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  • Ainsi la maison se trouvant vide, les portes fermées à clef et les matelas roulés, ces airs vagabonds, avant-gardes de grandes armées, entrèrent tumultueusement, frôlèrent des panneaux nus, mordillèrent, soufflèrent, ne rencontrèrent aucune résistance sérieuse dans les chambres à coucher ou le salon, rien que des tentures qui s'agitaient, du bois qui craquait, les pieds nus des tables, des casseroles et de la porcelaine déjà noircies, ternies, craquelées. Ce que l'on avait jeté, abandonné - une paire de souliers, une casquette de chasse, des jupes et des vestons défraîchis dans des garde-robes - ces objets-là seuls gardaient une forme humaine et, dans ce vide général, indiquaient qu'ils avaient été jadis gonflés par de la vie ; que des mains avaient manié des crochets et des boutons ; que le miroir avait jadis contenu un visage, un monde, creusé, semblait-il, dans sa profondeur, dans lequel parfois une forme humaine s'était tournée, une main avait passé comme un éclair, une porte s'était ouverte, des enfants s'étaient précipités en trébuchant, étaient repartis. Maintenant, tous les jours, la lumière tournante projetait sa claire image sur le mur d'en face, comme une fleur se mirant dans l'eau. Les ombres des arbres cependant, dont le vent agitait les panaches, faisaient des révérences qui, apparaissant sur ce mur, obscurcissaient un instant le lac où se réfléchissait la lumière ; ou encore des oiseaux en fuyant promenaient à travers le plancher une tache au doux frémissement.

    Extrait de La Promenade au phare
  • "La situation de la contrée entière où s'était déchaîné l'incendie était effrayante. Dieu veuille que nous ne voyions pas une révolte à la russe, absurde et sans merci. Ceux qui rêvent chez nous d'impossibles révolutions, ou sont des jeunes gens qui ignorent notre peuple, ou vraiment des gens au coeur cruel, pour qui leur peau ne vaut pas plus d'un kopeck et la tête des autres pas plus d'un quart de kopeck. "

    Extrait de La Fille du capitaine
  • A M. Victor Hugo

    Le livre mignard de tes vers, dans cent ans comme aujourd'hui, sera le bien choyé des châtelaines, des damoiseaux et des ménestrels, florilège de chevalerie,

    Décaméron d'amour qui charmera les nobles oisivetés des manoirs.

    Mais le petit livre que je te dédie, aura subi le sort de tout ce qui meurt, après avoir, une matinée peut-

    être, amusé la cour et la ville qui s'amusent de peu de chose.

    Alors, qu'un bibliophile s'avise d'exhumer cette œuvre moisie et vermoulue, il y lira à la première page ton nom illustre qui n'aura point sauvé le mien de l'oubli.

    Sa curiosité délivrera le frêle essaim de mes esprits qu'auront emprisonnés si longtemps des fermaux de vermeil dans une geôle de parchemin.

    Et ce sera pour lui une trouvaille non moins précieuse que l'est pour nous celle de quelque légende en lettres gothiques, écussonnée d'une licorne ou de deux cigognes.

    Extrait de Gaspard de la nuit
  • Rassurez-vous, madame! j'ai honte d'avoir fait cet éclat et d'avoir cédé à un premier mouvement de surprise. Vous m'accusez d'imposture et votre belle bouche ne peut mentir. Vous l'avez dit, je suis fou, j'ai rêvé. Ici même, il y a une heure, quelque chose comme votre fantôme passait, m'adressait de douces paroles et promettait de revenir... Il y avait de la magie, sans doute, et cependant tous les détails restent présents à ma pensée. J'étais là, je venais de voir le soleil se coucher derrière le Pausilippe, en jetant sur Ischia le bord de son manteau rougeâtre, la mer noircissait dans le golfe, et les voiles blanches se hâtaient vers la terre comme des colombes attardées... Vous voyez, je suis un triste rêveur, mes lettres ont dû vous l'apprendre, mais vous n'entendrez plus parler de moi, je le jure, et vous dis adieu.

    Extrait de Les filles du feu - Les Chimères
  • Quand notre maîtresse est vivante, une grande partie des pensées qui forment ce que nous appelons notre amour nous viennent pendant les heures où elle n'est pas à côté de nous. Ainsi l'on prend l'habitude d'avoir pour objet de sa rêverie un être absent, et qui, même s'il ne le reste que quelques heures, pendant ces heures-là n'est qu'un souvenir. Aussi la mort ne change-t-elle pas grand-chose.

    Extrait de À la recherche du temps perdu, tome 6 : Albertine disparue ou la fugitive

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