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Yellow birds



Description ajoutée par bridget 2013-03-21T14:56:25+01:00

Résumé

Bartle, 21 ans, est soldat en Irak, à Al Tafar. Depuis l’entraînement, lui et Murph, 18 ans, sont inséparables. Bartle a fait la promesse de le ramener vivant au pays. Une promesse qu’il ne pourra pas tenir… Murphy mourra sous ses yeux et hantera ses rêves de soldat et, plus tard, de vétéran.

Yellow birds nous plonge au coeur des batailles où se déroule la vie du régiment conduit par le sergent Sterling. On découvre alors les dangers auxquels les soldats sont exposés quotidiennement. Et le retour impossible à la vie civile.

Kevin Powers livre un roman fascinant sur l’absurdité de la guerre, avec une force aussi réaliste que poétique.

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Classement en biblio - 49 lecteurs

Extrait

Extrait ajouté par bridget 2013-03-21T14:57:58+01:00

La guerre essaya de nous tuer durant le printemps. L'herbe verdissait les plaines de Ninawa, le temps s'adoucissait, et nous patrouillions à travers les collines qui s'étendaient autour des villes. Nous parcourions les herbes hautes avec une confiance fabriquée de toutes pièces, nous frayant, tels des pionniers, un chemin dans la végétation balayée par le vent. Pendant notre sommeil, la guerre frottait ses milliers de côtes par terre en prière. Lorsque nous poursuivions notre route malgré l'épuisement, elle gardait ses yeux blancs ouverts dans l'obscurité. Nous mangions, et la guerre jeûnait, se nourrissant de ses propres privations. Elle faisait l'amour, donnait naissance, et se propageait par le feu.

Puis, durant l'été, elle essaya encore de nous tuer tandis que la chaleur blanchissait les plaines et que le soleil burinait notre peau. Elle faisait fuir ses citoyens qui se réfugiaient dans les recoins sombres des immeubles couleur de craie, et jetait une ombre blême sur tout, tel un voile sur nos yeux. Jour après jour, elle tentait de nous supprimer, en vain. Non pas que notre sécurité fut prévue. Nous n'étions pas destinés à survivre. En vérité, nous n'avions pas de destin. La guerre prendrait ce qu'elle pourrait. Elle était patiente. Elle n'avait que faire des objectifs, des frontières. Elle se fichait de savoir si vous étiez aimé ou non. La guerre s'introduisit dans mes rêves cet été-là, et me révéla son seul et unique but : continuer, tout simplement continuer. Et je savais qu'elle irait jusqu'au bout.

Quand septembre arriva, la guerre avait décimé des milliers de personnes. Les corps jonchaient ici et là les avenues criblées d'impacts, étaient dissimulés dans les ruelles, et entassés dans les creux des collines aux abords des villes, les visages boursouflés et verts, allergiques à présent à la vie. La guerre avait fait de son mieux pour tous nous éliminer : hommes, femmes, enfants. Mais elle n'avait réussi à tuer qu'un peu moins d'un millier de soldats comme moi et Murph. Au début de ce qui était censé être l'automne, ces chiffres signifiaient encore quelque chose pour nous. Murph et moi étions d'accord. Nous refusions d'être le millième mort. Si nous mourions plus tard, eh bien soit. Mais que ce chiffre fatidique s'inscrive dans la vie de quelqu'un d'autre.

Nous ne remarquâmes presque aucun changement en septembre. Mais je sais à présent que tout ce qui allait compter dans ma vie s'amorça alors. Peut-être la lumière descendait-elle un peu plus doucement sur Al Tafar, car elle se perdait au-delà des silhouettes fines des toits et dans la pénombre des renfoncements sur les boulevards. Elle inondait les briques de terre et les toitures en tôle ondulée ou en béton des bâtiments blancs et ocres. Le ciel était vaste et grêlé de nuages. Un vent frais nous parvenait des lointaines collines à travers lesquelles nous avions patrouillé toute l'année. Il soufflait sur les minarets qui s'élevaient au-dessus de la citadelle, s'engouffrait dans les ruelles en agitant les auvents verts, et poursuivait son chemin jusqu'aux champs en friche qui encerclaient la ville, pour finir par se briser contre les demeures hérissées de fusils dans lesquelles nous étions disséminés. Les membres de notre unité se déplaçaient sur le toit terrasse où nous étions en position - traînées grises dans les lueurs qui précédaient l'aube. C'était la fin de l'été, un dimanche me semble-il. Nous attendions.

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Commentaires récents

Commentaire ajouté par Priscilla-24 2019-11-16T07:46:55+01:00
Argent

Yellow birds | Kevin Powers

Je l'ai commencé il y a quelques semaines déjà, et après la lecture des premiers chapitres je l'ai totalement abandonné. Pas emballée par le sujet. Un peu trop dur...

Mais comme je l'ai reçu en cadeau la moindre des choses c'est de le lire !

Au fil des pages je me suis prise de compassion pour l'histoire de ces deux jeunes hommes envoyés au front en Irak, qui se retrouvent face à l'horreur de la guerre, a la banalité de la mort, à la cruauté gratuite des hommes.

Il y a cette force obscure qui, pour survivre, les poussent au pire et surtout les oblige à s'habituer aux situations horribles.

Il y aussi l'alternance avec les chapitres sur le retour au pays. Empreints de cette même douleur.

Bartle devenu le fantôme de l'homme qu'il aurait pu être....Récit d'une vie en lambeaux que rien ne pourra reconstruire.

Ce livre est rempli de phrases qui sonnent justes et qui ont résonnées en moi.

Il est beau, bien écrit et pourtant je ne le relirai pas car ça reste une lecture dure sans une once de positif. La triste réalité de la guerre. Hors moi j'aime bien trouver un peu de paillettes dans ma vie, même dans le pire ;)

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Commentaire ajouté par Irene-Adler 2019-02-16T16:04:45+01:00
Argent

La guerre, c'est une horreur, c'est une saloperie, c'est le genre de chose à ne pas faire. Tout le monde le sait, mais on la fait quand même.

Des hommes politiques nous ont menti pour aller la faire en Irak. Et que reste-t-il ? Des morts, des traumatisés, un pays déchiré et des politiciens souriants, même pas inquiété ou si peu.

Écrit à la première personne, ce roman conte les ravages, physique et psychologique, vécu par un jeune soldat américain de 20 ans, John Bartle, propulsé dans la guerre d'Irak en 2004.

Il s'est engagé pour quitter la maison familiale : mauvaise idée ! On lui aurait bien dit les risques qu'il prenaient, sans parler des traumatismes qui pourraient en découler, mais on aurait perdu notre temps, il ne nous aurait pas écouté, le John.

Son engagement fut sa première erreur. La seconde fut de juger à la mère de son copain de chambrée, Murphy, qu'il prendrait soin de lui et le ramènerait en un seul morceau et vivant...

Le but du jeu ? Ne pas devenir le millième mort du conflit irakien !

Dès le départ, on sait que Murphy ne reviendra pas vivant du conflit... Durant le récit, on ne peut qu'assister, impuissant, à la lente descente de John Bartle qui va craquer sous le poids de la guerre et sous l'impossible promesse faite à la mère de son pote.

Bartle sait que Murphy ne tiendra pas le coup. La guerre a fait de lui un autre homme, un homme dont l'esprit est déjà de retour en Amérique alors que le corps est toujours en Irak.

La question est de savoir "comment" il est mort. Là, j'ai été bluffée.

La force du récit est l'alternance et le mélange entre plusieurs époques : le Fort Dix, dans le New Jersey (2003); Richmond, en Virginie, lors de son retour (2005) et al Tafar, pour la guerre en Irak (2004).

Des époques pas si éloignée que ça en terme d'années... Pourtant, lors de la lecture, on sent bien le fossé énorme qui séparera ces trois années.

De l'insouciance de la préparation militaire à la peur lors de l'affrontement en Irak jusqu'à la reprise impossible d'une vie normale au retour. Bartle n'est plus le même garçon. À 21 ans, on est pas un homme et le fait d'aller au front ne fera pas de lui - ni des autres - des hommes.

L'auteur sait de quoi il parle, ayant combattu en Irak en 2004 et 2005. La différence avec un autre roman sur la guerre, c'est qu'il y a la force poétique en plus.

Malgré tout, tant que l'on a pas été au combat, on ne peut pas savoir et aucun plume, aucune image, n'arrivera à nous expliquer l'effet ressenti. Sans compter qu'il y aura autant de "ressenti" que de personnes qui l'ont faite.

De la guerre et de ses combats, on en ressort traumatisé, lessivé, perdu, ou alors, on se transforme en être froid, en machine à tuer.

Bartle en est sorti vidé... le lecteur aussi. Superbe.

"Je ne mérite la gratitude de personne, et en vérité les gens devraient me détester à cause de ce que j'ai fait, mais tout le monde m'adore et ça me rend fou".

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Commentaire ajouté par Stemilou 2015-05-29T15:16:19+02:00
Lu aussi

La guerre, la jeunesse, l’effroi, la violence, la culpabilité, le retour, la vie et la mort.

Deux jeunes garçons, Bart 21 ans et Murph 18 ans, originaire tous les deux de Virginie. Pour fuir leur vie si ordinaire voire médiocre, pour élargir leurs possibilités ils s’engagent dans l’armée et très vite deviennent soldats et partent pour l’Irak.

C’est pendant leurs classes que ces deux soldats se rencontrent et que, par un malheureux hasard, Bart promet de veiller sur Murph et de le ramener vivant au pays. Une promesse difficile à tenir dans ce pays aux paysages nus, à la chaleur étouffante, où l'on compte les morts et tente d’échapper aux statistiques.

Bart reviendra seul dans sa Virginie natale, le retour à la vie normale n’est pas aisé d’autant qu’il va se remémorer les mois de guerre, la disparition de son camarade, les odeurs de brûlé, les ordres du sergent Sterling, les carcasses piégées … c’est un survivant.

Un livre fort sur le retour d’un homme, trop jeune pour mourir à la guerre et qui revient traumatisé. J’ai trouvé ce récit intense, pourtant je ne suis habituellement pas fan de ce genre de lecture mais ce qu’il a vu au pied de cette muraille le hante et les sentiments de ce jeune soldat parti faire une guerre qu’il ne comprend pas touche le lecteur par les descriptions qui en sont donnés, je vois cette muraille, je vois ce désert aveuglant, je vois cette violence et les tourments de ces vétérans qui n’ont certes pas perdus la vie mais qui tentent pourtant de continuer à avancer. Aucun message à faire passer, même sur l’absurdité des guerres, juste l’histoire touchante d’un jeune garçon qui a perdu pied et qui préfère l’isolement à l’honneur d’être un rescapé.

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Commentaire ajouté par Joyeux-Drille 2015-03-04T22:32:50+01:00
Lu aussi

Autant un roman qu'un témoignage. Powers s'engagea à 19 ans et fut envoyé en Irak dans la foulée. Son livre décrit le traumatisme d'une guerre qu'on disait gagnée d'avance. J'ai été très intéressé par le destin croisé des 2 protagonistes, Bart et Murph, mais aussi par l'impression que ces jeunes ne sont pas faits pour être soldats. Les raisons politiques importent peu : toute guerre est atroce.

http://appuyezsurlatouchelecture.blogspot.fr/2013/04/je-ne-suis-pas-un-heros-jai-eu-de-la.html

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Commentaire ajouté par nanouprof 2014-07-31T20:49:26+02:00
Bronze

J'ai eu un tout petit peu de mal à rentrer dans ce roman mais après j'ai foncé tête baissée dans cette histoire tirée de l'expérience même de l'auteur.

Un très beau livre.

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Commentaire ajouté par Lili94 2014-05-24T00:15:51+02:00
Argent

Ce livre est magnifique et puissant. Il permets de voir et comprendre la psychologie de ces hommes, trop jeune pour le plus part, avant, après et pendant les combats. La perte de soi même à mesure que les balles sont tirées...

C'est un livre émouvant, je vous le conseil.

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Commentaire ajouté par Arsinoe 2014-05-21T19:03:08+02:00
Or

ou comment même rentré au pays et libéré de la guerre, le soldat Bartle reste emprisonné et englué par son parcours en Irak. Beau livre.

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Commentaire ajouté par Murph 2013-08-02T21:45:33+02:00
Diamant

Ce livre est simplement magnifique. Quand on le lit, on ne peut pu s'arrêter car nous sommes transporter dans la vie des deux jeunes soldats.

Kevin Powers à une façon de dire les choses juste tout en étant poétique. Il nous montre les ravages que fait la guerre et aussi ce qu'elle donne en échange aux soldats : la dépression, l'impression de n'avoir plus de vie, d'être impuissant face à elle.

Vivre est de la survie, ce que ce roman nous dit depuis le début, et ce qui est la vérité.

J'ai lus ce bouquin deux fois, et je le relirais encore une fois, encore une fois...

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Date de sortie

Yellow birds

  • France : 2014-04-02 - Poche (Français)

Activité récente

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2018-08-13T16:00:55+02:00

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Extraits 1
Evaluations 9
Note globale 8.56 / 10

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