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Commentaires de livres faits par x-Key

Extraits de livres par x-Key

Commentaires de livres appréciés par x-Key

Extraits de livres appréciés par x-Key

Les plus récents d'abord | Les mieux notés d'abord
date : 14-11
Une histoire des abeilles nous entraîne dans le destin de ces merveilleux insectes à travers trois histoires de vie à différentes époques. Passé, présent et futur s’entremêlent dans les récits de William en 1852, George en 2007, Tao en 2098. De l’Angleterre à l’Amérique en passant par la Chine, le roman offre aux lecteurs un aperçu global de l’évolution des abeilles et de leur impact sur notre monde.

Le concept de l’histoire me plaît beaucoup, découvrir comment chaque personnage est intimement lié aux autres mais aussi au monde des abeilles rend l’histoire captivante. Le mélange des genres est très subtile, on tangue entre le roman contemporain, le roman historique et l’anticipation de façon très fluide. L’ambiance futuriste de 2098 est fascinante à découvrir. Si j’ai parfois regretté que les histoires ne soient pas plus approfondies (avec ses 400 pages, le roman reste assez court pour un triptyque), j’ai adoré me plonger dans chacun des récits des trois protagonistes. Je me suis attachée au côté rustre mais tendre de George, à la passion furieuse de William, à la détermination de Tao. Leurs forces, faiblesses et authenticité m’a touchée.

Le roman qui tient parfois du conte philosophique tout en amenant de réelles problématiques écologiques est vecteur d’un message très fort. Apporter toutes les craintes quant au futur de notre Terre en soulevant le cas des abeilles est un projet à la fois fantastique et effrayant. L’idée de Maja Lunde d’un monde sans abeilles a de quoi faire froid dans le dos.

Une histoire des abeilles est un triptyque écologique à lire d’urgence. Un roman important qui, à travers la fiction, percute les lecteurs avec un sujet très actuel et permettra sans doute de faire avancer un peu dans la conscience du besoin d’agir. À lire d’urgence !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/11/14/une-histoire-des-abeilles-de-maja-lunde/
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date : 19-10
Entre romance et spoliation d’arts, ce nouveau roman de Jojo Moyes nous entraîne sur les traces d’un mystérieux tableau dans une histoire chorale à plusieurs époques. Un roman happant et bouleversant !

Sophie est une jeune française vivant en 1916 dans une petite bourgade française envahie par les allemands. Entre indignation contre l’ennemi, lutte pour survivre et souvenirs de son amour pour Edouard, son mari parti au combat depuis de nombreux mois, le quotidien de Sophie est à la fois triste et révoltant. Je me suis énormément attachée au personnage de Sophie, touchée en plein cœur par son amour pour Edouard, ses convictions, sa détermination face à tous les obstacles qui viennent percuter son existence. J’ai tour à tour était indignée, soulagée, profondément attristée par tout ce qui arrive à cette jeune femme qui n’a pour se raccrocher que sa sœur et le portrait que son mari, peintre, lui a offert. J’ai vraiment beaucoup aimé me plonger dans ce petit village français de la Première Guerre Mondiale et découvrir la volonté des habitants face à l’envahisseur.

La seconde partie du roman s’ouvre sur un changement d’époque. Ce bond dans les années 2010, un siècle plus tard, m’a été un peu difficile au début, le personnage de Sophie me collait encore à l’esprit, j’ai mis un instant avant de pouvoir me plonger dans la vie de Liv. Pourtant, Liv est un personnage également très charismatique, à la fois déterminée et fragile, bousculée par la vie elle aussi.

Peu à peu, à mesure que le récit avance, on découvre le lien entre Liv et Sophie, séparées d’un siècle mais étrangement liées par ce mystérieux tableau. Le récit de Jojo Moyes n’a rien de manichéen, les méchants ne sont pas forcément ceux que l’on croit, l’auteur ne s’encombre pas d’idées préconçues et ça rend l’histoire très intelligente. L’auteur arrive à soulever le problème de la spoliation des œuvres pendant la guerre, tout en dénonçant également les différents amalgames faits. Il était par exemple très frustrant de voir parler de nazisme et de juifs dans une affaire qui concerne la Première Guerre Mondiale.

Les cent cinquante dernières pages du roman se dévorent comme un thriller. C’est une vraie course contre la montre à la recherche de la vérité qui s’engage, on est happé par les souvenirs et indices du passé qui resurgissent pour nous révéler tous les secrets du tableau Les Yeux de Sophie, tandis qu’en parallèle les éléments de romance viennent compléter l’intrigue.

Les Yeux de Sophie est un roman captivant, on est touché par la tristesse des personnages, par les injustices auxquelles ils doivent faire face, mais également porté par leur amour, leur persévérance face à des situations révoltantes. J’ai adoré l’intrigue historique au cœur du livre, autant que l’intrigue amoureuse qui se joue en parallèle : il en résulte un roman à la fois bouleversant, intelligent et porteur d’espoir qui fait du bien à l’esprit.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/10/19/les-yeux-de-sophie-de-jojo-moyes
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Avec ce court recueil de nouvelles, Marc Villemain nous entraîne dans des tranches de vies amoureuses, à la naissance du sentiment amoureux, dans ce moment où deux bouches, deux mains, deux corps, deux cœurs se heurtent et s'entremêlent.

Chez l'auteur, l'amour ou le désir se manifestent souvent au premier regard, à travers une rencontre ou un premier geste qui amorcent les prémices des sentiments. On se laisse bercer par ses mots, son rythme parfois aussi haletant que celui d'un cœur papillonnant, sur lequel tombe, des fois, le couperet du destin.

J'ai énormément apprécié, et ai toujours été surprise, de voir la légèreté de ses petits récits brusquement infiltrée, à travers parfois seulement une phrase, par la tristesse, la fatalité, la mort. Ces intrusions de noirceur au cœur de ces instants de prémices à l'amour ont un effet saisissant.

Enfants, adolescents ou jeunes adultes, dans Il y avait des rivières infranchissables, les amoureux sont rarement nommés,il et elle(s) se découvrent dans un anonymat qui appelle aux souvenirs, nous rappelant un premier amour de vacances, la première déception, la première aventure sur le corps de l'autre. Un recueil d'histoires tendres et brusques qui se dévorent comme des poèmes.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/10/11/il-y-avait-des-rivieres-infranchissables-de-marc-villemain/
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date : 26-09
Roman de hard-science bourré d’humour, à la fois philosophique et touchant, Tous nos contretemps est un livre qui marque durablement. Si le sujet du voyage dans le temps a déjà était utilisé maintes fois dans la science-fiction, Elan Mastaï réussit un tour de force en transcendant l’originalité avec une histoire pleine d’inventivité.

Le 2016 de Tom Barren ne ressemble en rien à celui que nous avons connu. Dans une époque technologiquement plus évolué au calme utopique, le jeune homme sans ambition et un peu pathétique est en mauvais terme avec son père, un génie qui le méprise pour son manque de réussite. À la mort de sa mère et en réponse aux dernières volontés de celle-ci, Tom se retrouve embarqué dans le projet de son père. L’objectif : voyager dans le temps. À la surprise de tous, il devient la doublure de la plus douée des chrononautes, Pénélope Weschler. Brillante et sérieuse, la jeune femme est toute désignée pour devenir la première personne à voyager dans le temps. Mais évidemment, lorsque Tom tombe sous son charme, tout se complique. Alors qu’il nage en pleine confusion, il commet l’irréparable et son monde entier s’en retrouve bouleversé.

Le livre m’a fait passé par tout un tas d’émotions et de sentiments : de la fascination pour les idées de l’auteur, au rire pour son style très libre, ironique ou frivole par instant, sans parler de la fin qui m’a émue aux larmes. Je suis sortie de ma lecture toute chamboulée. Car plus qu’un roman de SF, Tous nos contretemps est également un magnifique roman philosophie sur la vie et ses choix.

À l’image de Tom, qui passe de personnage très naïf, un brin nigaud, à un personnage complexe et touchant, le roman se révèle au fil de la lecture. Ce qu’on aurait pu prendre pour une énième histoire de SF sur le voyage dans le temps devient vite un récit inventif, plein d’humour et de pépites d’ironie, puis, un peu plus tard, une histoire de vie à la fois optimiste et touchante. J’ai adoré cet assemblage de hard-science et d’humanité, qui insère un personnage très humain dans un univers ultra-technologisé. Les premières pages du livre ont fait s’envoler toutes mes craintes de tomber sur un univers trop complexe à assimiler. Tom n’est pas brillant, mais il est humain, empathique, aimant et terriblement attendrissant. Le roman conjugue à merveilles ses interrogations et dilemmes dans un monde de sciences comme je les aime tant.

En débutant ma lecture, je ne pensais pas tomber sur une histoire si alambiqué, si prenante et si scientifiquement crédible (je ne suis pas physicienne, mais chaque explication de l’auteur n’appelle pas au non-sens et j’ai été conquise par la fluidité de ses explications : aussi scientifiquement compliquées soit-elles, tout semble vrai et possible). L’oralité du récit rend le roman captivant : le sentiment de partager les confessions de Tom rend chaque nouveau chapitre (et il y en a beaucoup !) très attractif, on en veut toujours plus et les pages se tournent inlassablement. Il ne manquait au roman qu’une brassée de personnages charismatiques, amusant et touchant pour compléter cette histoire haute en couleur et en péripéties.
Intelligent, drôle et saisissant, Tous nos contretemps est un vent de fraîcheur dans le quotidien et dans les histoires de voyage dans le temps. Un coup de maître pour Elan Mastaï qui publie ici son premier roman.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/25/tous-nos-contretemps-delan-mastai/
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date : 22-09
À une époque où internet et les objets connectés ont envahi le moindre aspect de nos vies, Benjamin Percy s’arme de technologies de pointe et de rituels démoniaques d’un autre âge pour nous proposer un techno-thriller à la sauce surnaturelle.

Pas de temps morts dans Dark Net, rebondissements et révélations s’enchaînent dans un rythme soutenu. Le roman se lit très vite : on est emporté dans l’histoire. C’est peut-être à cause de ce rythme entraînant que le roman va peut-être parfois un peu vite en besogne. Je suis restée sceptique devant la façon dont le surnaturel est introduit. J’aime que ça soit amené progressivement, que ça vienne percuter le réel, le remettre en question. Dans Dark Net, le surnaturel est accepté très rapidement par les personnages. Pourtant, le surnaturel est loin d’être facilement acceptable dans ce thriller qui parle essentiellement d’internet et de son omniprésence au quotidien. Le roman entier est ponctué de très bonnes idées mais qui vont parfois trop vites. Il en va de même pour les personnages.

Chapitre après chapitre, ils alternent leur voix et point de vue. D’Hannah, jeune aveugle de douze ans, on passe à sa tante Lela, puis à Juniper, étrange personnage côtoyant le surnaturel, ce monde fait de Lumière et de Ténèbres inconnu des mortels. Dans l’ensemble – et malgré une Lela que j’ai trouvé antipathique à souhait sans raisons valables – j’ai apprécié les protagonistes, surtout Juniper.
Cependant, je regrette un traitement trop rapide des personnages, certains apparaissent peu, on manque de temps pour s’y attacher, pour craindre qu’il leur arrive quelque chose. Les méchants de l’histoire sont également trop peu exploités, ils arrivent en un instant pour disparaître aussi vite. Si le doute qui plane sur l’ennemi est angoissant au début, le manque de personnalité de celui-ci empêche de le redouter par la suite. On ne peut avoir peur d’un méchant qui n’apparaît presque pas et qui ne semble pas si démoniaquement redoutable le peu de fois où on le croise.

Pourtant, l’angoisse est bien présente et j’ai été très surprise bien des fois par le potentiel horrifique du roman. L’auteur nous offre plusieurs scènes d’horreur maîtrisées, j’ai vraiment eu froid dans le dos lors de certains passages. Par exemple, le chapitre du ballon de baudruche était extrêmement réussi. Les scènes d’apocalypse dans la ville sont délicieusement glauques et gores. J’ai adoré l’aspect horrifique de l’histoire et la façon dont Benjamin Percy met cette horreur en scène.

Dark Net est un techo-thriller qui se lit comme un page-turner. À la fois captivant et divertissant, le roman arrive à mélanger des éléments contemporains à d’autres très old-school, tout en gardant un pied dans l’univers fantastique avec ses démons, anciennes créatures des Ténèbres et rituels de sang. À conseiller aux geeks et fans de surnaturel !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/22/dark-net-de-benjamin-percy/
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Demain il sera trop tard ou comment plonger ses lecteurs dans une dystopie saisissante doublée d’une réflexion poussée sur la vie, la ségrégation et le pouvoir des multinationales. Avec ce nouveau roman, Jean-Christophe Tixier invente une nouvelle forme de séparation des classes pour attaquer le rôle des groupes pharmaceutiques dans leur enrichissement vis-à-vis des populations.

Dans cette société futuriste, la science permet de diagnostiquer la durée de vie des gens. À la naissance, grâce au Term-Test, un test ADN ultra-perfectionné, il devient possible de révéler combien d’années chaque individu sera destiné à vivre. Divisant la population en trois classes – Court-Terme, Moyen-Terme et Long-Terme, le Term-Test est vendu comme LA solution économique à tous les problèmes : inutile de perdre du temps et des moyens à éduquer ou soigner des gens qui ne sont pas destinés à vivre longtemps.
C’est dans ce monde que vit Virgil, un Long-Terme, un 87. Âgé de 17 ans et destiné à vivre jusqu’à 87, il a toute la vie devant lui, vit sa routine entre école de prestige, club de hockey sur glace, parents aimants et concerts. Jusqu’au jour où les Brigades Spéciales de la ville se mettent à sa recherche et tentent de l’arrêter sans qu’il sache pourquoi. Le quotidien du jeune adulte vole alors en éclats et Virgil voit sa vie et son univers entier être remis en question.

L‘idée de base du roman me plaît énormément, j’adore les univers dystopiques qui se basent sur une idée aussi forte que celle-ci. Il est, de plus, totalement effrayant d’envisager un monde dans lequel les conditions de vies, les parcours et actes de chacun sont déterminés et rythmés peur une échéance aussi fatidique que celle de la mort. Imaginez un peu, si vous saviez dès le départ combien d’années il vous serez donné de vivre. Difficile à envisager, pourtant cette idée est bien menée et amène même une réflexion plutôt poussée sur la vie, sur la façon dont il faut en profiter et en user.

J‘ai tout de suite apprécié Virgil, même si devant la profusion de personnages, on finit par oublier peu à peu son rôle décisif dans l’intrigue. S’il est plaisant d’avoir plusieurs points de vue sur l’histoire, j’ai cependant trouvé un peu dommage que chaque personnage n’ait pas été totalement développé. On a souvent peu de vraies informations sur leur passé et la fin qui arrive assez brusquement donne également peu d’éléments sur leur avenir. Je me suis sentie un peu frustrée sur ce point.

Un autre petit bémol, stylistique cette fois, je n’ai pas forcément apprécié cet excès de ® qui ponctuent chaque nouvelle technologie ou chaque élément contrôlé par ce fameux « Ils », les puissants des industries. Je comprends tout à fait le message que tente de faire parvenir l’auteur, le sentiment de contrôle absolu que ce symbole est censé signifier, mais il m’a parfois semblé que c’était trop. Du reste, le style est agréable à lire, simple et il se prête bien à une dystopie jeunesse.

Car oui, le roman est surtout destiné aux adolescents et jeunes adultes. Sachant ce détail, j’y ai totalement trouvé mon compte, le livre m’a convaincue, captivée. Après, certains aspects de l’histoire, notamment des relations entre les personnages ou bien des petites facilités dans l’intrigue m’ont un peu laissé sur le banc de touche. Mais je pardonne tout à fait à l’auteur ses petites faiblesses narratives tant son univers m’a plu.

Avec cette nouvelle dystopie qui met un point d’honneur à descendre les multinationales tout en critiquant le système ségrégationniste qu’elles engendrent, Jean-Christophe Tixier nous propose un roman de science-fiction jeunesse maîtrisé, au rythme captivant et aux sujets finement abordés. Rien de tel que de s’imaginer à la place d’un des protagonistes pour se questionner sur soi-même et n’avoir qu’une envie : prendre le contrôle de sa vie et ne pas attendre qu’il soit trop tard.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/12/demain-il-sera-trop-tard-de-jean-christophe-tixier/
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Huitième tome des enquêtes de Will Trent, Angie nous entraîne dans une histoire haletante dans laquelle Karin Slaughter s’attaque aux violences envers les femmes et aux conditions de la classe populaire tout en dénonçant les géants de l’industrie sportive. Un vrai polar maîtrisé en plein cœur du monde du sport et des médias !

Tout d’abord, je dois avouer qu’avant Angie, je n’avais jamais lu de roman de l’auteur, je ne connaissais pas Karin Slaughter et je ne connaissais pas Will Trent. C’est avec surprise que j’ai constaté à quel point il m’était facile de me plonger dans le roman, moi qui n’avais encore jamais fait connaissance avec l’univers de Will. Je n’aime pas forcément les longues séries policières, j’ai donc été ravie que ce tome puisse se lire tout à fait indépendamment. La facilité avec laquelle l’auteur parvient à faire découvrir son univers, ses personnages, mettre en place un background à un lecteur qui n’aurait jamais lu d’aventures de Will Trent au préalable m’a beaucoup plu.

Loin d’être linéaire, le récit suit plusieurs points de vue et découpages temporels qui nous permettent, au fil de la lecture, d’avoir un aperçu global de la machination en cours, jusqu’à son dénouement.
La première partie du roman m’a totalement captivée. Entre meurtre, disparition mystérieuse, machination, enquête policière et enquête scientifique, l’intrigue est passionnante. J’ai particulièrement aimé tout l’aspect scientifique de l’affaire, les passages sur la balistique, l’examen du corps ou encore la classification des groupes sanguins qui permettent de s’immerger au cœur de l’enquête d’un point de vue trop absent dans les polars.
Une fois que le coeur de l’intrigue nous est révélé (à peu près à la moitié du roman), l’excitation de l’enquête retombe un peu, même si on prend plaisir à voir comment les différents points de vue se rejoignent et la façon dont l’affaire est résolue.

C‘est dans la première moitié du livre que les personnages nous sont peu à peu introduits. On y découvre Will Trent, le fameux flic au cœur de la série, sa partenaire Faith, sa chef Amanda et Sarah, sa compagne et médecin légiste sur l’affaire. Bien sûr, dans un premier temps et à travers son regard, on apprend également à connaître Angie, sa femme dérangée et venimeuse qui lui ronge l’existence depuis de nombreuses années et de laquelle il ne parvient pas à obtenir le divorce. Si quelques autres personnages masculins s’ajoutent à l’histoire, ils sont bien souvent secondaires, et j’ai beaucoup aimé voir Will évoluer dans un milieu féminin, entouré par toutes les femmes (aux multiples caractères !) qu’il côtoie chaque jour.
L’une des plus grandes forces de ce roman est cette ribambelle de personnages charismatiques auxquels on s’attache très vite ainsi que l’évolution des relations entre ceux-ci. On se prend immédiatement de sympathie pour leurs histoires respectives, pour leur vécu, leur passé, leur personnalité. Même Angie, aussi folle que détestable parvient à certains moment à nous arracher un sentiment de compréhension.
Karin Slaughter portraiture à merveille ses personnages, les rend humains et sympathiques dès les premières minutes, parvient à jouer habillement avec leur ambiguïté, leurs failles pour nous tisser des personnalités à la fois tourmentées et réalistes.

L‘autre force de Karin Slaughter est de s’attaquer à des sujets de sociétés sans se fixer de limites dans son propos. Dans sa ligne de mire se trouvent les violences faites aux femmes, qu’elles soient conjugales, familiales, par abus de pouvoir ou encore dans la rue. L’auteur nous parle du sort de ces femmes malmenées, des prostituées, des femmes sans attaches qui se retrouvent à vendre leur corps, mais aussi des femmes qui s’accrochent à leur maris violents ou de celles dont on abuse. En parallèle, elle n’hésite pas également à pointer du doigt les conditions de la classe populaire, à travers le personnage de Will notamment, et dénonce ouvertement les dérives de l’industrie sportive qui n’hésite pas à défendre les actes abjectes commis par des joueurs trop « bankables » et à les protéger.

Angie est un polar trépidant et authentique, dans lequel l’auteur ne s’encombre pas de tabous et dévoile des scènes de violence sans aucun filtre. Karin Slaughter mêlent à son enquête des grands sujets de société et tisse peu à peu une histoire haletante autour de personnages charismatiques. À recommander à tous les fans de polars !

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/10/angie-de-karin-slaughter/
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date : 03-09
Couronné par de nombreux prix littéraires en 2016, dont le fameux prix australien Miles-Franklin, La Nature des choses, cinquième roman de Charlotte Wood, s’impose comme un grand roman féministe doublé d’un huis clos captivant.

La mise en place de l’histoire se fait très rapidement, sans réel préambule, avec pour seule entrée en matière le réveil de deux jeunes femmes dans une cellule au fin fond du bush australien. À partir de là, les choses vont très vite, les deux jeunes femmes sont démunies des quelques possessions qu’il leur reste, on leur fait enfiler des vêtements rudimentaires – une simple robe difforme au tissu grossier -, on les tond et on les traîne dans une salle où elles découvrent huit autres femmes. Prisonnières elles aussi.

L‘évolution psychologique mise en scène par Charlotte Wood est tellement criante de vérité qu’elle en est parfois gênante, voire terrifiante. L’auteur met ses personnages en situation, les enferme dans un huis clos déshumanisé dans lequel elles sont traitées comme des animaux, sous le joug de geôliers (deux hommes et une femme) violents et cruels, à la limite de la folie parfois. En tant que femmes, les dix prisonnières qui sont liées entre elles par les scandales sexuels auxquels elles ont été mêlées, sont traitées comme des traînées, punies pour leurs écarts et comportements passés dans une société qui ne pardonne pas aux femmes leurs frasques et erreurs. Acculées au pied du mur, maltraitées, affamées, très vite, alors que la pénurie de nourriture vient agir comme un déclic, les mentalités évoluent. Les névroses apparaissent et la véritable nature humaine ressurgit tandis que la question se pose quant à la place de la femme dans le monde, dans la société, vis à vis des hommes, de la biologie, de la religion et de la sexualité surtout.

La Nature des choses est un roman frappant, on s’y retrouve confronter à ce que l’humain a de plus bestial, à cette instinct viscéral de survie qui change les gens, les transforme. Mais plus qu’un roman sur l’Homme, le récit de Charlotte Wood est un roman sur les femmes, qui dénonce la façon dont elles peuvent être traitées, perçues ou conditionnées mais qui révèle aussi leur force et leur animalité. À travers ce huis clos psychologique et profondément féministe, Charlotte Wood jongle avec les images et allégories et rend la femme maître de son destin.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/09/03/la-nature-des-choses-de-charlotte-wood/
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Avec ce premier tome qui foisonne de trouvailles, Arthur de Pins nous propose un univers à l'humour grinçant, plein de monstres gentils et de loufoqueries.
Le monde de Zombillénium est fascinant à découvrir, la mise en place de l'histoire à travers l'arrivée d'un nouveau protagoniste permet de s'immerger facilement dans ce drôle de parc d'attractions habités de zombies, vampires, démons et autres monstruosités.
J'adore déjà les personnages (celui de Gretchen est à la fois drôle et attachant), les multiples clins d’œils à notre culture populaire (Michael Jackson, Harry Potter,...) sont très amusants. Je regrette peut-être le graphisme de la Bd, les dessins étant entièrement numériques, mais l'histoire est tellement captivante que je suis vite passée sur cet aspect.
J'ai hâte de découvrir le tome suivant !
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Bonjour,
je tiens à rappeler que les commentaires servent à donner un avis sur le livre une fois lu.
Ce livre n'étant pas sorti (en VO ou VF), il n'y a aucune raison que des commentaires soient postés ici. Par conséquent, tout commentaire sera supprimé jusqu'à la sortie du livre (exception faite pour les services presses et autres partenariats qui permettraient la lecture du livre en avance).
Si vous voulez parler du livre, un sujet sur le forum existe dans ce but : https://booknode.com/forum/viewtopic.php?f=243&t=220164&p=15049234

Merci.
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Dans cette nouvelle dystopie, Margaret Atwood joue avec les codes du genre et nous entraîne dans un roman à la fois glaçant et farfelu. Dès les premières lignes, nous voilà emportés dans l’histoire de Charmaine et Stan, son mari, subissant de plein fouet la crise économique qui sévit aux États-Unis. Sans domicile, sans emploi, le couple subsiste dans leur voiture en tentant de protéger leurs maigres possessions. Jusqu’au jour où Charmaine tombe sur un spot publicitaire qui semble leur proposer LA solution à leurs problèmes…

Le Projet est un vaste programme mettant en scène deux villes jumelles : Concilience et Positron. L’une ville ordinaire, l’autre ville-prison, signer les documents d’engagements permet aux participants de trouver une place dans la communauté de Concillience, un logement, un emploi. Devant cette promesse de jours meilleurs, nos deux protagonistes n’hésitent pas signer. Cependant, loin de l’idylle qu’on leur avait promis, la vie à Concilience est basée sur les interdictions, les contraintes, le conformisme. Mais prêts à tout pour retrouver un peu de dignité, les personnages ne semblent nullement s’en incommoder. Après tout, si les choses sont ainsi, c’est pour que « tout aille bien ». On est parfois étonné par leur façon de se leurrer, aveuglés par leur désir profondément humain d’être heureux, à mesure que le système qui les entoure dévoile ses failles et devient, lui, de plus en plus inhumain.

L‘Homme se retrouve réifié sous la plume de Margaret Atwood, devient un objet de désir purement sexuel, un acteur économique, une marchandise. La ville de Consilience devient rapidement un théâtre clos, les participants du projet y vivent leur petite routine à cercle fermé : une fois rentré, il est impossible d’en sortir. Dans une routine de conformité, de maisonnettes bien rangées avec draps, serviettes, théières commandés sur le catalogue de la ville, Yoga et films non violents des années 50 diffusés à la télé, travail pour tous et journées régulées, le lieu fermé se transforme en incubateur, faisant resurgir la vraie nature des personnages. Fantasme, sexualité débridée, paranoïa, la ville en vase clos révèle ce qu’il peut y avoir de pire en chacun.

J‘ai été fascinée par ce roman de société qui se lit comme un thriller d’abord, puis comme un récit d’espionnage loufoque ensuite. Le cynisme de l’auteur m’a énormément plu, son style vif, intelligent et absurde captive alors qu’elle remet en question l’idée de liberté des hommes, celle de penser par soi-même, de réellement désirer ce qu’on pense vouloir. Faut-il choisir entre la facilité ou la liberté ? La facilité n’est-elle pas une forme d’enfermement ?

Avec cette histoire dérangeante, Margaret Atwood nous propose une dystopie jubilatoire dans laquelle des personnages froids et calculateurs se servent de l’aspiration au bonheur pour contrôler les masses et plonger dans la déshumanisation des hommes. La critique de la société alternant farfelu, absurdité et moments glaçants fait immédiatement penser aux plus grands noms de la SF, le Soleil vert d’Harry Harrisson nous viendra à mainte reprise à l’esprit. Cet univers dystopique réempruntant le décors des fifties dans une Amérique en pleine crise économique m’a conquise.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/08/15/cest-le-coeur-qui-lache-en-dernier-de-margaret-atwood/
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date : 13-08
Un joli titre, une couverture épurée aux tons pastels, ce premier roman de Sophie Nicholls attire l’œil et l’attention.

Le roman est une histoire de femmes chahutées par la vie. On y retrouve des personnages hauts en couleurs, que ce soit dans leur exubérance, comme Fabia Moreno, cette « Mamma italienne » au comportement extravagant et toujours vêtue de façon originale qui tient une boutique de vêtements vintages, ou dans leur côté mystérieux, comme Ella, la fille de Fabia, une adolescente réservée mais au tempérament bien trempé. Ces deux protagonistes sont la force du roman, les deux femmes sont touchantes, autant dans leurs rapports de mère et fille parfois compliqués, que dans leur amourette respective ou dans leurs difficultés à se faire une place dans cette nouvelle ville de York où elles sont rapidement étiquetées comme étrangères.

Alternant des moments de légèreté et d’insouciance à des sujets plus sérieux, le roman nous expose la difficulté d’être une mère célibataire, de grandir sans père, le poids du passé et des préjugés face à une xénophobie difficilement acceptable. Pourtant, s’il est dur de ne pas se prendre de sympathie pour les protagonistes et qu’on ne peut que reconnaître la belle écriture très imagée de Sophie Nicholls, je dois avouer avoir eu du mal à rester concentrer sur ma lecture en permanence. J’ai lu les premiers chapitres d’une traite, pour ensuite tomber dans une lecture plus nonchalante, la faute à un manque d’uniformité dans le rythme du récit, qui essouffle par moment et s’encombre de longueurs.
La fin de l’histoire, qui arrive de façon très précipitée, m’a également laissée plus que songeuse, je m’attendais à une révélation surprenante, les mystérieux secrets de Fabia sont en réalité assez terre à terre. Ce dénouement ne parvient pas forcément à redonner un nouveau souffle au roman, qui se termine ainsi de façon assez simple et prévisible et déçoit un peu.

Une robe couleur de vent, premier tome de la trilogie Everyday Magic, nous propose une histoire aux senteurs de l’Iran et de l’Italie, une histoire de premiers émois, d’amour renaissant, de souvenirs et de lien entre mère et fille. On ressort de ce roman feel good légèrement déçu par son manque de rythme, mais le fond de l’histoire est très plaisant et en fait un récit distrayant.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/08/13/une-robe-couleur-de-vent-de-sophie-nicholls/
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date : 05-08
Pommes, oui, mais empoisonnées. Sous ses airs de roman édulcoré et déluré se cache en réalité une part de vérité très sombre et Richard Milward porte sur la jeunesse anglaise un regard désabusé et cynique.

Le roman a, à bien des égards, des airs du Trainspotting d’Irvine Welsh mais en version adolescente. Le sujet d’abord, avec un livre qui aborde une décadence propre à une jeunesse laissée trop vite à l’abandon. La forme de l’histoire aussi, avec ses chapitres et parties qui valsent d’un personnage à un autre. C’est ressemblant, mais bien loin d’être un défaut, il s’agit juste d’un regard plus jeune, plus frivole également, car encore bercé d’illusions malgré l’apparente fatalité qui semble en permanence planer sur la bande d’adolescents au centre du roman.
Un point de vue plus jeune, sûrement, mais pas moins violent. L’histoire est remplie de cette violence doucereuse, irritante, qui explose lorsqu’on s’y attend le moins. Les jeunes baignent dans cet univers poisseux, englués par l’alcool et la drogue qui leur procurent une liberté factice et un sentiment d’oubli qui ne tient pas la route et s’écaille aussi vite qu’il fait son apparition.

On se sent parfois un peu mal à l’aise, les personnages ont toujours l’air trop jeunes pour que leur réalité vole si vite en éclat ou alors, c’est leur insouciance forcée qui agace et révolte. On les observe s’enfoncer, on regarde les erreurs s’enchaîner, celles qui peuvent s’oublier et celles qui ne peuvent se réparer.
Adam et Eve sont au centre de ce microcosme anglais, mais il y a également leurs amis, leurs familles et au fil du roman, les destins se mettent en place, les routes se séparent ou se retrouvent. Finalement, le dernier chapitre se termine de la même façon dont le livre débute : sur une histoire qui bourgeonne. Et loin d’en être la fin, on a au contraire l’impression que tout ne fait que commencer.

Pommes est un roman de société frappant, un de ces livres coup de poing qui étalent avec violence les problématiques les plus cruelles qui peuvent toucher les jeunes. Sans se dénuer d’un style très poétique, les histoires de tous ces adolescents sont trash et frappantes. Le livre me reste encore à l’esprit bien après ma lecture.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/08/05/pommes-de-richard-milward/
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date : 31-07
Qu’est-ce qui nous définit en tant que personne ? Qu’est-ce qui définit le regard que l’on porte sur autrui ? Quel impact ont nos souvenirs et expériences d’enfance sur notre vie d’adulte ? À travers un texte intimiste, Elizabeth Strout nous parle de ce qui nous façonne et de l’importante complexité des liens qui peuvent unir les gens.

Suite aux complications d’une simple opération de l’appendice, Lucy se retrouve hospitalisée quelques semaines. Dans sa chambre d’hôpital, elle reçoit la surprenante visite de sa mère qu’elle n’a pas vu depuis plusieurs années. Cette petite chambre d’hôpital surplombée par les lumières du Chrysler Building devient, le temps de cinq jours, le théâtre des retrouvailles entre mère et fille, un catalyseur pour Lucy, qui replonge dans son enfance.
On y découvre les conditions dans lesquelles elle vivait avec sa famille, la pauvreté, les humiliations subies à l’école, le rejet, la dureté du regard des autres, autant de blessures encaissées petite fille qui ont durablement marqué la personne qu’elle est devenue adulte.

Ces retours dans le passé se mêlent aux échanges entre Lucy et sa mère, d’étonnantes conversations souvent à sens unique et pleines de non-dits qui reflètent cet amour imparfait entre mère et fille. Les deux femmes sont touchantes autant dans leur façon de s’aimer à distance que dans leurs rares moments de complicité commune.
On se prend d’une tendresse sincère pour le personnage de Lucy, pour sa sagesse toute mesurée dans son rapport à ce qui l’entoure, dans le récit des rencontres qui ont marquées sa vie, pour la sincérité avec laquelle elle nous présente son histoire à mesure que, en tant qu’écrivain, elle tente d’en faire son premier roman. Proche de l’oral à bien des moments, le lecteur se rapproche peu à peu de Lucy, auditoire privilégié tandis qu’elle met ses pensées à l’écrit avec une pudeur et une délicatesse frappantes.

Je m’appelle Lucy Barton fait partie de ces livres qui se dévorent en en savourant la moindre page. L’écriture toute en simplicité et pleine d’humanité d’Elizabeth Strout font de ce nouveau roman un récit poignant, de ceux qui chamboulent un instant et reviennent souvent à l’esprit.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/30/je-mappelle-lucy-barton-delizabeth-strout
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Pas de fioritures, pas de grandiloquences, rien de particulièrement démonstratif, La nuit, la mer n'est qu'un bruit ne repose que sur de l'ordinaire, un ordinaire au style froid et presque clinique parfois, dans la nonchalance des personnages et les longues descriptions marines, mais dans lequel on accepte facilement de se poser en spectateur pour observer le drame qui se joue.

Le roman est l'histoire d'une fuite. Fuir en tant qu'épouse, fuir en tant que mère, fuir en tant que fille. Fuir lorsqu'on ne sait plus où se placer.
On y découvre les premiers pas du couple que forment Maud et Tim, leurs différences, le début de leur vie à deux et immédiatement, on est frappé par le personnage de Maud, par sa distance, sa passivité, par ce personnage toujours en retrait, qui semble absent, comme une ombre durant toute la première partie de l'histoire. Tim se pose d'ailleurs en narrateur durant tout le début du roman, Maud n'existe qu'à travers son regard, son amour, ses attentions. Et à travers leur passion commune : la navigation. On a du mal à se prendre d'empathie pour cette femme si distante de ses parents, de son compagnon, puis ensuite de son enfant. Pourtant, à mesure que la tragédie approche, le rôle du narrateur s'inverse progressivement, jusqu'au drame, moment où Tim s'efface à son tour pour laisser Maud s'imposer et se révéler.

Face à la tragédie, Maud décide de s'enfuir, d'embarquer sur le Lordstar, leur bateau à Tim et elle, et de partir à la traversée de l'Atlantique. On découvre alors le personnage sous un autre jour. Avec la navigation comme véritable amour, Maud se révèle au contact de la mer, laisse entrevoir les fissures, regagne cette humanité qu'on peine à lui trouver dans les premières pages du récit.

Je me suis laissée happée par cette fuite cathartique, par le ton du récit qui restitue l'histoire sans chercher à l'embellir mais sans être dénué de joliesse pour autant. Chez Andrew Miller, les émotions et sentiments sont à l'image de son style : complexes avec simplicité. En parallèle, le vocabulaire sur la navigation n'est pas toujours facile à assimiler, mais la maîtrise de l'auteur de son sujet est indéniable et j'ai fini par me laisser porter par les passages en mer, non sans garder mon dictionnaire à portée de main, néanmoins.

Si je dois émettre une note négative, ce serait sur mes réserves concernant la fin qui m'a semblé se détacher de l'histoire, cesser à un moment donné d'en être la continuité. On s'égard dans une sorte d'aparté qui ne donne pas de réelle suite au récit, laissant le lecteur s'imaginer ce qu'il souhaite. Cette fin ouverte m'a un peu frustrée, j'aurais aimé en savoir plus sur le cheminement de Maud.

La nuit, la mer n'est qu'un bruit est un roman sur la difficulté d'aimer, de s'accorder, sur le deuil et le besoin de s'enfuir. Armé d'un style où joliesse rime avec simplicité et où beaucoup de choses sont tacites, l'auteur nous offre un récit plein d'humanité et transcende l'ordinaire.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/29/la-nuit-la-mer-nest-quun-bruit-dandrew-miller/
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date : 27-07
Quel exercice fastidieux que le huis clos ! Avec Captifs, Kevin Brooks parvient à jouer avec les codes du genre et à nous proposer un huis clos tout à fait honnête, dont l’idée de base m’a beaucoup plu.

Enlevé et enfermé dans un bunker, le jeune Linus décide de s’emparer du carnet qu’il retrouve dans le tiroir d’une des six chambres et de faire un journal de ce qu’il lui arrive. L'atmosphère pesante de l’enfermement se ressent dans ce lieu vide et froid, meublé de façon clinique de seulement quelques meubles de première nécessité. On imagine sans mal la lourdeur du silence, la terreur de l'obscurité qui arrive chaque soir à minuit pile, l'incompréhension face à l'arrivée d'autres captifs, puis la difficulté de survivre à plusieurs dans des conditions extrêmes. Ces éléments créent une ambiance un brin dérangeante et sont le théâtre idéal à un bon thriller. Cependant, une fois les premiers chapitres lus, mon enthousiasme a fini par retomber. L’atmosphère est présente, mais l’histoire et ses personnages finissent par pécher.

Il y a beaucoup trop de cheminements intérieurs de la part du protagoniste, des pensées parfois assez inutiles, un peu brouillonnes, trop enfantines qui nous sortent du drame qui est en train de se jouer. Le récit se fait comme un journal intime, ce qui explique l’omniprésence de Linus, notre protagoniste de 16 ans et ses pensées qui manquent parfois de maturité. Néanmoins, l’âge de Linus n’excuse pas tout et le manque de psychologie dans ce thriller m’a également semblé flagrant. La plupart des personnages sont fades, ceux qu’on parvient à apprécier manque souvent de présence. J'aurais aimé que l'aspect psychologique soit plus travaillé, l'auteur a cédé à la facilité en utilisant des personnages souvent caricaturaux. De la même façon, je regrette l'utilisation qui est faite de ce kidnappeur de l'ombre, figure trop peu exploitée à mon goût, qui n'apparaît qu'à travers ses actions et dont le manque de motivations lui enlève ce côté si effrayant qu'il avait au début du roman.

Malgré une mécanique intéressante, l’intrigue manque de consistance. Des moments d’actions surgissent de temps à autres, ne parvenant pas réellement à donner un nouveau souffle à l’histoire qui s’endort progressivement. Le thriller est parfois très brutal, la violence gratuite aux motivations mystérieuses n’apporte pas grand chose à l’intrigue et le final donne trop peu de réponses pour se sentir réellement satisfait. Je suis largement restée sur ma faim !

Captifs est un huis clos bien imaginé mais qui manque rapidement de densité pour nous captiver. Le ton du récit peine à s’affirmer, on hésite entre classer le roman dans ceux pour adultes ou pour adolescents et l’histoire manque de fond. Un thriller divertissant à défaut d’être mémorable faute de réels enjeux.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/27/captifs-de-kevin-brooks/
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date : 10-07
Les Shōnens purs et durs me laissent en général assez hermétique, j'ai toujours du mal à me plonger dans leurs univers. One-Punch Man, en tant que Shōnen, n'aurait pas échapper à la règle s'il ne s'était pas agit d'une parodie : et dans le fond, ça change tout ! Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai adoré, mais tout est beaucoup plus amusant à suivre lorsqu'on est dans la caricature. Avec ce premier tome, le ton est donné : pas de prise de tête, pas de sérieux, des situations et méchants abracadabrants, de la nonchalance et de la bagarre. Sympa à découvrir et à lire épisodiquement, je ne suis pas sûre que je dévorerais toute la série, mais pour l'instant, j'apprécie !
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date : 10-07
Mais où est donc passé le Chuck Palahniuk de ses débuts ?! J'ai beau observer entre les lignes, fouiller les mots, chercher dans les recoins de l'histoire, de l'auteur américain à la verve incisive que j'aime tant, je ne retrouve dans le Purgatoire que des miettes.

J'attendais pourtant le roman avec impatience, si Damnés ne m'avait pas totalement conquise, j'étais plutôt enthousiaste à l'idée de retrouver Madison, notre petite héroïne vouée aux Enfers. Mais rien à faire, cette suite n'arrive non seulement pas à la cheville du premier tome, mais elle est même bien loin en-dessous.

Bien loin des Enfers, Maddy se retrouve cette fois bloquée sur Terre sous la forme d'un fantôme, coincée dans le fameux Purgatoire vu par Palahniuk. Loin d'être aussi inventif que la visite des Enfers de la jeune ado, ce retour sur Terre est surtout le prétexte pour nous raconter les quelques années de vie de Madison avant sa mort, tout en introduisant l'idée qu'une histoire de destinée se cache peut-être derrière tout ce qui arrive à notre protagoniste. Le tout, raconté par la jeune fille elle-même sur internet et posté sur le « Doux Tweeter ».
Dans le fond, le récit se suit sans problème, Madison est toujours autant haute-en-couleurs avec son mélodramatisme confondu à un esprit parfois très terre à terre. Palahniuk insuffle de son cynisme dans les pensées de son personnage, on sent bien que l'auteur se cache derrière tout ça. Mais peut-être pas suffisamment. Comme dans Damnés, la jeunesse de Madison est, à mon sens, un frein à l'élan venimeux de l'auteur. Trop de candeur habite cette petite fille pourtant élevée au Xanax par des parents ultra-libéraux, ultra-naturistes et ultra-paparaziés.
Et surtout, il s'agit de l'occasion pour Palahniuk de plonger dans le registre du « pipi, caca, zizi » et autant le dire tout de suite : j'ai totalement détesté. Ce mélange de glauque et d'enfantillage constant m'a laissé une impression de malsain à la limite de l'écoeurement. Loin d'être admirative devant l'audace de l'auteur, j'ai bien vite était lassée par toutes ces avalanches de sexe, de cadavres en putréfaction et de fluides de toutes sortes. Autant c'était assez amusant dans Damnés dans un contexte fantastique, autant là, j'ai trouvé ça dégoûtant.

Ce deuxième tome de la trilogie de Madison Spencer me laisse un goût amer, je n'ai pas été convaincue par cette suite et si je lirai à coup sûr le prochain tome, ce sera à reculons.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/19/le-purgatoire-de-chuck-palahniuk/
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date : 05-07
Psychonautes est un petit alien graphique, un livre à l'histoire noire et sinistre illustrée par des dessins très minimalistes, à la limite de l'enfantin. Le contraste entre les deux marche très bien me concernant, ça crée une ambiance dérangeante qui me plaît beaucoup. J'ai beaucoup aimé découvrir l'univers de Birdboy, Dinki et ses amis, la critique derrière semble peut-être moins poussée que dans l'adaptation cinématographique (d'Alberto Vázquez également, qui adapte son roman graphique), mais le message reste bien présent et fait mouche.
Une chouette oeuvre, courte mais qui laisse une impression forte et tenace.
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date : 26-06
Fight Club 2 est l'un des livres que j'attendais le plus en 2016 et, à la fois, l'une des parutions que je redoutais. Il faut dire qu'on ne parle pas là d'une simple suite. Il s'agit de la suite de Fight Club, sans doute le roman le plus célèbre de Chuck Palahniuk, le plus alambiqué et le plus spectaculaire (sans la moindre objectivité, c'est clairement un de mes livres préférés).

Outre la perspective d'une suite à un livre qui n'appelle à aucune suite, le format de ce deuxième tome était également surprenant : d'un roman, on se retrouve à un comics. Palahniuk, connu pour son trash et sa verve venimeuse à souhait, imagé sur papier ? Ça avait de quoi laissé les lecteurs songeurs, moi la première. Et au terme de ma lecture, je dois avouer être toujours aussi songeuse.
Ai-je aimé ou non Fight Club 2 ? Autant le dire directement : à la sortie de ma lecture, je n'en avais pas la moindre idée.

Côté graphisme, et pour illustrer les idées tordues de Palahniuk, on retrouve Cameron Stewart, dont le nom vous sera sans doute connu si vous êtes férus de comics, et spécialement de Batman. Si ses dessins m'ont parus assez quelconques, il faut bien avouer qu'il y a quelque chose de très percutant dans le style de Stewart, que ce soit dans sa façon de faire surgir les émotions des personnages à travers les planches ou dans le côté très méta-textuel de son coup de crayon qui insert des objets (pilules, pétales de roses) sur les planches pour nous empêcher de lire certaines bulles ou de reconnaître certains personnages (coucou Tyler, on sait que c'est toi !).

Au niveau du scénario, il n'était pas forcément évidemment de reprendre l'histoire là où Palahniuk l'avait laissé, on se retrouve donc projeté des années plus tard et il n'est pas toujours facile de se faire aux nouvelles facettes des personnages (dont la vraie nature repointe tout de même assez vite le bout de son nez). On se laisse malgré tout assez vite prendre au jeu de ce nouveau récit qui joue encore une fois sur l’ambiguïté entre Tyler et Sébastian (nouveau prénom de vous-savez-qui), mais également sur l’ambiguïté entre réalité et fiction grâce à des passages dans lesquels Monsieur Palahniuk se met lui-même en scène entouré d'un groupe d'auteurs qui semblent incider sur toute l'histoire de Tyler.

Ce livre va faire partie de ceux qui demandent du temps, un délai de décantation pour faire le point, pour revenir dessus, pour se décider et finalement faire pencher la balance. C'est le genre de livre dont on sort sans avis fixe et qu'on découvre avoir adoré des mois plus tard après avoir relu deux, trois planches ou quelques chapitres. Adoré, ou détesté.

Quelques semaines plus tard, je me suis enfin fait un avis sur la question et pour ma part, je serais un peu moins catégorique cette fois : pas d'avis tranché, plutôt un ressenti en demi-teinte car non, je n'ai pas adoré cette suite sous forme de comics, mais sur certains points, j'ai trouvé cette lecture à la fois intelligente, surprenante et, il faut l'avouer, rudement bien foutue.
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date : 26-06
Ouvrir Et toi, tu as eu une famille ?, c'est plonger dans la douce mélancolie teintée de regrets et de deuil d'un roman choral aux multiples voix. On se laisse entraîner dans le fil de toutes ces vies brisées par un même drame, par tous ces chemins qui partent de la même petite ville du Connecticut et s'animent autour de la même tragédie.

Un incendie, plusieurs morts la veille d'un mariage. Les deux futurs mariés périssent, ainsi que l'ex-mari et l'amant de la mère de la mariée, seule survivante du drame. De June, la mère de Lolly qui devait se marier, en passant par Lydia, la mère de Luke, l'amant de June, sans oublier les voisins, les amis, les voix éloignées pour qui les victimes n'étaient que des connaissances, les récits s'alternent avec sensibilité, sonde les personnages pour nous révéler leur pensées, secrets, regrets et rancœurs les plus intimes.

Si le sujet du roman n'a rien d'innovant, l'écriture et son style délicat parviennent à faire de l'histoire un récit dans lequel on se plonge avec émotions, touché par toutes ces vies chargées d'histoires, de doutes et d'obstacles qui s'entrecroisent.
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Comme des larmes sous la pluie fait partie de ces romans que j'aimerais beaucoup pouvoir adorer... sans le pouvoir.

Si l'écriture très simpliste permet de se plonger facilement dans le livre et d'enchaîner aisément les chapitres, je suis restée très sceptique face à l'histoire que j'aurais pourtant beaucoup aimé pouvoir apprécier. Pourtant, pas moyen de ne pas être agacée par le côté très mièvre du style de l'auteur, par les portraits très idéalistes de la plupart de ses personnages. Que ce soit Simon, ses amis ou bien les personnes qui travaillent avec Naëlle, leur manque de naturel flagrant et ce ton gentillet poussé à l'extrême qui caractérisent leurs personnages m'a vite lassée.

Le retournement de situation au cœur du livre aurait quant à lui pu me plaire s'il avait été mieux amené. Rien ne laissait présager la lecture d'un pseudo-thriller, les petites apartés en gros caractères entre les chapitres étaient une bonne idée pour introduire le mystère, mais la révélation ne tient pas totalement la route, c'était trop tiré par les cheveux et sans réel fondement, je n'ai pas non plus réussi à apprécier cet aspect.

De ce roman lu en une nuit, il ne me reste que l'impression d'un thriller déguisé un peu fade qui, s'il n'est pas parvenu à me toucher ou à me captiver, a au moins le mérite de se lire rapidement.

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Un quatrième tome aux accents de Jazz en plein coeur de la Nouvelle-Orléans.

Je suis toujours autant bluffée par les dessins et le zoomorphisme des personnages qui leur donne des caractéristiques extrêmement humaines. Et j'aime décidément beaucoup le personnage de Week !

L'intrigue se suit plaisamment, on plonge dans les milieux de la drogue, de la musique, enveloppés par cette atmosphère chaude et poisseuse qui sied bien à la Nouvelle-Orléans des années 50. J'ai peut-être été un peu déçue de la fin, la résolution de l'enquête se faisant un peu précipitamment, mais dans l'ensemble, ce quatrième tome est très plaisant !
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Ma découverte du merveilleux univers du Sorceleur a commencé avec The Witcher 3 : Wild Hunt. Je n'avais qu'une envie après la fin du jeu, découvrir les livres d'Andrzej Sapkowski. Et mon enthousiasme n'a fait que grandir au fil de ma lecture !

Avec son découpage très intéressant (chaque nouvelle est entrecoupée par les morceaux d'une autre nouvelle qui sert de fil rouge à toutes les autres histoires), on est captivé par les différents récits qui s'enchaînent, formant peu à peu la base de l'univers d'Andrzej Sapkowski.
J'ai adoré découvrir la nouvelle du Sorceleur, la première pierre angulaire à l'oeuvre de fantasy qui suivra, surtout après l'avoir découverte en images au début du premier jeu vidéo ! Un premier indice qui confirme que les jeux sont extrêmement bien adaptés : je retrouve dans les livres tous les personnages, lieux et détails que j'ai tant aimé dans les jeux, c'est un vrai plaisir de pouvoir appréhender cet univers de fantasy si riche, mais sur papier cette fois.

Si certaines nouvelles sont plus captivantes que d'autres, ce premier recueil mélangeant habilement aventures, actions avec souvent une touche d'humour bien amenée est une très belle entrée en matière pour découvrir le célèbre Geralt de Riv et ses compagnons d'aventures, et plonger dans l'univers du Sorceleur.

https://libellulelivresque.wordpress.com/2017/07/20/sorceleur-tome-1-le-dernier-voeu-dandrzej-sapkowski/
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date : 15-05
Il y a dans l'écriture de Stuart Nadler un je-ne-sais-quoi qui a réussi a attirer toute mon attention. Je me suis laissée entraîner avec plaisir dans la chronique familiale des Inséparables, dans les remous de la famille d'Henrietta, Oona et Lydia. Grand-mère, mère et fille, trois générations de femmes face aux problèmes de la vie.

A travers cette brève chronique familiale, Stuart Nadler nous propose de nous confronter à des thèmes de société, des sujets intemporels ou très contemporains. Du veuvage en passant par le divorce ou encore le harcèlement scolaire, les personnages se retrouvent malmenés par ces choses de la vie au cœur d'un récit qui réussit à utiliser des sujets habituellement difficile à aborder sans pathos. Stuart Nadler y parvient très bien, son histoire marque par son réalisme flagrant, par l'extrême justesse de son ton et de ses portraits de femmes.

Et des femmes, il y en a trois dans les Inséparables. On se prend immédiatement de sympathie pour Henrietta et sa petite-fille Lydia, pour la sagesse un peu vieillotte de l'aînée et pour la fragilité infantile de la jeune fille. Si je me suis tout de suite attachée à Henrietta et Lydia, pour Oona, j'ai craint au début que son comportement très égocentrique me lasse et je pensais ne pas réussir à l'apprécier. Son caractère avait tendance à m'agacer, notamment vis-à-vis de son comportement envers Henrietta. Mais dès qu'elle laisse tomber le masque de fille pour prendre celui de mère, je me suis laissée apprivoiser par cette femme pleine d'amour et d'inquiétudes pour sa fille Lydia.

Les Inséparables pourrait passer pour un énième roman contemporain sur la société américaine, on y retrouve cependant un style épuré qui se pare d'une grande justesse et permet de livrer un récit emprunt d'un réalisme touchant. Une chouette découverte !
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Un deuxième tome dans la lignée du premier, Marie retrouve son monde imaginaire plein de monstres et de créatures magiques et farfelues. Les blagues sont toujours aussi enfantines et facilement oubliables. Une bande dessinée qui se lit vite et s'oublie tout aussi rapidement...
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