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Il était une fois une petite fille qui s'appelait Boubélé. C'était la plus adorable et la plus charmante des petites filles. Ses boucles brunes semblaient danser lorsqu'elle marchait, sa voix chantait, ses yeux souriaient dès le premier rayon de soleil et parfois en pleine nuit, dans son sommeil.
Boubélé aimait faire la cabriole avant, la cabriole arrière, la roue et le cochon pendu. Elle aimait aussi écrire des lettres à ses parents, Mamalé et Abalé.
- Mais vous habitez dans la même maison ! lui avait dit un jour son amie Mélina. À quoi ça sert d'écrire des lettres aux gens qu'on voit tous les jours ?
Boubélé avait essayé de lui expliquer :
- Les mots qu'on écrit, c'est pas pareil que les mots qu'on dit. Ils restent sur la feuille pour toujours. Ils se lisent en silence. C'est comme un secret.
Mélina, qui n'avait rien compris, avait haussé les épaules et avait dit :
- N'importe quoi ! Tu es vraiment très bête !
Depuis ce jour, Boubélé avait décidé que Mélina n'était plus son amie, car les vrais amis ne disent jamais de mots blessants et elle avait continué à écrire des lettres à ses parents où elle leur disait qu'elle les aimait, qu'ils étaient les meilleurs parents du monde, les plus beaux et les plus rigolos.
Chaque matin, le papa de Boubélé la réveillait en lui faisant un bisou sur le bout du nez et, chaque soir, sa maman lui souhaitait une belle nuit en l'embrassant sur les deux joues, et aussi près des oreilles, ce qu'elle adorait parce que ça la chatouillait.
La vie était belle, et, pourtant, Boubélé avait des soucis. Souvent, elle pensait que ses parents allaient mourir un jour, et ça la rendait immensément triste. On lui avait dit que les parents mouraient avant les enfants, que c'était normal parce qu'ils étaient nés avant. Elle, elle ne trouvait pas ça normal du tout. Elle pensait qu'il est impossible de vivre sans son papa et sa maman. On lui avait répondu : «Oui, mais quand on est grand, on a moins besoin de ses parents.» Elle n'avait pas cru une seconde à cette bizarrerie qui ressemblait surtout à un gros mensonge.
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