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Les Diaboliques

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  • Une voix, seule.

    Sion ne sera plus. Une flamme cruelle

        Détruira tous ses ornements.

     

    Une autre voix

    Dieu protège Sion. Elle a pour fondements

        Sa parole éternelle.

     

    La première

    Je vois tout son éclat disparaître à mes yeux.

     

    La seconde

    Je vois de toutes parts sa clarté répandue.

     

    La première

    Dans un gouffre profond Sion est descendue.

     

    La seconde

        Sion a son front dans les cieux

     

    La première

    Quel triste abaissement !

     

    La seconde

          Quelle immortelle gloire !

     

    La première

    Que de cris de douleur !

     

    La seconde

          Que de chants de victoire !

    ___

    Acte III, scène 8 — v.1216-1225

    Extrait de Athalie
  • LE PERE - Mais puisque le mal est là tout entier! Dans les mots! Nous avons tous en nous un monde de choses; chacun d'entre nous un monde de choses qui lui est propre! Et comment pouvons-nous nous comprendre, monsieur, si je donne aux mots que je prononce le sens et la valeur de ces choses telles qu'elles sont en moi; alors que celui qui les écoute les prend inévitablement dans le sens et avec la valeur qu'ils ont pour lui, le sens et la valeur de ce monde qu'il a en lui? On croit se comprendre; on ne se comprend jamais! Tenez, par exemple: ma pitié, toute la pitié que j'éprouve pour cette femme (il montre la Mère), elle l'a prise pour la plus féroce des cruautés!

    Extrait de Six personnages en quête d'auteur
  • Extrait de La Maison Nucingen

    Un signe suffit pour expliquer le désir que j’avais de rester et d’écouter au moment où Bixiou prit la parole, comme on va le voir. Nous entendîmes alors une de ces terribles improvisations qui valent à cet artiste sa réputation auprès de quelques esprits blasés, et, quoique souvent interrompue, prise et reprise, elle fut sténographiée par ma mémoire. Opinions et forme, tout y est en dehors des conditions littéraires. Mais c’est ce que cela fut : un pot-pourri de choses sinistres qui peint notre temps, auquel l’on ne devrait raconter que de semblables histoires, et j’en laisse d’ailleurs la responsabilité au narrateur principal. La pantomime, les gestes, en rapport avec les fréquents changements de voix par lesquels Bixiou peignait les interlocuteurs mis en scène, devaient être parfaits, car ses trois auditeurs laissaient échapper des exclamations approbatives et des interjections de contentement.

    — Et Rastignac t’a refusé ? dit Blondet à Finot.

    — Net.

    — Mais l’as-tu menacé des journaux, demanda Bixiou.

    — Il s’est mis à rire, répondit Finot.

    — Rastignac est l’héritier direct de feu de Marsay, il fera son chemin en politique comme dans le monde, dit Blondet.

    — Mais comment a-t-il fait sa fortune, demanda Couture. Il était en 1819 avec l’illustre Bianchon, dans une misérable pension du quartier latin ; sa famille mangeait des hannetons rôtis et buvait le vin du cru, pour pouvoir lui envoyer cent francs par mois ; le domaine de son père ne valait pas mille écus ; il avait deux sœurs et un frère sur les bras, et maintenant...

    — Maintenant, il a quarante mille livres de rentes, reprit Finot : chacune de ses sœurs a été richement dotée, noblement mariée, et il a laissé l’usufruit du domaine à sa mère...

    — En 1827, dit Blondet, je l’ai encore vu sans le sou.

    — Oh ! en 1827, dit Bixiou.

    — Eh ! bien, reprit Finot, aujourd’hui nous le voyons en passe de devenir ministre, pair de France et tout ce qu’il voudra être ! Il a depuis trois ans fini convenablement avec Delphine, il ne se mariera qu’à bonnes enseignes, et il peut épouser une fille noble, lui ! Le gars a eu le bon esprit de s’attacher à une femme riche.

    Extrait de La Comédie humaine, tome 4 : Scènes de la vie parisienne : Splendeurs et misères des courtisanes ; La Maison Nucingen
  • Le Médecin volant

    Scène IV

    SABINE, GORGIBUS, SGANARELLE.

    SABINE: Je vous trouve à propos, mon oncle, pour vous apprendre une bonne nouvelle. Je vous amène le plus habile médecin du monde, un homme qui vient des pays étrangers, qui sait les plus beaux secrets, et qui sans doute guérira ma cousine. On me l'a indiqué par bonheur, et je vous l'amène. Il est si savant, que je voudrais de bon cœur être malade, afin qu'il me guérît.

    GORGIBUS: Où est-il donc?

    SABINE: Le voilà qui me suit; tenez, le voilà.

    GORGIBUS: Très humble serviteur à Monsieur le médecin! Je vous envoie quérir pour voir ma fille, qui est malade; je mets toute mon espérance en vous.

    SGANARELLE: Hippocrate dit, et Galien par vives raisons persuade qu'une personne ne se porte pas bien quand elle est malade. Vous avez raison de mettre votre espérance en moi; car je suis le plus grand, le plus habile, le plus docte médecin qui soit dans la faculté végétable, sensitive et minérale.

    GORGIBUS: J'en suis fort ravi.

    SGANARELLE: Ne vous imaginez pas que je sois un médecin ordinaire, un médecin du commun. Tous les autres médecins ne sont, à mon égard, que des avortons de médecine. J'ai des talents particuliers, j'ai des secrets. Salamalec, salamalec. "Rodrigue, as-tu du cœur?" Signor, si; segnor, non. Per omnia saecula saeculorum. Mais encore voyons un peu.

    SABINE: Hé! ce n'est pas lui qui est malade, c'est sa fille.

    SGANARELLE: Il n'importe: le sang du père et de la fille ne sont qu'une même chose; et par l'altération de celui du père, je puis connaître la maladie de la fille. Monsieur Gorgibus, y aurait-il moyen de voir de l'urine de l'égrotante?

    GORGIBUS: Oui-da; Sabine, vite allez quérir de l'urine de ma fille. Monsieur le médecin, j'ai grand'peur qu'elle ne meure.

    SGANARELLE: Ah! qu'elle s'en garde bien! Il ne faut pas qu'elle s'amuse à se laisser mourir sans l'ordonnance du médecin. Voilà de l'urine qui marque grande chaleur, grande inflammation dans les intestins: elle n'est pas tant mauvaise pourtant.

    GORGIBUS: Hé quoi? Monsieur, vous l'avalez?

    SGANARELLE: Ne vous étonnez pas de cela! Les médecins, d'ordinaire, se contentent de la regarder; mais moi, qui suis un médecin hors du commun, je l'avale, parce qu'avec le goût je discerne bien mieux la cause et les suites de la maladie. Mais, à vous dire la vérité, il y en avait trop peu pour asseoir un bon jugement: qu'on la fasse encore pisser.

    SABINE: J'ai bien eu de la peine à la faire pisser.

    SGANARELLE: Que cela? voilà bien de quoi! Faites-la pisser copieusement, copieusement. Si tous les malades pissent de la sorte, je veux être médecin toute ma vie.

    SABINE: Voilà tout ce qu'on peut avoir: elle ne peut pas pisser davantage.

    SGANARELLE: Quoi? Monsieur Gorgibus, votre fille ne pisse que des gouttes? voilà une pauvre pisseuse que votre fille; je vois bien qu'il faudra que je lui ordonne une potion pissative. N'y aurait-il pas moyen de voir la malade?

    SABINE: Elle est levée; si vous voulez, je la ferai venir.

    Extrait de Trois courtes pièces
  • Quand notre maîtresse est vivante, une grande partie des pensées qui forment ce que nous appelons notre amour nous viennent pendant les heures où elle n'est pas à côté de nous. Ainsi l'on prend l'habitude d'avoir pour objet de sa rêverie un être absent, et qui, même s'il ne le reste que quelques heures, pendant ces heures-là n'est qu'un souvenir. Aussi la mort ne change-t-elle pas grand-chose.

    Extrait de À la recherche du temps perdu, Tome 6 : Albertine disparue

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