Tous les livres de Arnaud Rykner
En juillet 1944, l'un des derniers convois de déportés met trois jours pour aller de Compiègne à Dachau. Plus de 2.000 hommes sont entassés dans 22 wagons, plus de 500 mourront dans le voyage. Ce roman est le monologue d'un jeune homme de 22 ans qui raconte, au fil des heures, l'enfer vécu.
Elle a pris le nom de Catherine Crachat, l'a volé dans un roman. Elle est belle et on la dit folle, on dit même qu'elle dépèce ses amants. Mais elle n'est pas folle et c'est ça qui la tue. Alors elle crie en silence, alors elle fuit la ville et les hommes, part au bord de la mer, en Bretagne. Ruines de l'été, plages désertées, hôtels vidés. Des solitudes se croisent. Eblouissement de la rencontre qui ne vient pas, ou si peu, ou pas celle qu'on attend, et pas comme l'on attend. Homme noyé échoué sur le sable, son corps nu obsédant. Et l'autre corps, vivant, de l'homme entre parenthèses, qui vient se frotter au sien. Seins aussi d'une serveuse, libres sous le tee-shirt. Repli bienfaisant des jours. Et la poussée, dans le ventre de Catherine Crachat, de ce qui ne triche pas
Quatrième de couverture
On dirait qu'une paroi tout d'un coup s'est ouverte. Par la fente quelque chose s'est engouffré, venu d'ailleurs... (Nathalie Sarraute)
Ce livre est né d'une révolte. Un homme vient de sortir de prison, un autre tente de l'aider à reprendre pied dans la vie sociale. Ils s'échangent des lettres. Le condamné raconte les chemins qui l'ont mené derrière les barreaux. Il dit surtout qu'on n'en sort pas, que l'acte qu'il a commis l'a fait entrer dans une prison plus vaste, qui l'efface de la société.
Qu'est-ce qui, dans son histoire dramatique, attire l'autre ? En quoi correspondent-ils ?
Ce nouveau roman d'Arnaud Rykner s'inspire de la correspondance que l'auteur a menée avec un homme. La belle image ne se veut pas un roman social sur la prison ou la double peine, qui marque souvent définitivement du fer de l'exclusion un homme condamné.
Il ne veut pas donner de leçon. Avec Arnaud Rykner, on s'interroge sur la condition de chacun, notre part de liberté et d'enfermement ainsi que sur notre rapport aux passions. Comme dans Le Wagon, son précédent roman, Arnaud Rykner joue du réel et de la fiction avec la force de son écriture dépouillée.
Il lui a donné secrètement ce nom, Nur, qui en allemand signifie seulement. Peut-être seulement elle, seulement son corps de femme enfermé dans une chambre d'une ville orientale aux quartiers ravagés par la guerre. Un nom qui se prononce Nour, c'est-à-dire lumière, en arabe. Pendant quelques jours, ils vont vivre ce qu'il appelle un "amour de roman", l'absolu d'un impossible amour.
Une porte se referme sur eux, dans la rencontre des corps. Une porte s'ouvre en l'homme, le rendant à lui-même, sans masque, sans mensonges et sans mots. Il se plaît à n'y rien comprendre, perdu en pleine lumière dans la foule pauvre et joyeuse. La femme avance en lui, pareille à cette ville qu'il parcourt comme mieux suivre, plus tard, de retour dans la chambre, le tracé de ses veines.
Un groupe d’enfants est accueilli chaque été dans une grande maison, en bord de mer. L’un d’entre deux, qui a toujours été plus solitaire que les autres, vit douloureusement sa différence, et le fait de grandir. Sa violence intérieure mènera au drame.

