Toutes les séries de Patrick Nicol
Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la honte. Ce livre raconte ma vie, des morceaux de ma vie. Il raconte la solitude d’une enfant, l’école peuplée de camarades qui savaient, eux, comment être des enfants, comment être un groupe, alors que je ne savais pas. Il raconte l’histoire de mon œil. Il raconte les chirurgies, la peur, et l’amitié fusionnelle et jalouse avec une petite fille lumineuse, que la mort guettait. Il raconte une adolescence atrabilaire et secrète. Il raconte une petite ville industrielle, son usine immense et inhumaine, aux allures de vaisseau générationnel, et l’été de terreur et d’hébétude que j’y ai vécu, avant ma fuite à Montréal, qui n’arrangera rien. En racontant, j’essaie de comprendre comment les souvenirs deviennent des souvenirs, les personnes des personnes, les livres des livres. L’instant présent est inconnaissable et le passé est perdu. Les souvenirs, les livres, les personnes se construisent en se racontant. En se racontant, ils se transforment. Rien n’est jamais fixé. Au bout de cette histoire se trouve la mort. Ce livre s’appelle Ouvrir son cœur. Le sujet de ce livre, c’est la mort.
Tous les livres de Patrick Nicol
Après une séparation, un homme emménage dans une maison de son quartier natal. Il y découvre des photos de lui, enfant. Cette circonstance particulière déclenche un bouillonnement de la mémoire qui trouble la surface du présent, une enquête intérieure sur les circonstances qui ont entouré ces prises de vue. Entre l'amour désabusé de son ex et la relation purement charnelle qu'il entretient avec une notaire, le narrateur traverse alors une crise qui le mènera, de fausse piste en chemin de traverse, à la découverte d'enjeux qui lui échappent dans une réalité qu'il ne sait pas saisir. On croyait lire un roman psychologique, et ça l'est. Mais il s'agit aussi d'un récit qui démontre avec finesse que les cadavres ne sont pas tous dans les placards.
L'homme part à la recherche d'anciennes maîtresse, mais de quelque chose de plus vieux aussi. La femme reste à la maison, tentant de comprendre ce mal qui cherche à lui parler.
Pourquoi est-elle si fragile? Pourquoi est-il si distant? La réponse réside sans doute dans ce fils qu'ils ont eu, mais qu'aucun des deux n'a réussi à aimer. La naissance d'un petit-fils pourrait fournir l'occasion d'une réconciliation.
Avec une économie de mots qui est une esthétique en soi, Patrick Nicol continue ici à défricher des territoires aux contours flous, emplis de silences comme des zones d'ombres où se tapissent les monstres, nos regrets.
Un professeur de littérature au Cégep est fasciné par une étudiante médiocre qui est également caissière au dépanneur où il achète ses cigarettes. Pourquoi lui semble-t-elle si étrangère? Sans vraiment à chercher à répondre à sa question, il évoque la figure d'un ancien professeur : cet homme représentait l'autorité d'une Culture à laquelle le narrateur rechignait jadis à se soumettre, et qu'il incarne maintenant à son tour.
À quoi peuvent bien servir la réflexion, l'intelligence et le savoir s'ils ne nous aident pas à traverser l'épreuve des ans sans y laisser des morceaux? Et encore : lorsque nous sommes absorbés par nos propres pensées, sommes-nous encore en mesure d'être présent au monde afin d'prévenir la folie?
Deux ans après La Notaire, Patrick Nicol signe à nouveau un roman troublant et juste.
Patrick Nicol est né en 1964. Il a été deux fois lauréat du Grand Prix littéraire de la ville de Sherbrooke pour Les années confuses (1996) et La blonde de Patrick Nicol (2005). En 1997, il a gagné le prix Alfred-Desrochers pour Martin est un homme mort.
Juin 2013. Un professeur vieillissant ne dort plus : ses jeunes voisins l’énervent et un événement d’actualité l’intrigue : Alex, un activiste qu’il a connu lors du printemps érable, s’est enchaîné à un bâtiment public.
L’insomnie, l’alcool et le remords le forcent à revenir sur les événements et à partir à la rencontre d’une jeunesse perdue, qui est aussi la sienne.
Patrick Nicol est en arrêt de travail... Que faire de ses journées? Jardiner, écrire, s'occuper de sa fille? Il se consacre à l'amour. La voisine, une amie, une collègue de travail, Lady Chatterley ou Madame Bovary viennent tour à tour combler le vide existentiel de cet homme qui aimerait comprendre un peu sa vie, l'aimer, s'y sentir bien.
Derrière les aventures réelles et inventées, derrières les fantasmes et les questionnements de cet homme triste et prétentieux, comique et mesquin, se dessine une absente: la blonde de Patrick Nicol.
Pendant que le travail l'absorbait et que s'écoulaient les années, alors même qu'il voulait être aimé, Patrick Nicol a négligé celle qui vivait à ses côtés.
Un rappel de l'ingratitude, un témoignage sur la maladie du travail, sur l'âge et l'endormissement...

