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Tous les livres de Patrick Michel (2)

La Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie adhèrent à l'Union européenne en cette année 2004. La Roumanie et la Bulgarie y sont candidates. Pour ces pays, issus de l'ancien bloc soviétique, se pose avec une acuité toute particulière, en plus des questions liées à l'économie, aux critères de convergence, à la nécessité de réformes institutionnelles, celle de la reconstruction d'imaginaires. Hier modelés par le communisme, aujourd'hui confrontés au passage rapide d'un monde fermé à un monde ouvert, comment les pays de l'Europe centrale recomposent-ils leurs repères, leurs normes et leurs valeurs ? Comment se ré-inventent-ils ?

Rebaptiser une rue, abattre ou ériger des monuments, ré-enterrer les morts... : autant d'indices permettant de mettre à jour la refonte d'une identité, le work in progress d'une psychologie collective, la cartographie d'un paysage mental et affectif.

Des spécialistes des pays concernés nous racontent ici, dans un ouvrage clair, synthétique et vivant, le bouillonnement des symboles, l'effervescence des appartenances et la mélancolie du réel lorsque des évolutions aussi diverses que contradictoires bâtissent en déconstruisant.

Patrick Michel, sociologue et politologue, est directeur de recherche au CNRS (CERI-FNSP) ; il enseigne à l'IEP de Paris.

Antonela Capelle-Pogăcean est chercheur au Centre d'études et de recherches internationales (CERI-FNSP) ; elle enseigne à l'IEP de Paris.

Antoine Marès est enseignant d'histoire aux Langues'O et président de l'Institut d'études slaves.

Nadège Ragaru est chercheur à l'Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS); elle enseigne à l'IEP de Lille.

Le thème du « retour du religieux » tant à l'honneur de nos jours correspond-il vraiment à une résurgence de la foi ? N'est-il pas plutôt à mettre en relation avec l'effondrement des idéologies et du communisme en particulier, et à analyser dans le cadre global d'un mouvement de réarticulation du rapport au sens, dont un discours et une pratique politiques en décalage avec le réel ne parviennent pas à rendre compte ?

Pour aborder ce phénomène aussi présent à l'Est qu'en Occident, Patrick Michel inverse la procédure d'analyse habituelle, qui consiste à expliquer le religieux par le politique. Il montre comment la « crise du politique » aussi bien que le recours au religieux sont les symptômes d'une mutation générale du « croire », qui marque notre entrée dans l'ère du relatif. Les Eglises, investies d'une demande croissante de sens qui s'exprime notamment dans une quête éthique, sont elles-mêmes frappées de plein fouet par un refus général de la pensée normative.

Penser le relatif, tel est donc le pari de notre fin de siècle, qui implique de le distinguer du relativisme, caractérisé par l'indifférence à l'autre et la prééminence du moi. La pensée du relatif, au contraire, ne peut émerger et se définir que comme une pensée de l'échange, de la circulation et du partage.

Patrick Michel, chercheur au CNRS, enseigne entre autres à l'EHESS, à l'INALCO et au Centre Sèvres de Paris. Il a publié plusieurs ouvrages sur les relations entre politique et religion en Europe de l'Est.

L'imposture totalitaire a fini par éclater. Et c'est comme si notre monde avait perdu son avenir : la décomposition des sociétés capitaliste n'annonce plus rien. Cette vérité provoque le désarroi; pour nous, c'est une ouverture, la chance d'inventer autre chose.