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  • Vers le commencement du mois de mars de l’année 1841, je voyageais en Corse.

    Rien de plus pittoresque et de plus commode qu’un voyage en Corse : on s’embarque à

    Toulon ; en vingt heures, on est à Ajaccio, ou, en vingt-quatre heures, à Bastia.

    Là, on achète ou on loue un cheval : si on le loue, on en est quitte pour cinq francs par jour ; si on l’achète, pour cent cinquante francs une fois payés. Et qu’on ne rie pas de la modicité du prix ;

    ce cheval, loué ou acheté, fait, comme ce fameux cheval du Gascon qui sautait du pont Neuf dans la Seine, des choses que ne feraient ni Prospero ni

    Nautilus, ces héros des courses de Chantilly et du

    Champ de Mars.

    Extrait de Les deux frères
  • Quand à vous, Morrel, voici tout le secret de ma conduite envers vous : il n'y a ni bonheur ni malheur en ce monde, il y a la comparaison d'un état à un autre, voilà tout. Celui là seul qui a éprouvé l'extrême infortune est apte à ressentir l'extrême félicité. Il faut avoir voulu mourir, Maximilien, pour savoir combien il est bon de Vivre.

    Vivez donc et soyez heureux, enfants chéris de mon coeur, et n'oubliez jamais que, jusqu'au jour où Dieu daignera dévoiler l'avenir à l'homme, toute la sagesse humaine sera dans ces deux mots :

    Attendre et espérer !

    Edmond Dantès,

    Comte de Monte-Cristo.

    Extrait de Le Comte de Monte-Cristo, tome 2/3
  • Aux coureuses

    Quand de l’écrin doré vous prenez d’un air las

    Vos bijoux excessifs

    Et de votre commode un parfum de lilas

    À l’effluve expansif;

    Quand vous laissez vos doigts nouer, pauvres amantes,

    Quelque aguichant bustier

    En détournant vos yeux de la glace infamante,

    J’ai pour vous la pitié

    Et de vous désirer l’odieuse rancœur,

    Car lorsque l’on vous somme

    De combler sans un mot, je sais battre en vos cœurs

    La cruauté de l’Homme;

    Par leurs mains ondulant de caresses fluettes

    Se creuser vos blessures

    Et sous tous les baisers de vos lèvres muettes

    Fermenter mille injures!

    – Quand le soufflet immonde attise volontiers

    Votre chair animée

    Comme une lame horrible engouffre le noyé

    D’un naufrage acclamé,

    Il vous faut demeurer, jusqu’à l’ultime râle,

    L’esclave des Beautés

    Et du plaisir amer, car, femmes immorales,

    En votre âme est cité :

    «Va, fleur de macadam, ô misérable ilote,

    Agiter tes grelots

    Aux passants indolents; va secouer ta marotte

    Et retiens tes sanglots!

    C’est qu’il te faut pour vivre ici-bas t’abîmer

    Dans la sombre débauche

    Et donner au hasard le fruit mésestimé

    De ta floraison gauche!»

    Pleurez votre fureur, larmoyez vos souris,

    Criez vos meurtrissures,

    Maudissez aussi Dieu qui jadis vous offrit

    La rose Flétrissure

    Et relevez enfin des viles profondeurs

    Ce visage damné

    Pour contempler de vos regards lourds et pleureurs

    L’azur s’illuminer!

    Extrait de Les Amants de l'abîme
  • Dans la plaine rase, sous la nuit sans étoiles, d’une obscurité et d’une épaisseur d’encre, un homme suivait seul la grande route de Marchiennes à Montsou, dix kilomètres de pavé coupant tout droit, à travers les champs de betteraves. Devant lui, il ne voyait même pas le sol noir, et il n’avait la sensation de l’immense horizon plat que par les souffles du vent de mars, des rafales larges comme sur une mer, glacées d’avoir balayé des lieues de marais et de terres nues. Aucune ombre d’arbre ne tachait le ciel, le pavé se déroulait avec la rectitude d’une jetée, au milieu de l’embrum aveuglant des ténèbres.

    L’homme était parti de Marchiennes vers deux heures. Il marchait d’un pas allongé, grelottant sous le coton aminci de sa veste et de son pantalon de velours. Un petit paquet, noué dans un mouchoir à carreaux, le gênait beaucoup; et il le serrait contre ses flancs, tantôt d’un coude, tantôt de l’autre, pour glisser au fond de ses poches les deux mains à la fois, des mains gourdes que les lanières du vent d’est faisaient saigner. Une seule idée occupait sa tête vide d’ouvrier sans travail et sans gîte, l’espoir que le froid serait moins vif après le lever du jour. Depuis une heure, il avançait ainsi, lorsque sur la gauche, à deux kilomètres de Montsou, il aperçut des feux rouges, trois brasiers brûlant au plein air, et comme suspendus. D’abord, il hésita, pris de crainte; puis,il ne put résister au besoin douloureux de se chauffer un instant les mains.

    Un chemin creux s’enfonçait. Tout disparut. L’homme avait à droite une palissade, quelque mur de grosses planches fermant une voie ferrée; tandis qu’un talus d’herbe s’élevait à gauche, surmonté de pignons confus, d’une vision de village aux toitures basses et uniformes. Il fit environ deux cents pas. Brusquement,

    à un coude du chemin, les feux reparurent près de lui, sans qu’il comprit davantage comment ils brûlaient si haut dans le ciel mort, pareils à des lunes fumeuses. Mais, au ras du sol, un autre spectacle venait de l’arrêter.

    C’était une masse lourde, un tas écrasé de constructions, d’où se dressait la silhouette d’une cheminée d’usine; de rares lueurs sortaient des fenêtres encrassées, cinq ou six lanternes triste.

    source : livre germinal 2d05.pdf

    Extrait de Germinal
  • Les égoïstes ont toujours le dernier mot; ayant posé d'abord que leur résolution est inébranlable, plus le sentiment auquel on fait appel en eux pour qu'ils y renoncent est touchant, plus ils trouvent condamnables, non pas eux qui y résistent, mais ceux qui les mettent dans la nécessité d'y résister, de sorte que leur propre dureté peut aller jusqu'à la plus extrême cruauté sans que cela fasse à leurs yeux qu'aggraver d'autant la culpabilité de l'être assez indélicat pour souffrir, pour avoir raison, et leur causer ainsi lâchement la douleur d'agir contre leur propre pitié.

    Extrait de À la recherche du temps perdu

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