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  • De quoi pleurait-elle ? me demandez-vous, et moi je vous demanderai : De quoi les femmes ne pleurent-elles pas ? Les larmes sont leur arme offensive et défensive. Le dépit, la joie, la haine impuissante, l'amour impuissant, ont chez elles une seule et même expression : Vièra Dmitrievna était elle-même incapable de discerner lequel de ces sentiments était la cause principale de ses larmes.

    Extrait de La Princesse Ligovskoï
  • PHEDRE

    Ah ! cruel, tu m'as trop entendue !

    Je t'en ai dit assez pour te tirer d'erreur.

    Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur.

    J'aime. Ne pense pas qu'au moment que je t'aime,

    Innocente à mes yeux, je m'approuve moi−même,

    Ni que du fol amour qui trouble ma raison,

    Ma lâche complaisance ait nourri le poison.

    Objet infortuné des vengeances célestes,

    Je m'abhorre encor plus que tu ne me détestes.

    Les dieux m'en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc

    Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;

    Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle

    De séduire le coeur d'une faible mortelle.

    Toi−même en ton esprit rappelle le passé.

    C'est peu de t'avoir fui, cruel, je t'ai chassé :

    J'ai voulu te paraître odieuse, inhumaine,

    Pour mieux te résister, j'ai recherché ta haine.

    De quoi m'ont profité mes inutiles soins ?

    Tu me haïssais plus, je ne t'aimais pas moins.

    Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.

    J'ai langui, j'ai séché, dans les feux, dans les larmes.

    Il suffit de tes yeux pour t'en persuader,

    Si tes yeux un moment pouvaient me regarder.

    Que dis−je ? Cet aveu que je te viens de faire,

    Cet aveu si honteux, le crois−tu volontaire ?

    Tremblante pour un fils que je n'osais trahir,

    Je te venais prier de ne le point haïr.

    Faibles projets d'un coeur trop plein de ce qu'il aime !

    Hélas ! je ne t'ai pu parler que de toi−même !

    Venge−toi, punis−moi d'un odieux amour ;

    Digne fils du héros qui t'a donné le jour,

    Délivre l'univers d'un monstre qui t'irrite.

    La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !

    Crois−moi, ce monstre affreux ne doit point t'échapper.

    Voilà mon coeur : c'est là que ta main doit frapper.

    Impatient déjà d'expier son offense,

    Au−devant de ton bras je le sens qui s'avance.

    Frappe. Ou si tu le crois indigne de tes coups,

    Si ta haine m'envie un supplice si doux,

    Ou si d'un sang trop vil ta main serait trempée,

    Au défaut de ton bras prête−moi ton épée.

    Donne.

    Extrait de Phèdre
  • A M. Victor Hugo

    Le livre mignard de tes vers, dans cent ans comme aujourd'hui, sera le bien choyé des châtelaines, des damoiseaux et des ménestrels, florilège de chevalerie,

    Décaméron d'amour qui charmera les nobles oisivetés des manoirs.

    Mais le petit livre que je te dédie, aura subi le sort de tout ce qui meurt, après avoir, une matinée peut-

    être, amusé la cour et la ville qui s'amusent de peu de chose.

    Alors, qu'un bibliophile s'avise d'exhumer cette œuvre moisie et vermoulue, il y lira à la première page ton nom illustre qui n'aura point sauvé le mien de l'oubli.

    Sa curiosité délivrera le frêle essaim de mes esprits qu'auront emprisonnés si longtemps des fermaux de vermeil dans une geôle de parchemin.

    Et ce sera pour lui une trouvaille non moins précieuse que l'est pour nous celle de quelque légende en lettres gothiques, écussonnée d'une licorne ou de deux cigognes.

    Extrait de Gaspard de la nuit
  • Évariste Gamelin, peintre, élève de David, membre de la section du Pont-Neuf, précédemment section Henri IV, s'était rendu de bon matin à l'ancienne église des Barnabites, qui depuis trois ans, depuis le 21 mai 1790, servait de siège à l'Assemblée générale de la section.

    Cette église s'élevait sur une place étroite et sombre, près de la grille du Palais.

    Sur la façade, composée de deux ordres classiques, ornée de consoles renversées et de pots à feu, attristée par le temps, offensée par les hommes, les emblèmes religieux avaient été martelés et l'on avait inscrit en lettres noires au dessus de la porte la devise républicaine : "Liberté, Égalité, Fraternité ou la Mort"....

    Extrait de Les dieux ont soif
  • Cette apparence de méchanceté engagea les femmes d'un certain âge à lui pardonner la simplicité de ses manières, et les sots auxquels il fit peur se hâtèrent de l'applaudir. Octave, exprimant finement tout le mépris dont il était dévoré, trouvait dans la société le seul bonheur qu'elle pût lui donner, lorsque la duchesse d'Ancre s'approcha du divan sur lequel il était assis, et dit, non à lui, mais pour lui, et à voix très basse, à Mme de la Ronze son amie intime: "Voyez cette petite sotte d'Armance, ne s'avise-t-elle pas d'être jalouse de la fortune qui tombe des nues à M. de Malivert? Dieu! que l'envie sied mal à une femme!" L'amie devina la duchesse et saisit le regard fixe d'Octave qui, tout en ayant l'air de ne voir que la figure vénérable de M. l'évêque de'** qui lui parlait en cet instant, avait tout entendu. En moins de trois minutes, le silence de Mlle Zohiloff se trouva expliqué, et elle convaincue, dans l'esprit d'Octave, de tous les sentiments bas dont on venait de l'accuser. Grand Dieu, se dit-il, il n'y adonc plus d'exception à la bassesse de sentiments de toute cette société! Et sous quel prétexte m'imaginerais-je que les autres sociétés sont différentes de celle-ci. Si l'on ose afficher une telle adoration pour l'argent dans l'un des salons les mieux composés de France, et où chacun ne peut ouvrir l'histoire sans retrouver un héros de son nom, que sera-ce parmi de malheureux marchands millionnaires aujourd'hui, mais dont hier encore le père portait la balle? Dieu que les hommes sont vils!

    Extrait de Armance

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