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— T’es sur quoi, en ce moment ? je lui ai demandé en indiquant ses machines d’un geste de la tête.
— Oh, des petits trucs à droite et à gauche… Heureusement que je donne aussi des cours de piano, parce que sinon…
Paul était compositeur. Il aurait voulu vivre de sa musique, mais on ne choisit pas toujours. Les « petits trucs à droite et à gauche », c’était probablement des musiques composées pour des attentes téléphoniques ou des arrangements de chansons réalisés pour des amateurs, ce genre de choses. Je ne lui demandais jamais de détails parce que je savais qu’il n’en était pas fier. Mais à côté de ça, il continuait à tisser des liens où il pouvait, dans tout ce qui était susceptible de le rapprocher de la musique de films, puisque tel était son vrai dada.
— L’autre jour, j’ai rencontré un type à une soirée, m’a dit Paul en s’allumant une cigarette. Tu vois le mec qui a réalisé « Les rivières pourpres » ?
— Kassovitz ! je me suis exclamée comme une folle. Mathieu Kassovitz, oui je vois très bien !
— Oui, voilà. Pas lui, mais le cousin de son agent.
— Ah.
— Oui, enfin, je sais pas où ça peut mener, mais…
— Oui, on ne sait jamais, il faut…
— Voilà.
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