Tous les livres de Fernand Fleuret
Roman farfelu et génial d'un auteur polygraphe, Jim Click ou la merveilleuse invention se présente comme le manuscrit d'un certain docteur Click, être chétif et peureux réfugié dans le travail de l'esprit. Il invente un jour un automate à l'image de son meilleur ami, Horatio Gunson, amiral intrépide à la veille de livrer une grande bataille. Le roman d'aventures pourrait dès lors suivre la voie classique d'un récit des hauts faits du grand Gunson, mais tout dérape car l'automate tue son modèle. Effrayé, l'inventeur imagine alors une fabuleuse mystification : faire agir son pantin comme s'il s'agissait du véritable amiral. Et l'automate fait merveille, puisque personne ne découvre la supercherie, ni le roi, ni les hommes du grand capitaine, ni même son ardente maîtresse... Et la flotte dirigée par un robot remporte une des plus glorieuses batailles de l'histoire de l'Angleterre. Sauf que le secret de cette substitution finit par peser lourd sur les épaules du malheureux Jim Click.
Usé par ses travaux, persécuté par les gens d'Eglise, trahi par ses dernières amours, Don Juan se résout, pour fuir la honte de la décrépitude, à quitter l'Espagne. Il se souvient alors de son fils unique qu'il eut jadis de Dona Elvire, le retrouve et l'emmène dans son exil avec le dessein diabolique de réincarner dans son enfant sa jeunesse triomphante. Mais Alvare, dont la ressemblance physique avec son père Don Juan est frappante, a hérité la tendre faiblesse de sa mère Elvire. Grandi dans l'amour de Dieu, il éprouve une instinctive répulsion pour l'œuvre de chair. Il succombe pourtant dans un piège savamment ourdi par l'infatigable libertin dont il subit l'ascendant. Désespéré d'être tombé dans le péché, Alvare accepte une épouse légitime de la main de son père qui n'a toujours qu'une pensée : se revoir à vingt ans dans les bras d'une femme qu'il eût aimée. Une première épreuve n'ayant point réussi à son gré, Don Juan impose à son fils une autre épouse. Mais aucune femme ne peut distraire Alvare de sa passion contemplative et lui permettre d'offrir à l'imagination lascive de Don Juan les plaisirs désirés. L'étrange conflit se poursuit dans un château des Flandres au milieu des horreurs du pillage déchaîné par les Espagnols en déroute devant les armées du Grand Roi...
"Mais ne riez pas, hommes dérisoires : les blessures que vous faites se referment par miracle, et vous ne sauriez occuper longtemps une âme qui s'est vouée à Dieu ou aux Muses."
Fernand Fleuret, Histoire de la bienheureuse Raton, fille de joie.

