Guy Rechenmann
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Je suis partial, c'est un ami. Je suis objectif, j'en ai fait un ami après avoir lu son polar. Fausse note m'a bluffé, je revenais d'un voyage à Cracovie, et son passage obligé par Birkenau, après avoir lu Les Bienveillantes, et j'ai rencontré le livre et l'auteur, qui ne croit pas au hasard, mais aux circonstances. Et c'était un sacré faisceau de circonstances, et un sacré bon bouquin.
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✏ J'ai acheté ce livre lors d'un brunch entre copines, l'auteur dédicaçait à la table à côté, on habite à quelques kilomètres, son livre se situe dans les coins qui me sont familiers et puis Guy à la tchatche il sait faire la promo de ses écrits alors je me suis lancée bien que d'ordinaire je ne lis pas les romans qui se situe dans ma région ( ne me demandait pas pourquoi je n'en sait rien)!
✏Flic de papier c'est un polar, facile à lire, efficace, assez court en format et donc sans temps morts.
✏C'est l'histoire d'une disparition au Cap Ferret, d'un signalement d'une épouse inquiète, d'un flic sans envergure qui va rarement sur le terrain mais pour qui la disparition est une blessure non refermée.
✏Ce roman a un côté un peu désuet, comme sorti d'un autre temps on se croirait dans un Simenon ou un Agatha Christie mais la différence et l'originalité résident dans son personnage principal bien loin de Maigret ou de Poirot. Parce que Anselme est flic oui mais c'est un anti héros, un gentil, un rêveur, paresseux presque qui se cache derrière les taches administratives ce qui lui vaut ce surnom de flic de papier. Ce polar étant le premier d'une longue série je suppose que Anselme va gagner en confiance et en charisme. Un récit pour les amateurs de polars sans violences et sans litres d'hémoglobines sur le parquet, un roman vitaminé à l'image de son auteur.
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Guy Rechenmann par Jeanne Faivre d'Arcier pour Collectif Polar
Une phrase de Catherine Rechenmann a piqué ma curiosité la semaine dernière quand Guy, son mari, m'a offert ce livre : « Des lecteurs et des lectrices ont avoué qu'ils n'y comprenaient rien… »
Bon, je me suis dit :« Qu'est-ce que je vais y comprendre, à ce bouquin, auquel de afficionados de l'auteur ne pigent que pouic ? »
Je l'ai ouvert, ce roman, et j'ai vu qu'il s'agissait d'une affaire macabre non élucidée qui avait agité les sphères policières au commissariat de Castéja, à Bordeaux, dans les années 70/80 et notamment le supérieur de Viloc, le commissaire Plaziat, et son prédécesseur un dénommé Lacorde. Lacorde le bien nommé puisqu'il va tenter de se pendre, déprimé par son échec à résoudre ce cold case à la sauce Anselme Viloc, le personnage que Guy Renchenmann nous présente dans ce polar improbable.
Improbable certes. Car, franchement au début, j'ai pensé : c'est drôle, enlevé, plein d'humour et de citations inattendues de Victor ( l'autre, Hugo, l'écrivain, ) De Voltaire, de Sénèque et autres philosophes grecs et romains, mais on ne sait pas où il va, notre ami Guy. Et peut-être qu'il ne le sait pas non plus.
Alors je me suis laissée porter sans trop deviner où ça allait m'emmener, cette histoire. Et moi qui aime nager, je me suis retrouvée en été sur le Bassin d'Arcachon, à me laisser porter au fil du courant. L'eau était fraîche mais pas trop, juste à la bonne température, le courant assez vif, mais pas trop non plus, un petit 80/85, donc j'avançais rapidement sans trop me démener à nager la brasse et je regardais le paysage défiler alentour, c'était très agréable.
Autour de moi, il y avait le Bordeaux tout noir d'avant la rénovation de la ville et son grand blanchissement, ce Bordeaux d'autrefois que Guy nous décrit avec nostalgie et qui m'a touchée parce que le Paris de mon enfance ressemblait beaucoup à ça. (Je me souviens des trajets à dix ans dans la dauphine vert émeraude de mon père lorsqu'il m'emmenait chez le dentiste et que nous longions le musée du Louvre couvert d'une suie brunâtre qui le rendait fantomatique.) Il y avait les quais mal famés de Bordeaux, le quartier des Chartrons et ses beaux immeubles du dix-septième et dix-huitième siècles, mais saturés d'humidité à en paraître moisis, bouffés par le temps et noircis par les gaz d'échappement de l'époque tout bagnole. Et puis des personnages improbables, eux aussi, se sont mis à défiler : Fred, le héros, une sorte de raté flamboyant, beau mec naïf et fragile, un peu magasinier, un peu musicos, un peu orphelin et affligé d'une mère détestable. Fred partage avec son chat Victor un studio au deuxième étage d'un immeuble mal famé des Chartrons aussi sombre qu'une boîte de cirage. Lequel gato Victor va s'avérer, comme les chats des mythes de l'Ancienne Egypte, avoir des dons mystérieux et une influence sur sa destinée. Il y a une concierge portugaise, Constanza Rodrigo qui est fan de golf et invite les locataires à des parties clandestines à trois ou quatre dans sa loge à des fins non pas sexuelles, rassurez-vous, mais golfiques et curieusement alcoolisées où les gagnants ont droit à un verre et les perdants à se troncher presque jusqu'à ce que mort s'ensuive en s'enfilant une bouteille entière d'apéro. On croise aussi les copains musicos de Fred, des immigrés non désirés diraient d'aucuns aujourd'hui. Passe un curieux visiteur du soir sapé comme un Milord, un peu séducteur, un peu charlatan, un peu hypnotiseur et surtout roi de l'embrouille : il se dit représentant d'une société des Parques et l'on imagine les fileuses de destin tapies dans une grotte obscure à tramer leurs saletés. L'embrouilleur va proposer à Fred des contrats en option pour changer de vie, contrats sulfureux qui sont décrits avec forces détails ubuesques et dont le héros ne se souviendra plus quand il aura coché la case de son choix. On découvrira aussi avec répulsion le fameux commissaire Lacorde qui a une voix de fausset affreusement désagréable et qui repousse tellement du goulot que se collègues l'évitent et que les témoins ou les malfrats qui ont la malchance de le subir en interrogatoire en gardent un souvenir épouvantable.
J'oublie le notaire croisé lors d'un séjour à l'hosto, la belle étudiante en psychiatrie Adeline, des flics paumés, des chiens pelés, des rats crevés (enfin peut-être) une chute mortelle, des chansons de Jacques Brel, de citations littéraires et scientifiques à la pelle et les poèmes que l'auteur adore glisser dans ses romans.
Donc il y avait tout ce bazar poético comique au fil du courant qui m'emportait tout au long de cette lecture. Je me suis laissée allée sur la vague en m'amusant beaucoup et me disant qu'après la période assez sombre que je venais de traverser, c'était exactement le genre de bouquin que j'avais envie de lire. C'était foutraque, inattendu, bourré de digressions qui venaient me perdre encore plus. Un mot sur les digressions. C'est tout un art, la digression. le maître du genre c'est Philippe Jaenada qui au milieu d'une scène tragique d'un roman historique, vous raconte qu'il s'est cassé une jambe en rentrant chez lui après avoir passé une soirée à s'alcooliser à un cocktail littéraire et à s'engueuler grave avec la moitié des participants et qui vous expose pendant vingt-cinq pages les conséquences néfastes de cet incident détestable sur sa vie personnelle, ses relations de couple, son travail d'écrivain, ses problèmes financiers et ses relations avec son banquier. Vous êtes complètement largués. Et Jaenada vous ramène en une ligne et deux traits de plume à son sujet initial. Difficile l'art de la digression. Et pif, vous repartez dans l'histoire qu'il vous raconte comme un bon petit soldat qui marche au pas. Et je dois dire que Guy Rechenmann se tire plutôt bien de ces échappées digressives.
Bon alors où on en est avec ce pauvre Victor et ses choix cornéliens (tiens au fait, il n'a pas cité Corneille dans « le Choix de Victor », Guy. Molière peut-être, enfin, je crois, mais pas Corneille, ni Racine. Mais moi aussi je m'égare, cher Edgar, par contagion renchemanienne sans doute…
Mais revenons au cold case… qui n'en n'est peut-être pas un, mais chut, vous le verrez vous-même en suivant les pérégrinations de Victor et de ses ascendants à Cleveland dans l'Ohio, sur les traces d'un célèbre illusionniste américain du début du vingtième siècle, d'un as de la pantomime et, restons français, du mime Marceau.
En réalité, contrairement à ma première impression, l'auteur savait où il allait en le construisant, ce polar. Polar qui n'en est pas un, ce qui ne lui enlève rien de son charme, loin de là.
Il est comme les chats, Guy. Il retombe parfaitement sur ses pattes.
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Editeurs
Cairn : 2 livres


Biographie
Nationalité : France
Né(e) à : LIBREVILLE , le 17/08/50
Biographie :
Ecrivain et homme de télévision, Guy Rechenmann avoue être un rêveur et un poète. Le hasard, il n’y croit pas beaucoup préférant parler de coïncidences, son thème de prédilection... Il attendra 2008 pour publier un recueil de poésies et de nouvelles "La Vague" éditions Ecri'mages suivi de cinq romans "Des fourmis dans les doigts" éd. L'Harmattan et "Le Choix de Victor" éd.Vents Salés où se mêlent suspense, poésie et onirisme...
Avec "Flic de Papier", "Fausse Note" , "A la Place de l'Autre" , "Même le Scorpion pleure" et « Une Étoile en enfer » aux Éditions Cairn il revisite le genre policier d'une façon inattendue grâce au même personnage Anselme Viloc, un flic atypique et obstiné... ses enquêtes ont souvent un lien avec des faits historiques.
Guy Rechenmann , membre de l’Académie du Bassin, écrit ses romans au Cap-Ferret
Pour en savoir plus Le choix des libraires http://lechoixdeslibraires.com/livre-165944-a-la-place-de-l-autre-anselme-viloc-a-la-recherche-de-l-enfant-perdu.htm
Sélectionné par lecteurs.com dans les 10 Polars à ne pas manquer http://www.lecteurs.com/article/ete-2016-les-10-polars-a-ne-pas-manquer/2442704
À la place de l'autre a été finaliste au festival Polar de Cognac http://guyrechenmann.blogspot.fr/
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