Tous les livres de Bernard Alliot
Deux mois avant la chute du mur de Berlin, Reichert, membre d'une délégation est-allemande, est assassiné lors de l'inauguration d'une exposition France - RDA.
A Paris, un journaliste français, spécialiste des questions allemandes, est lui aussi assassiné.
Quel est le lien entre ces deux morts ? L'enquête officielle ne donne rien. Le commissaire principal Marceau est chargé de démêler l'affaire. Pourquoi ce couple d'espions désabusés, Karl et Inge, qui continuent leur mission malgré tout ?
- Pourquoi ce play-boy qui mène une guerre en solitaire contre la réunification de l'Allemagne ?
- Pourquoi cet ex-"héros du travail" qui joue les malades imaginaires dans un deux pièces de Berlin-Est ?
Avec la chute du mur de Berlin, une première imposture s'effondre... mais quel sera le monde de demain pour tous ces naufragés de l'Histoire ?
Source : Pocket
« Les révolutions sont des temps où le pauvre n’est pas sûr de sa probité, le riche de sa fortune et l’innocent de sa vie », estimait Joubert.
Si les héros de Délit de Fuite ne font pas la révolution au moins vivent-ils les temps agités d’un monde possible — où l’amour lui-même participerait de la guerre sociale.
Quelques millions de chômeurs parmi lesquels nombre d’éclopés de la performance survivent tant bien que mal alors que s’affrontent les militants de l’Association pour l’Application et le Respect de la Constitution et ceux des Milices antiparasites sociaux.
Fable sociale et roman d’humour noir, Délit de Fuite est aussi un bel exercice de style, car Bernard Alliot, à l’instar de Roger Nimier dans Le Hussard bleu, prête un langage particulier à chacun de ses personnages.
A nos premiers rendez-vous, la géographie de nos corps nous préoccupait davantage que notre milieu d'origine. Elle avait quatorze ans, j'en avais quinze. Nous vivions sur des planètes différentes, nous n'aurions jamais dû nous rencontrer...
Nous, c'est Lisa Desmar-Frontac et moi. Elle est riche, solaire et conquérante. On dirait Jean Seberg. Moi qui ai grandi sur le bitume des parkings, mal fringué, fauché jusqu'à l'indécence, la rage au ventre, moi, elle m'aime !
Malgré mes petits boulots minables, ma violence, et la mort bizarre de mes parents. Nous, c'est le Loup et moi. Lui, c'est mon Ténébreux aux silences de pierre. Moi, insolente, futile et fantasque, diablement irrésistible. Et il m'aime !
Même s'il déteste mes parents avec tous leurs millions, et que mon père veut le casser. D'ailleurs, s'il ne m'avait pas aimée d'un amour pur et gnangnan, je l'aurais pris pour le plus roublard des coureurs de dot... En toile de fond, la misère et le désarroi de notre société.
Sur scène, un amour à deux voix où s'affrontent, intensément, cruellement, deux univers. Une passion flamboyante qui réunit et qui déchire, en dépit des convenances, malgré les désaveux, ces êtres que tout devait séparer.
Quel lien y a-t-il entre le crash " d'un hélicoptère de l'armée et l'assassinat d'une gardienne d'immeuble ?
Entre le brillant ingénieur, responsable d'un service d'études, et l'équivoque Longano, bourgeois italien et décadent ?
Entre le subtil Ahmed et l'implacable " Momie "?...
Pourquoi au juste a-t-on créé l'Annexe, " filiale " autonome de la D.S.T., que dirige le commissaire Laurent Marceau, géant débonnaire et bedonnant, lunaire et romantique? Pourquoi surtout tire-t-on Marceau de l'oubli où il se complaisait, entre ses " pièges à cons " et la routine policière, pour le charger d'une enquête douteuse devant un parterre de ministres ?
Que mijotent Mougin, ministre de l'Intérieur, Debard, directeur général de la D.G.S.E., spécialiste des coups tordus, La Pannerie, ineffable patron de la D.S.T., et Leborgne, éminence grise du Premier Ministre ?
Que signifie la photo d'un groupe de terroristes au milieu duquel rayonne Shérazade, la fille de Marceau ?
Quel lourd secret recouvre la disparition d'Aïcha, il y a plus de vingt-cinq ans, cette " délicieuse tourmente " que le commissaire a tant aimée et qui campe encore dans ses cauchemars ?
Malgré la peur, sa blessure intime, les affres de sa conscience, Marceau est bien décidé à aller jusqu'au bout de la vérité, même si, au bout du compte, il doit se conduire lui-même en salaud pour l'extraire de ces eaux troubles où se noient des victimes sans importance et où rôdent prédateurs de la politique et piranhas des services spéciaux.
Bernard Alliot, né en 1938, a été journaliste pendant vingt ans au quotidien Le Monde."

