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Tous les livres de Michael Singleton

Qu’il soit croyant ou non, pour un esprit occidental des phénomènes comme la possession ou la personnification de la nature font partie intégrante de la «religion», surtout quand elle est considérée comme primitive. À cet égard, l’auteur a dû changer son fusil d’épaule analytique. Ses interlocuteurs sur ses terrains africains, notamment en Tanzanie et au Sénégal, ignoraient tout de ce qu’il entendait par religion. Ayant eu, en tant que missionnaire, à exorciser des esprits que des convertis croyaient diaboliques et, en tant qu’anthropologue, à persuader des djinns d’accepter un compromis historique avec leurs victimes, il a fini par donner raison à WaKamando. L’adorciste de son village tanzanien affirmait qu’en aidant les possédées à faire face, elle ne faisait pas de la religion mais un travail thérapeutique. Les vieux du village, ayant évoqué un être mystérieux associé à la brousse, appelé Katabi, disparu depuis leur conversion au catholicisme, l’auteur fut tenté dans un premier temps de faire de lui un esprit ancestral. Il a fini par comprendre qu’il ne s’agissait que d’un interlocuteur rendu responsable d’un Dehors (identifié par l’Occident à la Nature) qui échappait aux capacités de compréhension et de contrôle.

Programmé, à titre d’anthropologue, à faire connaître et reconnaître d’autres cultures que la sienne, son vécu africain a convaincu l’auteur que dans l’interculturel tout le monde a intérêt dans un premier temps à accepter que l’autre soit vraiment autre et non pas soi-même en moins performant – quitte, après inventaire des lieux respectifs, à les abandonner pour se retrouver ensemble dans un monde inédit (en l’occurrence positivement post-religieux).

Remettant en question des constantes transculturelles, ces "confessions d'un anthropologue" critiquent ce que l'Occident entend par écologie et économie, politique et religion, sous la double tutelle des cultures gréco-latine et judéo-chrétienne. L'anthropologie académique semble aujourd'hui n'avoir abouti qu'à réduire les pays dits en développement à une Mêmeté qui, en définitive, n'est qu'une récupération réductrice délétère.