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Lucille est d’accord, avec leurs longues cornes en forme de boomerang, leur robe tachetée blanche et gris moucheté de rouge, elles sont insolites. Elle n’est pas une experte des bêtes à cornes, pourtant, elle est sûre que cette variété n’est pas élevée dans les campagnes françaises. – C’est des Texas Longhorn, les renseigne une voix dans leur dos. Lucille se retourne, le garçon qui a parlé est tout aussi exotique que les bovins. Il a l’accent cockney du nord de Londres, non, se déjuge-t-elle aussitôt, c’est plus traînant, plutôt américain. – C’est une race bouchère, originaire du Mexique, précise-t-il. Son look aussi est décalé, la coupe de son jean et de sa chemise a dû être tendance dans les années 80. Le « garçon vintage », c’est comme ça que Lucille a brusquement envie de le baptiser. Il est sorti d’une vieille voiture de collection constellée de fientes d’oiseaux. Un rouquin gouailleur et un petit garçon triste l’accompagnent. – C’est affreux, mes pompes puent la bouse, râle Adèle en frottant de plus en plus fort ses semelles sur le macadam. Le rouquin sort de sa poche un mouchoir en tissu, se couvre le nez avec, et s’approche d’une carcasse entourée d’une nuée de mouches. Ses mains s’agitent comme des éventails pour les chasser. Qui utilise encore ce genre de mouchoirs ? se demande Lucille.
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