Anca Visdei
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Même si l'histoire manque parfois d'originalité et de crédibilité, ce cours roman épistolaire vaut la peine d'être lu pour son délicieux style d'écriture !
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Ce roman épistolaire reprend et prolonge la pièce de théâtre Puck en Roumanie. Je ne peux donc que renvoyer à ma critique sur cette pièce et ajouter qu'à mon sens cette forme littéraire se prête mieux au propos d'Anca Visdei. L'action s'arrête vraisemblablement en 1990 (les dernières lettres ne sont pas datées) et va donc au-delà des événements de la pièce de théâtre aussi bien pour ce qui est de Ioana en Roumanie que d'Alexandra qui quitte la Suisse pour la France. Le roman est servi par une écriture fluide qui rend la lecture très agréable.
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Une courte pièce de théâtre qui parle d'amour sororal à l'époque de Ceaușescu. L'action se déroule, comme écrit dans les indications de scène, entre décembre 1972 et décembre 1989. le temps pour les deux soeurs (qui ont dix-huit et dix-sept ans au début de la pièce) de devenir de vraies adultes et de subir de plein fouet les douleurs de la séparation du fait de l'exil d'Alexandra qui quitte la Roumanie pour demander l'asile politique en Suisse. Celle-ci s'adresse à sa soeur Ioana, restée en Roumanie, par téléphone et par courrier. le dialogue à distance qui s'instaure entre les deux soeurs nous fait rire, mais jaune, car la vie sous le communisme est difficile, et celle en exil pas moins. Il faut aussi contourner la censure de la Securitate, désignée par le nom de code de Tante Prudence.
Comme le relève à juste titre Gilles Costaz dans son éditorial, «dans cette écriture de la vérité», «l'Histoire est là, mais n'affichant jamais sa lettre majuscule ; elle vit dans le drame humain et quotidien». «Anca Vișdei donne même une certaine allégresse à cette implacable tragédie. Ce doit être un art roumain d'expression française, ou plutôt un art français d'expression roumaine». En effet, le personnage d'Alexandra trouve que les Occidentaux sont ternes et mous par rapport au côté vivant des Roumains et s'interroge par ailleurs sur le changement de langue pour un écrivain. de la Roumanie communiste, la dramaturge évoque aussi le tremblement de terre de 1977 qui a été très meurtrier pour Bucarest et dont on n'a pas souvent entendu parler, à ma connaissance.
L'autrice rend hommage à William Shakespeare, bien sûr, avec les références à Songe d'une nuit d'été, mais aussi à Ion Luca Caragiale (le Ion Luca de la dédicace) et à Jaroslav Caratchek.
En plus du texte le livret contient un dossier avec des fiches sur toute l'équipe théâtrale, des photos des représentations, un dossier de presse dont il convient de citer notamment cet extrait de Télérama : « [...] Rachel Salik a monté avec pudeur et sensibilité — et de jolis clins d'oeil au théâtre aussi — ce faux dialogue mutin et grave où politique, théâtre, littérature se disputent étrangement la vedette. »
Je signale également que le thème a été repris dans le roman épistolaire L'exil d'Alexandra, paru chez Acte Sud en 2008.
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Une sympathique pièce de théâtre, qui doit sans doute un certain nombre de choses au Macbett d'Eugène Ionesco. L'intrigue est un peu cousue de fil blanc, mais l'ensemble reste une satire assez réussie à la fois du régime communiste (la République de Liman ressemble fort à la Roumanie, voire à la Pologne avec son général bien connu) et de certains aspects de nos sociétés plus contemporains, comme la surenchère médiatique et l'omniprésence des panégyriques. Les ressorts de la mise en scène de l'héroïsme Toc et Boc ressemblent ainsi au message publicitaire : soyez beaux, jeunes, héroïques, ayez plein d'amis en buvant du Sprite. Vos parents et votre patrie, qui est votre véritable famille, seront fiers de vous. Pour filer l'analogie avec Macbett, chez Anca Visdei aussi la conclusion est pessimiste et le fonctionnement du monde semble immuable.
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Editeurs
L'Avant-Scène : 1 livre


Biographie
Anca Visdei écrit sa première pièce à l'âge de quatorze ans. A dix neuf ans, alors qu'elle est étudiante à l'Institut de Théâtre et de Cinématographie à Bucarest, elle édite son premier livre et sa première pièce est jouée.
Contrainte de s'exiler en Suisse, elle obtient une licence puis un doctorat de droit en 1979. Elle suit le cours de théâtre de Véra Gregh à Paris et des cours de criminologie.
En 1980, elle est assistante à la chaire de droit international public à l'Université, et plus tard, de 1988 à 1992, elle enseigne comme professeur d'art dramatique à l'Ecole du Théâtre de l'Ombre.
Depuis 1980, elle exerce comme journaliste, critique de théâtre et critique de cinéma à la nouvelle Revue de Lausanne.
De 1989 à1993, elle est responsable de la rédaction parisienne du magazine Voir.
Elle a publié un recueil de nouvelles, un autre de contes, et un roman, L'Éternelle amoureuse (publié chez Pierre-Marcel Favre, épuisé), et écrit une trentaine de pièces de théâtre dont L'Atroce Fin d'un séducteur (Lansman, 1994) jouée à Paris, Avignon, Istanbul, Bucarest et Genève, Dona Juana (L'Avant-Scène Théâtre n°841, 1987), Femme-Sujet (Éditions des Quatre-Vents, 1990).
Elle a reçu le prix et la bourse Beaumarchais au concours Radio France Internationale pour son texte Photo de classe,(Lansman, 1996). Ce texte a été lu au Théâtre de Chaillot, au Théâtre Essaïon et en Avignon.
Elle écrit également pour la télévision (sketches et séries télévisées pour TF1, M6, la Sept) et le cinéma.
Elle travaille souvent comme metteur en scène et dirige un festival de cinéma.
le blog d'Anca Visdei http://ancavisdei.blogspot.com/
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