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Tous les livres de Marc Restellini

La Pinacothèque de Paris présente la découverte archéologique la plus importante de la dernière décennie au Mexique : les masques en mosaïque de jade. Ces masques exceptionnels, entièrement restaurés par les plus éminents spécialistes en archéologie maya, représentent les visages de la divinité. Créés pour les gouverneurs les plus prestigieux des cités perdues mayas, ils avaient pour mission d’assurer la vie éternelle à ces hauts dignitaires après leur mort. Les archéologues datent l’installation des Mayas en Amérique centrale aux alentours de 2000 ans avant notre ère. Leur implantation culturelle comprend la péninsule du Yucatan et la région de Chiapas au Mexique et s’étend jusqu’au Honduras, Salvador, Belize et Guatemala actuels. Cette civilisation brillante s’illustre dans tous les domaines : l’astronomie, les mathématiques ainsi que dans un système complexe d’écriture à base de glyphes, récemment déchiffré. Contrairement à l’organisation centralisée de l’empire inca, le système politique maya s’apparente à une mosaïque de cités-États indépendantes, qui alternent, au gré des événements, conflits armés et alliances. La civilisation maya atteint son apogée à la période dite « classique », entre 250 et 900 de notre ère. Les oeuvres aujourd’hui exposées appartiennent toutes à cette époque d’épanouissement culturel. Les Mayas avaient une prédilection particulière pour la couleur verte. Le jade était pour eux le matériau le plus rare et le plus précieux. Apanage de l’élite, la pierre verte était aussi associée au sacré. De façon surprenante, les Mayas utilisaient ces pierres pour représenter la divinité solaire comme le montrent les nombreuses effigies en jade figurant le soleil. Les artistes mayas confectionnaient les masques à partir de tesselles de pierres vertes et faisaient montre d’une grande virtuosité. Ils adaptaient la taille et la couleur des tesselles pour obtenir le plus grand naturalisme. Les masques de jade exposés ont été retrouvés dans des sépultures d’aristocrates. Une partie d’entre-eux sont des masques funéraires qui représentent les visages individualisés des dirigeants mayas. La lecture des oeuvres est enrichie par une fructueuse mise en contexte : les masques sont, en effet, présentés avec le reste du trousseau funéraire – pectoral, colliers, boucles d’oreilles, bracelets, céramiques et autres offrandes. Le catalogue reprend le parcours de l’exposition, fruit d’une dizaine d’années de recherches et de restaurations, menées par les plus grandes institutions mexicaines sous la responsabilité de Sofía Martínez del Campo Lanz, experte renommée et auteur des textes du catalogue.