture de l'auteur qui se positionne de façon toujours très juste. Bien sûr, il est difficile de douter de la culpabilité de Louise, pourtant, elle n'est jamais vraiment présentée comme un monstre, on se prend même souvent de pitié à son égard (à défaut d'empathie). Le rythme de l'histoire est également très agréable à suivre grâce à l'écriture concise de l'auteur qui sait clairement où mener ses lecteurs.

De cette histoire sous forme de thriller qui se présente plus comme une tragédie que comme le procès d'un drame, je retiendrais surtout cette impression à double tranchant, celle d'être percutée tout en essayant, en parallèle de comprendre comment la société peut créer des situations si dramatiques. La mélodie de cette chanson douce aux consonances venimeuses me restera en tout cas longtemps dans la tête.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/09/livre-chanson-douce-de-leila-slimani.html
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date : 20-09-2016
Avec ce cinquième tome, l'histoire prend un tout nouveau tournant. En effet, on se retrouve dans un nouveau contexte, avec de nouveaux héros : Miku et le petit frère d'Eji.
S'il est intéressant de voir les prémices de la catastrophe d'un autre point de vue, le rythme de l'histoire en pâtit sérieusement. On redécouvre tout sous un nouvel oeil, mais beaucoup de faits étant déjà connus du lecteur, on finit par s'ennuyer devant l'ignorance des nouveaux protagonistes.
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date : 06-09-2016
Le Sorcier de la Montagne de Feu est ma première approche des fameux livres dont le lecteur est le héros. Si j'aime bien le concept du livre-jeu sous forme de jeu de rôle en solo, dans l'ensemble, j'ai trouvé l'histoire assez laborieuse à suivre, le scénario de l'aventure étant très redondant. Pour dire les choses succinctement, on passe beaucoup de temps à arpenter les tunnels de cette énorme Montagne et à ouvrir des portes derrière lesquelles se cachent des gobelins. J'ai fini par me lasser assez rapidement.
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date : 05-09-2016
Quel parcourt du combattant ! Il y a de quoi faire avec cette aventure. Tournant et retournant en rond, on se perd dans les méandres de la Forêt des Ténèbres, dans les plaines, les collines qui la jalonnent. On rencontre tout un tas de personnages variés, plus ou moins amicaux (des vouivres aux voleurs en passant par les nains). Globalement, le scénario est plaisant à suivre (même si les noms des personnages sont ridicules !) et on passe un bon moment. J'avoue tout de même avoir réussi à traverser la forêt dans son intégralité après l'avoir parcouru de long en large sans jamais trouver un seule des deux parties du marteau... Tant pis !
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date : 28-08-2016
Chaque année, c'est le même rituel, on garde un oeil sur les sorties littéraires d'août pour voir la tête du nouveau roman d'Amélie Nothomb. Si je dois avouer que ces dernières années, les nouvelles parutions de l'auteure ont eu tendance à me laisser de marbre, cette fois-ci, la surprise est au rendez-vous !

Riquet à la houppe, comme son titre le laisse entendre, est la réécriture d'un conte (de Charles Perrault pour être précise). Si l'auteure a déjà utilisé ce procédé (notamment avec Barbe-Bleue), on la retrouve ici avec un nouveau roman dans la veine de ses premières histoires et qu'est-ce qu'il est plaisant de retrouver la Amélie Nothomb de ses débuts !

J'ai adoré suivre la naissance et l'évolution de ses deux personnages principaux, Trémière et Déodat, découvrir la drôle de mythologie qui semble se tisser autour de leur vie tout en gardant un pied dans l'air moderne d'aujourd'hui. Amélie Nothomb est toujours très forte pour donner un côté intemporel à ses histoires en les situant cependant dans le monde actuel.

L'auteure, qui nous a déjà prouvé mainte et mainte fois qu'elle maîtrise l'art du discours, utilise ici le procédé plus discrètement. On ne se perd pas dans de longs échanges entre les personnages. Les discours sont plus souvent intérieurs, les points de vue internes, ce qui laisse place à un récit plus prenant. On retrouve cependant toujours le ton incisif de l'auteur dans ses différentes analyses sur la nature de l'humain, et ici sur la question de la beauté, de l'art, de l'intelligence. Mais plutôt que de nous présenter ses analyses dans de longues dissertations qui plombent le rythme et enlisent dans la lecture, elles servent ici le récit et sont habilement disséminées dans celui-ci. La lecture est donc très agréable : on retrouve ce qu'on adore chez l'auteur, son style et son ton si particulier, mêlés à une histoire prenante pour laquelle on se prend vraiment d'intérêt.

Construit comme une drôle d'oxymore disproportionnée, on prend plaisir à se plonger dans ce conte à la fois cynique et poétique où la beauté côtoie la laideur, où l'absurde se mêle au pragmatique. Un bon nouveau roman dans la lignée des premiers roman d'Amélie Nothomb.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/08/livre-riquet-la-houppe-damelie-nothomb.html
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date : 25-08-2016
Albert sur la banquette arrière est un déluge d'aventures et de péripéties toutes plus rocambolesques les unes que les autres. Il leur en arrive des choses à nos deux protagonistes (trois en comptant Albert l'alligator, quatre en comptant le coq).

Ce road trip fantasque sur fond d'Amérique des années 30, période de la Grande Dépression, n'a en effet rien de singulier. On embarque très vite dans ce drôle de récit mêlant fiction et réalité. L'histoire est fractionnée en différentes étapes, chacune correspondant à une nouvelle aventure pour les personnages. Si le découpage permet d'avoir l'impression de suivre un énorme carnet de voyage (le narrateur, qui est aussi l'auteur en personne, intervient entre chaque partie pour expliquer d'où il tient telle ou telle histoire du voyage de ses parents), on finit cependant par se lasser un peu sur la fin. Les différentes péripéties ont beau avoir comme fil rouge commun le voyage pour ramener Albert l’alligator de la Virginie-Occidentale à chez lui à Orlando, l'avalanche de personnages, catastrophes, quiproquos, hasards et rencontres qui se mettent sur le chemin des protagonistes devient un peu redondante, une fois les deux cent premières pages passées. C'est ce que je reproche le plus au roman : cet excès d’événements qui arrivent à tout moment et a fini par plus me lasser que constamment m'amuser. Ça rend parfois la fantaisie plus monotone que délurée.

À côté de ça, on ne peut enlever à Homer Hickman ni son don pour l'utilisation du cocasse, ni son imagination. J'ai beaucoup aimé l'idée d'offrir aux lecteurs un hommage si personnel et en même temps fantasmé sur ses parents. On se plaît à penser que la plupart des faits racontés puissent être vrais. Le ton de l'histoire garde également toujours un fond très tendre qui rend les personnages attachants. Si le passif d'Homer m'a parfois un peu ennuyée et que l'air buté d'Elsie agace par instant, on se sent concerné par leur drôle de couple. Et puis, que dire d'Albert ! C'est peut-être le personnage que j'ai le plus apprécié finalement. J'ai adoré la façon dont l'alligator est traité comme une personne à part entière, ainsi que son caractère.

Si ce genre de grand récit mêlant humour et voyage ne fait désormais plus tout à fait partie de mes lectures aux histoires inédites (après Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Jonas Jonasson ou La petite fille qui avait avalé un nuage grand comme la tour Eiffel de Romain Puértolas), j'ai apprécié la plume de l'auteur qui, malgré un récit parfois trop dense en aventures, reste toujours légère. Une lecture agréable pour l'été et pour s'évader un peu de sa monotonie quotidienne, à condition de réussir à rester bien accroché à l'histoire et à ses 400 pages qui semblent parfois un peu longues !

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/08/albert-sur-la-banquette-arriere-dhomer.html
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date : 18-08-2016
Il existe des romans dont on comprend dès les premières pages que la lecture va être soit éprouvante, soit dérangeante. Avec Quand la nuit devient le jour, Sophie Jomain se lance dans un récit très sensible sur un sujet qui l'est tout autant : celui de l'euthanasie.

Et pas n'importe quelle euthanasie ! L'euthanasie légale utilisée en solution à un mal-être et à une dépression incurables. Au premier abord, c'est un cas extrême qui m'a énormément choquée. Je ne savais tout simplement pas qu'il était légal dans certains pays (la Belgique dans l'histoire) de se faire euthanasier dans ce cas de figure. Comprenez bien, Camille est une jeune femme de 29 ans, saine d'esprit et physiquement en pleine santé. La douleur de Camille, celle qui la tue a petit feu et qui rend son existence invivable est psychologique. La jeune femme décide de mettre fin à ses jours à cause de ce mal-être. Et il existe donc des pays dans lesquels, si une armée de docteurs reconnait que ce mal-être est incurable, on vous donne le droit d'en finir à l'aide d'un processus médicalement assisté.

Passé l'étape de l'interpellation face à cette révélation, on tente peu à peu de comprendre les raisons de Camille. Et la jeune femme nous les explique toutes en détails en début de roman. Elle nous relate sa descente en enfer, l'impossibilité pour elle de guérir et sa décision. Pourtant, et c'est là que Sophie Jomain est très bonne à mon sens, l'histoire prend rarement un tournant mélodramatique. On ne tombe jamais dans le pathos. La situation est triste évidemment, mais toujours abordée avec dignité. Parfois, le récit prend même un aspect presque trop analytique de la situation.
Cette façon d'écrire - que j'ai apprécié - et d'aborder le sujet de l'histoire permet à Sophie Jomain de présenter un roman qui ne penche jamais d'un côté ou l'autre de la balance : il n'est jamais fait l'apologie de l'euthanasie ou, au contraire, celle-ci n'est jamais jugée, condamnée. Dans le roman, il s'agit avant tout de choix, de vécus personnels et de dignité humaine.

Quand la nuit devient le jour est un roman sur lequel donner son ressenti n'est pas chose aisée. Il est difficile de rester de marbre face au sujet qu'il aborde, de ne pas se sentir à la fois touché, révolté, de comprendre les choix de la protagoniste ou de les refuser catégoriquement. Il faut faire un très gros effort d'empathie pour réussir à se mettre dans la tête et dans la peau de Camille, pour ne pas condamner sa décision et, d'une certaine façon, l'accepter à défaut de la comprendre. Sophie Jomain réussit le pari de mettre en lumière un sujet très délicat et de le maîtriser pour en faire un roman qui interpelle, marque, reste à l'esprit et surprend même dans les tous derniers chapitres. On ressent dans l'implication de l'auteur derrière chacune de ses phrases que cette histoire lui tenait beaucoup à cœur.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/08/livre-quand-la-nuit-devient-le-jour-de.html
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date : 17-08-2016
En attendant Bojangles est une ode à la vie, à la joie, au non-commun. C'est une histoire qui s'incarne dans une excentricité, l'excentricité d'une famille vue à travers les yeux d'un petit garçon pour qui cette originalité qui fait son univers est des plus banales.

On se laisse porter dans ce trio familial, dans leurs habitudes, leurs manies. Tout est cocasse dans leur façon de vivre. De leur liberté à partir en vacances quand ils le souhaitent, à Mademoiselle Superfétatoire, la grue de Namibie qui vit avec eux et adore la lecture, en passant par la mère qui change de prénom tous les matins. Et au milieu de tout ça ? Un enfant : le narrateur.

Olivier Bourdeaut nous propose un récit d'enfance entrecoupé d'extraits d'une sorte de journal intime écrit par le père de celui-ci. On suit les prémices et la construction de cette drôle de famille en parallèle de sa routine quotidienne qui n'a rien pourtant strictement rien de routinière !

Les émotions se mélangent, s'alternent tout au long du récit. On est amusé par le drôle de trio (de quatuor, en comptant Mademoiselle !) tout en étant touché par la tournure dramatique que peut parfois prendre la vie. Le ton d'Olivier Bourdeaut semble toujours juste, à la fois naïf, tendre et pourtant, emprunt d'une certaine gravité qui transparaît de plus en plus à mesure que l'histoire progresse.

Avec ses 160 pages, En attendant Bojangles est un court roman marquant, une petite perle d'originalité pleine de névrose et d'amour qui se dévore le temps d'une valse, comme une grande bouffée de fraîcheur.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/08/livre-en-attendant-bojangles-dolivier.html
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POLICE écrit par Hugo Boris
date : 16-08-2016
POLICE est là mise sous-tension de trois collègues, de trois policiers, qui se retrouvent, un soir, chargés de la mission d'escorter un réfugié à l'aéroport Charles de Gaulle dans le but de son expulsion du pays.
Si le sujet traité par Hugo Boris est évidemment d'actualité – souvent exposé du point de vue des victimes et donc de l'horreur de la chose -, il est ici pointé du doigt dans un huis-clos finement mené et surtout, très humain.

Les trois policiers ne sont pas présentés comme des bourreaux sans cœur, on apprend furtivement à connaître des fragments de leur vie, de leur passé, de leurs sentiments intérieurs aussi. Des images qui laissent transparaître beaucoup d'humanité (et de failles), tout autant que dans leur façon d'aborder leur mission nocturne et de se heurter à la réalité quant à l'expulsion de certains réfugiés.

La reconduite à la frontière du réfugié reste le sujet central du livre, mais la façon dont il est traité – en toile de fond parfois - laisse l'esprit de Virginie, la policière qui fait le plus office de personnage principale, se disperser vers des sujets personnels tels la maternité, l'adultère, la difficulté d'être une femme dans un monde d'hommes. Cette façon constante de s'éloigner du sujet du roman pour y revenir m'a énormément plu, on a réellement l'impression de se retrouver plongé dans l'esprit en pleine introspection de quelqu'un se retrouvant tiraillé par ses choix, ses valeurs et qui cogite sur les décisions à prendre, qu'elles soient immédiates ou non.

Avec ce huis-clos qui ne dure que le temps de quelques heures, d'une voiture de police à un aéroport, Hugo Boris prend le parti-pris de traiter le sujet des réfugiés d'un point de vue assez différent de celui que l'on peut avoir d'ordinaire. Ici, le réfugié ne participe pas réellement au cheminement internet de l'histoire, il n'est que la cause, la cassure dans la vie des trois policiers, celle qui les amène à remettre en question leur vie et leur métier. Ce point de vue ciblé sur la Police est un parti-pris qui aurait pu paraître risqué si l'auteur ne l'avait pas abordé avec autant de finesse, de normalité et d'humanité. Un très bon roman sur le sujet qui, comme le laisse suggéré la typographie du titre du livre sur la couverture, nous permet, le temps d'un instant, de passer de l'autre côté du miroir, de l'autre côté de l'uniforme.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/08/livre-police-dhugo-boris.html
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Surtout connu dans le monde du jeu vidéo pour ses créations, Doug TenNapel est un artiste aux multiples visages. Animateur de film, musicien, graphiste, on le retrouve ici en tant qu'auteur de bande dessinée jeunesse pour un premier tome de ce qui s'annonce être une trilogie.

Ce premier opus nous présente Zak, un petit Triton plein d'entrain qui rêve d'aventures. Mais, affublé de toutes petites pattes trop fragiles pour marcher sur la terre ferme, le voilà coincé dans le bassin au centre de sa maison avec ses petits frères, les œufs n'ayant pas encore éclos. Il y vit des jours paisibles, entouré par l'amour de ses parents et de sa soeur Sissy... Mais c'était sans compter l'arrivée des horribles et cruels Lezzarks !

L'histoire de Tritons prend la forme d'une quête initiatique aux accents de fantasy avec ses touches de magie en plein milieu du monde des reptiles et des amphibiens. L'idée est originale et l'univers amusant à découvrir. Les dialogues menés avec humour y contribuent, même si le ton semble parfois un peu enfantin.

J'ai beaucoup apprécié le coup de crayon de Doug TenNapel. Ses graphismes sont très agréables, pleins de couleurs vives et de contrastes qui donnent un côté fantaisiste à l'histoire et rendent l'immersion dans celle-ci très sympathique.

Avec son ton qui oscille d'humour à gravité, d'adorable à dureté, de poésie à fantaisie, Tritons est un habille mélange dans lequel il est facile de se plonger. Bien que j'ai regretté le manque de rythme du récit durant certains passages, ce premier tome permet de mettre correctement l'histoire en place et plaira aux plus jeunes comme aux plus grands tout en promettant de belles choses pour la suite.

Merci aux Éditions Rue de Sèvres pour cette lecture !

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/07/tritons-tome-1-linvasion-des-lezarkks.html
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date : 08-06-2016
Étrange roman que voilà ! Derrière cette drôle de couverture bariolée de champignons et de fraises (les couvertures de Zulma sont décidément toujours aussi chouettes) se cache une histoire tout aussi haute en couleurs. Ne vous laissez pas rebuter par une quatrième de couverture foisonnante d'informations qui pourrait supposer une lecture longue et laborieuse, Théodose le Petit est un des livres les plus amusants et faciles à découvrir qu'il m'ait été donné de lire.

Dans un royaume imaginaire (ou presque, puisque Bucarest en est la capitale), Théodose, jeune prince héritier du trône, coule des jours heureux chaperonné par son tuteur, le Chatchien et ses amis Otilia la fantôme, Calliope la chouette ou encore Samuel le minotaure. Bien sûr, puisque tout ne peut toujours aller bien dans le meilleur des mondes (et que, sinon, il n'y aurait pas de roman), les choses commencent à se gâter quand les vilains de l'histoire (le colérique Silure et le cruel Otto) se mettent chacun en tête de s'accaparer le royaume (dont vous pouvez trouver la carte page 189, ce qui est très utile pour suivre le cheminement de nos héros). Et les ennuis commencent pour Théodose ! De traités en traîtrises, de manigances en machinations, nous voilà embarqué dans les méandres d'un coup d'État à la fois surprenamment bien imaginé et drôlement satirique.

Razvan Radulescu nous propose en effet une satire finement montée sur le thème du pouvoir et ce, à travers un univers totalement délirant. Ici, le moderne se mélange à une royauté plus moyen-âgeuse, des histoires d'inventions loufoques s'imbriquent dans des plans d'attaques minutieusement élaborés, l'apparition de l'avion ou de la montgolfière est surprenante quand l'électricité est une chose tout à fait banale, des soldats se battent à coup de sabres ou d’arbalètes quand des offrandes de grille-pains ou de lave-linges à des monstres semblent tout à fait normales... Et que dire des habitants du royaume ! Humains, animaux, insectes, fantômes ou créatures mythologiques, il y a de quoi faire avec la pléthore de personnages qui prennent vie dans les pages du roman. Bref, vous l'aurez compris, l'univers de l'auteur est riche en imaginaire et en absurde, pour notre plus grand plaisir.

Et tout autant que les idées de Razvan Radulescu, son style d'écriture est également remarquable. Il manie avec habileté les genres (de la simple narration en passant par l'épistolaire ou l'art du discours) tout en mélangeant les styles (de l'enfantin au caustique ou au poétique). Jusqu'à faire souvent des petites apartés sous forme de notes de bas de page adressées aux lecteurs pour expliquer ses déboires avec son éditeur (et la censure de certains passages trop osés) ou bien en passant par les personnages du roman eux-mêmes qui se mettent à remettre en question la façon dont l'auteur a écrit leur histoire ("Si ce roman était mieux écrit, il se passerait ça, ça et ça...") et c'est extrêmement drôles. Son écriture reste pourtant très simple et, agrémentée la plupart du temps d'un ton pince-sans-rire, se lit avec plaisir. Mais elle est aussi très imagée. Chaque page se mouvant en véritable scène dans mon esprit, j'ai pris beaucoup de plaisir à imaginer chaque péripéties et à voir se dérouler l'histoire dans ma tête, comme une sorte de comédie un poil burlesque, très drôle à voir sur écran.

Ce roman fut une excellente surprise à laquelle je ne m'attendais pas du tout. Adorant l'humour lorsqu'il est finement maîtrisé et - plus que ça même - le cocasse, j'ai été bluffée par l'imagination de l'auteur et sa facilité à nous faire pénétrer dans son univers, pour, finalement, s'en moquer. Théodose le Petit est un mélange de Jean Teulé et de Douglas Adams saupoudré de conte et merveilleux à la sauce roumaine dont je suis ressortie conquise. Merci aux Éditions Zulma pour cette découverte !

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/06/theodose-le-petit-de-razvan-radulescu.html

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date : 01-06-2016
Clair, net et précis : le titre de ce premier thriller de Vicki Petterson est incisif, à l'égal de son intrigue. Ne vous attendez à rien d'édulcoré ou de gentillet, l'histoire de Kristine est sombre et cruelle... Attention, la course contre la montre débute !

Partie pour une longue traversée du désert de Mojave aux côtés de Daniel, son nouveau fiancé, dans le but de rejoindre la maison familiale de celui-ci pour la fête du 4 juillet, Kristine est loin d'imaginer ce qui l'attend. Au détour de la première aire de repos déserte où ils décident de faire un arrêt, tout dérape. Agressée dans les toilettes par un homme dont elle ne parvient pas à voir le visage, elle découvre à son retour à la voiture que son fiancé a disparu. Guidée par un simple téléphone et les consignes d'un inconnu tordu aux sombres desseins, elle n'a que 24 heures pour espérer revoir son fiancé en vie. Que le jeu commence...

Le thriller n'offre que peu de répit au lecteur, on se retrouve embarqué aux côtés de Kristine pour cette course contre la montre effrénée sous forme de chasse au trésor macabre. Le roman possède une intrigue efficace, sans temps morts avec une histoire qui rentre directement dans le vif du sujet au bout de quelques pages et qui tient en haleine jusqu'à la fin. Il faut dire que le jeu malsain et cruel dans lequel Kristine se fait entraîner est aussi captivant qu'effrayant. A chaque nouvel indice placé sur sa route, on redoute le nouvel accès de violence morbide à laquelle elle va se retrouver confronter.

Pourtant, il en faut beaucoup plus pour faire perdre pieds à notre protagoniste. Kristine est une femme forte, déterminée, qui en a déjà vu de toutes les couleurs. Et surtout, Kristine est une femme au passé ténébreux... au sens propre comme au figuré. On n'en sait d'abord que très peu sur son passé, sur les zones d'ombres qui semblent le parsemer et qu'elle se tue à garder enfouies dans un coin. Le personnage distille les informations sur son enfance au fur et à mesure que son périple dans le désert avance, au fur et à mesure que ses barrières tombent et que la nature qu'elle tente de dissimuler refait surface. On comprend peu à peu d'où vient cet acharnement de Kristine à "ne pas nuire", ce leitmotiv qu'elle se répète en boucle durant toute une partie du roman, comme une bouée de sauvetage pour ne pas sombrer dans les ténèbres (à nouveau). J'ai beaucoup aimé cet aspect plus psychologique du roman qui contrebalance avec le côté très brut et sans concession de la course contre la montre.

Avec son style fluide et très imagé (je vous laisse imaginer les descriptions de certaines mises en scène faites par le tordu qui persécute Kristine), on se plonge sans peine dans ce thriller haletant et prenant pour n'en décrocher qu'à la toute fin. Un coup d'essai réussi pour l'auteure habituellement plus familière das sages fantastiques.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/06/survivre-de-vicki-petterson.html
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date : 25-05-2016
Attention, préparez-vous à remonter le temps. Pas de science-fiction ici, pas de voyage temporel à bord de DeLorean ou de machine tout droit sortie de l'imagination d'H. G. Wells. Chez Nicolas Delesalle, on voyage à travers les souvenirs. Et quel voyage...

J'ai vingt-deux ans et plonger dans ces souvenirs qui viennent d'un autre âge est une expérience troublante. C'est comme observer de derrière une fenêtre une époque révolue, comme épier de derrière les rideaux toutes ces choses que nos parents et grand-parents ont connu et qu'on ne connaîtra jamais. Comme toucher du bout des doigts une nostalgie qui ne nous appartient pas vraiment. Je n'ai que deux décennies de vie, je suis encore trop jeune pour la vraie nostalgie, mais celle de Nicolas Delesalle me percute et me ramène en enfance. Dans la mienne, et dans la sienne aussi.

L'histoire n'a rien de linéaire, l'auteur nous expose, chapitre après chapitre, des tableaux de son enfance, de son adolescence, de sa vie d'adulte. La construction est décousue, ne suit pas de logique particulière, on se contente de lire chaque souvenirs, dont la longueur varie, rassemblant ainsi les pièces du puzzle, ces morceaux de vies, qui permettent de construire Kolia, le narrateur.

J'ai rarement été autant touchée en lisant un roman ou devant un style d'écriture. Celui de Nicolas Delesalle a su me trouver et faire vibrer ma corde sensible. Souvent, j'ai souris, mais encore plus souvent, je me suis retrouvée en larmes, complètement désarçonnée par les mots choisis, les figures de styles employées (dont l'auteur est friand) et la tournure des phrases qui forment ensemble un amalgame nostalgique dont j'ai eu du mal à me défaire une fois ma lecture terminée. Le style de l'auteur a beau s'entourer d'une certaine légèreté, celle des souvenirs, il y a de la gravité enfouie dans tous ces segments de vie. La gravité de l'oubli et de la finitude de toutes choses, de l'enfance, d'une époque, de la mémoire, de la vie aussi.

Laissez-vous embarquer sans hésitation dans la spirale de Nicolas Delesalle, dans ses rêves d'enfants et questions de jeune adulte, sa famille, ses premières fois, les grands événements - personnels ou non - ayant entourés sa vie et dans ses pensées d'une poésie pleine de justesse et de nostalgie.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/05/un-parfum-dherbe-coupee-de-nicolas.html
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date : 18-05-2016
La Proie des âmes est l'un des meilleurs thrillers qu'il m'ait été donné de lire et, à la fois, l'une de me plus fortes expériences littéraires. Les mots sont forts, mais je le pense vraiment. Rarement j'ai été aussi absorbée et fascinée par un roman.

Tout commence par la découverte d'Andrew. Andrew est la dernière âme en date du corps d'Andy Cage. C'est le possesseur du corps lorsque le récit débute. Des âmes, un corps ? Oui, si tout ceci peut sembler un peu étrange au début, on comprend bien vite de quoi il retourne : les troubles de la personnalités multiples. C'est de cette pathologie dont souffre Andy Cage. Des années de thérapie lui ont permis d'apprendre à maîtriser ses différentes personnalités (appelées "âmes" ici) et à les faire cohabiter entre-elles au sein du "corps". Et c'est en effet à une véritable cohabitation à laquelle on assiste, chacune des âmes se partageant le corps au rythme de la journée, des activités que chacun aime plus ou moins faire (une âme s'occupe de la douche, une autre aime lire le journal, untel prend des œufs au petit déjeuner, quand untel préfère du café) et des caractères souvent très différents de tous. L'exercice n'est donc pas des moindres, mais Andrew, l'âme principale du corps depuis quelques années, s'en sort plutôt bien... et Matt Ruff aussi !

Imaginez un peu, faire passer par écrit toute la complexité d'un psychisme humain fractionné en plusieurs personnalités... C'est littéralement bluffant. Au fil de ma lecture, je ne revenais pas de l'aisance de l'auteur à nous exposer l'univers d'Andrew de façon si limpide. J'étais fascinée. Car pour réussir à faire coexister ses âmes, le protagoniste a érigé à l'intérieur de son propre esprit tout un paysage avec en son centre une maison où chaque âme réside, une véritable nouvelle scène à l'intérieur de la tête de notre protagoniste. Un véritable lieu où l'intrigue se joue au même titre que dans la vie réelle.
On récapitule : un personnage principal qui est en fait une centaine de personnes à lui tout seul, une intrigue qui se joue sur un plan réel et un plan psychique... le tout relaté avec brio. Bref, dur de refréner sa fascination.

La petite mécanique d'Andrew était donc bien rodée, aidé par sa psychiatre, la charmante vieille dame lui servant de colocataire et Julie, sa patronne, toutes au courant de la particularité d'Andrew. Jusqu'au jour où Julie décide d'engager Penny au sein de leur petite entreprise. Penny qui, elle en est persuadée, souffre du même problème qu'Andrew... Et les ennuis commencent ! Les deux personnages se retrouvent embarqués dans une aventure sous forme de road trip précipité vers les secrets qui entourent le passé de Penny.

Ponctués de rebondissements, de souvenirs refoulés, de révélations surprenantes et de changements de personnalités constants, l'intrigue de la Proie des âmes est palpitante à suivre et à découvrir. Je suis ressortie de ce thriller psychologique conquise, ébranlée et fascinée.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/05/la-proie-des-ames-de-matt-ruff.html
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date : 10-05-2016
Les femmes du monde se faisant toutes subitement mener à la baguette (non, au sextoy !), vous y croyez-vous ? Un certain Chuck Palahniuk ne s'est pas privé de l'imaginer, il en a même fait un roman !
Orgasme (on passera sur le titre bien aguicheur de la version française, qui était beaucoup plus classe dans sa version originale anglaise : Beautiful You) ne fut pas forcément la lecture jouissive que j'attendais, mais ne fut pas un mauvais roman pour autant. Si le livre n'égale pas, à mes yeux, un Palahniuk au plus grand de son oeuvre, ce n'est pas le pire de ses romans (*louche du côté de Damnés*) et l'auteur à au moins le mérite de s'être un peu renouvelé.
Alors, finalement, de quoi ça parle, qu'est-ce qui cloche avec ce nouveau roman et y-a-t'il vraiment quelque chose qui cloche ?

Orgasme est le récit d'une jeune femme ordinaire qui voit brutalement (et c'est peu dire, à coup de gadin, de café latte renversé, de jupe remontée et de fesses à l'air) rentrer dans sa vie le jeune milliardaire le plus en vue de la planète : Linus Mawxell. Le riche businessman pose ses griffes sur la jeune femme et l'entraîne peu à peu dans sa quête du plaisir (du plaisir oui, mais du plaisir féminin !) effréné.

Pour commencer, ne vous fiez surtout pas au titre, à la couverture rose fluo ou aux prétendus airs de roman féministe que cacherait Orgasme. On est bien loin du roman érotique et idéaliste qui mettrait la femme sur un piédestal ! S'il est question de femmes, il n'y a rien de féministe dans l'histoire de Palahniuk, ne serait-ce que dans son héroïne Penny Harrigan, jeune femme banale, stagiaire dans un cabinet d'avocat, qui ne semble pas particulièrement ambitieuse (un peu engoncée dans cette idée que l'homme reste la cible à abattre et que malheureusement étant une femme...), pas particulièrement débrouillarde, qui a même l'air un peu gauche souvent, et surtout, qui n'hésite pas à se jeter dans les bras de Maxwell, le "méchant Prince charmant" de l'histoire. Quand au sexe, il est clairement présent dans le livre puisque l'histoire tourne autour du plaisir féminin, mais le roman n'a rien d'érotique, bien au contraire. Chaque scène évoquant le sexe, chaque ligne relatant l'une des expériences sexuelles de Maxwell sur Penny possède un caractère si scientifique et si froid qu'il est difficile de trouver les passages concernant plus émoustillants que glacials.

Car c'est ce qu'est le roman en définitive : une mise en scène glaçante sous forme de satire sur le contrôle des masses, le pouvoir des médias et la quête du plaisir. Une mise en scène dans laquelle l'auteur utilise les femmes (et si c'est à travers leur plaisir sexuel qu'elles sont manipulées, Palahniuk ne se gêne pas pour jeter des piques sur la société de consommation dans son ensemble : vêtements, chaussures, livres - la bit-lit surtout, ce qui m'a bien fait rigoler-, tout y passe plus ou moins).

Cet aspect de l'histoire, avec son lot de parodie et d'humour grinçant sur fond de vérité, m'a bien plu. C'est du Palahniuk tout craché. On reconnaît sensiblement l'auteur dans sa volonté de se moquer et de dénoncer les dérives de la société, de façon toujours plus ou moins flagrante. Dans son cynisme, son exagération et sa façon d'utiliser l'incorrect. Reste que, pour une fois, lisant un roman de l'auteur, je n'ai pas toujours eu l'impression de lire un roman de celui-ci. C'est cette impression qui m'est souvent restée collée à l'esprit et que je tiens pour responsable de ma petite déception vis-à-vis du livre. Du Palahniuk, certes, mais pas forcément comme je l'aime tant. Alors, est-ce à cause du style globalement plus épuré ( pas d'anaphores cette fois-ci, pourtant, je les ai cherché !), à son ton moins outrageux (enfin, tout dépend à quoi on est habitué je suppose, mais certainement moins malsain en tout cas), au caractère de son héroïne qui, si elle est attachante, reste très simpliste et banale comparée aux autres héroïnes de l'auteur, ou encore à cause de l'histoire en elle-même, satire plus réaliste (et encrée dans une certaine réalité) que les autres romans que j'ai pu lire de l'auteur... Peut-être.

En tout cas, si cet Orgasme m'aura laissé un petit goût de déception, on peut au moins reconnaître à Chuck Palahniuk sa faculté à puiser dans son temps pour, armé de sa plume acerbe et de ses idées tordues, nous livrer des histoires qui se moquent intelligemment, restent à l'esprit et se démarquent du lot ! Avec ce conte moderne dans lequel les femmes sont l'instrument de ses idées diaboliques et qui alterne entre plaisir, contrôle, rapport homme/femme et pouvoir des médias, il fera certainement mouche une fois de plus.

http://desmotsenvrac.blogspot.fr/2016/05/orgasme-de-chuck-palahniuk.html
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